Depuis l’immeuble tubulaire de Tange

shizuoka

En passant rapidement à Ginza, je fais un détour vers le Shizuoka Press and Broadcasting Offices près de la station de Shimbashi. Je suis passé très souvent devant ce mini-immeuble mais à moto et sans prendre le temps de m’arrêter, d’en faire le tour et de le prendre en photo. Cet immeuble date de 1967, créé par Kenzo Tange un an après la structure brutaliste du centre Yamanashi Press and Broadcasting. Cette petite tour moderne en coin de rue se présente comme un arbre, avec son large cylindre sur lequel viennent se poser des boîtes contenant des bureaux. Cette ramification laisse penser que cet immeuble est à structure variable, évolutif avec possibilité de croissance organique, comme une plante, suivant l’idée du courant métaboliste.

archigram

Kenzo Tange avec son plan pour Tokyo de 1960 (photo à droite ci-dessus: la ville s’étend sur la baie de Tokyo, sur un axe central ramifié) a été une influence pour ce mouvement métaboliste, sans en faire directement partie. Le travail spéculatif des Métabolistes au Japon dans les années 1960 se croise avec celui du groupe anglais architectural d’avant-garde Archigram. Archigram prend son inspiration dans les nouvelles technologies pour créer des projets innovants et visionnaires, une réalité futuriste et expérimentale utopique, faite de villes nomades en forme de machines capables de se déplacer, des maisons capsules mobiles et interchangeables pouvant se greffer sur une tour de capsules, des mégastructures se branchant sur des réseaux tubulaires… Les Métabolistes et Archigram s’influencent mutuellement, on reconnait chez le métaboliste Kisho Kurokawa ce concept de capsules interchangeables empilées dans son Nakagin Capsule Tower. Je vois d’ailleurs dans le Shizuoka Press and Broadcasting Offices de Tange des similarités avec la mégastructure tubulaire d’Archigram, en image ci-dessus à gauche. Une différence entre ces deux courants cependant est que les idées d’Archigram sont restées au stade de concept, tandis que les métabolistes ont réalisés quelques immeubles, à moindre échelle, sans le grandiose des villes dans les airs ou sur la mer imaginées sur le papier ou en maquette.

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Le groupe Archigram intégrait également dans leur vision fantastique une culture pop flirtant souvent avec le comics book, dans les illustrations qu’ils produisèrent de leur ensembles urbains. Au Japon, il aurait été passionant de retrouver les créations métabolistes sur support manga, avec mise en situation de leur visions utopiques. On se contentera de rendu 3D sur le site de 10plus1: le Joint Core System de Arata Isozaki et le Plan pour Tokyo 1960. Cela me fait d’ailleurs penser au manga Akira, c’est intéressant de voir que ce manga de Katsuhiro Otomo de 1988, reprend cette idée de Kenzo Tange de ville sur la baie de Tokyo (image provenant de Akira ci-dessus). La science fiction de Akira nous montre une ville nommée Neo Tokyo, construite sur la baie en 2019 suite à une explosion nucléaire sur la “vieille ville” de Tokyo en 1982. Cette vision apocalyptique est une image redondante, que l’on rencontre également dans d’autres manga comme Neon Genesis Evangelion de Hideaki Anno où Tokyo renait plusieurs fois pour devenir Tokyo-3, ville retractable sous le sol, déplacée à Hakone. Tokyo y est une ville éphémère, condamnée à être détruite et reconstruite sans cesse, on doit peut être y voir des réminiscences du grand tremblement de terre de Tokyo en 1923, ou des bombes nucléaires sur le Japon à Hiroshima/Nagasaki.

