Made In Tokyo

le sens le plus éloigné


渋谷 Shibuya, Jan-2017. Passages incessants devant le parc Miyashita.


中目黒 Naka-Meguro, Dec-2016. Une peinture florale inattendue.


池尻 Ikejiri, Fev-2017. Vendeur de livres d’occasion à peine accessible près de Sangenjaya.


代官山 Daikanyama, Mar-2017. Vieille Porsche sur le parking du Tsutaya.


下北沢 Shimo-Kitazawa, Mar-2017. Distributeur automatique de boissons au rez de chaussée du club de boxe.

0

fenêtres sur la ville

En passant, à Shibuya. J’aime assez ce format d’image emprunté à l’application iPhone Snapseed, qui donne l’effet de fenêtres ouvertes sur l’activité de la ville, comme si on observait à travers ce cadre les rues en mouvement. La première photo de cette série fait écho à la dernière par sa représentation de deux formes distinctes d’écrit venant inonder la ville, que ça soit les graffiti écrits de manière désordonnée sur les murs d’une des rues cachées de Udagawacho ou que ça soit les écritures ordonnées d’une façade de magasins à Shibuya. Au final, on a la même impression d’un trop plein d’écrit qui vient remplir jusqu’au débordement notre champ visuel.

0

simplicity

Une certaine simplicité dans le texte.

0

竜conversation

Des dragons naissent de mes formes organiques futuristes, comme une sorte d’évolution naturelle. Je donne suite à ma série d’illustrations que je regroupe dans sa totalité et avec sous-titres mystérieux sur la page dédiée FuturOrga. Je suis assez fier de cette série qui évolue lentement et surement depuis le précédent billet en Juillet 2016. J’essaie de mettre des formes reconnaissables sur ce qui me passe à travers le cerveau et ces formes se concrétisent en des créatures à mi-chemin entre serpent et dragon. J’ai certainement une attirance inconsciente pour les formes du dragon car il s’agit de mon signe zodiacal chinois. Je pense continuer à mélanger formes de créatures et formes plus abstraites dans mes dessins. Je suis assez confortable avec le format A3 qui me convient bien. J’ai quand même envie de créer plus grand (A2 par exemple) mais se pose la question de conserver le tout quelque part dans l’appartement.

Cet interlude est fait de deux photographies sans liens directs avec les illustrations ci-dessus mais qui est destiné à faire une coupure avec le sujet suivant. Cet interlude est une courte zone d’attente (à Shibuya ou à Marunouchi). L’interlude permet également à l’auteur de ce blog d’y placer des photographies qu’il ne savait pas vraiment où montrer. Elles semblent être le prémisse d’une série sur l’attente, mais on a eu beau attendre, les mots bien choisis qui auraient dû accompagner ces images ne se sont jamais présentés. On se contentera donc de rattacher ces photographies à un interlude, orphelines de toute idée de série ambitieuse.

Sa-Yuu 左右 est un groupe japonais venant de Yokohama et composé de Hiroki Hanaike 花池洋輝 (Voix, Basse, Batterie) et Miho Kuwabara 桑原美穂 (Voix, Guitare). A deux, ils font une musique très atypique et obsessionnelle, en se partageant les voix et les accroches de guitares. Le disque était en écoute au Disk Union de Shin-Ochanomizu et je suis resté accroché à cette expérimentation alternative. Le chant est souvent répétitif (le côté obsessionnel) et percutant, comme le son de la guitare (par Miho Kuwabara) et de la batterie au pieds seulement car Hiroki Hanaike joue également de la basse en même temps. Les morceaux sont dans l’ensemble très minimalistes, dû au fait qu’ils ne sont que deux pour tout faire en live dans le morceau. J’aime beaucoup cette rythmique percutante et le parlé froid du dialogue des deux artistes. Le mini-album ci-dessus à la couverture jaune intitulé CONVERSATION est sorti le 25 Janvier 2017. Il est composé de 8 titres dont le morceau du même nom que l’album カンバセイション (conversation). J’aime beaucoup ce morceau mais mon préféré est certainement 神経摩耗節 (friction) avec ses accents punks. Sur Youtube, on peut écouter d’autres morceaux de l’album précédent comme イエローヘイト (Yellow Hate), やめてくれ (No) ou encore なくならない (Taste). J’aime faire ces découvertes impromptues.

