One more between buildings

Suite et fin de cette mini-série à Shibuya dans la chaleur des rues, cet été qui se termine. Je ne suis pas mécontent de ce travail de destruction de l’image. A suivre, j’ai envie de continuer dans cette voie… C’est un peu du « shoegazing photographique ». Dans le style musical shoegazing, les voix, les parties chantés sont sombres et effacées sous une nappe musicale de guitares. Sur les photos de cette série à Shibuya et celles d’architecture également en noir et blanc, je joue également avec une nappe (nuage, neige, ombres ou autres surfaces contrastées) perturbatrice qui vient brouiller les contours du sujet (les passants, les buildings). Le sujet des photos est en quelque sorte une transposition de la voix en musique. J’ai cette idée en tête depuis des années de dresser un parallèle entre musique et compositions photographiques. Je renverrais une fois encore vers Loveless de My Bloody Valentine: Loomer, What you want, etc…

Niki #2 「NIKI CLUB EAST(東館)」

A l’est du bâtiment honkan du ryokan Niki Club à Nasu Shiobara, une annexe a été créée plus récemment dans les années 2000. Le concept du honkan est identique dans cette partie récente, c’est à dire une série de pavillons externes et un bâtiment principal pour la réception, restaurant, onsen… L’ensemble est d’un aspect moins formel que le honkan, je préfère personnellement le honkan, plus marqué par le temps (les années et le climat). Ce nouvel ensemble fut conçu par Conran & Partners, société de Sir Terence Conran. Les 24 pavillions, certains avec mezzanine, s’organisent en cercle autour d’une petite place et à proximité du bâtiment principal.

L’intégration du bâtit avec l’environnement naturel, les 14 hectares du parc du ryokan, est ici encore un élément clé qui fait tout le charme de cet endroit.

Les deux photos ci-dessous montrent le bâtiment principal en béton avec grandes baies vitrées, donnant un espace intérieur ouvert sur la parc. Sur la photo ci-dessus, c’est Zoa qui court comme un fou.

Pour comprendre un peu mieux comment l’ensemble s’organise, voici ci-dessus une petite carte: à gauche la partie plus ancienne de 1986 et 1997 (honkan) présentée dans le billet Niki #1 et à droite la partie récente (l’aile Est) présentée dans ce billet Niki #2. Dans l’espace central, entre les deux ailes, on trouve une rizière et des espaces forestiers que je montrerais en photos dans le prochain billet, Niki #3 donc.

Niki #1 「にき倶楽部1986(本館)」

Le samedi 15 août vers 3h de l’après midi, un chauffeur iranien nous conduit en 4×4 à travers les bois et collines de Nasu dans la préfecture de Tochigi. Ce chauffeur est en fait propriétaire et chef d’un restaurant atypique, Pershia no Kaze: un chalet alpin servant de la cuisine perse. Nous étions arrivés à la gare de Nasu Shiobara quelques heures auparavant. En direction d’un parc animalier où nous n’irons finalement pas pour cause de pluie inattendue, nous essayons par hasard ce restaurant perse, sans savoir à quoi s’attendre, ne connaissant pas du tout la cuisine iranienne. C’est en fait très bon et le couple-propriétaires, lui iranien et elle japonaise, sont très sympathiques et accueillant. Pendant notre déjeuner, il nous a montré des videos de paysages iraniens et fait écouter de la musique traditionnelle. Plutôt qu’un restaurant, il s’agit plus d’une chambre d’hôte avec le sens de l’accueil qui va avec. Le restaurant n’est ouvert que le week-end. Le propriétaire, en semaine, est apparemment journaliste. Nous étions un peu gênés, mais il a absolument tenu à nous amener en voiture jusqu’à notre hôtel vu que la pluie commençait à tomber.

Je dis hôtel, mais il s’agit plutôt d’un ryokan. Pas tellement dans la forme, mais plutôt dans l’esprit, le sens de l’accueil et de l’hospitalité que l’on appelle omotenashi. Niki Club est donc un ryokan moderne renommé. Pour mon anniversaire, nous avions décidé à la dernière minute, d’y passer une nuit et deux jours à Nasu.

Le ryokan est situé dans un parc forestier et se divise en deux parties: le honkan, ryokan « historique » datant de 1986 et l’aile Est, une partie plus récente datant des années 2000 à 10 minutes à pieds. Nous logions au honkan, dans une des petites maisonnettes placées en ligne sur une pente le long d’une petite rivière. Chaque petite maisonnette est de plein pied. L’entrée des chambres est à l’extérieur. Le bâtiment marquant, le symbole, est la bâtiment à l’entrée et en photo ci-dessus (deux premières photos) longeant un petit étang artificiel bordé de petits galets.

Akira Watanabe en est l’architecte. Ce bâtiment de 1986 est fait de pierre de Otani, provenant des carrières de la même préfecture de Tochigi. Cette pierre prend toute sa beauté avec l’âge, elle s’accorde avec l’humidité des lieux, avec l’environnement végétal débordant tout autour. Chaque mur de pierre semble surgir derrière les arbres, au dessus du terrain de mousses. C’est un très bel accord.

Les maisonnettes, ainsi que le bâtiment du restaurant, sont un peu plus récents, datant de 1997. Toujours de Akira Watanabe, ce ne sont cependant plus des murs de pierre, mais du béton dont le coffrage était en bois de cèdre. Le béton est donc subtilement imprimé.

Pour plus de photos, je vous renvoie (encore) vers les photos de Noaya Fujii. Je continuerais avec 2 ou 3 autres billets avec des photos supplémentaires du parc forestier et de l’aile Est, entre autres.

雲へ

Après les deux photos 雪へ (vers la neige), ces deux autres photos 雲へ (vers les nuages) annoncent comme le début d’une nouvelle série: une intéractions entre les éléments naturels et le construit. Je cultive la photo sombre et décalé en ce moment, je devrais revenir vers la couleur dans peu de temps.