{"id":47720,"date":"2026-02-26T23:29:39","date_gmt":"2026-02-26T14:29:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/?p=47720"},"modified":"2026-02-26T23:29:39","modified_gmt":"2026-02-26T14:29:39","slug":"%e5%b1%b1%ef%bc%91%ef%bc%93","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2026\/02\/26\/%e5%b1%b1%ef%bc%91%ef%bc%93\/","title":{"rendered":"\u5c71\uff11\uff13"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"47219\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/img_7399axcm\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7399axcm.jpg\" data-orig-size=\"2000,1278\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;3.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1762015715&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;40&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;250&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.01&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_7399axcm\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7399axcm-700x447.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7399axcm.jpg\" alt=\"\" width=\"2000\" height=\"1278\" class=\"aligncenter size-full wp-image-47219\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7399axcm.jpg 2000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7399axcm-300x192.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7399axcm-700x447.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7399axcm-1536x982.jpg 1536w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7399axcm-800x511.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><\/p>\n<p>Il n\u2019est pas rare de voir la nature reprendre ses droits dans les rues de Tokyo. Sans lui redonner compl\u00e8tement le contr\u00f4le des lieux, on peut ponctuellement voir des rues o\u00f9 on a laiss\u00e9 s\u2019\u00e9tendre la v\u00e9g\u00e9tation sans tenter de l\u2019arr\u00eater ni lui donner des limites. Je le remarque sur certaines rues o\u00f9 les buissons des trottoirs s\u2019\u00e9tendent parfois jusqu\u2019\u00e0 g\u00eaner le passage. Les services de la ville finissent par couper ce qui d\u00e9passe, mais la v\u00e9g\u00e9tation a largement le temps de pousser et de s\u2019\u00e9tendre avant que cela n\u2019arrive. Dans une rue en pente au del\u00e0 du centre d\u2019Ebisu, je remarque une porte d\u2019un salon de coiffure entour\u00e9 de verdure. Cette v\u00e9g\u00e9tation envahissante est plus qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9coratif, elle fait partie enti\u00e8re de l\u2019architecture des lieux. Elle donne m\u00eame \u00e0 cette entr\u00e9e quelque chose de myst\u00e9rieux et merveilleux, comme une grotte dans laquelle on trouverait des tr\u00e9sors cach\u00e9s. Je suis toujours \u00e9tonn\u00e9 de voir la v\u00e9g\u00e9tation dense qui entoure parfois les voies ferr\u00e9es. Je le constate notamment le long de la ligne chemin de fer entre Ebisu et Shibuya. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la voie ferr\u00e9e est ferm\u00e9 par des grillages qui sont eux m\u00eames recouverts de lierres. Derri\u00e8re ces grillages, la v\u00e9g\u00e9tation est dense et semble ne pas \u00eatre vraiment ma\u00eetris\u00e9e. Des portes donnent un acc\u00e8s \u00e0 ces zones autour de la voie ferr\u00e9e, mais je me demande si elles sont souvent utilis\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"47218\" data-permalink=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/img_7379axcm\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7379axcm.jpg\" data-orig-size=\"2000,1333\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4.5&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Canon EOS 50D&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1762004321&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;40&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;400&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.00625&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_7379axcm\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7379axcm-700x467.jpg\" src=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/\/IMG_7379axcm.jpg\" alt=\"\" width=\"2000\" height=\"1333\" class=\"aligncenter size-full wp-image-47218\" srcset=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7379axcm.jpg 2000w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7379axcm-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7379axcm-700x467.jpg 700w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7379axcm-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/wp-content\/IMG_7379axcm-800x533.