Made In Tokyo

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Des voies suspendues entre Akasaka et Roppongi, une portion de la loop express intra-Tokyo, la plus grande oeuvre architecturale de la ville. Une fois qu’on a découvert la musique d’Autechre, difficile de passer à autre chose, car on trouve toujours du nouveau, de l’inattendu. Donc je continue petit à petit à en parler dans mes billets car ce n’est pas facile de se frayer un chemin entre la multitude de morceaux qui composent leur discographie. J’alterne l’abstrait et le plus ambient et accessible, en passant de Pro Radii sur Untilted vers le superbe et fragile Corc sur LP5, en passant aussi vers les longues progressions de Recury sur Chiastic Slide. Je n’avais pas encore attaqué ces deux albums: Untilted et Chiastic Slide. Ni Move of Ten d’ailleurs que je découvre avec le morceau y5. See on see sur Oversteps me fait penser à des particules de lumière qui scintillent et a la beauté pétillante et adictive du champagne. Altibzz sur Quaristice est un morceau assez court qui joue plus sur l’ambiance que sur les effets. L’ambiance devient plus particulière encore pour Cfern sur Confield, la mélodie inquiétante qui démarre le morceau est dérangée par un rythme instable mais qui accompagnera la totalité du morceau alors que la mélodie elle se mute petit à petit. Autechre joue beaucoup sur cette dualité mélodie qui se transforme en douceur et rythmique marquée et instable. Le focus passe de l’une à l’autre tout au long des morceaux. Under BOAC sur LP5 est assez différent et peut être plus ludique comme si les appareils électriques de notre maison se mettaient à chanter (pour paraphraser le titre d’album d’un autre compositeur électro). L’album Tri-Repetae est une valeur sûre et j’y pioche régulièrement quelques morceaux, cette fois-ci, il s’agit de Rotar.

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(temporary title)

Quelques compositions photographiques d’une réalité distordue comme peut l’être la musique d’Autechre. Je me suis pris de passion depuis une semaine pour la musique électronique de ce groupe. A vrai dire, je n’ai jamais entendu une musique aussi intéressante et novatrice que celle-ci. Comme ils ont une discographie assez vaste, ça permet de se laisser aller à la découverte. Je cherche les avis sur les forums, sur iTunes et sur youtube et j’alterne les morceaux dans ma playlist entre les premiers albums plutôt « conventionnels » du groupe et ceux du début des années 2000 où l’expérimentation a pris le devant. C’est intéressant de lire les avis tranchés sur ce groupe et sa musique. Confield est un point de rupture et également l’album le plus controversé par sa difficulté d’accès. L’approche est tellement radicale que certains peuvent ce demander s’il s’agit de musique. Le morceau Pen Expers notamment est particulièrement représentatif par ses rythmes secs et apparemment désordonnés. Il faut un peu de temps et quelques écoutes pour comprendre la logique du morceau qui se révèle petit à petit, jusqu’aux nappes mélodiques tremblotantes du milieu du morceau. Ce morceau est vraiment brillant quand on commence à le comprendre et possède un grand pouvoir d’addiction, et peu comme les morceaux V-Proc ou Gantz Graf dont je parlais auparavant. Il est bon d’intercaler avec des morceaux plus mélodiques comme Clipper sur Tri-Repetae pour ensuite revenir sur des morceaux plus mouvementés comme Plyphon sur Quaristice. On devine des mouvements dans ce morceau et les images de cette video amateur aiguillent par sa synchronisation parfaite avec le son. Certains y verront des formes et sons alien ou robotiques, mais j’y devine plutôt des formes vivantes qui se composent et se recomposent, dialoguent comme sur Piezo sur Amber. Les morceaux se décomposent souvent en cours de route pour former un autre rythme, comme sur Reniform Puls sur Draft 7.30. C’est souvent un exercice cérébral de détecter les moments où le rythme se defait et se reconstruit, parfois d’une manière pas tout à fait évidente et à la limite de la perte de contrôle des compositeurs sur leurs machines. Il y a une espèce d’alchimie chez Autechre qui fait qu’on s’accroche aux morceaux alors qu’ils sont à priori inhospitaliers. Foil sur Amber est également un très beau morceau, plus classique car plus ancien. Il est tout en réverbérations et en montée et descente d’intensité. Laughing Quarter sur Envane est assez immédiatement abordable, un peu comme le plus récent Yuop sur Oversteps, bien qu’assez vite les notes s’embrouillent …

