黄色い月と浮雲

J’écris ces lignes tout en observant par intervalles l’image ci-dessus en format carte postale. C’est une reproduction d’une peinture grand format par Hirotoshi Sakaguchi de sa série « Field of Pascal », qu’on l’on a pu voir Samedi dernier dans une galerie d’art de Ginza, la Gallery 58. L’espace de la galerie est très restreint. Il y a une seule pièce où Hirotoshi Sakaguchi exposait environ une douzaine de ses oeuvres, uniquement des peintures de cette série. Mari connait bien Sakaguchi san car il était son professeur de peinture à l’huile à Geidai, les Beaux Arts de Tokyo. Il y est encore professeur mais c’est sa dernière année avant la retraite, qu’il marque par une exposition dans l’école des Beaux Arts mais aussi dans cette petite galerie de Ginza où il a déjà exposé quelques fois. L’homme est sympathique et répond à toutes nos questions, celles de Zoa avec le sourire, alors que nous explorons des yeux les paysages mystérieux de ses peintures. La peinture ci-dessus nous montre un bord de mer enneigé au dessus duquel une lune jaune 黄色い月 transperce les nuages à la dérive 浮雲. Ce mouvement immobilisé est très beau sur une autre oeuvre sur le mur à côté, une cascade où le flot de l’eau se mélange avec le vert de la forêt dense et le vert des mousses sur les rochers. Tout ce qui est montré est très abstrait et on laisse dériver son imagination sur ces paysages de neige, de cascade et de lunes jaunes transperçantes.

Les journées de Samedi sont en général très programmées, pour ne pas dire chronométrées, en fonction des activités du petit. Entre le cours de danse le matin, et les activités extra-scolaires l’après midi à Kitazawa, le temps que nous avions disponible à la galerie de Ginza était assez limité. Nous passons quand même quelques minutes dans l’arrière-salle de la galerie pour une tasse de thé. C’est une pièce très étroite avec table basse et mini sofa. Cette pièce parait d’autant plus étroite qu’elle est chargée d’objets et de livres. Sur la droite du sofa, les rangées d’étagères sont pleines de livres d’art. Si on avait eu plus de temps, j’aurais bien feuilleté quelques uns des livres au hasard. A notre gauche, des étranges sculptures à tête de chien nous regardent en attendant leur heure, l’exposition d’un autre artiste dans cette galerie à partir de la semaine prochaine. Chaque espace des murs de l’arrière-salle est utilisé pour montrer des peintures, dessins ou croquis de divers artistes et de divers styles. Mes yeux sont attirés par une représentation de personnages à l’identique avec un seul oeil recouvrant tout l’espace du visage, dans une rame de train. Au fil de la discussion, je trouve un petit moment pour montrer timidement quelques dessins de ma création, mes formes organiques et futuristes, et il me dit aimer la dynamique des formes. Je soupçonne une réaction polie mais je prends quand même le compliment comme une forme d’encouragement. Mais le temps passe vite et il nous faut déjà partir vers Kitazawa pour les activités de Zoa. Le professeur Sakaguchi fera sa prochaine exposition prochainement à Fukuoka, d’où il est originaire. Aujourd’hui Samedi est en fait le dernier jour de son exposition à la Gallery 58.

Dans les rues encombrées de Ginza, traversées au pas de course pour rejoindre la galerie 58, j’ai peu de temps pour m’attarder à prendre des photographies. Je profite de quelques arrêts aux feux rouges pour une ou deux photographies, mais la marche reprend de suite. Dans le mouvement rapide, la photographie que je viens de prendre se mélange déjà avec la prochaine. Les images se mélangent et se superposent les unes sur les autres.

Comme je le mentionnais dans les commentaires d’un billet précédent, j’ai fait une pause d’Instagram depuis déjà quelques temps. Cet outil, certes plaisant au début, commençait à me prendre trop de temps. En repensant à mes photographies superposées ci-dessus, je me dis qu’on gagnerait beaucoup de temps si toutes les photos du flux Instagram étaient superposées les unes sur les autres en une seule et unique photo. C’est une exagération mais une réalité en quelque sorte, considérant la rapidité avec laquelle on fait défiler son flux de photos sur Instagram sans vraiment y faire attention. Les images finissent par se mélanger avant de disparaitre dans l’oubli en l’espace de quelques millisecondes.

Alors que je me remets à écouter la musique de Sheena Ringo 椎名林檎, elle me ramène par extension vers celle du groupe Tokyo Jihen 東京事変, le groupe formé par Sheena Ringo, à la fin de la première phase de sa carrière solo. Je connaissais déjà le premier album de Tokyo Jihen, Kyōiku 教育 (éducation) pour l’avoir beaucoup écouté au moment de sa sortie en 2004. Cet album est dans la lignée directe de la musique rock, avec inspirations expérimentales souvent, des trois premiers albums de Sheena Ringo.