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Alors que j’écris ces lignes et dans le même esprit de liaison culture pop et architecture, je découvre cette article amusant et intéressant de A Life Without Buildings sur les liens et influences possibles entre Star Wars et l’architecture. Sur l’image ci-dessus tiré du blog, l’auteur nous invite à imaginer les ressemblances entre le véhicule Sandcrawler et l’immeuble Casa da Música de Rem Koolhaas au Portugal, tout en nous indiquant qu’en réalité le Sandcrawler s’inspirait bien d’architecture, d’un hotel en Tunisie. Les trois articles suprenants à voir sur A Life Without Buildings sont les suivants: Rem Koolhaas, Tunisia, and Sandcrawlers, Otto Wagner and the Millenium Falcon et What’s Up With All The Death Stars?.

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Dans le même style, j’ai toujours pensé que le musée métaboliste Edo-Tokyo de Kiyonori Kikutake ressemblait au AT-AT Walker de Star Wars. L’inspiration de Kikutake vient en fait des toitures traditionnelles japonaise, mais il est bon de laisser parfois voguer son imagination.

Date: mai 10, 2008 - Categorie(s): Architecture, Musiques et media, Tokyo

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Silver and Gold

silver

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Deux immeubles de Ginza dans leurs écrins: le Maronnier Gate en argent et le façade dorée de Cartier par Sylvain Dubuisson.

Date: mai 1, 2008 - Categorie(s): Architecture, Tokyo

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Urbano-végétal (16 et 17), forêt sur la mer et villes imaginaires

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Deux vieilles maisons de Yanaka, au nord de Tokyo, voguent au dessus de la plage de Hayama ou du parc Sankei de Yokohama. Ces maisons d’habitude coincées dans les villes, se mettent en mouvement pour un voyage libérateur au dessus des zones vertes.

La collection des compositions urbano-végétales, où des morceaux de ville voguent dans les airs, commencent à bien s’étoffer. Ces éléments urbains se mélangent avec le naturel pour une approche imagée et fantaisiste de la ville verte. La nature y reprend ses droits, envahit la ville et la libère de son ancrage terrien. Dans cette série urbaine et végétale, on trouve toute sorte d’éléments urbains: de l’immeuble moderne qui attérit du jour au lendemain comme venu du ciel, des vieilles maisons en bois condamnées à disparaître, n’étant pas aux normes anti-sismiques ou dangereuses en cas d’incendies, s’envolent vers le ciel vers d’autres horizons comme vers un paradis mérité. Tokyo est une ville en mouvement où s’opèrent des changements perpétuels, en espèrant que le végétal soit intégré dans les changements urbains. Cette notion de mouvement, de cycle de changement urbain en intégrant le végétal est une image que je fais passer dans ces compositions urbano-végétales.

Une de mes inspirations initiales pour cette série est l’étude pour Tokyo Fiber City 2050 de Hidetoshi Ohno, où l’architecte-urbaniste propose une réorganisation de la ville en y intégrant du vert, des éléments naturels intégrés à l’intérieur de la ville dans un souci d’améliorer l’environnement général de vie. Dans le numéro 2007 de MxM (Beyond the Modern Movement and for the future Motion), je vois pour la première fois la vision de Tadao Ando pour le Tokyo de 2016, ville candidate aux Jeux Olympiques. Tadao Ando est membre du comité olympique de la ville candidate et réfléchit au design du Tokyo Olympique. La politique est d’utiliser au maximum les installations existantes et construire l’infrastructure manquante: un stade principal à Harumi, un centre média à Tsukiji. Un point intéressant, la vision de Tadao Ando rejoint celle de Ohno, notamment dans la création d’une grande “allée verte” depuis la baie de Tokyo vers l’intérieur de la ville, en passant par le centre vide et vert du palais impérial et vers le grand parc de Yoyogi déjà désservi par l’allée verte de l’avenue Omotesando.