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" \/><\/p>\n<p>En y r\u00e9fl\u00e9chissant bien, je suis souvent pass\u00e9 devant une de ces portes grillag\u00e9es, celle indiqu\u00e9e comme \u00e9tant la porte Yama 13 (\u5c7113). Elle se trouve le long de la ligne Yamanote entre les stations d\u2019Ebisu et de Shibuya. Cette porte en particulier m\u2019intrigue car elle n\u2019est pas ferm\u00e9e \u00e0 clef. Je le sais car j\u2019ai vu quelqu\u2019un y entrer il y de cela quelques mois, \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9. Je marchais de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue en direction de Shibuya. Une voiture noire s\u2019est arr\u00eat\u00e9e au niveau de la porte. Rien d\u2019anormal car les voitures stationnent souvent le long de cette rue, en particulier les taxis faisant leur pause dans la journ\u00e9e. Il n\u2019y avait pas d\u2019autres voitures stationn\u00e9es ce jour l\u00e0 et la rue \u00e9tait tr\u00e8s calme, c\u2019\u00e9tait m\u00eame inhabituel. J\u2019ai remarqu\u00e9 cette voiture en particulier car il s\u2019agissait d\u2019une vieille Ford Mustang noire tr\u00e8s bien entretenue. Elle brillait au soleil comme si elle venait juste d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9e et lustr\u00e9e. Le ciel \u00e9tait nuageux mais les \u00e9clats de lumi\u00e8re passagers se refl\u00e9tant sur la carrosserie attiraient mon regard. C\u2019est comme si cette Mustang faisait des signes ostensibles pour qu\u2019on l\u2019observe attentivement. Elle roulait doucement et s\u2019est arr\u00eat\u00e9e devant la porte not\u00e9e Yama 13. Un homme v\u00eatu d\u2019un costume noir en est sorti rapidement, faisant le tour de la voiture par l\u2019arri\u00e8re. La porte Yama 13 se trouvait exactement au niveau de la porte passager de la Mustang. L\u2019homme semblait jeune, de taille moyenne. Ses traits \u00e9taient fins et il avait les cheveux mi-longs noirs coiff\u00e9s d\u2019un chapeau noir qui \u00e9tait \u00e9tonnement bien assorti \u00e0 son costume. Il semblait press\u00e9, atteignant la porte passager d\u2019un pas rapide sans faire attention \u00e0 ce qui l\u2019entourait. Je ne pense pas qu\u2019il m\u2019ait remarqu\u00e9. Il portait un petit sac \u00e9galement noir au format d\u2019une feuille A4. Alors que je marchais d\u00e9sormais au niveau de la voiture, je le vois, \u00e0 travers les vitrages de sa voiture. Une femme aux cheveux noirs et habill\u00e9e de noir \u00e9tait descendue de la voiture par la porte passager ouverte par l\u2019homme. Je n\u2019ai pu apercevoir clairement cette femme car ils ont tous les deux tr\u00e8s rapidement p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enclos de la voie ferr\u00e9e, l\u2019homme ouvrant et fermant imm\u00e9diatement derri\u00e8re eux la porte Yama 13. Je les ai ensuite perdu de vue alors que je continuais \u00e0 marcher de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Le fait que l\u2019homme puisse ouvrir cette porte m\u2019a beaucoup \u00e9tonn\u00e9 car je l\u2019imaginais bien s\u00fbr ferm\u00e9e pour des raisons \u00e9videntes de s\u00e9curit\u00e9. On ne souhaiterait pas que n\u2019importe qui puisse avoir acc\u00e8s \u00e0 la voie de chemin de fer.<\/p>\n<p>J\u2019avais compl\u00e8tement oubli\u00e9 cet \u00e9pisode qui m\u2019avait pourtant beaucoup intrigu\u00e9 sur le moment, jusqu\u2019\u00e0 ma rencontre r\u00e9cente avec la jeune Miku Kajimoto dans cette rue \u00e9trange pr\u00e8s d\u2019Ura-Harajuku. Son nom \u00e9tait indiqu\u00e9 au verso de la petite carte qu\u2019elle m\u2019avait donn\u00e9 ce jour l\u00e0. Je me suis rendu compte apr\u00e8s coup qu\u2019il s\u2019agissait en fait d\u2019une carte de visite. Le nom Yama 13 indiqu\u00e9 au recto de la carte devait donc faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00e9tablissement. Aucune indication n\u2019indiquait pourtant de quel genre d\u2019\u00e9tablissement il pouvait bien s\u2019agir. Il me semble maintenant tr\u00e8s probable que le Yama 13 inscrit sur la carte de visite fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette porte grillag\u00e9e de la ligne Yamanote entre Ebisu et Shibuya. Je me demande m\u00eame maintenant si ma rencontre avec Miku Kajimoto \u00e0 Ura-Harajuku \u00e9tait conditionn\u00e9e par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de cette sc\u00e8ne il y a quelques mois. L\u2019homme au chapeau noir ou la femme qui l\u2019accompagnait m\u2019ont peut-\u00eatre aper\u00e7u et savent que je les ai vu entrer dans cet endroit normalement interdit au public. A force de tra\u00eener son regard trop longtemps dans les recoins de la ville, on finit par y voir des choses que d\u2019autres ne voit pas. Une ville ne se r\u00e9v\u00e8le pas au premier regard, j\u2019en suis convaincu. La carte de visite que l\u2019on m\u2019a donn\u00e9 ressemble \u00e0 une invitation que je me suis d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accepter. Elle m\u2019a tellement intrigu\u00e9 que je souhaite maintenant comprendre \u00e0 tout prix sa signification.