{"id":23676,"date":"2018-04-23T21:49:13","date_gmt":"2018-04-23T12:49:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/?p=23676"},"modified":"2018-04-23T21:49:13","modified_gmt":"2018-04-23T12:49:13","slug":"du-songe-a-la-lumiere-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/","title":{"rendered":"du songe \u00e0 la lumi\u00e8re (3)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"23677\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/asallu-01m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-01m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;10&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1515158982&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;640&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.004&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"asallu-01m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-01m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-01m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23677\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-01m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-01m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-01m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-01m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"23678\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/asallu-02m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-02m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;9&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1515155083&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;320&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.00625&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"asallu-02m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-02m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-02m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23678\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-02m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-02m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-02m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-02m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p>Le bruit strident du t\u00e9l\u00e9phone d\u00e9chire la p\u00e9nombre. Kei d\u00e9teste ce t\u00e9l\u00e9phone qui ne lui annonce que des mauvaises nouvelles. Se cachant la t\u00eate sous le futon, elle d\u00e9cide d\u2019ignorer cette intrusion matinale. Elle sort p\u00e9niblement une main du futon pour rechercher son petit r\u00e9veil pos\u00e9 \u00e0 m\u00eame le tatami. Il est presque 6h. Qui peut bien appeler \u00e0 une heure si matinale. \u00c7a ne peut \u00eatre qu\u2019Hikari. Apr\u00e8s tout, ce ne serait pas la premi\u00e8re fois qu\u2019elle appelle \u00e0 des heures impossibles, parfois pour de simples futilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Hikari lui annonce d\u2019un air press\u00e9 et enjou\u00e9 qu\u2019elle part pour trois jours et deux nuits en voyage \u00e0 Hakone, avec son ami Masa. Deux chambres dans un grand h\u00f4tel d\u2019Hakone se sont lib\u00e9r\u00e9s car les parents et l\u2019oncle d\u2019Hikari ne peuvent plus s\u2019y rendre soudainement. Un d\u00e9c\u00e8s lointain dans la famille survenu pendant la nuit, semble t\u2019il. Les yeux mi-ouverts, Kei a du mal \u00e0 suivre le d\u00e9bit acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des paroles d\u2019Hikari. Elle lui propose de les accompagner pour ce voyage. Elle occuperait une des deux chambres. \u00ab\u00a0\u00c7a te ferait beaucoup de bien de changer d\u2019air\u00a0\u00bb insiste Hikari. Kei h\u00e9site quelques instants \u00e0 accepter cette invitation inattendue. Elle n\u2019aime en g\u00e9n\u00e9ral pas beaucoup l\u2019inattendu, mais l\u2019offre est tentante. Nous sommes Vendredi, il faudra qu\u2019elle trouve une excuse pour ne pas se rendre \u00e0 son travail dans les tours de Shinjuku. C\u2019est d\u00e9cid\u00e9, elle sera malade aujourd\u2019hui, un rhume qui l\u2019emp\u00eachera de se lever, clou\u00e9e au lit, presqu\u2019\u00e0 l\u2019article de la mort. N\u2019exag\u00e9rons rien, une petite voix tremblante suffira \u00e0 faire illusion. Elle app\u00e8lera avant 8h30 sa coll\u00e8gue la plus matinale pour lui annoncer cette d\u00e9sertion non volontaire.