Le style de Tokyo Jihen se démarque de celui initial de Sheena Ringo sur deux autres albums que j’écoute actuellement assidûment, Variety 娯楽 (バラエティ) sorti en 2007 et Sports スポーツ sorti en 2010. Le style devient plus pop rock mais ne perd pas en originalité, il se diversifie tout en gardant en point d’ancrage la voix si spéciale et changeante de Sheena Ringo. J’aime la façon dont elle change de registre dans sa voix, jusqu’à l’extrême parfois. Les membres du groupe sont également, d’album en album, beaucoup plus impliqué dans l’écriture des morceaux, notamment Ryosuke Nagaoka, dit Ukigumo 浮雲, le « nuage à dérive » en surnom donné par Sheena Ringo au guitariste, peut être pour ses cheveux trop longs qui flottent. Certains morceaux de ces deux albums sont passionnants à écouter dans leur construction chaotique et le flot musical comme OSCA sur Variety et Noudouteki Sanpunkan 能動的三分間 (morceau de 3 minutes pile comme le dit le titre) sur Sports, dans un style certes assez différent des morceaux du premier album Kyōiku, comme Gunjou Biyori 群青日和. J’aime ce mélange de styles et de ce fait, on est loin de s’ennuyer en écoutant ces albums. Je les écoute en boucle infinie ces derniers temps, en attendant d’écouter les autres (je risque donc d’en reparler prochainement).

結び

Je fais un tour rapide des photographies de l’année dernière que je n’ai pas encore publié sur ce blog et j’en trouve quelques unes prises un soir d’octobre dans le quartier des livres de Jimbocho. Je connais assez peu ce quartier et je n’avais ce jour là qu’une petite heure devant moi pour faire un tour. Ce soir là, il y avait un marché aux livres dans une des rues mais je regarde plutôt les librairies pour en trouver une qui attirerait mon regard. Je décide d’explorer Komiyama Shoten 小宮山書店, attiré par les grandes affiches de photographes japonais sur les murs. Il y a beaucoup de livres photographiques et une galerie à un des étages. Il y a peine assez de place dans les étages étroits pour y entasser tous les livres offerts à la vente. Cette librairie établie en 1939 a beaucoup de charme, j’y reviendrais certainement, pour explorer d’autres lieux également, quand j’aurais un peu plus de temps devant moi.

A la fin du mois de décembre, nous sommes allés au Tokyo Metropolitan Teien Art Museum, près de Shirogane. Nous accompagnons l’amie de Mari, Yo et sa fille, pour aller voir l’exposition de Christian Boltanski intitulée « Animitas – Les âmes qui murmurent« , composée de 3 ou 4 grandes installations (vidéos, sonores ou autres). J’étais en fait plus intéressé par la visite du musée lui-même, dont de nombreuses pièces sont du style Art Deco, par le designer français Henri Rapin. On peut visiter de nombreuses pièces de ce qui était l’ancienne demeure du Prince Asaka. On est impressionné par la richesse du design et la beauté des matériaux. Nous avions déjà visité ce musée il y a une dizaine d’années, mais il avait fermé pour rénovation dernièrement. Une annexe moderne a été construite à l’arrière de la demeure et les deux bâtiments sont reliés par un couloir avec une paroi de verre. Comme on peut le voir sur la photographie ci-dessus, la lumière traversant la paroi de verre et se reflétant sur le mur donne une texture intéressante, comme des coussins d’un sofa, qui intrigue beaucoup les passants.

君の名は。(Kimi no na ha – Your Name), on parle beaucoup de ce film d’animation de Makoto Shinkai depuis plusieurs mois et le succès ne semble pas s’estomper. En profitant d’un peu de temps libre en ce long week end, je me décide à aller voir ce film dont on parle tant, en ne savant pas trop à quoi m’attendre. Je n’ai absolument rien lu en avance sur le sujet de ce film d’animation et j’en sais peu de choses à part à travers les images superbes et réalistes que j’ai pu voir dans les bandes annonces. On n’est en effet pas déçu par la beauté du dessin et du rendu des décors, que ce soit le réalisme très poussé des paysages urbains de Tokyo ou ceux des montagnes de Takayama avec sanctuaire perché autour d’un lac circulaire. L’histoire, elle, va au delà du réel et mélange rêves et sensations extra-humaines. Je me garderais d’expliquer l’histoire ici, mais ça serait de toute façon assez compliqué. En fond, le film parle de liens entre les êtres, du lien invisible entre un lycéen Taki et une lycéenne Mitsuha habitant dans des lieux très éloignés mais qui sont destinés à se sauver l’un l’autre. A tout moment, on oscille entre rêve et réalité. Les deux personnages principaux s’échangent leur vies par un grand mystère, mais qui révèlent des destins liés. Cette relation me rappelle un peu les liens entre les personnages de 1Q84 de Haruki Murakami, Aomame et Tengo. Bien que l’histoire soit complètement différente, on y retrouve des atmosphères irréels et cette forme de lien qu’on l’appelle musubi (結び). J’ai beaucoup aimé ce film et je suis assez satisfait de constater que le public nombreux et que la critique excellente ne s’y trompent pas. On parle de Makoto Shinkai comme du nouveau Hayao Miyazaki.

