des reflets urbains

J’ai remarqué comme une tendance tous les ans au mois de décembre d’un manque général d’inspiration, alors que l’année se termine plus ou moins tranquillement. Sur le billet précédent par exemple, les mots ne me venaient plus pour décrire les photographies et c’est la même chose pour la série de photographies de ce billet. En effet, rien de bien particulier à écrire de plus sur les feuilles jaunes automnales qui colorisent Tokyo ces dernières semaines, comme ci-dessus au bord de la rue Nisseki à Hiroo. Rien de plus à ajouter non plus au sujet de cette photographie de résidence particulière envahie volontairement par une végétation en constante extension, ni sur cette portion d’autoroute intra-urbaine qui me rappelle toujours la première scène du roman 1Q84 de Haruki Murakami lorsque Aomame descend de l’autoroute encombrée par les embouteillages à pieds par un escalier de secours sur la route 3 de Shibuya. Rien à écrire non plus sur l’immeuble Azabu Edge Experience in Material 20 de l’architecte Ryoji Suzuki à Roppongi, déstructuré avec ses formes d’escaliers posés à l’inverse et ses pans de mur semblant avoir été attaqués au burin, ni sur les figures télévisuelles que je ne reconnais pas sur l’immeuble Asahi TV juste en face. Il y a également peu de choses à commenter sur ces photographies de réflexions de la ville qui parlent d’elle même, que ça soient les réflexions dessinées par Daisuke Samejima sur un mur du tunnel le long du musée NACT, ou les réflexions sur les immenses vitrages du Scala par l’architecte Atsushi Kitagawara à Nishi Azabu, ou encore les réflexions de bâtiments quelconques sur immeuble recouvert de verre. Cette Porsche verdâtre rouillée devant une Rolls Royce aurait pu susciter un debout de commencement d’inspiration mais ce billet se termine maintenant, alors terminons le.

ENVOL (leave them all behind)

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Les plus observateurs auront certainement remarqué un petit changement sur les photographies du blog. Pour être plus précis, les dimensions des photographies sont légèrement augmentées pour passer de 900px de large vers 1000px. Le tout se ré-ajuste automatiquement pour ceux qui lisent et regardent Made in Tokyo sur un smartphone ou tablette. J’aurais voulu augmenter un peu plus encore la taille des photographies, mais 1000px me paraît un bon compromis pour l’instant. Il y a de cela quelques années, toutes les photographies étaient au format 600px, qui me paraît minuscule en y repensant maintenant.

Vendredi soir dernier, je mangeais avec Daniel de passage à Tokyo pour quelques semaines. Nous étions à Megutama, que je recommande encore et toujours pour les amateurs de livres de photographies. Les discussions avec Daniel me font toujours me poser de bonnes questions sur ce que je fais et comment faire évoluer tout cela. La mère de Mari en voyant quelques uns de mes 15 grands dessins de formes organiques et futuristes me demandent pourquoi je ne les présentent pas au monde (発表する), que je les expose. Mari me dit que je devrais essayer de les vendre encadrés. On a d’ailleurs fait quelques essais, mais plutôt pour exposer à la maison. Dans mon rêve, je ferais une exposition mélangeant dessins et photographies ou compositions photographiques, avec comme fond sonore quelques unes de mes créations musicales électroniques (attention, j’ai franchi le pas en achetant Logic Pro X sur iMac). Le tout, comme j’en parlais avec Daniel, est de trouver une ligne directrice qui unit tout cela. J’aime me dire que j’ai le temps d’y réfléchir.

En photographies ci-dessus, le robot de Tezuka, Atomu, posé en plein ENVOL par l’artiste français Invader sur un pont de chemin de fer JR à Shibuya, nous fait voyager vers différents lieux de Tokyo: L’hotel Meguro Gajoen sur les premières photographies, l’intérieur du musée NACT dessiné par feu Kisho Kurokawa, les rues de Shibuya et de Roppongi ensuite et pour terminer. Ca fait beaucoup de bien de voler avec Atomu au dessus des chaleurs qui envahissent Tokyo en ce début de mois de Juillet.

ZC:5suspensions/1building

Des voies suspendues entre Akasaka et Roppongi, une portion de la loop express intra-Tokyo, la plus grande oeuvre architecturale de la ville. Une fois qu’on a découvert la musique d’Autechre, difficile de passer à autre chose, car on trouve toujours du nouveau, de l’inattendu. Donc je continue petit à petit à en parler dans mes billets car ce n’est pas facile de se frayer un chemin entre la multitude de morceaux qui composent leur discographie. J’alterne l’abstrait et le plus ambient et accessible, en passant de Pro Radii sur Untilted vers le superbe et fragile Corc sur LP5, en passant aussi vers les longues progressions de Recury sur Chiastic Slide. Je n’avais pas encore attaqué ces deux albums: Untilted et Chiastic Slide. Ni Move of Ten d’ailleurs que je découvre avec le morceau y5. See on see sur Oversteps me fait penser à des particules de lumière qui scintillent et a la beauté pétillante et adictive du champagne. Altibzz sur Quaristice est un morceau assez court qui joue plus sur l’ambiance que sur les effets. L’ambiance devient plus particulière encore pour Cfern sur Confield, la mélodie inquiétante qui démarre le morceau est dérangée par un rythme instable mais qui accompagnera la totalité du morceau alors que la mélodie elle se mute petit à petit. Autechre joue beaucoup sur cette dualité mélodie qui se transforme en douceur et rythmique marquée et instable. Le focus passe de l’une à l’autre tout au long des morceaux. Under BOAC sur LP5 est assez différent et peut être plus ludique comme si les appareils électriques de notre maison se mettaient à chanter (pour paraphraser le titre d’album d’un autre compositeur électro). L’album Tri-Repetae est une valeur sûre et j’y pioche régulièrement quelques morceaux, cette fois-ci, il s’agit de Rotar.

Pliures tectoniques

Ca faisait plus de 6 mois que je n’avais pas pris de photos argentiques noir et blanc. Ci-dessus, 2 photos prises à Azabu centrées sur la pliure de surfaces d’immeubles, comme des plaques tectoniques. La photo du dessus est l’arrière de la tour adjacente de The Wall, batiment de Nigel Coates à Nishi-Azabu. La deuxième photo montre la surface avant pliée, écartée par des tubes, de la société de création textile d’osaka Ikegami installée à Roppongi.