Narakyō to Biwako ~6

Nous passons la dernière nuit de notre voyage à Ogoto, dans un hôtel onsen à proximité du lac Biwa. Nous ne logeons pas au bord du lac mais sur une petite colline qui nous permet de l’apercevoir en partie. Ogoto se trouve sur la partie la plus étroite du lac, ce qui ne donne pas l’impression de mer intérieure qu’on peut avoir du côté de Hikone ou Omihachiman. Ogoto se trouve dans la préfecture de Shiga mais nous repartons assez tôt le matin vers la préfecture voisine de Kyoto, en direction des montagnes au nord de la ville. Une route permet en fait de grimper la montagne sans repasser par le centre de Kyoto, que nous ne verrons pas du tout cette fois-ci. Notre destination est le sanctuaire de Kifune (貴船神社), également appelé Hifune, que Mari souhaitait visiter. J’avais également très envie de visiter Kifune, car c’est le lieu où se déroule le film River, Nagarenaide yo (リバー、流れないでよ) du réalisateur Junta Yamaguchi (山口淳太) dont j’avais déjà parlé et que j’ai beaucoup aimé. L’histoire du film se déroule en grande partie dans un ryokan nommé Fujiya, qui existe vraiment, mais également dans le sanctuaire de Kifune auquel on accède par un long escalier de pierres bordé de lanternes rouges. Cette entrée est particulièrement iconique. Nous avons pu stationner dans un petit parking à l’entrée du village, près de l’arrêt de bus. On remonte ensuite la route longeant la rivière entourée d’un paysage boisé. Les sons de la rivière nous accompagnent pendant tout notre parcours. Même quand on ne la voit pas, elle est toujours présente et apporte une tranquillité et une poésie certaine à ces lieux. Le grand escalier nous donne accès au sanctuaire principal Hongū, consacré au dieu de l’eau Takaokami no Kami, historiquement lié à la pluie, aux rivières et à la fertilité. Il était autrefois fréquenté par la cour impériale pour prier pour la pluie ou le beau temps-là. On peut y tirer un omikuji spécial dont on plonge le papier dans l’eau pour laisser apparaître son texte lentement à la surface. Notre niveau de chance apparaît doucement sur le papier. Nous apprécions cet endroit isolé dans la montagne, entouré de forêts et des sons de l’eau claire. Kifune nous pousse même à la contemplation, comme si le temps ralentissait.

Depuis l’entrée de Kifune, on peut emprunter un chemin de montagne qui monte le Mont Kurama jusqu’au complexe de temples bouddhistes Kurama-dera (鞍馬寺). Nous n’empruntons pas ce chemin dans la forêt car nous sommes en voiture, mais mon fils est tout à fait partant pour cette petite randonnée d’une quarantaine de minutes. Nous le rejoignons un peu plus tard au temple Kurama. Il est perché dans la montagne et on l’atteint en empruntant un petit funiculaire. Kurama-dera a été fondé en 770 et est dédié au dieu guerrier Bishamonten (毘沙門天). Initialement affilié à l’école Tendai, il appartient aujourd’hui à sa propre tradition indépendante, le Kurama-Kokyō qui met l’accent sur l’harmonie entre l’humain et la nature. Le temple est perdu dans les forêts de montagne et la vue depuis ses hauteurs est magnifique. Le sommet du mont Kurama est considéré comme un lieu spirituel puissant. Devant le hall principal, on peut voir au sol un symbole en forme d’étoile appelé Kongōshō. Les six pointes qui rayonnent vers l’extérieur symbolisent les six manières par lesquelles nous percevons et interagissons avec le monde: les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, le corps et le cœur. On dit que si l’on se tient sur la pierre triangulaire au centre de l’étoile et que l’on fait face au bâtiment principal, on peut ressentir une montée d’énergie, permettant de prendre conscience de la force intérieure que l’on porte en soi. Désormais pleinement rechargés en énergie, nous pouvons redescendre des montagnes en direction du lac Biwa pour la dernière étape de notre voyage. Le ciel est couvert mais il ne pleut pas encore.