<\/p>\n<p>Kei retrouve Hikari et Masa un peu avant 9h devant la sortie Sud de la grande gare de Shinjuku. Elle avait insist\u00e9 pour qu\u2019ils se retrouvent devant la gare, car elle se perd seule \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, dans les labyrinthes de couloirs et d\u2019escalators. La gare de Shinjuku est un monde \u00e0 part et elle a d\u00e9cid\u00e9 depuis longtemps de ne pas chercher \u00e0 le conna\u00eetre. Devant la gare, la foule d\u2019anonymes en costumes noirs se pr\u00e9cipitent en lignes \u00e0 travers les portiques automatiques. Ils marchent vite et sans se bousculer, le regard \u00e0 la fois vide et d\u00e9termin\u00e9. En attendant Hikari, Kei noie son regard dans ce flot continu et organis\u00e9. Elle en fait partie en temps normal. Comme eux, elle marche \u00e0 pas rapide dans les couloirs du m\u00e9tro, ajuste sa cadence jusqu\u2019\u00e0 la course pour traverser les passages pour pi\u00e9tons \u00e0 temps. Mais, en cette matin\u00e9e froide du mois de f\u00e9vrier, Hikari lui offre une \u00e9chapp\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils prennent le train Romance Car jusqu\u2019\u00e0 la station thermale Hakone Yumoto. Un bus les emm\u00e8ne ensuite jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4tel au bord du lac Ashi. En chemin, elle red\u00e9couvre le paysage montagneux de Hakone, qu\u2019elle avait vu pour la premi\u00e8re fois lorsqu\u2019elle avait dix ans. C\u2019\u00e9tait un voyage avec ses parents lors des vacances de printemps, juste avant de rentrer en cinqui\u00e8me ann\u00e9e d\u2019\u00e9cole primaire. Ses souvenirs sont \u00e9parses, c\u2019\u00e9tait il y a 13 ans, mais se reconstruisent imm\u00e9diatement d\u00e8s qu\u2019elle aper\u00e7oit une des fa\u00e7ades de l\u2019ancien h\u00f4tel Fujiya. L\u2019int\u00e9rieur bois\u00e9 et chaleureux, la multitude de d\u00e9corations et les sculptures \u00e0 t\u00eate de dragon qui lui faisaient un peu peur lui reviennent en t\u00eate. Elle se souvient d\u2019un d\u00e9jeuner dans une des salles de l\u2019h\u00f4tel et du service interminable qui la faisait souffrir en silence. Elle ne peut esquiver une petite grimace qui ressemble \u00e0 un sourire. Hikari remarque du coin de l\u2019\u0153il cette esquisse de sourire mais n\u2019interrompt pas Kei dans ses pens\u00e9es. Elle reprend plut\u00f4t sa discussion enjou\u00e9e avec Masa. Le bus traverse la bourgade de Miyanoshita pour rentrer \u00e0 nouveau dans la for\u00eat de montagne sur une route des plus sinueuses.<\/p>\n<p>Hikari a fait la connaissance de Masa d\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Tokyo. Ils travaillaient dans le m\u00eame service de comptabilit\u00e9 d\u2019une grande compagnie d\u2019import\/export. Masa quitta cette compagnie trois mois apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Hikari, mais c\u2019\u00e9tait lui qui \u00e9tait en charge de guider Hikari dans l\u2019entreprise d\u00e8s son arriv\u00e9e comme nouvelle dipl\u00f4m\u00e9e. Ils avaient li\u00e9 connaissance et une grande complicit\u00e9 s\u2019\u00e9tait vite install\u00e9e. Les fou-rire occasionnels suscitaient l\u2019agacement des voisins de bureau, qui n\u2019admettaient pas qu\u2019on puisse s\u2019amuser en travaillant. Apr\u00e8s le d\u00e9part de Masa, ils avaient gard\u00e9 contact et continuaient \u00e0 se voir certains soirs apr\u00e8s les heures de bureau, souvent le Vendredi soir. Ils se retrouvaient dans un des nombreux izakaya de Shinjuku, aux bords de Kabukicho, pour \u00e9voquer ensemble les anciens coll\u00e8gues, rigoler des nouvelles manies de certains et des attitudes autoritaires des petits chefs du service. Le brouhaha des salary men enivr\u00e9s ne les d\u00e9rangeaient pas. D\u2019ailleurs, s\u2019il existait un concours des discussions les plus bruyantes, ils l\u2019auraient tous les deux remport\u00e9 haut la main. Kei ne savait pas tr\u00e8s bien quelle relation exacte il y avait entre Hikari et Masa. \u00ab\u00a0C\u2019est un bon ami, rien de plus\u00a0\u00bb rappelait Hikari, lorsque les questions de Kei \u00e0 ce sujet devenaient trop insistantes. Kei appr\u00e9ciait leur compagnie car elle n\u2019avait pas besoin d\u2019entretenir la discussion. Elle appr\u00e9ciait tout simplement les entendre discuter et d\u00e9battre, et n\u2019intervenait que de temps en temps lorsqu\u2019elle \u00e9tait prise \u00e0 partie par Hikari. <\/p>\n<p>Le bus descend des montagnes vers le creux du lac Ashi. Le ciel s\u2019est couvert soudainement et on annonce m\u00eame de la neige en fin de journ\u00e9e. L\u2019h\u00f4tel est proche. Il est plant\u00e9 au bord du lac \u00e0 l\u2019\u00e9cart du reste des habitations. On l\u2019approche par une route \u00e9troite bord\u00e9e de mousse et d\u2019arbres centenaires. C\u2019est une atmosph\u00e8re sereine qui les accueille et qui a pour effet imm\u00e9diat de calmer le rythme effr\u00e9n\u00e9 des discussions d\u2019Hikari et de Masa. Une aura se d\u00e9gage de ces lieux, Kei le ressent. Elle peut sentir ces choses l\u00e0. D\u00e8s leur entr\u00e9e dans le hall, Ils sont saisis par la richesse de l\u2019h\u00f4tel. Masa n\u2019a pas l\u2019habitude de ce genre d\u2019endroits et fait commentaire sur commentaire, sur les d\u00e9tails de la d\u00e9coration, sur la couleur dor\u00e9e du