Lignes dorées après l’éclat

after-burst

Continuons les découvertes architecturales à Shibuya, toujours dans le quartier résidentiel tranquille de Shoto. A proximité de la rue Yamanote, mais caché dans une petite rue parrallèle, j’ai débusqué une forme de science fiction, un petit batiment au toit lisse et courbé avec des grands yeux de verre. « After the burst » Ueda Shokai Guestroom est une création de l’architecte japonais Hiroshi Hara et de l’Atelier Phi (1992). Il s’agit d’une petite création, comparée à la grande gare de Kyoto qu’il concevra 5 années plus tard.
Adresse = 19-1, Shinsen-cho, Shibuya-ku

after-burst

A quelques dizaines de mètres, en redescendant vers le centre de Shibuya, on trouvera un étrange batiment de pierre aux allures mystiques. Avec ce mur de pierre et cette longue porte aux lignes dorées, on pense à un établissement religieux. L’aspect moyen-âgeux est une constante chez l’architecte Shirai Seiichi, comme je l’avais déjà constaté sur la tour noire NOA à Azabudai. Ce mur de granite couvert d’un arc cache en fait un musée, le Shoto Museum of Art (1980). La prochaine exposition est photographique Kiyoji Otsuji « Encounter and Collaboration », voilà une occasion de découvrir l’intérieur énigmatique du musée.
Adresse = 2-14-14 Shoto, Shibuya-ku (plan d’accès)

Date: juin 4, 2007 - Catégorie(s): Architecture, Tokyo

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Already gone, Almost there

there

Almost there
Un personnage adolescent presque sur la photo à Shibuya.

Already gone
Malgré mon grand âge (30 ans), je me remets à écouter des musiques rock adolescentes de temps en temps. Les 3 parisiens (sont ils francais d’ailleurs vu l’accent anglais) tête-à-claques de The Teenagers ont une chanson assez addictive à l’écoute, Homecoming, une histoire d’amourette avec langage tantôt cru ou naif. Comme sur la chanson Starlett Johansson dont j’avais parlé auparavant, il y a quelque chose d’attirant, d’un peu arty dans ces morceaux plein d’insolence. Dans un style plus énergétique, j’écoute également à répétition le morceau rock rapide Men’s needs des anglais The Cribs. Ce morceau ne révolutionne pas le genre mais apporte une bonne dose d’énergie et accompagne très bien des promenades dans la foule de Shibuya.

Date: juin 3, 2007 - Catégorie(s): Musiques et media, Tokyo

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Tokyo Fibercity 2050

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Je viens de terminer la lecture de Tokyo 2050 Fibercity, Numéro 63 du magazine trimestriel The Japan Architect. Il s’agit d’une étude initiée par Fumihiko Maki et developpée par Hidetoshi Ohno, également architecte et professeur, sur des propositions de design urbain pour un Japon en décroissance démographique. En 2005, le Japon a connu son pic de croissance demographique à environ 130 millions d’habitants. Avec un taux de natalité stable à environ 1.36~1.38, la population japonaise devrait passer en dessous de la barre des 100 millions d’habitants en 2050. Cette décroissance de la population a des conséquences sur l’organisation des villes, certaines zones urbaines subiront un dépeuplement.

En prenant cette hypothèse de décroissance, l’architecte Hidetoshi Ohno a réfléchi avec son groupe d’étude (Université de Tokyo) à 4 grandes stratégies de réorganisation urbaine, en prenant Tokyo comme cas d’étude. L’étude adopte le concept de « fibres », c’est à dire un modèle linéaire de la ville en suivant les grandes lignes de transport et de communication, en opposition avec le modèle atomique traditionnel des villes occidentales. Les 4 stratégies se concentrent sur une manipulation de ces fibres spatiales pour changer Tokyo, et sont nommées: Green finger, Green partition, Green web, Urban wrinkle. Elles sont tournées vers une intégration du vert, d’éléments naturels intégrés à l’intérieur de la ville dans un souci d’améliorer l’environnement général de vie.

Green finger (doigt vert)

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La première stratégie, nommée Green Finger, consiste à convertir les zones situées à plus de 800m des stations de trains en zones vertes (parcs, campus d’école ou d’université, fermes ou espaces agricoles, …). L’image ci-dessus en donne une représentation, des bandes urbaines le long des lignes ferrovières, réseau très développé à Tokyo.