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Pour créer ce couloir vert, Ando propose de “verdir” les toits des immeubles et les cours d’écoles, enterrer les batiments utilitaires, de relier les espaces verts dans la ville. Cette proposition entend lutter contre le phénomène “Urban Heat Island”, le réchauffement de certaines zones urbaines, accentué par quelques complexes en bord de baie dénoncés par Ando, comme la barrière d’immeubles de Shiodome ou celle du Shinagawa Intercity. Pour assurer le passage de l’air frais océanique depuis la baie pour une circulation à travers la ville par les allées vertes, Ando propose la mise en place d’une forêt sur la mer. Umi No Mori est un espace non utilisé de 88 hectares sur un polder de la baie de Tokyo. Une forêt de 480,000 arbres grandira sur cette île de détritus d’ici 30 ans (300 arbres ont dejà été plantés en Juillet 2007), et sera le point de départ du passage du vent de l’océan vers le centre-ville. La vision de Tadao Ando réflète sa préoccupation écologique actuelle, elle souhaite aérer la ville tout en améliorant l’environnement urbain.

Pour revenir et terminer sur une note d’imaginaire, le blog BLDGBLOG de Geoff Manaugh nous fait découvrir le travail d’art conceptuel de Daniel Dociu pour des environnements de jeux videos. Il invente des villes extrêmes, des mosquées volantes, des cités industrielles en forme de bombe à retardement ou toutes sortes de machines de guerre. Ses conceptions sont superbes, j’adore tout spécialement cette vue verticale comme une estampe de pagodes en bord de mer, en équilibre improbable sur des falaises et rochers. On aimerait s’y promener, prendre le thé et s’asseoir regarder l’horizon au son de la mer houleuse. Tout ça à condition de ne pas avoir le vertige bien sûr. En lien avec mes compositions urbano-végétales, cet arbre également portant dans ses branches, une ancienne ville de pierre en ruine.

BLDGBLOG est riche en découvertes et curiosités sur divers sujets en lien plus ou moins étroit avec l’architecture et l’urbanisme. L’auteur a un don pour attiser l’intérêt du lecteur, il aime ajouter une dose de mystère. C’est une de mes lectures quotidiennes depuis quelques années.

Résonance musicale

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Des ombres de vie naturelle dans le creux des formes abstraites et répétitives d’un immeuble à Akasaka.

Il y a de cela quelques semaines, on m’a contacté par email pour me proposer une collaboration musique/photographie. Le projet ne se lancera très certainement pas. Je ne pense pas répondre aux critères, n’étant pas un professionnel de la photographie et n’ayant pas la disponibilité nécessaire pour ce genre de projets. Toujours est-il que l’approche est intéressante et me parle beaucoup. Il compose et joue sa musique en s’inspirant d’oeuvres d’art, de photographies entre autres. J’étais assez touché qu’on puisse penser à mon travail photographique pour se genre d’exercice de création musicale. D’autant plus que j’ai moi-même ce sentiment de rapprochement entre le visuel et le musical dans mon approche de la photographie et surtout sur mon travail de développement (numérique). C’est un aspect assez difficile à expliquer et qui ne se concrétise pas souvent d’une manière claire.

J’essaie de retransmettre dans mes compositions photographiques une force que je ressens dans la musique, pas celle que l’on écoute d’une oreille distraite sans engagement dans l’écoute, mais celle qui apporte une force émotionnelle dont on n’arrive pas à se dégager pendant plusieurs jours. C’est une fascination que j’essaie de représenter sans pourtant parvenir à égaler la puisssance de ma source d’inspiration.

Ma retranscription musicale se représente souvent par une accentuation des traits, des contrastes, des ombres ou l’ajout d’éléments perturbateurs. Dans mes créations, je recherche souvent à exprimer une dysharmonie, un déséquilibre que l’oeil mettra un peu de temps à intégrer, comme l’atmosphère calme perturbée par des nuages de guitares excentriques que l’on trouve parfois chez Sigur Rós ou comme une surface bruitiste sur laquelle vient se construire une mélodie chez Sonic Youth, ou comme toute musique expérimentale où l’oreille doit s’habituer, apprendre à repérer, ou construire à force d’écoute, des points d’harmonie.