0

à la tombée de la nuit

Je ne prends pas souvent de photographies à la tombée de la nuit, mais l’occasion s’est présentée un dimanche soir pour une promenade improvisée entre Shibuya et Shinjuku, en empruntant la ligne de métro Fukutoshin entre les deux quartiers. Pour rejoindre Shibuya, j’emprunte une rue parallèle à l’avenue Meiji, une rue que je connais très bien mais que je n’ai pas emprunté depuis plusieurs mois. Je scrute les façades des buildings dans l’espoir d’y percevoir un changement. Tokyo étant en éternelle destruction et reconstruction, il n’est pas rare de découvrir des nouveaux visages dans le paysage urbain lorsqu’on n’a pas emprunté une rue depuis quelques temps. Et c’est d’autant mieux si ce nouveau visage possède des lignes architecturales remarquables.

Mais en cette fin de journée de dimanche à la tombé de la nuit, mon regard photographique se tourne plutôt vers un sanctuaire, celui de Konnō Hachiman-gū 金王八幡宮. Je ne l’avais jamais remarqué auparavant mais ce sanctuaire fut autrefois le château de Shibuya (château est un bien grand mot cependant) et une des pierres de l’édifice reste visible dans le sanctuaire qui le remplace maintenant. Le site internet du sanctuaire nous apprend qu’ici est né le quartier de Shibuya, reprenant le nom du clan Shibuya. Par le hasard des recherches internet, je trouve un blog en anglais « Japan This! » d’un certain Marky Star qui tente d’expliquer avec une dose d’humour le sens et l’origine de certains quartiers de Tokyo, notamment celui de Shibuya. Sur la photographie ci-dessus du sanctuaire Konnō Hachiman-gū, j’aime beaucoup les couleurs des dernières lumières du jour qui se reflètent sur le toit humide, après la pluie. Tokyo est très photogénique après la pluie, quand l’eau de pluie accentue les marques et l’âge des murs de béton. Me reviennent en tête quelques photographies prises pendant la saison des pluies en 2009 pour ma série Made in Tokyo Series.

Les lumières de la ville se reflètent également au grand carrefour routier de Shibuya. La voie suspendue de l’autoroute intra-muros surplombant la route 246 est aussi très photogénique d’une certaine façon, par ses dimensions imposantes qui découpent le tissu urbain. Tout autour, on construit. La gare de Shibuya continue sa mutation lente et progressive, sans affecter les nombreuses lignes de train et de métro qui traversent la station. C’est déjà en soi une prouesse. Des nouvelles tours vont voir le jour d’ici 2020 avant les Jeux Olympiques de Tokyo, et vont répondre à la tour Hikarie située de l’autre côté de l’avenue Meiji. Depuis un restaurant au 8ème étage de la tour Hikarie (le restaurant d47食堂 que je recommande chaudement), on peut apprécier une vue d’ensemble des travaux de la gare à travers les grandes baies vitrées.

Depuis les sous-sols de la tour Hikarie, on rejoint la ligne de métro Fukutoshin, une des plus récentes de Tokyo. Etonnament, c’est peut être la première fois que je l’emprunte, bien que j’y sois venu plusieurs fois pour prendre en photo l’oeuvre architecturale de Tadao Ando pour cette station. Lorsque j’arrive à Shinjuku Sanchōme, la nuit est déjà tombée. En remontant à la surface au niveau de l’avenue Meiji, j’aperçois trois punks iroquois colorés. Ils ont l’air plus étonné de mon regard, que moi de les voir ici à Shinjuku. Il y a apparemment une salle de concert en sous-sol dans le coin. Ma marche me fait passer devant l’immeuble IDC Otsuka, qui prend des couleurs vertes un peu extra-terrestres. Un peu plus loin près de la station de Shinjuku, on ne manquera pas un passage devant le Yasuyo Building de Nobumichi Akashi. Pour ceux et celles qui me suivent depuis longtemps, j’ai utilisé cet immeuble en image d’en-tête de Made in Tokyo pendant de nombreuses années. J’aime ses formes très accentuées et agressives. Mais sous les lumières de la nuit, ses formes s’adoucissent et l’immeuble revêt même une couleur dorée du plus bel effet. Et si ce petit immeuble noir au centre de Shinjuku serait le joyau du quartier révélant toute sa splendeur une fois la nuit venue?

