PhotoBlogs à voir (2)

Ebisu. Une entrée d’établissement avec 3 chaises rouges et en détail le tricot métallique posé sur les murs.

Un jour ou l’autre, je pense supprimer ma page de liens web. Elle ne me sert pas à grand chose, et je vais plutôt essayer de présenter les sites internet que j’aime dans des articles, un peu à la manière de ce billet.

Je n’ai pas l’habitude de consulter Flickr, il y a tellement de photos qu’il faut un temps considérable pour faire le tri et trouver des choses interessantes. Je suis épuisé rien qu’au fait de penser à commencer une recherche de photos intéressantes sur le Japon ou Tokyo. J’ai quand même une petite liste de gens dont j’aime beaucoup les photos. On commence par Junku NISHIMURA, j’aime beaucoup son noir et blanc, la composition de ses portaits et les photos de rues. Jim O’CONNELL fait beaucoup de photos de rues en ce moment, beaucoup de photos de la nuit et ses personnages pris sans timidité, dans les quartiers de Shinjuku étendu à Kabukicho.

Un Photoblog que je suis depuis très longtemps et que j’aime de plus en plus, c’est celui de Yukihiro YOSHIDA et son concept « look » où il axe ses photos sur le regard d’un personnage solitaire.

Je pense l’avoir déjà mentionné auparavant, un des photoblogs japonais que je préfère (mais ca doit être mon préféré) est celui de Kouji YAMAZAKI que ce soient les photos en couleur ou en noir et blanc, décalées, les photos de rues désertes ou de tranches de vie, les photos de lui-même avec sa propre surprise sur le visage ou celle des passants. Je trouve une beauté dans ses photos que je n’arriverais pas très bien à expliquer, c’est peut être du à l’analogique utilisé. Le seul petit hic, il ne poste pas très souvent…

Fleur orangée et Ebisu en noir

C’est l’été, c’est du moins ce qu’essaie de nous montrer cette petite fleur rouge orangée qui exagère ses couleurs vives pour manifester sa joie du retour du grand beau temps sur le Japon, ou est ce moi qui image mon propre contentement?

Le week end s’est passé près de Kamakura dans la chaleur, nous avons évité la mer et les plages certainement dense en population d’Enoshima, pour les collines montagneuses de Kanazawa Hakkei. Pas grand chose à signaler par là bas a part la petite fleur estivale ci-dessus. Le soir venu, on repère à la musique, le Matsuri d’été de Kasama, moins animé que celui du parc Inokashira la semaine dernière, mais toujours dans le même esprit de danse en musique. Les vieilles dames avaient revêtu le yukata aux couleurs du quartier. Les matsuri fleurissent le soir un peu partout dans le Japon, pour notre plus gran plaisir.

Le week-end reste relativement tranquille, on peine un peu à sortir. Je m’asseois un moment sur le tatami à la recherche du frais, à lire Murakami tout en guettant des moustaches les plus petites brises de vent passant la fenêtre entrouverte, ou était-ce un des chats de Kafka qui flairait le vent. Un jour ou l’autre, je vais finir par penser que Murakami est une de mes sources principales d’inspiration…

Pas très loin de moi, un wagashi frais, tout de bleu-vert et de blanc, nous attend pour le goûter.

Quelques jours auparavant, deux photos du quartier d’Ebisu la nuit se transforment en composition. Les photos s’appellent entre elles, un personnage en marche vient se coller sur un paysage de rues sombres.

La première composition prend comme décor une des rues près de la gare de Ebisu, remplie de petits restaurants. La deuxième prend scène un peu plus loin près du sanctuaire bien caché au centre de Ebisu.

Enhanced Visions of Tokyo 2

En suite au billet précédent, voici ci-dessus une autre carte Made In Tokyo: an electronically enhanced vision of Tokyo. En dessous d’un nuage électronique dansant en noir et blanc, on retrouve dans cette composition des éléments de structure de parkings automobiles et vélos également représentés dans la composition précédente.

Si l’inspiration ne se désagrège pas avec le temps, je souhaiterais faire une série de 6 compositions de même concept (format, composition). Dans mon imaginaire, ils recouvriraient les panneaux de portes coulissantes japonaises.

Enhanced Visions of Tokyo

En suite à deux autres compositions présentées auparavant et basées sur l’errance, la composition ci-dessus termine le tryptique dans les escaliers sombres d’un Department Store lambda à Kichijoji, parcourus par une forme féminine furtive.