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ルーフまで行ける

Lorsque l’on va dans les Department Stores de Tokyo, on passe très régulièrement avec Zoa faire une visite du toit. On ne soupçonne pas toujours que la plupart des toits des grands magasins sont ouverts en espace de repos. Un petit monde à part à l’abri du bruit désordonné.

Je découvre petit à petit un peu plus des mystères des mondes opaques et impénétrables de Autechre. Je pense que Rae sur LP5 était une bonne porte d’entrée vers cet univers électronique singulier fait de multitudes de distorsions électroniques savamment organisée en mélodie désarticulée. Les mélodies sont comme prises d’assaut par des agressions électroniques sur Dropp. Autechre crée des musiques comme des micro-organismes qui naissent, se transforment et s’éteignent finalement, des sortes de vies à intelligence artificielle. Gantz Graf est vraiment superbe à ce niveau là. La vidéo du morceau parfaitement synchronisée est fascinante. On se demande si la musique se crée d’elle même et si le groupe perd le contrôle. Le morceau n’est pas facile mais V-Proc sur Draft 7.30 l’est encore moins. C’est clair qu’il faut parfois accrocher l’oreille pour déchiffrer la logique et le rythme. Le cerveau travaille en écoutant et l’on peut difficilement écouter Autechre de manière décontractée. Je découvre d’autres morceaux accidentés ou à tendance industrielles comme Acroyear II sur LP5 ou Dael sur Tri-Repetae. La discographie de Autechre est dense donc c’est un plaisir de partir à la recherche de sons intéressants d’album en album. Je passe ensuite vers les plus sombres Lost sur Anti-EP et Tankakern sur Quaristice. J’ai vraiment l’impression d’écouter quelque chose de nouveau même si un grand nombre des morceaux datent de la fin des années 1990. J’avais loupé quelque chose une fois de plus, bien que je ne sois pas certain que cette musique eu une résonance pour moi à cette époque. Je comprends très bien qu’on puisse dire que ce ne soit pas une musique pour toutes les oreilles… En ce qui me concerne, je repars à l’écoute.

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なん階立て?

Dans cette nouvelle petite série, nous passons par le parc Shinjuku-gyoen pour un pique-nique en famille, par Marunouchi et quelques autres endroits par-ci par-là. Je suis allé à l’exposition à laquelle participait MP à Meguro, d’où la photo de l’hôtel Gajoen en passant et sous la pluie. Très belles photos présentées à l’exposition No Print, No Life à la galerie Cosmos. Ca faisait plaisir de voir celles de MP en version imprimée, dans un assez grand format. Il s’agissait de quelques photos de sa série à Moynaq. Musicalement, je suis plongé en ce moment dans l’electro assez « agressive » de Clark et j’aime beaucoup quelques morceaux comme Future Daniel, Growls Garden et des morceaux plus anciens et plus abstraits comme les magnifiques Herzog et Ted. Sur ma lancée, je pars vers du plus abstrait encore avec Autechre et le très beau morceau Rae sur LP5. Et pour ne pas rester sur de l’electro et revenir un peu sur de la musique rock tendance pop japonaise, je suis content de retrouver Tokyo Jihen sur un bon morceau The Reverberation. J’avais un peu délaissé le groupe ces dernières années car ils étaient partis vers une inspiration jazz qui me plaisait moyennement. Sur ce morceau, Sheena Ringo revient un peu vers ses premiers amours entendus sur ses albums solo et sur le premier de Tokyo Jihen. Au passage, un autre groupe japonais que je découvre au hasard de Ping, le réseau musical sur iTunes, Heavenstamp avec le morceau Hype. Mon profil sur Ping est à ce lien à propos.

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