Narakyō to Biwako ~5

Notre étape suivante est un paysage célèbre que nous voulions voir depuis longtemps, le « pont du ciel » nommé Amanohashidate (天橋立) situé dans la baie de Miyazu, au nord de Kyoto, non loin du village d’Ine. Ce paysage particulier est réputé comme étant l’un des trois plus beaux paysages du Japon, dénommés Nihon Sankei (日本三景), avec la baie de Matsushima, près de Sendai dans la préfecture de Miyagi, et le sanctuaire Itsukushima, sur l’île de Miyajima à Hiroshima. Amanohashidate est une formation naturelle tout à fait unique, un banc de sable d’environ 3,6 kms de long, couvert de plus de 6000 pins séparant la mer intérieure d’Aso de la baie de Miyazu donnant sur la mer du Japon. Cette ligne naturelle a été formée au fil des millénaires par l’accumulation de sédiments côtiers qui ont séparé la mer intérieure de la baie de Miyazu. Il y a bien entendu une autre explication racontée dans le Tango Fudoki (丹後国風土記), recueil géographique du VIIIe siècle compilant les chroniques de la culture et de la géographie de la province de Tango. On y raconte que le dieu Izanagi construisit une échelle reliant le ciel et la terre, laquelle tomba dans la mer pour devenir ce banc de sable. Ce geste divin maladroit nous laisse donc un paysage magnifique que l’on peut apprécier à pieds ou depuis les hauteurs du Amanohashidate Viewland (天橋立ビューランド). Nous commençons par ce point de vue en hauteur. On y accède par des télésièges individuels qui nous permettent d’apprécier la vue pendant l’ascension, ou plutôt pendant la descente du retour. Au point d’observation, on trouve quelques attractions et l’idée soudaine nous a pris de monter dans la roue colorée qui doit être le point le plus haut du site. Un autre observatoire en lacets métalliques permet d’apprécier de loin la poésie de cette étroite ligne de terre et de sable. Depuis les hauteurs de l’observatoire, certains visiteurs pratiquent le matanozoki (股のぞき), qui consiste à se pencher pour regarder entre ses jambes le paysage à l’envers, de sorte que la bande de sable et de terre apparaît comme un pont suspendu dans le ciel. Je n’ai pas essayé, certainement par peur de tomber à la renverse et parce que j’ai eu un peu de mal à imaginer que cette impression serait convaincante.

Après être descendu de l’observatoire, nous nous approchons de Amanohashidate, côté ville de Miyazu. Un petit pont pivotant appelé Kaisenkyo (廻旋橋) permet le passage des bateaux vers la mer intérieure et donne accès à l’entrée du banc de sable. Un chemin ombragé sous les pins nous fait traverser le long passage, mais nous n’irons pas très loin, car nous manquons malheureusement de temps pour parcourir tout le passage. Ce paysage me rappelle celui de Miho no Matsubara (三保松原) dans la préfecture de Shizuoka. J’aime ces paysages sauvage de sable bordés de pins.

毎晩 ねむってしまうのはふしぎ
陸でもない 海でもない
しずかなところ

C’est étrange de s’endormir chaque nuit
Ni sur la terre, ni dans la mer
Dans un endroit paisible

Ce petit texte, extrait des paroles du morceau Space Orphans d’Ichiko Aoba (青葉市子) que j’écoute justement en ce moment (une recommandation de quelqu’un qui se reconnaîtra qui a été la voir récemment en concert à Paris Salle Pleyel) me rappelle Amanohashidate. Au seuil de la conscience et du sommeil, Ichiko nous parle d’un monde intérieur qui évoque pour moi un endroit presque irréel, suspendu entre deux mondes, celui de la mer et du ciel.

