Le temple volant de Ameyoko

Ameyoko est une rue piétonne animée longeant la ligne ferroviaire surélevée Yamanote depuis la gare de Ueno. Elle s’évanouit ensuite petit à petit à la station suivante de la ligne Yamanote, Okachimachi. Elle est extrêmement dense près de la gare de Ueno. Les magasins de toute sorte s’alignent par groupes des deux côtés de la rue, coincés sous la ligne de train d’un côté et incrustés dans les immeubles de l’autre. On passe sans s’en rendre compte des magasins de vêtements bon marché aux vendeurs de poissons ou d’agrumes, dans la foule des week-ends, un peu moins dense quand même en semaine.

Nous venons assez régulièrement à Ameyoko. Récemment, je recherche toujours le temple Tokudai-Ji (Marishi-ten). La particularité de ce temple vient de son emplacement, au dessus d’un bâtiment d’un étage rempli de magasins. C’est un drôle de mélange entre religion à l’étage et commerce au rez-de-chaussée. A Tokudai-Ji, on ne chasse pas les vendeurs du temple. C’est une curiosité de Tokyo comme on en voit tant, dans un souci d’utilisation optimale de l’espace. Cet arrangement urbain cavalier est inventorié dans Made in Tokyo. Il ne s’agit pas là de mon photobook, mais du petit livre jaune de Junzo Kuroda, Momoyo Kaijima et Yoshiharu Tsukamoto de l’atelier d’architecture Bow Wow, répertoriant des agencements urbains insolites, amusants parfois, à Tokyo. J’en avais parlé auparavant dans un billet avec quelques exemples (un terrain d’entrainement au golf au dessus d’un parking à taxi, une gare d’autobus dessous un barre d’immeuble).

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Ce petit bouquin très bien fait de l’atelier Bow Wow donne, pour chaque arrangement urbain, un petit croquis donnant une meilleure idée de l’organisation, des fonctions de l’immeuble et permettant de comprendre son l’originalité et décalage.

Nous entrons dans le temple par une rue perpendiculaire à Ameyoko, tout en appréciant la densité des petits commerces. Entre deux commerces, on trouve une allée, l’approche sacrée, nous faisant grimper sur le parvis du temple, à l’étage. L’enceinte du temple est des plus classiques avec statues diverses, mais l’ambiance y est assez particulière. On a du mal à ressentir cet endroit comme un havre de paix. Dans un registre différent, j’avais déjà ressenti ce contraste de manière frappante au parc Hama-Rikyu lorsque l’on regarde la barrière d’immeuble de Shiodome.

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Une vue sur Tokyo au loin, une contre-plongée sur le Nakagin tant qu’il en est encore temps et une traversée sous des passages pour piétons ramifiées.

Dans les rues de Asakusa

Dans les rues de Asakusa une journée de janvier, nous explorons rapidement les alentours du temple Sensoji. En dehors des allées commerçantes couvertes et du passage Nakamise menant au temple, les rues sont assez calmes. Les dessins sur les devantures, les affiches de spectacles à tous les coins de rue nous rappellent que Asakusa est un quartier de spectacles et nous amènent devant un grand hall où on y joue du théâtre kabuki ou autres spectacles en costumes.

Border city super flat

Je continue doucement avec cette composition la petite série des bordures de ville commencée il y a 3 ans avec ce même constraste entre une surface urbaine et un toit de temple comme support. Je m’amuse avec les clichés de cohabitation tradition/modernité au Japon ainsi que ceux d’une ville qui n’en finit pas, et que j’essaie ici de contenir dans un cadre bien délimité.

Coton et Acier

Contraste des matières avec ces deux photos, l’une de coton et l’autre d’acier. Les fleurs de coton étaient étalées sur un banc au restaurant Ukai-tei, tandis que la tuyauterie métallique provient d’un musée, celui de la bière Yebisu à Yebisu Garden Place. Le musée me donne la confirmation en photos d’époque que le nom du quartier Ebisu provient de la marque de bière Yebisu du groupe Sapporo.