made in tokyo

une dilution dans l’infini

Je consulte très souvent Pitchfork pour y trouver des nouvelles inspirations musicales. Il y a quelques mois, je découvrais le très bel album Ruins de Grouper, qui quand je l’écoute, influence d’une certaine manière mon traitement des photographies et l’ambiance des compositions graphiques. Pitchfork, nous dit d’une des chansons (« I’m clean now ») du nouvel EP Paradise Valley EPde Grouper, qu’il s’agit d’un morceau « almost unbearably beautiful ». Cette beauté, on la trouve dans la voix de Liz Harris se perdant dans une boucle infinie de guitare. La voix claire au début du morceau se mélange de plus en plus au son, se dilue avec la musique de sorte qu’on peine à distinguer musique et voix. Les morceaux de ce EP sont plus lumineux que ceux de l’album précédent Ruins, qui reste cependant mon préféré pour la beauté sublime des boucles de piano qui semblent être jouées en plein air.

Les visages ci-dessus ont été pris en photo sur diverses affiches aperçues dans les rues, dans les couloirs de métro, à l’intérieur de halls. Les visages se diluent également dans des boucles infinies comme la voix de Grouper. Cette infinité de boucles sont des gouttes de pluie démultipliées à l’infini.

Cette difficile année 2016 se termine enfin. Ce n’est pas trop tôt.

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maintenant est toujours

Des photos de rues à Shibuya, à Harajuku et en passant par d’autres lieux, Takadonobaba cette fois-ci, un peu d’architecture, des graffiti de rues et quelques passants par-ci par-là sans la foule, il s’agit d’une composition assez classique d’un billet sur Made in Tokyo. Quelques photographies au milieu du billet nous montre Takeshita Street à Harajuku sans un chat. Il est encore tôt le matin, vers 8h, et la foule qui va emprunter cette rue piétonne n’est pas encore réveillée. Sur Cat Steert, même chose, les nombreux magasins de la rue n’ouvriront que vers 10-11h, donc il n’y a personne. J’aime bien Harajuku à ce moment là pour cette impression paisible. Sur un panneau blanc de distributeur automatique de boissons, je suis intrigué par la répétition d’autocollants NOE246 sur les visages d’idoles japonaises. Après quelques recherches rapides, il s’agit d’un artiste de rue taïwanais sous le pseudonyme de NOE, qui sévit à Tokyo notamment.

Toutes les photos de ce billet ont été prises la même journée de congé. Je me suis levé tôt pour aller chercher des talismans au sanctuaire Ana Hachiman de Waseda. Comme tous les ans, il y a foule et il faut y aller tôt, vers 6h du matin dans mon cas. Pour aller à Waseda, on passe en train par la gare de Takadanobaba, station que je connais très peu. Sous les rails près de la station, des murs sont décorés de personnages du mangaka Osamu Tezuka, dont le robot Atomu (que l’on appelle Astro à l’étranger) qui serait apparemment « né » à Takadanobaba. Sur le retour de Waseda, j’abandonne le train de la Yamanote en cours de route en raison de la densité de remplissage des wagons. A partir de Harajuku, je commence à marcher dans les rues pratiquement vides qui me font penser aux photographies de Masataka Nakano que je découvrais il y a dix ans.

Ce billet est entouré d’architecture, le cinéma Rise de Atsushi Kitagawa et l’immeuble Dior Omotesando de SANAA (Kazuyo Sejima / Ryue Nishizawa).

Le titre du billet reprend le ‘Now is forever‘ de Stephen Powers sur un mur d’Harajuku.

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le domaine de la boucle infinie

Ceux et celles qui continuent à me suivre, une trentaine de visiteurs par jour selon les statistiques, remarqueront très certainement quelques changements dans le design de Made in Tokyo. J’essaie de nouveau quelques changements, bien que j’aimais beaucoup le design précédent en oblique. Je l’aurais gardé pendant environ un an, ce qui est assez court sachant que j’ai conservé certains des anciens design pendant près de 5 ans. J’avais envie cette fois-ci de retourner à un peu de simplicité. Il n’y plus d’images d’en-tête mais des petits icônes pointant désormais sur les pages « A propos » (Ap), « Photobook » (Ph), « Photogallery » (Pg), « Archives » (Ar) et une nouvelle page intitulée « FuturOrga » (Fo) consacrée à ma série d’illustrations. Il s’agit des plus récentes, organisées autour de courts textes comme des titres, énigmatiques sans aucun doute, accompagnant chacun des dessins. Cette page va être étoffée petit à petit avec mes nouvelles illustrations. Je tente sur cette page d’y apporter un message d’explication ou du moins d’introduction, en dressant un parallèle entre mes illustrations et une forme de représentation de la densité de ville, photo à l’appui. Tokyo forme un labyrinthe sans fin, comme les ramifications de mes formes futuristes et organiques.

Pour revenir à ce nouveau design, toujours en court de construction, j’y ai également ajouté une boucle infinie. C’est à dire que les billets se chargent automatiquement en fin de page, dans un flot continue d’images. La boucle infinie représente bien Made in Tokyo. Après plus de 13 années de vie (bientôt 14), ce site ne semble pas vouloir s’arrêter, malgré les phénomènes de non-inspiration qui guettent et persistent parfois. Toute inspiration dépend en fait de mes sorties photos, de mes découvertes musicales. Le design du site va continuer à évoluer un peu, il faut que je regarde notamment les versions « mobiles » de ce thème. Il s’agit d’une version adaptée par mes soins du thème Serene sur WordPress.

Le 10 décembre démarrait l’exposition de la 19ème édition du programme DOMANI: The Art of Tomorrow lancé il y a environ 50 ans par l’agence des affaires culturelles japonaises pour aider au développement d’artistes en devenir à travers un programme d’etude à l’étranger. L’amie de Mari, Yo Okada, était membre de ce programme et présentait donc ses oeuvres en rétrospective de plus d’une dizaines d’années au National Art Center Tokyo (NACT à Nogizaka). Elle était accompagnée de 12 autres artistes d’âges variés, mais dans la trentaine/quarantaine. Cela peut paraitre un peu surprenant mais les artistes peuvent avoir participé au programme il y a plusieurs années voire 10 ans et ne présenter que maintenant leurs œuvres à cette exposition DOMANI. A chaque fois, les artistes ont passés du temps à l’étranger (c’est un élément du programme) ou même y habiter encore, c’est le cas de Yo qui a fait sa vie à Londres. Parmi les autres découvertes de cette exposition, on trouvait les oeuvres en découpages très colorés de Asae Soya, qui était, par coincidence, de la même année d’école d’art Geidai que Mari et se connaissent donc. Parmi les autres artistes, on peut également y apprécier les grandes peintures de visages, souvent étranges, par Erina Matsui.

J’étais très impressionné par les oeuvres gigantesques de Tomiyuki Kaneko, une peinture de style japonais qui représente des dieux japonais et asiatiques ou des formes de monstres. J’aime beaucoup les artistes membres de la galerie d’art Mizuma, mais bizarrement, je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller. Sur un grand mur, il nous montre des séries de croquis extraits de ses notes, tous très détaillés, qui témoignent de la longue préparation avant une oeuvre. Tout ça est très impressionant.

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