J’affectionne cette dualité, que j’esssaie de retranscrire dans mes photographies en créant par exemple un parasitage, une introduction d’éléments perturbateurs (des traines noir et blancs, de zones d’ombres, …). Depuis quelques années, j’ai en tête cette interview de Adrian Thaws aka Tricky dans les Inrockuptibles. Il mentionait qu’il aimait parasiter ces morceaux de musique, les triturer après présentation d’une version claire et propre à sa maison de disque. Je ne sais pas s’il le faisait réellemment, mais c’est une approche qui m’a marqué: Partir d’une réalité claire et nette, sans effet de suprise, la triturer, modifier pour en faire sortir un nouvel équilibre.

L’envie d’écrire ce paralèle musique/composition photographique me vient en écoutant Magic Spells, de Crystal Castles, groupe canadien électro-expérimental, tirant leur nom d’un ancien jeu d’arcade. Les compositions lo-fi sont fortement imprégnées de sonorités expérimentales souvent dissonantes, presque parfois inaudibles, sur lesquelles se construisent des compositions mélodiques. Magic Spells est beaucoup plus calme et fascinant que les autres morceaux du groupe. La composition ci-dessus répresente l’architecture comme base froide, comme machine à vivre venant rentrer en résonance avec la mécanique répétitive d’une musique électronique. La mécanique est cependant vivante, faite d’imperfections et d’hésitations apparaissant par ci par là dans la mécanique sonore apparemement bien huilé. Je suis vontairement sensible aux notes volontairement faussées, aux dissonances, un faux ton qui ajoute un brin d’imprévu, de vie dans un ensemble pré-réglé. Ma dose d’imprévu dans la composition ci-dessus, ce sont les branchages, éléments de vie dans les creux de formes architecturales mécaniques et répétitives.

Quelques illustrations complémentaires: 1 2 3 4 5 6 7 8 9

Urbano-végétal (15)

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Passage de train dans les airs au dessus de Shibuya. Ca faisait plus de 2 mois que je n’avais pas fait de composition urbano-végétal.

Date: avril 14, 2008 - Categorie(s): Computer Graphics, Tokyo, Urbano-Vegetal

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Retour de Sakura

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Retour des cerisiers en fleurs un peu en avance le long de la rue Meiji, entre Ebisu et Hiroo, en s’accompagnant de la musique électronique douce et vaporeuse de Múm sur Dancing Behind My Eyelids

Date: mars 30, 2008 - Categorie(s): Tokyo

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Plaza Mikado

mikado

mikado

Je marchais donc dans Akasaka pour trouver le Plaza Mikado d’Edward Suzuki. Je tourne un peu en rond, presque volontairement pour finalement le trouver dans une des sous-artères de Akasaka. Je suis passé plusieurs fois devant mais aujourd’hui, c’était pour la photo. Pas assez de recul pour le prendre en entier, je me concentre donc sur les colonnes de verre quasiment transparentes. Le hall intérieur est assez quelconque (je n’ai pas vu les étages) mais l’extérieur est superbe. On dirait un aquarium verdâtre un peu sale, l’immeuble date de 1990.

Date: mars 11, 2008 - Categorie(s): Architecture, Tokyo

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The Hexagon

hexagon

Toujours à Akasaka et devant l’immeuble TBS, voici le nouvel immeuble The Hexagon. J’aime beaucoup ce design, on dirait un empilement de containers compressés par le poids du container du dessus. La facade vitrée avant est ainsi déformée et de manière asymétrique. Cela donne l’impression que l’on peut ajuster dynamiquement la hauteur des containers: les écraser ou étendre leur hauteur de manière autonome… Une sorte d’immeuble en accordéon.

hexagon

HSBC occupe les 2 premiers étages. Je ne sais pas qui est l’architecte à l’origine de ce design et je ne sais pas si volontairement l’immeuble reprend le design du logo de HSBC.

Date: mars 9, 2008 - Categorie(s): Architecture, Tokyo

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