{"id":28522,"date":"2019-12-02T23:17:41","date_gmt":"2019-12-02T14:17:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/?p=28522"},"modified":"2019-12-02T23:17:41","modified_gmt":"2019-12-02T14:17:41","slug":"du-songe-a-la-lumiere-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2019\/12\/02\/du-songe-a-la-lumiere-4\/","title":{"rendered":"du songe \u00e0 la lumi\u00e8re (4)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"28525\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2019\/12\/02\/du-songe-a-la-lumiere-4\/wimg_9753m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9753m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1570987970&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;400&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.008&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"wIMG_9753m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9753m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9753m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-28525\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9753m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9753m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9753m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9753m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"28526\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2019\/12\/02\/du-songe-a-la-lumiere-4\/wimg_9748m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9748m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1570987697&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;400&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.008&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"wIMG_9748m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9748m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9748m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-28526\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9748m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9748m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9748m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9748m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p>\u201cDis-moi au fait, \u00e7a va mieux?\u201d demande soudainement Aki. Kei se trouve d\u2019abord prise au d\u00e9pourvu par la question de sa coll\u00e8gue mais reprend vite ses esprits.<br \/>\n\u201cOui, \u00e7a va beaucoup mieux. J\u2019avais tr\u00e8s froid et de la fi\u00e8vre. Je suis rest\u00e9 couch\u00e9e tout le week-end, mais \u00e7a va beaucoup mieux maintenant.\u201d lui r\u00e9pond Kei d\u2019un air qu\u2019elle croit convainquant. Elle n\u2019aime pas beaucoup mentir et elle est d\u2019ailleurs assez maladroite dans ses mensonges. Elle donne toujours trop d\u2019informations qui finissent par la trahir. En poussant un peu le questionnement, on aurait vite fait de voir clair dans son jeu. De toute mani\u00e8re, Aki pose cette question machinalement sans y \u00e9prouver un int\u00e9r\u00eat particulier, et il n\u2019y a aucune raison qu\u2019elle ait eu vent de cette excursion soudaine \u00e0 Hakone.<\/p>\n<p>Mais elle continue tout de m\u00eame d\u2019un air soucieux. \u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait pas la grippe, j\u2019esp\u00e8re?\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Non, juste un gros rhume tout au plus.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Tu r\u00e9cup\u00e8res tr\u00e8s vite en tout cas, c\u2019est beau la jeunesse.\u00a0\u00bb<br \/>\nKei est maintenant persuad\u00e9e qu\u2019Aki a des doutes sur sa situation du week-end, mais la conversation se termine brutalement au son de la sonnerie du t\u00e9l\u00e9phone. Aki est la voisine de bureau de Kei depuis son arriv\u00e9e dans l\u2019entreprise l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Elle n\u2019en est pas s\u00fbre mais on dit que \u00e7a fait trente ans qu\u2019elle travaille ici. Elle conna\u00eet tous les rouages du service, son histoire, les conflits \u00e9touff\u00e9s entre certains employ\u00e9s, m\u00eame si elle, elle s\u2019en tient toujours \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Elle semble toujours \u00eatre d\u2019une humeur homog\u00e8ne, ou du moins elle maitrise parfaitement les mani\u00e8res de dissimuler ses soucis et ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Aki a pris Kei sous son aile d\u00e8s son arriv\u00e9e dans le service. Elle lui a tout appris dans les moindres d\u00e9tails, petit \u00e0 petit. Kei n\u2019\u00e9prouve pas de passion pour ce m\u00e9tier mais elle ne vient pas non plus au bureau avec des pincements au c\u0153ur. Elle suit en quelque sorte les traces de son p\u00e8re qui travaille \u00e9galement dans le service d\u2019administration clients d\u2019une grande entreprise r\u00e9gionale d\u2019assurance \u00e0 Nagoya. C\u2019\u00e9tait la voie par d\u00e9faut qu\u2019elle a choisi, ne pouvant se d\u00e9cider sur autre chose.