le domaine de la boucle infinie

Ceux et celles qui continuent à me suivre, une trentaine de visiteurs par jour selon les statistiques, remarqueront très certainement quelques changements dans le design de Made in Tokyo. J’essaie de nouveau quelques changements, bien que j’aimais beaucoup le design précédent en oblique. Je l’aurais gardé pendant environ un an, ce qui est assez court sachant que j’ai conservé certains des anciens design pendant près de 5 ans. J’avais envie cette fois-ci de retourner à un peu de simplicité. Il n’y plus d’images d’en-tête mais des petits icônes pointant désormais sur les pages « A propos » (Ap), « Photobook » (Ph), « Archives » (Ar) et une nouvelle page intitulée « FuturOrga » (Fo) consacrée à ma série d’illustrations. Il s’agit des plus récentes, organisées autour de courts textes comme des titres, énigmatiques sans aucun doute, accompagnant chacun des dessins. Cette page va être étoffée petit à petit avec mes nouvelles illustrations. Je tente sur cette page d’y apporter un message d’explication ou du moins d’introduction, en dressant un parallèle entre mes illustrations et une forme de représentation de la densité de ville, photo à l’appui. Tokyo forme un labyrinthe sans fin, comme les ramifications de mes formes futuristes et organiques.

Pour revenir à ce nouveau design, toujours en court de construction, j’y ai également ajouté une boucle infinie. C’est à dire que les billets se chargent automatiquement en fin de page, dans un flot continue d’images. La boucle infinie représente bien Made in Tokyo. Après plus de 13 années de vie (bientôt 14), ce site ne semble pas vouloir s’arrêter, malgré les phénomènes de non-inspiration qui guettent et persistent parfois. Toute inspiration dépend en fait de mes sorties photos, de mes découvertes musicales. Le design du site va continuer à évoluer un peu, il faut que je regarde notamment les versions « mobiles » de ce thème. Il s’agit d’une version adaptée par mes soins du thème Serene sur WordPress.

Le 10 décembre démarrait l’exposition de la 19ème édition du programme DOMANI: The Art of Tomorrow lancé il y a environ 50 ans par l’agence des affaires culturelles japonaises pour aider au développement d’artistes en devenir à travers un programme d’etude à l’étranger. L’amie de Mari, Yo Okada, était membre de ce programme et présentait donc ses oeuvres en rétrospective de plus d’une dizaines d’années au National Art Center Tokyo (NACT à Nogizaka). Elle était accompagnée de 12 autres artistes d’âges variés, mais dans la trentaine/quarantaine. Cela peut paraitre un peu surprenant mais les artistes peuvent avoir participé au programme il y a plusieurs années voire 10 ans et ne présenter que maintenant leurs œuvres à cette exposition DOMANI. A chaque fois, les artistes ont passés du temps à l’étranger (c’est un élément du programme) ou même y habiter encore, c’est le cas de Yo qui a fait sa vie à Londres. Parmi les autres découvertes de cette exposition, on trouvait les oeuvres en découpages très colorés de Asae Soya, qui était, par coincidence, de la même année d’école d’art Geidai que Mari et se connaissent donc. Parmi les autres artistes, on peut également y apprécier les grandes peintures de visages, souvent étranges, par Erina Matsui.

J’étais très impressionné par les oeuvres gigantesques de Tomiyuki Kaneko, une peinture de style japonais qui représente des dieux japonais et asiatiques ou des formes de monstres. J’aime beaucoup les artistes membres de la galerie d’art Mizuma, mais bizarrement, je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller. Sur un grand mur, il nous montre des séries de croquis extraits de ses notes, tous très détaillés, qui témoignent de la longue préparation avant une oeuvre. Tout ça est très impressionant.

soleil blanc et fantôme de jupiter

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Une boule lumineuse en forme de soleil blanc est posée à plusieurs endroits dans le jardin extérieur du septième étage de la tour Shin-Marunouchi. je n’ai jamais vu la lumière s’échapper de ce soleil mais je l’imagine similaire à celle des petites lunes dans les jardins de Roppongi Hills.