On continue en photos, suivant les déplacements du week end, tout en profitant de la fin hypothétique de la saison des pluies. Avant de partir vers Inokashira Koen comme très souvent, précisons que les wagashi de Okanoesen valent le détour. Okaenosen est la maison de wagashi présentée très rapidement de l’extérieur en photo dans le billet précédent.

Pour raison familiale, nous nous déplaçons très souvent à Kichijoji en ce moment, et je ne manque jamais l’occasion de faire un tour vers le parc Inokashira, appareil photo en mains. Contrairement à l’habitude, je n’emprunte pas la grande allée animée de petits vendeurs de fortune et de musiciens étudiants, mais plutôt la petite allée ombragée de l’autre coté du plan d’eau. Il faut parfois rivaliser d’astuce pour ne pas se prendre les pieds dans les branches d’arbres pointant vers l’eau. Ma promenade m’amène ensuite vers les petites rues calmes autour du parc, il faut ouvrir l’oeil pour découvrir des petits détails amusants et intriguants … des autocollants dessinés et mignons sur des bornes d’urgence ou toutes autres surfaces s’y prêtant plus ou moins, … ou des parkings vides imaginairement peuplés. Un peu plus loin, au bord de la voie ferrée de la ligne Inokashira, cet immeuble HLM m’inspire une photo tout en distortion. Il fait beau, il fait calme, la chanson de Quruli, bara no hana [iTunes Japon], récupérée sur iTunes quelques jours auparavant, me revient dans les oreilles.

Le soir venu, le Matsuri, la fête du village, bat son plein à l’entrée du parc. Les habitants du quartier se réunissent pour danser en musique. Dommage que nous ayons oublié nos yukata.

Toujours dans la longueur verticale, cette carte Made In Tokyo ci-dessus est accompagnée d’un sous-titre « an electronically enhanced vision of tokyo », qui se veut expliquer la démarche générale de ce site. Comme on peut très facilement le remarquer, les images présentées ici montrent une vision modifiée de Tokyo (et améliorée selon le point de vue). Je m’attache souvent à jouer avec les structures (d’immeubles par exemple), d’où l’emploi du mot électronique plutôt qu’informatique, l’un étant la structure de l’autre en quelque sorte. Je souhaite faire d’autres cartes comme celle-ci toutes en longeur. Pour celle-ci, on reconnaîtra certainement en tête de proue l’immeuble rougeâtre Shiseido à Ginza et peut être moins un gigantesque garage à vélos à Kichijoji.

Dimanche, direction Nerima où sont nouvellement installés nos amis Ishizuki et leur petite fille. C’est un quartier que je ne connais pas du tout, et le temps nous a manqué pour mieux le découvrir. On se contentera de quelques vues d’immeubles en chemin, des logements NTT entourés de verdure et un bâtiment singulier avec des pans de mur à l’oblique.

Sur le chemin du retour de Nerima, passage éclair à Harajuku, Aoyama à la recherche de la galerie Paul Smith Space que l’on ne trouvera malheureusement pas. Comme indiqué par le blog de la rivière aux canards, on y montre une exposition d’illustrations de Kozyndan qui doit valoir le coup d’oeil, surtout les panoramiques que l’auteur présente sur son site Internet. Apparemment dans la même rue que l’Espace Paul Smith, on trouvera plutôt la galerie Promo Arte, dans laquelle Mari avait exposé il y a de cela quelques années. Exposé à l’entrée, en presque plein air, une série de peintures ventilées.

Sur l’avenue d’Omotesando, la tour Dior se remarque dans la nuit, surtout depuis que le batiment voisin a été rasé. Jusqu’où iront t’ils dans le renouvellement d’Omotesando?
Mais, il est quand même joli ce batiment de Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa tout en verre et drapé de blanc.

C’est un fil rouge sur ce blog, je croise ce symbole mystérieux régulièrement. C’est la troisième occurence, mais le mystère reste entier…

Au rayon Livres, pour terminer, je continue mon cycle Haruki Murakami avec A Wild Sheep Chase, après avoir lu le surprenant Dance Dance Dance. Des esprits éclairés m’avaient prevenu que je prenais la série dans le désordre, je vais avoir l’occasion maintenant d’en apprendre un peu plus, j’espère, sur ce mystérieux homme mouton d’Hokkaido. L’article-interview L’ami Murakami disponible sur le site internet du magazine Télérama m’apprend avec satisfaction que Murakami avoue sa passion pour David Lynch. On retrouve le personnage du passeur et les entre-mondes de Twin Peaks dans Dance Dance Dance, ou est-ce moi qui voit du Lynch et du Twin Peaks partout, même dans l’entrée sombre drapée de rouge d’un bar à Aoyama.