<\/p>\n<p>Interrompue par sa coll\u00e8gue, Kei a perdu le fil de ses calculs sur son tableur Excel. D\u00e8s qu\u2019elle quitte l\u2019ordinateur des yeux, il lui faut toujours quelques minutes pour se replonger dans ces chiffres qu\u2019il faut additionner, multiplier, soustraire, combiner, r\u00e9concilier, le tout en se concentrant suffisamment pour s\u2019extraire des bruits alentours. Alors qu\u2019elle rep\u00e8re des yeux le point o\u00f9 elle peut reprendre son travail, une notification de message vient de nouveau l\u2019interrompre. Elle d\u00e9cide d\u2019abord de l\u2019ignorer mais cette notification qui clignote sans interruption en bas de son \u00e9cran, devient tr\u00e8s vite insupportable. Elle abdique. Un l\u00e9ger sourire, presque indescriptible, se dessine sur son visage. C\u2019est un message de Tani.<\/p>\n<p>Tani, c\u2019est Yoshiyuki Taniguchi. Il travaille au 10\u00e8me \u00e9tage de la tour, dans une toute autre division du groupe. Il a seulement quelques ann\u00e9es de plus que Kei. Ils avaient sympathis\u00e9 quelques mois apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Kei, au restaurant de l\u2019entreprise devant la derni\u00e8re tartelette au chocolat qu\u2019il restait au coin dessert. Le sourire poli mais g\u00e9n\u00e9reux de Taniguchi l\u2019avait tout de suite rendu sympathique. Ils se sont rencontr\u00e9s plusieurs fois au restaurant de l\u2019entreprise. Tani \u00e9tait attentif aux horaires de Kei et organisait ses pauses d\u00e9jeuner en m\u00eame temps qu\u2019elle, sans lui dire. Au bout de quelques semaines de rencontres opportunes, Kei commen\u00e7a \u00e0 comprendre qu\u2019il ne s\u2019agissait pas seulement d\u2019un heureux hazard qui se r\u00e9p\u00e9tait. Il y a une semaine, Tani lui proposa d\u2019aller au cin\u00e9ma apr\u00e8s les heures de bureau. C\u2019est assez inhabituel pour Kei d\u2019aller au cin\u00e9ma un lundi. Comme inquiet que Kei lui fasse faux bond, il avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la recontacter au milieu de la matin\u00e9e en lui envoyant ce message qui l\u2019interrompt de nouveau dans son travail. Tani lui avait donn\u00e9 le nom du film qu\u2019ils allaient voir, mais elle ne le connaissait pas. Elle ne se se rappelle plus du titre. Elle se souvient seulement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un film ind\u00e9pendant d\u2019anticipation o\u00f9, pour des raisons \u00e9cologiques, on \u00e9teint toutes les lumi\u00e8res et les machines dans les villes une fois par semaine. Pendant ce qu\u2019on appelle le \u2018jour de la nuit\u2019, la loi interdit strictement toute utilisation d\u2019appareils \u00e9lectriques et \u00e9lectroniques. Kei s\u2019\u00e9tait demand\u00e9e pourquoi le cin\u00e9ma s\u2019obstine toujours \u00e0 inventer des futurs apocalyptiques. M\u00eame si elle a quelques doutes sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce film, la perspective de passer une soir\u00e9e avec Tani la r\u00e9jouit. <\/p>\n<p>Kei n\u2019\u00e9prouve pas vraiment d\u2019attirance physique pour Tani, mais son regard aux yeux rieurs l\u2019apaise et la place dans un sentiment de comfort inexplicable. Ce sentiment est rare pour Kei. Elle se sent un peu plus l\u00e9g\u00e8re et les journ\u00e9es semblent plus fluides et remplies d\u2019une lumi\u00e8re diffuse qu\u2019elle serait la seule \u00e0 ressentir. Elle avait essay\u00e9 d\u2019expliquer ce sentiment \u00e0 Hikari et son ami Masa, le soir au restaurant de Hakone, mais elle n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 se faire comprendre. On lui avait conseill\u00e9 de faire le premier pas, mais il s\u2019av\u00e8re que le contraire s\u2019est produit. Elle n\u2019avait pas mentionn\u00e9 cette rencontre aujourd\u2019hui lors de la soir\u00e9e \u00e0 Hakone. Peut \u00eatre par peur qu\u2019on la pousse \u00e0 aller plus vite qu\u2019elle ne le d\u00e9sire. <\/p>\n<p>La fin de journ\u00e9e arrive tr\u00e8s vite sauf les derni\u00e8res minutes qui sont interminables. Elle ne sort pas du bureau en m\u00eame temps que Tani pour ne pas \u00e9veiller de soup\u00e7ons inutiles. Ils se sont donn\u00e9s rendez-vous \u00e0 Shibuya, pr\u00e8s du cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019\u00e9tage du magasin