pendant le mankai des cerisiers

Pendant quelques jours seulement, les cerisiers étaient en fleur et les foules étaient de sortie à tous les coins et recoins de Tokyo. Cette année, le pic de floraison, le mankai, tombait en partie pendant le week-end, ce qui nous a donné l’occasion d’aller les admirer à plusieurs endroits. Nous préférons toujours faire hanami en marchant, plutôt que de rester assis dans le froid sur une tâche bleue. Nous sommes revenu à Naka-Meguro, pour constater que la rivière Meguro était prise d’assaut par la foule des marcheurs. Il n’a pas de place le long de la rivière pour s’arrêter, et on avance donc pas à pas porté par le flot. Le tunnel de fleurs sakura s’est bien formé au dessus de la rivière et cela donne vraiment un bel effet. Depuis la station de Naka-Meguro, nous marchons jusqu’au petit pont rouge piéton. La foule se fait plus diffuse à ce niveau là, sauf sur ce pont rouge où il faut faire très attention de ne pas se prendre une perche à selfie en pleine figure. Juste à côté, on construit un grand bâtiment de béton. Je ne sais pas s’il s’agit d’une résidence privée, d’une salle d’exposition ou d’un bâtiment public, mais ce bloc de béton est très bien placé en plus d’être très joliment fini.

La première photographie de ce billet a été prise sur la rue Meiji depuis la passerelle piétonne de Shibuyabashi lorsque l’on regarde en direction de Hiroo. Marcher de Shibuyabashi vers Tengengibashi est également une jolie promenade pour admirer les sakura. Je n’ai pas pris de photos, mais nous aimons beaucoup aller voir du côté de Ark Hills sur la petite route recouverte de cerisiers entourant le complexe. Nous y passons à chaque fois au ralenti en voiture, tout comme au cimetière de Aoyama, ou sur la rue traversant Tokyo Mid-Town ou encore celle derrière Roppongi Hills. Au fur et à mesure des années, nous nous sommes défini un parcours que nous ne manquons pas de suivre. Le problème est qu’il est bien entendu difficile de prendre des photos en conduisant, et je me contente dons de l’impression du moment. Je ne suis pas mécontent des photographies de ce billet, mais en général, c’est assez difficile de rendre en photo la beauté des cerisiers, car cette beauté vient de l’accumulation et de la densité des fleurs que l’on a du mal a capturer dans toutes leurs splendeurs.

Les deux dernières photographies sont prises à Ebisu, tout près d’un restaurant de Udon que l’on apprécie tout particulièrement. Le passage de la pluie commençait déjà à faire tomber les fleurs de cerisiers sur le sol. Le spectacle des cerisiers en fleur se termine souvent brusquement par pluie et bourrasque de vent, histoire de garder le phénomène le plus éphémère possible.

avant le mankai des cerisiers

Je passe assez souvent par Naka Meguro 中目黒 ces derniers temps, depuis Daikanyama, en empruntant une route en courbes jusqu’à la rivière Meguro. Cette route en courbes et en pente démarre entre les deux bâtiments en béton Annex A et B de Hillside Terrace par l’architecte japonais Fumihiko Maki 槇文彦. J’aime les prendre en photographie et je pense les avoir montrées plusieurs fois dans des billets précédents. En descendant donc cette route abrupte en courbes, on arrive assez vite sur la rivière Meguro. Les photographies de ce billet sont prises à la fin mars et les cerisiers commençaient tout juste leur floraison. Les préparations sont pourtant déjà terminées le long de la rivière Meguro. On peut voir accrochées les lampes sponsorisées d’une couleur rose d’assez mauvais goût. Les passants s’arrêtent au niveau des ponts pour prendre en photo les branches qui surplombent la rivière. Il faudra attendre encore quelques jours pour le mankai, la pleine floraison, pour que le tunnel de sakura se forme clairement au dessus de la rivière. Au fur et à mesure des années, cet endroit est devenu de plus en plus populaire pour le hanami et il faut s’armer de patience pour faire un tour complet des lieux.

