Archive pour ‘Computer Graphics’

Imperfect photographs

Jeudi, octobre 21st, 2010

Au dessus des nuages, on regarde Tokyo de plus en plus loin et on s’échappe de la ville pour des paysages plus calmes, dans les plaines enneigés de Hokkaido, vers les temples de Koyasan ou ceux de Kyoto, les montagnes au centre du Japon, les forêts de Shikoku et même beaucoup plus loin à Okinawa. Ce voyage est virtuel, comme l’est la composition photographique ci-dessus, puisque le voyage se fait en tournant les pages d’un recueil de photographies de Michael Kenna.

Je connais le style de Michael Kenna depuis quelques années sans vraiment jamais avoir eu le désir de me plonger dans son univers. Je voyais dans ses photographies comme une recherche un peu vaine de perfection, dans des paysages si exotiques et si japonais, qui véhicule une image d’un Japon idyllique et figé. Ryuichi Kaneko, conservateur du Tokyo Metropolitan Museum of Photography, commence sa préface du recueil In Japan par une perception initiale du même style, mitigé, jusqu’à la découverte des nombreuses facettes du travail de Kenna qui viendront renverser cette première impression. Imperfect photographs est le titre de cette préface, et vient à l’opposé de l’image initiale que l’on peut avoir des photos de Michael Kenna.

Pourtant lorsque j’ai ouvert ce recueil in Japan au hasard des rangées de livres du Tsutaya de Roppongi Hills, je me suis laissé conquérir par le calme et la sérénité de ces photos. Un sentiment d’intemporalité également. Chacune des photos est datée, ce qui peut apparaître comme un trait d’humour d’ailleurs, surtout quand Michael Kenna nous montre le même endroit à quelques années d’intervalles. Ces paysages pourraient datés d’il y a une centaine d’années qu’on ne serait pas étonné. en fait, il y a seulement une photo qui trahit son époque, celle d’un phare métallique à Tokoro, Hokkaido. Elle donne même l’impression de ne pas être à sa place dans ce recueil. A part ce phare, les seules traces humaines que l’on voit dans ces photos sont les sanctuaires, temples ou torii, que l’on aurait également du mal à dater.

Lorsque l’on lit quelques interviews de Michael Kenna, on en apprend un peu plus sur son travail, son approche de la photographie. Ce qu’il appelle Conversation with the land, ses conversations préliminaires avec les arbres, son approche avec les sujets naturels qu’il va ensuite photographier.

Sometimes people ask me about films, cameras and development times in order to find out how to do landscape photography. The first thing I do in landscape photography is go out there and talk to the land – form a relationship, ask permission, it’s not about going out there like some paparazzi with a Leica and snapping a few pictures, before running off to print them.

Et ses choix de sujets naturels sont tout de même assez fascinant, comme les deux arbres montrés ci-dessus. Il y a aussi un rapport avec l’eau très fort et presque omniprésent dans les photos de Kenna: que ça soit l’océan, les lacs comme celui de Biwa, la neige à Hokkaido, les brumes des forêts de Shikoku qui contribue parfois à une ambiance pleine de mystères, un peu fantastique même. On y chercherait presque des personnages de légendes populaires japonaises dans ces paysages. Le fait qu’il expérimente aussi beaucoup les longues expositions donne un univers aux contours flous, parfois proche du rêve.

Les images sont parfois empreinte de minimalisme, lorsque la neige ou l’océan prend tout l’espace en laissant se dégager distinctement un élément naturel, souvent du bois que ça soit des branches d’arbre figées dans leur mouvement, des tiges enfoncées sur le bord de mer, ou encore des clôtures en zigzag sur une pente de colline. On est certainement proche du haïku. On est proche de la peinture également, au point qu’on se demande parfois s’il s’agit de photographie. Les interviews de Kenna nous apprennent son affection pour la peinture qu’il a apparemment appris pendant quelques années.