Diesel. Apr\u00e8s \u00eatre descendu de l\u2019immeuble de Nishi Shinjuku, elle se cale dans les rang\u00e9es d\u2019employ\u00e9s de bureau rentrant chez eux. Il faut choisir une file et suivre le rythme dans le couloir couvert qui am\u00e8ne \u00e0 la gare de Shinjuku. Elle \u00e9vite toujours du regard l\u2019oeil de Shinjuku plac\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du couloir pr\u00e8s de la gare. Cette statue de verre en forme d\u2019oeil gigantesque observe la foule qui marche inlassablement. Elle se sent observ\u00e9e comme si on \u00e9piait ses moindres gestes. Cet inconfort la pousse parfois \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le pas et \u00e0 effleurer les \u00e9paules des gens dans la foule en les d\u00e9passant.<\/p>\n<p>Quand elle rentre dans le wagon du train, elle ne s\u2019assoit jamais mais se cale plut\u00f4t contre la structure de tubes m\u00e9talliques pr\u00e8s des portes automatiques. L\u2019homme \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, assis sur la banquette, lit assid\u00fbment un vieux manga qui a l\u2019air d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 dans un grenier sombre, perdu sous une pile de livres. L\u2019homme assis en face de lui est assoupi mais se r\u00e9veille soudainement \u00e0 chaque arr\u00eat. Il ouvre grand ses yeux globuleux avec insistance pour d\u00e9chiffrer sur l\u2019\u00e9criteau digital le nom de la station o\u00f9 le train arrive. On a l\u2019impression qu\u2019on lui a d\u00e9rob\u00e9 ses lunettes tellement il se concentre intens\u00e9ment sur les \u00e9critures. Kei le regarde regarder les \u00e9critures digitales alors il tourne le regard pour la regarder. Elle d\u00e9tourne elle-m\u00eame le regard pour regarder la fille d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Elle pianote sur son t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e0 toute vitesse, fait de longues pauses immobiles en regardant son \u00e9cran. Elle semble hypnotis\u00e9e par la lumi\u00e8re qui s\u2019en diffuse. Mais elle reprend soudainement ses mouvements rapides sans quitter son \u00e9cran de l\u2019oeil. Kei n\u2019arrive pas \u00e0 \u00e9crire vite sur son smartphone. Elle aime pourtant y \u00e9crire ses pens\u00e9es comme sur un journal intime. La plupart de ses textes sont d\u2019ailleurs insignifiants et elle ne les relit jamais, mais elle aime ce moment de dialogue avec elle-m\u00eame. Elle prend son temps, l\u00e8ve la t\u00eate entre deux phrases et regarde autour d\u2019elle. Parfois, ses doigts ne vont pas aussi vite que sa pens\u00e9e, ce qui cr\u00e9e une frustration qui la pousse \u00e0 vouloir \u00e9crire plus vite sans prendre la peine de v\u00e9rifier si les phrases qui ont r\u00e9sultent ont un sens. Les corrections automatiques de mots peuvent parfois jouer des tours. Elle se dit qu\u2019il ne suffira bient\u00f4t plus que d\u2019\u00e9crire quelques mots pour que la suite du paragraphe s\u2019\u00e9crive automatiquement, au fur et \u00e0 mesure que la machine apprendra les habitudes d\u2019\u00e9criture et les sujets de pr\u00e9dilection de son auteur. Cette pens\u00e9e devient tout d\u2019un coup effrayante et elle \u00e9teint son portable pour le glisser dans sa veste de cuir noir. Elle l\u00e8ve les yeux en regardant dans le vide, pour finalement apercevoir \u00e0 quelques m\u00e8tres d\u2019elle, un homme assis la t\u00eate pench\u00e9e sur son portable. Il se trouve derri\u00e8re un groupe de quatre hommes en costumes discutant \u00e0 voix hautes d\u2019un ton enjou\u00e9 et elle distingue un peu plus ce visage qui lui est familier au gr\u00e9 des mouvements du groupe d\u2019hommes balanc\u00e9s par les virages de la voix ferr\u00e9e. Elle reconna\u00eet la forme de ce visage et cette chevelure blonde. C\u2019est l\u2019homme de la p\u00e9nombre \u00e0 Hakone, le crieur de Shinjuku. Dans son effroi, Kei fait un mouvement en arri\u00e8re, le dos plaqu\u00e9 contre le cadre tubulaire de la banquette, et d\u00e9tourne le regard. Certainement surpris par son mouvement brusque en arri\u00e8re, l\u2019homme aux yeux globuleux l\u00e8vent maintenant les yeux vers elle. La fille au t\u00e9l\u00e9phone portable interrompt son pianotage pour la d\u00e9visager \u00e0 son tour. Kei se sent prise au pi\u00e8ge. Le vibreur de son t\u00e9l\u00e9phone portable se d\u00e9clenche ensuite dans sa veste de cuir. Il vibre tr\u00e8s bri\u00e8vement. Kei ferme les yeux pour essayer de s\u2019abstraire de cette situation, mais pense \u00e0 cet homme qui la suit sans cesse. Peut \u00eatre est ce lui qui lui envoie un message sur son