Suivons maintenant une autre rivière, celle de Shibuya. La photo ci-dessus nous montre cette petite rivière au niveau de Azabu-Jūban 麻布十番. En fait, je n’avais pas réalisé que la rivière Shibuya qui passe près de la station de Shibuya, longe la rue Meiji en passant près de la station de Ebisu, continuait son chemin en passant par Azabu-Jūban. Elle fait un virage à 90 degrés au niveau de la station de Azabu-Jūban, pour ensuite filer tout droit vers la baie de Tokyo. C’est une des nombreuses rivières « maltraitées » à Tokyo. Elle souffre de bétonnage excessif au niveau de Shibuya, tout le long de la rue Meiji, et se voit ensuite recouverte à moitié ou complètement par l’autoroute intérieure à partir de Tengenjibashi. Ces autoroutes intérieures à Tokyo datent des Jeux Olympiques de 1964. Il fallait à l’époque créer rapidement des grands axes routiers et les espaces vides au dessus des rivières et canaux ont été réquisitionnés.

Au niveau de Akabanebashi, le long de cette rivière, un nouvel immeuble aux formes futuristes est en phase de finalisation. C’est un immeuble de bureaux du promoteur Sumitomo Fujisan appelé Azabu Jūban Project et conçu par Nikken Sekkei 日建設計. La construction du bâtiment semble en fait assez classique mais chaque étage se voit doté de plaques en angles aigus venant pointés dans plusieurs directions, et donnant cette impression futuriste. L’immeuble est massif avec plus de 4000m² pour chacun des dix étages le composant. Même avec mon objectif grand angle, il est difficile à prendre en photo dans son intégralité.

Les quelques photographies ci-dessus sont prises au coeur de Shibuya, près d’un poste de police de proximité kōban 交番 aux formes, là encore, futuristes. Ce poste de police de Udagawa-cho a été conçu par l’architecte Edward Suzuki, et pourrait nous faire penser à une tête d’animal, peut être à une chouette qui observent les rues mouvementées de Shibuya. Une autre photographie est prise à l’entrée de la petite rue piétonne en pente Spain-zaka スペイン坂 qui monte jusqu’au cinéma Rise. Rien de très nouveau sur ces photographies à part l’envie de reprendre des lieux connus et maintes fois photographiés avec mon nouvel objectif 17-40.

Les deux dernières photographies prennent pour décor le parc de Inokashira à Kichijoji. Ici aussi, les cerisiers commençaient doucement à fleurir en ce week-end de fin mars. Nous allons tous les ans voir les sakura au parc Inokashira, et la foule est toujours très présente. C’est une population jeune qui se réunit sur des bâches bleues au dessous des cerisiers en fleurs. Les visages sont rougis par l’alcool et personne ne semble porter attention aux fleurs au dessus des têtes. Dans ce parc, plus que les fleurs, j’aime les formes biscornues des branchages qui se dévoilent en hiver. Dans un coin du parc, un jeune homme nous montrait une chouette. Elle était étonnamment docile et on pouvait la caresser doucement. Elle n’avait pas peur de la foule des curieux qui venait la voir et tendait les mains craintivement pour l’approcher. La chouette observe ce qui se passe tranquillement sans broncher, mais il faut faire attention, les chouettes ne sont pas ce qu’elles semblent être.

le sens le plus éloigné


渋谷 Shibuya, Jan-2017. Passages incessants devant le parc Miyashita.


中目黒 Naka-Meguro, Dec-2016. Une peinture florale inattendue.


池尻 Ikejiri, Fev-2017. Vendeur de livres d’occasion à peine accessible près de Sangenjaya.


代官山 Daikanyama, Mar-2017. Vieille Porsche sur le parking du Tsutaya.