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Avec le vieillissement et la décroissance de la population, il est estimé que cette population urbaine cherchera à se rapprocher des stations de trains, centres nerveux d’activité de la ville et de ses banlieues. Les zones éloignées des stations seront, petit à petit et de manière naturelle, abandonnées et pourront être reconverties en zone verte.

Green partition (partition verte)

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Une deuxième proposition de Hidetoshi Ohno s’intitule Green partition et consiste en une protection accrue contre les désastres naturels, en donnant de l’air aux zones résidentielles surpeuplées. Un tremblement de terre ou un incendie dans ce type de zone résidentielles, aux maisons très rapprochées et aux rues étroites, peuvent avoir des conséquences désastreuses (prenons comme exemple, les résidences en bois nombreuses dans le quartier de Yanaka, Ueno). Mettre en place des chemins verts permet cette protection, comme un pare-feu, tout en rendant les quartiers résidentiels plus agréables à vivre. Ces chemins peuvent servir de voies de secours et d’évacuation en cas d’incidents naturels.

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La structure de ces chemins verts dépendra des terrains libérés dans ces zones résidentielles (maisons détruites et non reconstruites dans un comtexte de décroissance démographique). Ces chemins zigzagueront très probablement entre les maisons, comme on peut le voir en exemple sur les 2 images ci-dessus.

Green web (toile verte)

La troisième proposition, Green Web, vise à convertir les voies rapides internes à la ville (les shuto expressways) en parcs linéaires et en voie d’accès d’urgence utilisables pendant une crise. Cette stratégie prend toujours comme hypothèse une diminution de la population et par conséquence du traffic routier, mais je suis un peu dubitatif sur la résistance de ces routes suspendues Shuto Expressway en cas de tremblement de terre majeur…

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Hidetoshi Ohno et son groupe d’étude donnent quelques exemples de conversion de voies rapides. Ci-dessus, il s’agit de la voie rapide longeant les douves du Palais Impérial dans le centre de Tokyo. La voie rapide serait transformée en parc au bord des douves pour des promenades agréables en pleine nature (ou presque).

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A Roppongi-1Chome, aux croisements de 2 grandes voies rapides, Ohno propose un système d’escaliers et de centres commerciaux attachés à la voie express. La voie, elle-même, est la encore réservée à la végétation.

Urban wrinkle (ride urbaine)

Cette quatrième stratégie s’attache à la rénovation ou l’amélioration de quelques points remarquables dans la ville pour en faire sortir leur potentiel et les rendre attractifs. Typiquement, ce sont des lieux de structure linéaire comme de vieux canaux, des bords de rivières, des rues en pentes, … avec un potentiel d’attraction non exploité ou gaché par leur situation. Les lieux considérés ont, en général, une valeur historique et cette étude tente de les mettre en valeur, comme on pourrait chercher à embellir les rides d’un visage.

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Tout l’intérêt de cette étude, c’est de donner des exemples précis, facilement identifiables pour les habitants de Tokyo. Ci-dessus, il s’agit du réaménagement du canal entre les stations de Iidabashi et de Ichigaya. C’était autrefois un des canals du château d’Edo. Une bordure du canal serait réaménagée pour la promenade, avec à proximité quelques magasins.

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Cet autre exemple ci-dessus me parle beaucoup, car je traverse très souvent cette petite rivière bétonnée de Shibuya, entre Ebisu et Shibuya. Elle très sombre et sale, coincée entre des barrières d’immeubles donnant sur l’avenue Meiji. La proposition est assez ambitieuse, composée de passerelles passant par dessus le canal, d’une végétation touffue, de terrasses sur les immeubles environnants avec vue sur cette rivière désormais beaucoup plus ensoleillée et joyeuse.

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Une autre idée porte sur le grand parc Shinjuku-Gyoen. Ce parc près de shinjuku est superbe et très bien entretenu. L’idée est de dépasser les bornes actuelles du parc pour le faire rentrer dans la ville, dans les rues du quartier de Shinjuku. Plutôt qu’une entité fermée sur elle-même, le parc serait un lieu ouvert et acceuillant, intégré à la ville.

ja63Le magazine The Japan Architect Numéro 63 dédié à Tokyo 2050 Fibercity contient beaucoup d’autres exemples intéressants, parfois utopiques, ainsi qu’un grands nombres de sous-études sur des aspects de Tokyo (ex: organisation des arcades commerciales shoutengai, lieux aimés par les Tokyoites, …). L’idée qui me plait beaucoup dans cette étude, c’est la tentative d’une meilleure intégration de la nature dans la ville. Je partage également cette idée pour l’intérieur des maisons, même si mon idéal est un peu éxagéré

Toutes les images proviennent des sites de The Japan Architect et de Tokyo 2050 Fibercity. Le magazine The Japan Architect et les anciens numéros sont disponibles à la vente sur Internet pour les pays hors-japon, et disponibles au Japon dans toutes les bonnes librairies.