Photography, for me, is not about copying the world. I’m not really interested in making an accurate copy of what I see out there. I think one of photography’s strongest elements is its ability to record a part of the world, but also to integrate with the individual photographer’s aesthetic sense. The combined result is an interpretation – and the interpretation, I think, is what is interesting – when the subject goes through the filter of an individual human mind and emerges in a changed state – not the duplication or the recording of something.

Le site web de Michael Kenna est également très complet avec de nombreuses photos dans la galerie. Je découvre qu’il a publié un recueil sur Hokkaido que je serais curieux d’explorer. En même temps, celui que je me suis procuré, in Japan, contient déjà un très grand nombre de photos de Hokkaido. Pour terminer, une dernière petite phrase d’interview qu’il est toujours bon de garder en tête.

I think there is far too much literature and far too much emphasis upon the techniques of photography. The make of camera and type of film we happen to use has little bearing on the results.

Tokio struktur over the entire empire

Mercredi, octobre 20th, 2010

Après Megastruktur, je repars vers les structures improbables en apesanteur au dessus de Tokyo, avec ici Shinjuku au loin. J’associe ici encore des éléments de différents buildings importés pour former cette structure volante. C’est derniers jours, j’écoute quelques jolis morceaux de chillwave: Calrissian de Millionyoung, Entire Empire de Viernes et The smoke de Home Video.

Le train liant deux mondes

Vendredi, octobre 15th, 2010

Je continue mes essais et expérimentations photographiques avec ces trois compositions. Cette petite série commence par une photo d’immeubles récents, ceux de Shiodome, le Jean Nouvel en haut. Le train traverse les brumes et assure la transition avec une atmosphère opposée, un autre monde celui d’un sanctuaire à Hiroo. Je m’amuse beaucoup à perturber l’aspect lisse des immeubles de verre et à ajouter une brume mystérieuse aux temples et sanctuaires.

Je ne peux pas m’en empêcher, je commence déjà à réfléchir à un nouveau photobook. En faisant une première sélection de photos et compositions, j’arrive déjà à un demi photobook, la moitié en nombre de pages de Made in Tokyo Series (160 pages). J’ai encore le temps, peut être parviendrais au milieu de l’année prochaine à avoir assez de matière pour un troisième volume.

Et côté musique, deux morceaux très différents que j’aime beaucoup en ce moment: Sayulita (en téléchargement gratuit) de Apparat et DJ-Kicks pour son atmosphère électro , et I got du groupe Young The Giant pour la voix du chanteur un peu rock rétro.

雨へ

Dimanche, octobre 10th, 2010

Lady M me demandait en commentaire une photo de pluies pour compléter ma série sur les éléments naturels envahissant l’urbanisme tokyoïte. J’avais bien l’intention de faire une série avec la pluie sans savoir trop à priori comment l’aborder. A final, cela donne un résultat beaucoup plus lumineux que la série précédente 海へ, la couleur même si elle est discrète joue certainement dans ce sens. Comme cette série commence à bien s’étoffer, il faudrait que je lui trouve un nom…

Et pour l’architecture sur ces photos, il s’agit sur la dernière photo du Hillside Terrace de Fumihiko Maki et sur les deux premières des deux blocs de béton à Daikanyama, légèrement obliques (et très photogéniques). Les architectes me pardonneront certainement d’avoir humidifié leurs oeuvres. Les photos ont été prises ce midi, il pleuvait.

zebra skies

Vendredi, octobre 8th, 2010

Après de nombreux passages en noir et blanc, je reviens vers la couleur tout en continuant mes interprétations de l’atmosphère urbain. Ici, le ciel prend des motifs zébrés, sauf sur la première composition où le motif se pose sur l’immeuble. La dynamique de la vue de cet immeuble de béton à Shibuya nous donne quand même l’impression qu’il va s’envoler, malgré sa masse imposante. Pour ceux qui suivent le blog depuis un moment, il reconnaîtront peut être le Hiko Mizuno College of Jewelry, bâtiment datant de 1992 de l’architecte Mitsuru Kiryu. J’aime beaucoup ce design vraiment dur et abstrait, mais j’avais tout de même envie de le radicaliser encore un peu plus.