Amanohashidate était également une des destinations manquées de notre voyage à Fukui puis Kyoto coté mer, il y a deux ans. Se trouvant dans la préfecture de Kyoto, on pourrait imaginer que le lieu se trouve à proximité de la ville de Kyoto, mais c’est loin d’être le cas car il faut au moins une heure et demi en voiture pour s’y rendre. La suite de notre voyage nous ramènera vers le grand lac de Biwa dans la préfecture de Shiga, en empruntant la Kyoto Jukan Expressway que nous avions également utilisé pour l’aller vers Kyōtango.

Narakyō to Biwako ~4

Nous nous levons avec le soleil au bord du lac Hanare à Kyōtango (京丹後市). Le bain chaud onsen hier soir et ce matin m’a remis de la fatigue de ces deux derniers jours de conduite. C’est une fatigue certes toute relative car j’aime conduire, surtout lorsqu’on explore des paysages magnifiques comme ceux des côtes de la mer du Japon à Kyōtango. Notre destination est le port de pêcheurs d’Ine. Nous passons volontairement par la route 178 qui longe la côte, parfois au plus près des falaises. La conduite demande une attention accrue, mais on n’en est pas au niveau de la route de montagne qui nous avait amené jusqu’au sanctuaire de Tamaki à Kumano. Chaque virage nous donne des points de vue différents sur la mer du Japon et ses falaises déchirées, ce qui nous incite à faire quelques pauses photo en cours de route. Kyotango fait partie du vaste parc géologique San’in Kaigan (山陰海岸ジオパーク) classé au registre de l’UNESCO. Le San’in Kaigan Geopark couvre une grande partie de la côte de la mer du Japon, de Tottori à Kyotango. Sa formation est liée à l’ouverture de la mer du Japon, il y a ~25 millions d’années, composée de roches volcaniques, de strates visibles, de falaises mais également de quelques plages et même des dunes à Tottori. La beauté de ce paysage est rugueuse, adaptée aux vents forts et à la mer agitée qui ont façonné ces lieux. Nous traversons quelques villages qui ont conservé une architecture traditionnelle avec des maisons à la structure de bois sombre. On se dit qu’il s’agit d’un paysage très différent de ce que l’on peut voir côté océan pacifique. Il n’y a presque personne sur la route et même la station routière de Tenkitenki Tango que nous avions repéré sur notre route est fermée aujourd’hui. Le seul élément venant contraster avec ce paysage est la base de Kyōgamisaki (航空自衛隊 経ヶ岬分屯基地) opérée par les forces de Self-Défense japonaise, pour observer l’espace aérien et maritime du nord-ouest du Japon. J’imagine que les deux énormes radars de la base entièrement peinte en vert foncé détecte les tests de missiles nord-coréens en direction de la mer du Japon et contribuent au système national J-alert qui informe tout le pays de différents types d’événements critiques comme les alertes missiles, les catastrophes naturelles et autres urgences majeures.

Après une bonne heure de route, nous arrivons par les terres au fameux village de pêcheurs d’Ine (伊根町). Je dis fameux car il est plus touristique que la côte naturelle que nous venons de traverser, et parce que le visiter est une sorte de revanche sur notre dernier voyage dans la baie de Wakasa dans la préfecture voisine de Fukui il y a deux ans. Lors de ce voyage, nous avions l’intention de monter jusqu’au village d’Ine après avoir visité Maizuru, mais la météo exécrable nous en avait dissuadé. On ne peut pas dire qu’il fasse un temps merveilleux aujourd’hui, car le ciel est couvert mais au moins il ne pleut pas. Le village de pêcheurs d’Ine est un lieu assez unique au Japon. Il s’étire sur environ 5 kms le long d’une baie et se compose d’environ 230 maisons traditionnelles alignées tout autour. Ces maisons sont principalement des funaya (舟屋) de pêcheurs, construites directement au bord de l’eau avec au rez-de-chaussée un garage à bateau et à l’étage un espace de vie. On a l’impression que ces maisons flottent sur la mer. Une rue étroite nous donne accès au village et à un parking situé au bord de l’eau. Le village est placé tout en longueur sur une bande étroite entre la mer et les montagnes. Les eaux du port sont calmes protégées par la baie et la petite île de Kameshima à son entrée, créant une sorte d’enclave presque fermée sur elle-même. L’activité de pêche est toujours présentes et les maisons encore habitées par des familles locales. Le village n’est pas envahi par les boutiques et garde son aspect authentique malgré le nombre de touristes qui s’y promènent. On peut faire une balade en bateau dans la baie et même passer une nuit dans une maison rénovée, mais nous nous contentons d’une promenade avec une visite guidée d’un Funaya encore active. La maison tout en longueur est étonnamment spacieuse avec un toit haut. Là encore, ce petit village nous donne le sentiment de moments suspendus avec une temporalité lente.