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La résidence sur cette photographie prise à Kitazawa est étrange. Elle ressemble à une forteresse avec peu d’ouvertures sur la rue. Un samedi matin, j’y trouve garée une vieille mercedes noire qui ne dépareille pas avec la résidence qui semble sans âge.

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Les deux photographies ci-dessus montrent des oeuvres aperçues au musée de Roppongi Hills pour l’exposition « The Universe and Art« . L’oeuvre courbe est de Mariko Mori (fille de Mori, tiens donc) et le robot sexy est de Hajime Sorayama. J’aime toujours les expositions au Mori Art Museum, car on y trouve beaucoup d’installations et on sent qu’il y a des moyens derrière pour créer une exposition d’exception. Cette fois-ci, j’ai particulièrement apprécié les images de soleil de Brilliant Noise par Semiconductor, en immersion sur trois écrans avec des sons fascinants. L’installation immersive par Teamlab intitulée « Crows are Chased and the Chasing Crows are Destined to be Chased as well, Blossoming on Collision » était très prenante. On s’assoie au centre de la pièce pour regarder les traines lumineuses sur un fond cosmique noir. Il faut s’asseoir car on peut perdre l’équilibre parmi ces flux de lumière tourbillonants.

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Vendredi et Samedi dernier, je recevais la visite de Frédéric qui faisait une escale de deux jours à Tokyo avant de rejoindre Nouméa pour y vivre. Cela faisait 14 ans qu’on ne s’était pas vu et les discussions de retrouvaille nous ont accompagné pendant de longues marches dans Tokyo, 40 kms à pieds sur 2 jours (les visiteurs de ce blog le savent peut être déjà, j’aime marcher dans les rues de Tokyo). Notre parcours nous fait passer par Asakusa, Ueno, Akihabara et la tour de Tokyo dont on aperçoit une vue sur la photographie ci-dessus.

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Le deuxième jour de marche nous amène jusqu’à Meiji Jingu, histoire d’y voir quelques processions de mariages traditionnels en kimono. Je ne vais pas souvent à Meiji Jingu, mais l’endroit est agréable le matin quand il fait chaud et que l’on cherche un peu de fraicheur. Il y a beaucoup de touristes évidemment.

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Nous redescendons ensuite de Meiji Jingu vers Harajuku, pour y voir la faune, celle de la rue Takeshita. On remarque que comme en France, les tatouages se répandent de plus en plus, comme sur le dos de la jeune fille de la photographie ci-dessus. Les tatouages sont encore interdits dans de nombreux endroits comme les piscines ou les salles de sport, mais cela va certainement changer avec le temps, j’imagine.

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Nous marchons ensuite vers le centre de Shibuya pour revoir les panneaux lumineux du croisement. Je remarque cette photo de Utada Hikaru, un peu floue et en noir et blanc pour son dernier album à sortir à la fin du mois de septembre. L’utilisation du français me surprend un peu. Sheena Ringo utilise souvent le français pour les sous-titres de ses morceaux (bien que les morceaux soient en japonais voire en anglais) et il y a justement un duo des deux chanteuses sur cet album. Je n’apprécie pas tous les morceaux de Utada Hikaru ou de Sheena Ringo, mais je prête toujours une oreille attentive. J’aime d’ailleurs ce nouveau morceau du duo, intitulé 二時間だけのバカンス (des vacances de deux heures seulement) et notamment la vidéo rétro-futuriste avec Citroen DS volante et passage devant la grande tache rouge de Jupiter.

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Pour terminer notre promenade de la journée, nous passons à Shimo-Kitazawa. J’y vais très souvent par la force des choses mais j’apprécie les petites rues encombrées de bric à brac. Les cafés de tous styles se développent beaucoup à Tokyo en ce moment, et on a la chance ce samedi de trouver une petite place sur une terrasse improvisée sur le maigre trottoir de la rue. Les rues sont de toute façon majoritairement piétonnes, pas vraiment en fait mais assez peu de voitures s’aventurent dans ces rues. On observe la foule des passants en buvant tranquillement notre café.

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Ces dernières photographies sont prises en dehors de Tokyo, au sanctuaire de Aoki pour le matsuri d’automne. Comme tous les ans, on sort les mikoshi. Zoa participe à procession en portant avec d’autres enfants un mikoshi miniature. On y joue aussi du taiko devant le sanctuaire.

