Brefs moments d’architecture moderne cachés dans les recoins de Higashi et Ebisu

Pour faire suite à la série des passages, ci-dessus 4 autres compositions construites à partir de paysages urbains déserts agrémentés de présences fantômatiques. La première composition se passe dans le quartier de Higashi entre Ebisu et Shibuya, à deux pas du sanctuaire Konnô Hachimangu et aux pieds d’un immeuble cylindrique de verre et de son escalier interminable. La composition en dessous montre le batiment GUN-AN par Tadasu Ohe, déjà pris en photo plusieurs fois. On continue avec une composition devant le ROOB 7 par A.D.H Architects (1991). Le ROOB 5 n’est pas très loin et toujours à Ebisu. On termine par une baraque anonyme à Ebisu servant de décor pour la dernière composition de cette série. L’architecture moderne se trouve ici au fond de la photo par la présence d’un immeuble à la cage d’escalier en béton coloriée de pastel bleu et de jaune.

Sur les voitures

Des affichages sur les voitures à Shibuya, dans une rue près de la gare sur une ancienne ferrari blanche. BONANZAGRAM Rec est apparemment un label musical indépendant (plutôt hiphop, trip-hop, ..) et organisateur d’évènements musicaux sur Kyoto.

A Udagawa-Cho, un slogan s’affiche en gros à l’arrière d’une Honda, Fur is Dead. Cette mini-voiture noire se trouvait à quelques pas d’un grand mur de graffiti dans une arrière rue de Shibuya.

Look over your head at the highways

Point 1: A Shibuya, près de la gare, on aperçoit une voie rapide suspendue en levant les yeux. On imagine une large avenue perchée au 6ème étage des buildings, coupant le paysage urbain d’une ligne épaisse noire.

Point 2: Un peu plus loin, de l’autre côté de la gare, on aperçoit une autre ligne d’autoroute survolant le grand carrefour de Shibuya.

shibuya-expressway
(carte Google Earth centrée sur Shibuya indiquant les deux points de vue des compositions ci-dessus: Points verts 1 et 2. Carte en grande taille ici. Les voies en Orange sont imaginaires.)

Ne pas s’effrayer, ces autoroutes n’ont pas poussé pendant la nuit dernière, ces deux compositions sont imaginaires. La première composition représente une sortie d’autoroute vers le centre de Shibuya depuis la voie « Expressway Route 3 » existante. La deuxième composition représente une extension et lien imaginaires nommés « Expressway Route Aoyama » entre la voie « Expressway Route 3 » et « Expressway Route 4 », deux autoroutes radiales vers l’extérieure de Tokyo. « Expressway Route Aoyama » est située au dessus de la rue Aoyama au départ du Palais Impérial (plonge à ce niveau dans la voie « Expressway Route 4 » existante), elle passe au dessus de Shibuya pour rejoindre l’avenue Yamate et se replonger sur Expressway Route 4 au niveau de Nishi-Shinjuku. « Expressway Route Aoyama » est une boucle désservant les deux centres actifs de Shibuya et Shinjuku.

Il s’agit seulement du vue de l’esprit, ce tracé n’est pas basé sur une étude précise. La taille des avenues permettrait une voie rapide suspendue à priori, à part peut être entre la tour 109 et la rue Yamate.

Les voies rapides Shuto dans Tokyo datent des Jeux Olympiques de Tokyo de 1964. Elles ont été construites dans l’urgence avant les Jeux pour désservir la ville. La plupart de ces lignes d’autoroutes urbaines sont suspendues au dessus d’infrastructures routières existantes et même parfois au dessus des rivières (comme à Nihonbashi). Faire autrement, réarranger les quartiers pour faire passer les voies rapides au sol, aurait coûté beaucoup de temps et d’argent. A l’époque de la construction de ces autoroutes, l’efficacité économique était largement prioritaire sur la protection de l’environnement et du paysage urbain.

Ces voies suspendues font partie du décor de Tokyo, contribuent à cette impression de ville sur-urbaine. Elles enlaidissent et assombrissent énormément le paysage urbain. Je ne sais pas exactement quelle est la direction de la municipalité de Tokyo concernant ces autouroutes suspendues: dans certains quartiers comme à Nihonbashi, des projets d’enterrer les autoroutes ont été mentionnés (pour découvrir le pont presque centenaire de Nihonbashi), dans d’autres quartiers près de Nishi Shinjuku, j’ai constaté que l’on construit de nouvelles voies.

Pour les compositions ci-dessus, en notant que Tokyo était candidate aux Jeux Olympiques pour 2016, j’ai opté pour une répétition de l’histoire: une extension des travaux terminés en 1964 pour les Jeux précédents. C’est une vision certes pessimiste et en opposition avec ce que je souhaiterais personnellement qu’il advienne de ces quartiers. Encore une fois c’est une vue de l’esprit et j’ai trouvé ici une nouvelle façon de m’amuser avec Tokyo, après les nombreuses métaphores urbano-végétales et les quelques essais de re-décoration de la ville. Je prends un malin plaisir à redessiner cette ville à ma façon…

urbano-végétal (7)

Un pavillon de béton et de rouge pour continuer la série de compositions urbano-végétales. J’avais celle-ci dans un coin sans jamais l’avoir publié.

Mardi soir, j’ai rencontré les photographes bloggers MP de iro-iro et Frédéric de Visions du Monde pour une sortie izakaya franchement sympa à Shibuya. On ne s’était jamais rencontré en personne, mais j’avais l’impression de les connaître depuis longtemps (à travers les photos, messages et commentaires). C’est marrant. A recommencer.

destruction et construction

Un monstre mécanique à l’hôpital. La machine en question détruit un vieil hôpital dans lequel je n’aurais jamais osé mettre les pieds.

Aux pieds de la station Shibuya, les machines s’activent sur la rue Meiji. On y construit une nouvelle gare de métro, elle sera dessiné par Tadao Ando. La nouvelle ligne de métro s’appellera fukutoshinsen (副都心線) et suivra le tracé de la rue Meiji de Shibuya à Ikebukuro en passant par Shinjuku, sous la rue Meiji exactement. Les trains en photo ci-dessus proviennent de la ligne Toyoko. Ils viennent de, ou partent vers, Daikanyama fonçant à une vitesse folle sur la portion de voie parallèle à la rue Meiji et à la rivière bétonnée de Shibuya. Entre les lignes suractives de la rue Meiji et de voie Toyoko, la rivière de Shibuya essaie de survivre dans l’indifférence, sauf pour les photographes.