Tout en continuant ma marche dans Shinjuku, j’ai en tête la musique de Sheena Ringo 椎名林檎. Pendant mon petit périple dans les rues sombres jusqu’aux panneaux ultra lumineux de Kabukichō, j’écoute Shōso Strip 勝訴ストリップ et Kalk Samen Kuri no Hana 加爾基 精液 栗ノ花. Je reviendrais certainement avec Eddie un soir de février pour prendre des photos vers Kabukichō (Golden Gai probablement). Près de sortie Sud de la station de Shinjuku, la rue pratiquement piétonne où l’on peut voir un magasin remplie de lanternes en façade (Beams) cache également plusieurs disquaires que je viens explorer régulièrement ces derniers temps.

Le double album Microcastle / Weird Era Cont. de Deerhunter n’est pas une nouveauté, mais je ne le découvre en entier que maintenant, après l’avoir trouvé en CD dans un Disk Union de Shinjuku. La couverture de l’album est à la fois étrange, inquiétante et superbe. Peut être s’agit il du visage du leader du groupe Bradford Cox, affublé d’une tête de mort à la place d’un oeil. Microcastle, accompagné du disque bonus Weird Era Cont., est le troisième album de Deerhunter, sorti en 2008. On y découvre une musique indie rock faite de guitares sur des paroles très souvent désespérées et d’une grande sensibilité. C’est également le cas pour les autres projets et groupes de Bradford Cox, comme Atlas Sound. Les voix y sont souvent frêles et répétitives et on ressent une certaine douleur qui demande à être expulsée par des flots de guitares terminant assez régulièrement les morceaux. On est proche de morceaux instrumentaux dans certains cas. Le très beau morceau « Nothing ever happened » en est un bon exemple.

0

the loudest sound you’ve ever heard

img_8732m

img_8734m

img_8737m

img_8741m

img_8747m

img_8748m

img_8751m

img_8753m

img_8757m

img_8767m

img_8770m

img_8778m

img_8783m

img_8799wm

img_8785m

img_8801wm

img_8804m

img_8807wm

img_8852m

« The loudest sound you’ve ever heard », le son d’un concentré de Ville qui vit. Je redécouvre la beauté de Kid A, je me plonge dans A moon shaped Pool et je me reconcilie avec Radiohead qui devient la bande sonore de mes photographies de Tokyo, dans les rues de Shimo Kitazawa, Daikanayama, Shibuya, Naka Meguro … « Don’t get heavy, Keep it light and Keep it moving », essayons de garder ça en tête dans ma démarche.

0

soleil blanc et fantôme de jupiter

img_8471m

Une boule lumineuse en forme de soleil blanc est posée à plusieurs endroits dans le jardin extérieur du septième étage de la tour Shin-Marunouchi. je n’ai jamais vu la lumière s’échapper de ce soleil mais je l’imagine similaire à celle des petites lunes dans les jardins de Roppongi Hills.

img_8564m

La résidence sur cette photographie prise à Kitazawa est étrange. Elle ressemble à une forteresse avec peu d’ouvertures sur la rue. Un samedi matin, j’y trouve garée une vieille mercedes noire qui ne dépareille pas avec la résidence qui semble sans âge.