plafond d\u2019o\u00f9 se diffuse une lumi\u00e8re jaune, sur la disposition m\u00e9thodique d\u2019objets d\u2019art dans la grande all\u00e9e du hall. Toutes ces choses, assez communes dans un h\u00f4tel de renom comme celui-ci, l\u2019\u00e9merveillent instantan\u00e9ment. Hikari est beaucoup plus habitu\u00e9e de ce genre d\u2019\u00e9tablissements pour les avoir fr\u00e9quent\u00e9 avec ses parents d\u00e8s la petite enfance. Elle reste m\u00eame un peu blas\u00e9e par cet exc\u00e8s d\u00e9monstratif. Kei, quant \u00e0 elle, regarde ailleurs. L\u2019aura de cet h\u00f4tel l\u2019intrigue. Le hall tout en longueur lui semble familier, comme si elle l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 vu dans un r\u00eave, mais elle n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019en souvenir pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n<p>On les conduit lentement dans les all\u00e9es et les escaliers de l\u2019h\u00f4tel vers le deuxi\u00e8me \u00e9tage d\u2019un b\u00e2timent tout en rondeur, d&rsquo;une architecture en cylindre encerclant une petite for\u00eat de bambous. L\u2019int\u00e9rieur des chambres est d\u2019un classicisme convenu. A travers les baies vitr\u00e9es aux formes \u00e9galement arrondies, on aper\u00e7oit le lac. Il est tout proche derri\u00e8re quelques arbres parsem\u00e9s. Rien ne bouge \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Le paysage est fig\u00e9 comme sur une photographie panoramique. Kei s\u2019impr\u00e8gne de ces lieux. Elle regarde longuement la for\u00eat et ses nuances de couleurs brunes. Ces yeux reviennent vers le bord du lac pr\u00e8s de l\u2019h\u00f4tel. Elle suit du regard un petit chemin de terre reliant une des portes de l\u2019h\u00f4tel vers un pont d\u2019accrochage pour petits bateaux. Il se d\u00e9gage une m\u00e9lancolie dans ce paysage qu\u2019elle observe attentivement, mais cette m\u00e9lancolie s\u2019efface soudainement sous les rires d\u2019Hikari, install\u00e9e avec Masa dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Les deux chambres sont communicantes par une double porte qu\u2019ils fermeront la nuit venue. Kei aimerait retrouver ce silence paisible, reprendre cet instant de m\u00e9lancolie qui l\u2019avait gagn\u00e9, mais Hikari l\u2019en emp\u00eache. \u00ab\u00a0Profitons des derni\u00e8res heures avant le couch\u00e9 du soleil pour visiter les environs. Pourquoi pas le Mont Komagatake juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le Mont Komagatake est une montagne coiff\u00e9e d\u2019un sanctuaire, reli\u00e9 par un t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique faisant deux trajets par heure. Le paysage depuis les hauteurs de la montagne est presqu\u2019irr\u00e9el. On distingue \u00e0 peine l\u2019oc\u00e9an au loin, cach\u00e9 derri\u00e8re des nappes de nuages \u00e9pais. Une neige fine commence \u00e0 tomber et le froid devient saisissant. Depuis le belv\u00e9d\u00e8re, Kei, Hikari et Masa allongent les bras pour attraper la neige dont les flocons grossissent de minutes en minutes. Le blanc immacul\u00e9 envahit maintenant le paysage. Le soleil au loin perce d\u2019une pointe de lumi\u00e8re, seule chaleur perceptible. Kei se sent attirer par cette chaleur, elle aimerait pouvoir sauter dans le vide et voler pour s\u2019en approcher et ressentir cette lumi\u00e8re lui r\u00e9chauffer les doigts. Elle imagine cette sensation de toutes ses forces. Cette lumi\u00e8re lui r\u00e9chauffe le c\u0153ur et elle entend bien se saisir de chacun des rayons de ce soleil, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il disparaisse derri\u00e8re les montagnes \u00e0 l\u2019horizon.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils regagnent l\u2019h\u00f4tel, il fait d\u00e9j\u00e0 nuit, mais la pleine lune agit comme un soleil. Ils prennent leur d\u00eener dans un des restaurants de l\u2019h\u00f4tel, un italien qui semblait bon march\u00e9 et \u00e0 la port\u00e9 de jeunes gens. Kei se montrait tout particuli\u00e8rement bavarde ce soir l\u00e0, \u00e0 la grande surprise d\u2019Hikari. L\u2019\u00e9nergie solaire agit sur elle comme un d\u00e9clencheur, au point qu\u2019elle se d\u00e9voile beaucoup plus qu\u2019\u00e0 l\u2019habitude pendant cette soir\u00e9e. Elle \u00e9voque un secret qu\u2019elle gardait enfoui depuis de nombreux mois. Son secret, c\u2019est un amour cach\u00e9 mais qui reste platonique. Kei ne fera pas les premiers pas malgr\u00e9 les encouragements et les conseils innombrables qui feront le sujet principal des discussions de ce d\u00eener. Kei termine cette journ\u00e9e le c\u0153ur l\u00e9ger. Ils rentrent dans leurs chambres en se souhaitant une bonne nuit. Kei n\u2019a pourtant pas sommeil. Elle s\u2019assoie au bord du lit et observe encore une fois le lac, cette