下北沢 Shimo-Kitazawa, Mar-2017. Distributeur automatique de boissons au rez de chaussée du club de boxe.

the loudest sound you’ve ever heard

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« The loudest sound you’ve ever heard », le son d’un concentré de Ville qui vit. Je redécouvre la beauté de Kid A, je me plonge dans A moon shaped Pool et je me reconcilie avec Radiohead qui devient la bande sonore de mes photographies de Tokyo, dans les rues de Shimo Kitazawa, Daikanayama, Shibuya, Naka Meguro … « Don’t get heavy, Keep it light and Keep it moving », essayons de garder ça en tête dans ma démarche.

Le tigre veille sur nous

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Le tigre et le bambou de Kyosai Kawanabe. J’adore ces yeux et cette bouche, un mélange d’humour et de férocité. On a l’impression qu’il va vous sauter dessus et vous manger tout cru mais pour rigoler. Comme toutes les photographies de ce billet, cette photo de tigre est prise sur iPhone et déjà publiée sur Instagram, il y a de cela quelques semaines ou quelques mois. Cette image provient en fait d’un livre feuilleté dans un salon à Marunouchi.

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Sans crier gare, Made in Tokyo vient de fêter il y a quelques jours (le 23 mai) ses 13 années d’existence. Je suis moi-même impressionné par la longévité de ce blog, car beaucoup des blogs qui sont nés à l’époque où j’ai démarré celui-ci (en 2003 donc) sont depuis longtemps morts et enterrés. Certains renaissent, mais il ne faut pas se faire d’illusion, le format blog est mort au profit du web d’Instagram, Twitter, Facebook, Tumblr éventuellement.

13 ans d’existence, c’est à la fois une fierté et un fardeau. L’obligation de continuer en quelque sorte, se mélange au besoin de continuer. Mais au final, ce blog est une forme de libération de mon besoin créatif. Et pour cette date d’anniversaire, plutôt que de faire un long récapitulatif de ce qui fait la particularité de ce blog, je préfère encore et toujours diriger le visiteur vers la page A propos qui est un bon résumé des passions diverses qui alimentent ce blog.

Je préfère également montrer de nouvelles photographies, des photographies d’architecture bien sûr. La maison aux ouvertures triangulaires ci-dessus est située à Yoyogi Uehara. Je ne connais pas l’architecte, mais j’aime ces formes qui semblent s’inspirer de l’immeuble TOD’s de Toyo Ito à Omotesando.

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Les deux maisons individuelles ci-dessus se trouvent pas très loin l’une de l’autre à Higashi, près du sanctuaire de Hikawa dans Shibuya-Ku. Comme les autres photos d’architecture de ce billet, ce n’est pas la première fois que je les prends en photo et les montre sur le blog.

Le visiteur attentif remarquera peut être que sur ce billet et les précédents les commentaires sont fermés. J’ai fait pas mal d’aller retour sur le sujet, mais la réalité étant ce qu’elle est, l’activité des commentaires est proche du néant depuis quelques années. La succession des billets sur ce blog s’inscrivant dans une certaine continuité pour former un flot d’images interconnectées ne force pas vraiment aux commentaires individuels sur un billet en particulier. Le formulaire dans la page Contact est toujours disponible pour me contacter et me donner des avis sur ce blog. Mon adresse email est également affichée en bas de page. Les messages de soutien sont importants pour continuer mais pas indispensables car ce blog répond avant tout à un besoin créatif. Fut une époque où je souhaitais ou recherchais une certaine reconnaissance à travers mon travail sur ce blog, mais l’internet n’est qu’éphémère et illusion.

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J’aime vraiment ces formes courbes, celle du bâtiment GUN-AN par Tadasu Ohe. Il se trouve dans un petite rue à Hiroo, non loin de la rue de Roppongi.

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Nous sommes ici à Ebisu. Cette forme me faisait penser à une sorte de canon atomique.

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Le chat, la grenouille et les cerisiers en fleur. Nous sommes ici à Naka-Meguro.

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La maison de béton se trouve à Shibuya. Ce monolithe hermétique à l’espace extérieur est assez fascinant. Il doit certainement y avoir un jardin intérieur avec ouverture sur le ciel, mais la vue depuis la rue ne nous permet pas de deviner la structure intérieure.