Narakyō to Biwako ~3

Une des destinations de notre petit voyage est le sanctuaire Miwa Ōmiya (大神神社), situé à Sakurai dans la préfecture de Nara, à environ 40 minutes en voiture depuis le centre de Nara. Ce sanctuaire shintô est reconnu comme étant le plus ancien du Japon. Contrairement à la majorité des sanctuaires, il n’abrite pas la divinité dans un édifice, comme le honden, car le cœur du sanctuaire est en fait le Mont Miwa (三輪山) lui-même. La montagne est le dieu honoré par ce sanctuaire qui conserve une forme ancestrale du shintō où l’on prie directement un élément naturel sacré. Lorsqu’on approche de Miwa Ōmiya, on ne peut qu’être impressionné par l’immense porte torii (大鳥居) mesurant 32.2 mètres de haut. Il s’agit du deuxième plus grand torii du Japon, après celui de Kumano Hongū Taisha dans la préfecture de Wakayama, que nous n’avions pas visité lors de notre dernier voyage dans la péninsule de Kii. Une autre particularité du sanctuaire est son étrange triple torii, une structure rare que je n’avais jamais vu auparavant. L’atmosphère dans l’enceinte du sanctuaire est paisible, dans un environnement forestier dense. Nous apprécions ces moments privilégiés à l’écart de tout, dans des lieux peu connus des touristes.

Pour le déjeuner, les sōmen (そうめん) s’imposent à nous, car ce sont une des spécialités de la région. On trouve facilement un petit restaurant en chemin entre le grand torii et le sanctuaire. Les sōmen sont de très fines nouilles à base de farine de blé, légères et rafraîchissantes car servies froides avec une sauce tsuyu. Le restaurant propose des nagashi sōmen (流しそうめん), où les nouilles circulent dans un canal circulaire avec de l’eau fraîche. Il faut les attraper au passage avec des baguettes, ce qui est assez ludique. La zone de Miwa (三輪), dans la ville de Sakurai, est considérée comme le berceau des sōmen au Japon. On parle des Miwa sōmen (三輪そうめん) qui réputés comme les plus anciens et parmi les plus fins du pays.

En fin d’après midi, il nous faut penser à la prochaine étape de notre voyage. Il nous reste encore de la route jusqu’à Kyotango (京丹後市) situé au nord de la préfecture de Kyoto, face à la mer du Japon. Cette région est beaucoup moins connue et touristique que la ville de Kyoto, plus naturelle et isolée. Nous partirons à la découverte de son littoral déchiré et de ses villages de pêcheurs demain matin.

青い空をかえせ!⑥

La dernière étape de notre séjour passait par la ville d’Uji (宇治市) située au Sud de Kyoto. Uji est reconnue pour sa production et distribution de thé vert, depuis que le Shōgun Ashikaga Yoshimitsu (1358–1408) promut sa cultivation dans cette région. L’objectif de notre passage à Uji était la visite du temple bouddhiste Byōdō-in (平等院). Il s’agissait initialement d’une riche villa construite en 998 pendant la période Heian, reconvertie ensuite en temple en 1052 par Fujiwara no Yorimichi (藤原頼通), après l’avoir hérité de son père. Le pavillon du Phénix ou pavillon d’Amida, entouré d’un étang, a été construit en 1053. Il est célèbre car classé comme trésor national et représenté sur les pièces de 10 yens. Sur le toit de Byōdō-in, on trouve deux statues couvertes d’or de phénix ayant fière allure. On retrouve exactement la même figure de phénix représentée sur les billets de 10,000 yens. Un billet de 10,000 yens et une pièce de 10 yens étaient distribués à chaque visiteur pour pouvoir comparer et se faire une idée précise des ressemblances (je plaisante). Après avoir vu la représentation du Mont Fuji sur le billet de 1000 yens au lac Motosu (本栖湖) au tout début de cette année, j’ai l’impression qu’on essaie inconsciemment de faire le tour de tous les lieux représentés sur les billets japonais avant leur prochain renouvellement en Juillet 2024.