img_8587m

img_8589m

Les deux photographies ci-dessus montrent des oeuvres aperçues au musée de Roppongi Hills pour l’exposition « The Universe and Art« . L’oeuvre courbe est de Mariko Mori (fille de Mori, tiens donc) et le robot sexy est de Hajime Sorayama. J’aime toujours les expositions au Mori Art Museum, car on y trouve beaucoup d’installations et on sent qu’il y a des moyens derrière pour créer une exposition d’exception. Cette fois-ci, j’ai particulièrement apprécié les images de soleil de Brilliant Noise par Semiconductor, en immersion sur trois écrans avec des sons fascinants. L’installation immersive par Teamlab intitulée « Crows are Chased and the Chasing Crows are Destined to be Chased as well, Blossoming on Collision » était très prenante. On s’assoie au centre de la pièce pour regarder les traines lumineuses sur un fond cosmique noir. Il faut s’asseoir car on peut perdre l’équilibre parmi ces flux de lumière tourbillonants.

img_8597m

Vendredi et Samedi dernier, je recevais la visite de Frédéric qui faisait une escale de deux jours à Tokyo avant de rejoindre Nouméa pour y vivre. Cela faisait 14 ans qu’on ne s’était pas vu et les discussions de retrouvaille nous ont accompagné pendant de longues marches dans Tokyo, 40 kms à pieds sur 2 jours (les visiteurs de ce blog le savent peut être déjà, j’aime marcher dans les rues de Tokyo). Notre parcours nous fait passer par Asakusa, Ueno, Akihabara et la tour de Tokyo dont on aperçoit une vue sur la photographie ci-dessus.

img_8625m

img_8626m

img_8627m

Le deuxième jour de marche nous amène jusqu’à Meiji Jingu, histoire d’y voir quelques processions de mariages traditionnels en kimono. Je ne vais pas souvent à Meiji Jingu, mais l’endroit est agréable le matin quand il fait chaud et que l’on cherche un peu de fraicheur. Il y a beaucoup de touristes évidemment.

img_8633m

Nous redescendons ensuite de Meiji Jingu vers Harajuku, pour y voir la faune, celle de la rue Takeshita. On remarque que comme en France, les tatouages se répandent de plus en plus, comme sur le dos de la jeune fille de la photographie ci-dessus. Les tatouages sont encore interdits dans de nombreux endroits comme les piscines ou les salles de sport, mais cela va certainement changer avec le temps, j’imagine.

img_8635m

Nous marchons ensuite vers le centre de Shibuya pour revoir les panneaux lumineux du croisement. Je remarque cette photo de Utada Hikaru, un peu floue et en noir et blanc pour son dernier album à sortir à la fin du mois de septembre. L’utilisation du français me surprend un peu. Sheena Ringo utilise souvent le français pour les sous-titres de ses morceaux (bien que les morceaux soient en japonais voire en anglais) et il y a justement un duo des deux chanteuses sur cet album. Je n’apprécie pas tous les morceaux de Utada Hikaru ou de Sheena Ringo, mais je prête toujours une oreille attentive. J’aime d’ailleurs ce nouveau morceau du duo, intitulé 二時間だけのバカンス (des vacances de deux heures seulement) et notamment la vidéo rétro-futuriste avec Citroen DS volante et passage devant la grande tache rouge de Jupiter.

img_8639m

Pour terminer notre promenade de la journée, nous passons à Shimo-Kitazawa. J’y vais très souvent par la force des choses mais j’apprécie les petites rues encombrées de bric à brac. Les cafés de tous styles se développent beaucoup à Tokyo en ce moment, et on a la chance ce samedi de trouver une petite place sur une terrasse improvisée sur le maigre trottoir de la rue. Les rues sont de toute façon majoritairement piétonnes, pas vraiment en fait mais assez peu de voitures s’aventurent dans ces rues. On observe la foule des passants en buvant tranquillement notre café.

img_8659m

img_8702m

img_8719m

Ces dernières photographies sont prises en dehors de Tokyo, au sanctuaire de Aoki pour le matsuri d’automne. Comme tous les ans, on sort les mikoshi. Zoa participe à procession en portant avec d’autres enfants un mikoshi miniature. On y joue aussi du taiko devant le sanctuaire.

0