fois-ci \u00e9clair\u00e9 par la lumi\u00e8re de la lune. Il est presque minuit et la neige s\u2019est maintenant calm\u00e9e laissant place \u00e0 un filet blanc sur la pelouse du parc et sur les feuilles des arbres. Il n\u2019y a aucun bruit dans la chambre ni \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. On aurait dit que le temps fut fig\u00e9. Une barque approche pourtant lentement jusqu\u2019au ponton pr\u00e8s de l\u2019h\u00f4tel. Kei ne distingue pas tr\u00e8s bien la sc\u00e8ne, mais les mouvements de cette barque l\u2019intriguent. Elle semblait d\u2019abord continuer son chemin sur le lac mais op\u00e8re un virage pour accoster. Une personne se l\u00e8ve, une silhouette de grande taille. Elle descend de la barque et emprunte maintenant l\u2019all\u00e9e de terre entre les arbres. Elle se dirige vers l\u2019h\u00f4tel mais s\u2019arr\u00eate pourtant brutalement \u00e0 mi chemin dans la p\u00e9nombre. Seul son visage est \u00e9clair\u00e9 d\u2019un faisceau de lumi\u00e8re. Kei regarde attentivement cette silhouette d\u00e9sormais immobile et ce visage. Elle est comme aimant\u00e9e, hypnotis\u00e9e. Les traits du visage se font d\u00e9sormais plus clairs. Une m\u00e8che de cheveux blonds vient briller \u00e0 la lumi\u00e8re de la lune. Elle reconna\u00eet dans un instant d\u2019effroi l\u2019homme du parc, le crieur de Shinjuku. Elle \u00e9touffe un cri. Elle ne peut s\u2019emp\u00eacher de regarder cet homme, ce visage familier qui devient de plus en plus distinct. L\u2019homme du parc tourne son regard vers Kei. Il ne peut pourtant pas la voir car elle se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa chambre sans lumi\u00e8res. Mais il semble pourtant la fixer du regard avec insistance. De toutes ses forces, jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9former son visage, il crie des mots d\u2019un son inaudible: \u00ab\u00a0Echappes-toi\u00a0\u00bb. Kei n\u2019entend pas cette voix qui crie, mais comprend ce message.<\/p>\n<p>Dans la p\u00e9nombre de la chambre, Kei lui r\u00e9pond par un murmure: \u00ab\u00a0Non. Pas ce soir. Pas cette nuit.\u00a0\u00bb. D\u2019un geste brusque, elle ferme le rideau de la chambre et reste assise immobile le regard fixe pendant quelques minutes. Ce soir, Hikari est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et la prot\u00e8ge. Ce soir, la lumi\u00e8re l\u2019emporte sur les songes. Elle n\u2019a rien \u00e0 craindre. Elle laisse \u00e9chapper un soupir et un petit sourire \u00e0 peine visible. Elle se jette \u00e0 la renverse sur le lit et s\u2019endort imm\u00e9diatement, en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"23679\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/asallu-03m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-03m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1515250731&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;500&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.008&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"asallu-03m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-03m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-03m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23679\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-03m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-03m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-03m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-03m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"23680\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/asallu-04m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-04m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;7.1&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1515252103&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;40&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;500&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.005&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"asallu-04m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-04m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/asallu-04m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23680\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-04m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-04m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-04m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/asallu-04m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><center><i>Ce texte est la suite du <a href=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2017\/11\/08\/du-songe-a-la-lumiere-2\/\">pr\u00e9c\u00e9dent billet publi\u00e9 ici<\/a>.<\/i><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bruit strident du t\u00e9l\u00e9phone d\u00e9chire la p\u00e9nombre. 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