Le hall principal de Byōdō-in est prolongé par deux ailes latérales composées de galeries et couloirs ouverts sur l’extérieur et portés par de fins pilotis. Ces ailes viennent agrandir la salle centrale et donne au temple une impression de grande légèreté. On y ressent même quelque chose de céleste, dans le sens où cette impression de légèreté nous allège en quelque sorte l’esprit. On peut bien sûr faire le tour du temple, mais également entrer à l’intérieur en réservant sur place pour un créneau horaire, une fois toutes les heures. Il ne faut pas arriver trop tard pour espérer voir l’intérieur, qu’il faut bien entendu ne pas manquer. Après une petite heure d’attente, nous avons pu entrer à l’intérieur. Les photographies y sont strictement interdites et la visite de 15 minutes avec guide est très encadrée. Un grand musée de béton se trouve également dans le parc tout près du temple, pratiquement caché sous terre et derrière la végétation. On ne le voit pratiquement pas depuis le temple. Je suis tout de suite tombé en admiration devant la qualité du béton, les espaces aux plafonds hauts et l’arrangement de l’espace intérieur. Ce musée nommé Byōdō-in Takaramonokan Hōshōkan (平等院宝物館鳳翔館) a été conçu par l’architecte Akira Kuryu (栗生明) et a ouvert ses portes en 2001. Parmi les objets exposés, on retrouve les statues de phénix en bronze du toit et une série de statues en bois de représentations bouddhistes sur des nuages. Ces Bouddhas se déplaçant sur des petits nuages m’on tout de suite rappelé le jeune Sangoku de Dragon Ball créé par le regretté Akira Toriyama. Plusieurs originaux de ces statues de Bouddhas volants sont en exposition dans le musée tandis que d’autres originaux sont restées fixés à l’intérieur du hall du Phénix que l’on a pu voir lors de notre visite guidée.

Notre visite de Kyoto était décidément placée sous le signe du phénix, symbole de la renaissance. Je ne sais pas si cette coïncidence prendra pour moi un sens particulier, mais ne signifie à priori pas une renaissance de ce blog. Après avoir acheté du thé vert, des pâtes au thé vert et du curry au thé, l’horloge nous indique qu’il est l’heure de prendre la route pour rentrer vers Tokyo. On n’aura malheureusement pas assez de temps pour aller voir la station d’Uji (Keihan) aux formes brutalistes, par l’architecte Hiroyuki Wakabayashi (若林広幸). Il est déjà 16h30 et le système de navigation nous indique d’une manière très optimiste 5h30 de route. Le système aime nous narguer car on sait très bien qu’il nous faudra une ou deux heures de plus, surtout que des bouchons nous attendent rapidement à l’entrée de Nagoya sur l’autoroute Ise Wangan longeant l’océan. Nous ferons une première pause à l’aire de repos de Nagahama située à l’embouchure de trois rivières (Kiso, Ibi et Nagara). Nous y dînerons tôt en regardant les montagnes russes du parc d’attractions situé juste à côté. Le retour se fait ensuite plus fluide mais la nuit est déjà tombée lorsqu’on aborde la longue autoroute Shin-Tomei. Nous arriverons finalement avant minuit. C’est loin de me déplaire de conduire sur de longues distances (c’est de famille), quand je suis accompagné par une playlist musicale préparée à l’avance. Je suis par contre le seul à siffler et à chantonner dans la voiture, car tout le monde à part moi est déjà endormi.