portable. Elle n\u2019ose pas regarder et ferme les yeux plus fort encore. La station de Yoyogi est pass\u00e9e. Il ne reste qu\u2019Harajuku et ensuite Shibuya o\u00f9 elle va descendre. Elle prie pour que l\u2019homme \u00e0 la chevelure blonde disparaisse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Shibuya, Shibuya &#8230;\u00a0\u00bb Kei ouvre les yeux et l\u2019homme n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus l\u00e0. Il est peut \u00eatre descendu \u00e0 la station d\u2019Harajuku pendant qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait plong\u00e9e volontairement dans le noir complet pour effacer ces images qui la hantent. La foule se bouscule \u00e0 la descente du wagon et elle se laisse emporter dans le flot des passagers jusqu\u2019aux portes de sortie. La foule se disperse, la laissant soudainement seule au milieu du hall de la station. Il faut qu\u2019elle reprenne ses esprits et qu\u2019elle d\u00e9passe ses peurs. Elle sort son iPod de son petit sac, un vieux mod\u00e8le aux couleurs dor\u00e9es, et commence \u00e0 marcher droit devant elle. Dans les couloirs de la station, une jeune femme s\u2019arr\u00eate brusquement devant une affiche de spectacle et lui bloque involontairement le passage. Elle porte un petit sac en tissu avec une blanche neige dessin\u00e9e la t\u00eate \u00e0 l\u2019envers. Au dessus, on peut lire les inscriptions \u201cStay Weird\u201d \u00e9crites en gros caract\u00e8res. Au moment pr\u00e9cis o\u00f9 elle aper\u00e7oit ce texte, les notes de guitares de m\u00e9tal industriel allemand du morceau Rammstein d\u00e9marre dans ses \u00e9couteurs, l\u2019effraie un peu mais agissent \u00e9galement comme l\u2019\u00e9lectrochoc dont elle avait besoin pour reprendre pied dans ce monde. Kei a vu Lost Highway il y a plusieurs ann\u00e9es en DVD avec son amie de lyc\u00e9e Namie. Elles sont toutes les deux passionn\u00e9es de cin\u00e9ma, notamment celui de Lynch, o\u00f9 l\u2019association de la musique avec les images jouent \u00e9norm\u00e9ment sur l\u2019impact \u00e9motionnel d\u00e9routant qu\u2019il provoque. Kei \u00e9coute de temps la bande originale du film lorsqu\u2019elle rentre du bureau le soir, quand elle ressent l\u2019envie d\u2019entendre la voix de Bowie sur le morceau \u00ab\u00a0I\u2019m Deranged\u00a0\u00bb ouvrant le film sur une route dans la nuit. Mais ce soir, elle ne rentre pas chez elle. Enfin pas tout de suite, car elle a rendez-vous avec Tani.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"28527\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2019\/12\/02\/du-songe-a-la-lumiere-4\/wimg_9809m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9809m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1571487823&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.00625&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"wIMG_9809m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9809m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9809m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-28527\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9809m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9809m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9809m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9809m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"28528\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2019\/12\/02\/du-songe-a-la-lumiere-4\/wimg_9492m\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9492m.jpg\" data-orig-size=\"1000,667\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1569073519&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.008&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"wIMG_9492m\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9492m-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/wIMG_9492m.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"aligncenter size-full wp-image-28528\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9492m.jpg 1000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9492m-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9492m-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/wIMG_9492m-800x534.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><center><i>Ce texte est la suite du <a href=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2018\/04\/23\/du-songe-a-la-lumiere-3\/\">pr\u00e9c\u00e9dent billet publi\u00e9 ici<\/a>.<\/i><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cDis-moi au fait, \u00e7a va mieux?\u201d demande soudainement Aki. 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