藝祭

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En ce dimanche de fin d’été, nous sommes à l’Université des Beaux Arts de Tokyo (Geidai) à Ueno, par où est passée Mari il y a quelques années. Geisai (en kanji dans le titre), c’est le matsuri annuel de l’école. Il me semble que nous y avons assisté il y a une dizaines d’années, mais mes souvenirs sont assez imprécis. Le festival se passe sur trois jours jusqu’au dimanche. Les étudiants exposent leurs oeuvres d’étude dans les salles aménagées en galeries d’expositions temporaires. On y voit beaucoup de choses différentes, plus ou moins intéressantes, sur les 8 étages du département Peinture des beaux arts. J’essaie l’air de rien d’y trouver des sources d’inspiration pour mon « art » personnel. Zoa, lui, prend des photos par-ci par là en souvenir de cette visite.

Dans la cour intérieure de l’Université, des stands sont installés comme pour un matsuri près des sanctuaires. Une scène est également installée. On y joue au moment de notre passage de l’électronique expérimentale par Dan Kubo + Kazuki Muraoka. Je ne connaissais pas ce duo, mais une recherche sur Soundcloud me fait découvrir un peu plus le son de Kazuki Muraoka que j’aime assez pour sa décomposition musicale.

Mais le plus impressionnant et intéressant de ce matsuri, ce sont les mikoshi créés pour l’occasion. Nous ne les avons pas vu défiler dans les rues autour de l’Université, mais seulement posés à plusieurs endroits, notamment devant le département Musique. On y voit des animaux fantastiques, des créatures aquatiques et des gorilles menaçants. A la fin du matsuri, ils disparaitront tous, et c’est bien dommage.

KOSATEN

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Je suis passé voir il y a quelques semaines l’exposition intitulée KOSATEN (交差展) faisant une retrospective sur la chaussure de sport Adidas. L’exposition se déroulait jusqu’à la fin de la Golden Week à la BANK Gallery, conçu par Tadao Ando, sur Cat Street à Harajuku. Stan Smith était passé pour cette occasion, mais j’y suis seulement allé quelques jours après. Les sneakers sont une de mes vieilles passions que je n’ai pas entretenu depuis de nombreuses années mais l’intérêt me reprend ces derniers temps. Quand j’étais plus jeune, je dessinais des modèles imaginaires de sneakers avec toutes sortes de technologies fantaisistes (il faudrait que je scanne tout ça un jour). A cette époque, j’avais des Nike Air Trainer TW II et ensuite des Reebok Pump Court Victory (celles de Michael Chang, si je ne me trompe pas), que j’adorais littéralement.

Plus récemment, j’aime beaucoup la collaboration de Yohji Yamamoto et de Adidas pour la marque Y-3. Par contre, comme c’est très cher, il faut attendre les soldes, ce que j’ai fait avec les Y3 Laver Low à un prix beaucoup plus abordable. Et je me mets même à suivre les nouveautés sur quelques comptes Instagram bien choisis comme celui du Nikelab, highsnobiety, sneakerboy ou celui de Y-3 dont je parlais juste avant. Ce que je ne soupçonnais pas, c’est le nombre important de modèles sortant en version limitée, comme la série NMD de Adidas qui était montrée à l’exposition KOSATEN. Si je comprends bien, les modèles se vendent au compte goute et il faut être bien informé.

J’avais pris connaissance de cette exposition KOSATEN et cette série NMD en suivant l’Instagram de l’artiste électronique Young Juvenile Youth, aka Yuki Matsuda, qui est apparemment une des figures portant cette nouvelle série. Bon, je n’en suis pas au point d’aller faire les files d’attente devant les magasins pour acheter un modèle en version limité, à moins que Nike ressorte l’Air Trainer TW II (ce qu’avait d’ailleurs fait Supreme il y a de cela quelques années mais avec des coloris un peu particulier et pas très attirant à vrai dire par rapport à l’original…).

Pour revenir à l’exposition KOSATEN, on pouvait donc y voir des prototypes (avec semelle imprimée en 3D par exemple), beaucoup de versions limitées comme des Stan Smith de toutes sortes, en version Captain Tsubasa ou Star Wars…, des modèles qui m’avaient marqués comme l’Adidas Torsion, ou les tennis Steffi Graf (que portait ma soeur à l’époque). C’est avec un regard amusé et nostalgique que je me replonge dans cet univers (je collectionnais même les publicités de sneakers à l’époque). Pendant que je visitais l’exposition, il y avait une petite équipe avec caméra pour ce qui semblait être un reportage depuis l’étranger.