Date: juin 2, 2007 - Catégorie(s): Livres, Tokyo, Urbanisme

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ストリート・アート (4)

street-art

De l’art ou du cochon, on plutôt une série de graffiti désorganisés, placés aléatoirement autour d’une stéréo de machines à air conditionné. Ces empreintes murales, écrites ou collées, se trouvent dans le quartier de Udagawa-Cho à Shibuya, dans les petites rues menant vers les disquaires vinyls underground.

Date: mai 31, 2007 - Catégorie(s): Tokyo

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BRUTコンクリート

posh

posh

tom

En ce promenant dans les quartiers de Shibuya, entre Aoyama, Jingumae et Shoto, on peut voir quelques spécimens architecturaux de béton d’aspect brut et inhospitalier, comme des mini forteresses inaccessibles.

L’architecture post-moderne de la première photo, aux colonnes de béton verticales, renferme une école de bijouterie specialisée fondée en 1966, la Hiko Mizuno College of Jewelry. Le batiment, datant de 1992, est de l’architecte Mitsuru Kiryu (dont j’arrive pas à trouver beaucoup d’infos).
Adresse = 5-29-2 Jingumae, Shibuya-ku.

POSH Hyojito, renfermant la compagnie du même nom, faite d’espaces rectangulaires et cylindriques, est plutôt austère. C’est une architecture de Shigeru Uchida / Studio 80 (1986).
Adresse = 5-12-22 Minami-Aoyama, Minato-Ku.

En remontant le centre de Shibuya jusqu’au quartier de Shoto, on peut remarquer à une intersection de petites rues, un autre petit batiment brut, très peu ouvert sur l’extérieur et aux lignes aggressives. Il renferme une galerie, Gallery TOM, construite en 1984 par l’architecte Hiroshi NAITO, fondateur de Naito Architects and Associates.
Adresse = 2-11-1 Shoto, Shibuya-Ku.

Date: mai 30, 2007 - Catégorie(s): Architecture, Tokyo

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ストリート・アート (3)

street-art-shibuya

Des formes abstraites très arrondies et colorées, toujours sur la même fresque murale de Udagawa-Cho à Shibuya.

Date: mai 30, 2007 - Catégorie(s): Tokyo

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凸凹 HOUSE & 赤カー

dekoboko-house

凸凹 = デコボコ = inégal, se dit d’une surface pleine de trous et de bosses par exemple.
Ce mot japonais en forme d’onomatopée, dont on devine facilement le sens à la lecture des kanji, correspond assez bien à l’architecture cubique accidentée de cette maison particulière. Ce sont des cubes encastrés, posés les uns à côté ou au dessus des autres, de manière improbable. On croierait la construction faite de manière aléatoire. Je ne sais malheureusement pas qui est l’architecte de cet objet bleu-violet bizarre, à deux pas de la résidence The Scape

red-car

Depuis la rue de la maison bleue, on peut apercevoir un peu plus loin un objet rouge brillant. C’est une vieille Mercedes-Benz 280 SL très bien conservée pour son âge (+ de 36 ans), en exposition gratuite sur cette petite rue étroite. Elle ne montre sa beauté dessinée par Paul Bracq (le designer francais) qu’aux quelques visiteurs s’aventurant sur ce chemin.

Date: mai 29, 2007 - Catégorie(s): Architecture, Moto et Auto, Tokyo

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ストリート・アート (2)

street-art

Cette figure rigolote et colorée me fait penser aux petites poupées de bois Kokeshi, ou plutôt aux versions moins traditionnelles créées après la 2ème guerre mondiale (Creative Kokeshi). On dit de ces poupées à la tête toujours souriante, qu’elles protègent des incendies ou du mauvais sort. Les cornes et le feu sur la tête dessinée en graffiti laissent penser que cette figure idyllique ne l’est peut être pas. Il se cache une petite furie derrière cette frimousse.

Date: mai 28, 2007 - Catégorie(s): Tokyo

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