Les graffiti sont dessinés sur un mur de Udagawa-cho dans le centre de Shibuya. Ces dessins sont éphèmères et remplacés régulièrement par des nouveaux motifs. J’y reviens donc assez souvent pour voir ce qu’il en est et comment le décor urbain évolue. Ce bâtiment est assez ancien et va certainement bientôt disparaitre dans une tentative de standardisation du paysage urbain à Shibuya, comme dans tout autre quartier de Tokyo d’ailleurs.

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L’effet d’étonnement est automatique et ne s’estompe pas lorsqu’on aperçoit le Collège Technique de Aoyama par l’architecte Makoto Sei Watanabe. C’est une oeuvre futuriste originale qui se rapproche plus de l’art que de l’architecture. J’aime d’ailleurs quand la frontière entre les deux s’estompe.

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La photographie ci-dessus nous montre Ebisu au loin. C’est un endroit assez particulier car on est nul part entre Shibuya et Ebisu, le long de la voix ferrée. Un petit pont piéton nous fait traverser les voix ferrées. Le pont est grillagé pour éviter que des imprudents se jettent volontairement par dessus bord. Il y a de cela quelques années, on pouvait également voir la ligne de Train Toyoko croisant en hauteur la ligne circulaire Yamanote. J’emmenais quelques fois Zoa quand il était petit pour regarder les trains depuis la passerelle. Il n’est maintenant heureusement pas fanatique de trains, comme le sont beaucoup de japonais. Je ne comprends d’ailleurs pas cette passion des trains, j’y suis complètement hermétique.

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Les couleurs des azalées attirent les visiteurs au sanctuaire de Nezu près de Ueno. J’avais montrer en plans plus serrés quelques unes de ces fleurs dans un billet précédent.

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Les fresques murales m’intéressent en ce moment. Celle ci-dessus est dessinée par Imaone et Zed1 et se trouve sur le côté d’un petit building à Kichijoji. Comme pour la découverte inattendue d’architecture, tomber par hazard sur ce type d’art urbain apporte une satisfaction certaine, d’autant plus que je l’avais déjà aperçu sur Internet.

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Yokohama, tout en haut de la tour Landmark, avec vue sur le quartier de Minato Mirai.

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Sonic Youth, je suis grand amateur du groupe depuis le début des années 90, avec des hauts et des bas, mais cette inventivité du son rock et le mélange des voix m’a toujours impressionné. J’ai découvert Sonic Youth juste après Nirvana (alors que c’est Sonic Youth qui a fait découvrir au monde le groupe Nirvana) avec l’album Goo (1990) d’abord, puis ensuite Dirty (1992) et Experimental Jet Set Trash and No Star (1994). Après une pause de quelques albums, j’ai redécouvert le génie du groupe avec les deux albums ci-dessus en photo, Sonic Nurse (2004) et Murray Street (2002). J’étais déjà à Tokyo à cette époque et un concert au Blitz à Akasaka avait réanimé la flamme. Je suis donc remonté dans le temps vers les incontournables Daydream Nation (1988), Sister (1987) et Evol (1986). Plus récemment, je complète la discographie avec des albums que je n’avais pas écouter entièrement comme Washing Machine (1995) ou le plus récent Rather Ripped (2006), ou que je ne connaissais pas comme les tous premiers albums. Il n’y a pas que des bons disques dans la discographie de Sonic Youth, mais ils définissent un son que l’on entend pas ailleurs. C’est bien dommage que le groupe se soit séparé. Après avoir lu l’histoire de Sonic Youth dans Goodbye 20th century, je me mets maintenant à la lecture du bouquin de Kim Gordon, Girl in a Band. Alors que j’achetais ces dernières années la musique dématérialisée sur iTunes, l’envie me reprend d’acheter les CDs, histoire d’avoir du concret. Je les achète petit à petit d’occasion au Disk Union du coin.