Sous le ciel zébré de la deuxième photo, un petit bâtiment de béton avec une affiche type manga pour un magasin de vêtement lambda je pense. En fait, non, il s’agit plutôt d’un salon de coiffure, il s’appelle nerds. Et à ce propos, N.E.R.D sort un nouveau single Hypnotize U. J’écoute toujours avec un certain intérêt les morceaux de Pharrel Williams. Celui-ci est produit par Daft Punk, mais c’est surtout la voix de Pharrel qui fait tout l’intérêt du morceau.

Comme la précédente, la dernière composition se passe à Daikanyama. Il s’agit d’un immeuble de Edward Suzuki sous un ciel zébré et des nuages d’encre de chine. En deuxième lien musical, j’écoute aussi Common Heat (également ici) du groupe américain No Age. J’aime ce morceau tout en ayant un avis un peu mitigé, peut être dû au fait que la mélodie de guitare est quasiment calquée sur celle du morceau Stones de Sonic Youth (sur Sonic Nurse). La voix du chanteur est également assez difficile voire agaçante, mais malgré cela j’y trouve une certaine attraction. Peut être son atmosphère Indie Américain qui me ramène quelques années en arrière (il sont sur SubPop). Sur Pitchfork, on peut aussi écouter le morceau Glitter, tout en distorsion noisy. Mais surtout dernièrement, C. était de très bon conseil avec deux très beaux morceaux profonds de The National: Sorrow et Anyone’s Ghost.

Tunnel walk

Mercredi, septembre 29th, 2010

Dans un tunnel près de Shibuya, une voie piétonne étroite longe l’avenue. J’y apporte quelques notes de nature, comme souvent.

Et pour s’échapper de Tokyo pour Berlin, je vous conseille vivement de suivre la Suite Berlinoise, série de photos que j’apprécie beaucoup, pour l’architecture notamment, pour les reflets également, sur le blog de Christian Lefebvre.

海へ

Lundi, septembre 27th, 2010

Je trouve encore de l’inspiration pour mes images de Tokyo envahi par les éléments. Ici, les vagues, la mer prennent place à Shibuya, Ebisu ou encore au pied de la tour de Tokyo. L’ambiance est de plus en plus sombre alors que j’avance petit à petit dans cette série, il faudra que je reprenne un peu de couleurs prochainement.

Alors que je parlais de ma découverte d’un nouveau morceau de Deerhunter dans le billet précédent, le nouvel album Halcyon Digest est sorti le jour d’après, le 25 septembre sur iTunes Japon. Je n’ai pas l’habitude d’acheter un album en entier, mais plutôt de le découvrir petit à petit, morceau par morceau, mais j’ai fait une exception pour celui-ci. Je le découvre donc en ce moment, tranquillement, et en étant déjà pris par l’ambiance de Earthquake, le morceau d’ouverture, Desire Lines avec sa partie instrumentale comme sait si bien le faire Deerhunter, le magnifique Helicopter, Revival que je redécouvre. J’aime vraiment beaucoup ce son. A lire, la critique sur Pitchfork.

When all the ghosts are quiet

Vendredi, septembre 24th, 2010

Pour continuer la série sur l’invasion de la ville par les éléments naturels, les nuages ici errent comme des fantômes silencieux dans les rues de Shibuya. Le titre de ce billet est en fait un extrait d’une chanson que j’aime beaucoup et que j’écoute beaucoup en ce moment: I Can’t Wait de Twin Shadow, nouveau membre de la famille 4AD. J’avais découvert Twin Shadow avec un autre morceau, Slow, également disponible en téléchargement sur Pitchfork. J’avais aimé cette voix à la Morrissey sur le morceau Slow. Le morceau I can’t wait est assez différent, il y a une sorte de mélancolie qui me touche beaucoup. En plus, 4AD est un de mes labels préférés depuis la découverte de Pixies il y a 20 ans (ça fait drôle de dire ça tout d’un coup). Halcyon Digest, le nouvel album de Deerhunter, devrait également sortir sur ce label, à la fin du mois. Ca sera certainement un bel album. He would have laughed est un très beau morceau.