<\/p>\n<p>Je reviens le long de la ligne Yamanote ce Samedi matin \u00e0 la recherche de la porte Yama 13. La rue est d\u00e9serte, ce qui est \u00e0 priori une bonne chose. Il est pourtant aux alentours de 11h du matin. Les voitures circulent normalement, sporadiquement sur cette rue, ainsi que quelques \u00e9tudiants de l\u2019\u00e9cole de design proche. Je me trouve maintenant devant la porte. J\u2019essaie discr\u00e8tement de faire tourner la poign\u00e9e. La porte ne semble pas \u00eatre ferm\u00e9e \u00e0 clef. Apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 une derni\u00e8re fois qu\u2019il n\u2019y avait personne autour de moi, j\u2019ouvre la porte, entre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et referme la porte aussit\u00f4t derri\u00e8re moi, sans trop r\u00e9fl\u00e9chir. Entre le talus de la voix ferr\u00e9e et le grillage couvert de lierres, se trouve un petit chemin de terre qui file devant moi sur quelques m\u00e8tres. Il donne sur une porte de m\u00e9tal plac\u00e9e sur le talus. Elle est l\u00e9g\u00e8rement oblique et fait tout juste ma taille. La porte est ferm\u00e9e par un m\u00e9canisme \u00e0 code et je n\u2019ai bien entendu pas le code d\u2019entr\u00e9e. On dirait que cette petite aventure s\u2019arr\u00eate l\u00e0, devant une porte m\u00e9tallique ferm\u00e9e par un code que je ne connais pas. Alors que je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 rebrousser chemin, il me vient en t\u00eate de consulter une nouvelle fois la carte de visite que l\u2019on m\u2019avait donn\u00e9. Je pourrais peut-\u00eatre y d\u00e9celer un indice. Je la sors de ma poche et constate les seules \u00e9critures que je connaissais d\u00e9j\u00e0. Rien ne le laisse imaginer un possible code d\u2019entr\u00e9e. Mais en observant maintenant cette carte \u00e0 la lumi\u00e8re du soleil, je remarque une impression l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9fl\u00e9chissante lorsqu\u2019on l\u2019oriente correctement. Oui, sous le nom Yama 13, je distingue maintenant deux chiffres, le 30 et le 24, qui sont \u00e9crit s\u00e9par\u00e9s par deux points comme pour exprimer une dur\u00e9e (30:24). Si c\u2019\u00e9tait la dur\u00e9e d\u2019un morceau de musique, il serait particuli\u00e8rement long. C\u2019est la premi\u00e8re r\u00e9flexion qui me vient en t\u00eate car j\u2019\u00e9coutais justement en venant jusqu\u2019ici un tr\u00e8s long morceau instrumental de Ryuichi Sakamoto intitul\u00e9 Aromascape sur l\u2019album Cure de Miki Nakatani. Ce long morceau plein de myst\u00e8re et de m\u00e9lancolie dure \u00e9galement 30 minutes et 24 secondes. J\u2019y vois l\u00e0 une co\u00efncidence qui me pousse \u00e0 aller plus en avant. Le code fonctionne sur le m\u00e9canisme manuel d\u2019ouverture de la porte. Apr\u00e8s un cliquetis m\u00e9tallique, la porte se d\u00e9verrouille et la poign\u00e9e ronde permet maintenant d\u2019ouvrir la porte. Je l\u2019ouvre doucement pour \u00e9viter tout bruit. Cette porte donne sur un couloir \u00e9troit aux murs lisses peints en noir avec un plafond arrondi. Deux rayons d\u2019une lumi\u00e8re froide accompagnent les rampes lat\u00e9rales d\u2019un escalier descendant sous la voix ferr\u00e9e. A premi\u00e8re vue, il doit bien faire une cinquantaine de marches de long. Ce n\u2019est plus le moment d\u2019avoir des doutes. Je laisse la porte entrouverte pour me donner un peu plus de lumi\u00e8re et pour me dire que je pourrais remonter les marches et sortir en urgence si la situation le demandait. J\u2019entame la descente de l\u2019escalier d\u2019un pas lent et le plus discr\u00e8tement possible. Au fur et \u00e0 mesure que je descends les marches, je per\u00e7ois un l\u00e9ger son de piano provenant du bas. Je n\u2019arrive d\u2019abord pas \u00e0 le reconna\u00eetre mais il me para\u00eet de plus en plus clair \u00e0 chaque marche descendue. Je reconnais le morceau instrumental que j\u2019\u00e9coutais justement en venant jusqu\u2019ici, ce qui me rassure d\u2019une certaine mani\u00e8re. <\/p>\n<p>L\u2019escalier d\u00e9bouche sur une petite pi\u00e8ce de forme arrondie. Le plafond est un d\u00f4me d\u00e9cor\u00e9 de multiples moulures noires. Un petit chandelier accroch\u00e9 au milieu du d\u00f4me \u00e9claire faiblement la pi\u00e8ce, mais suffisamment pour voir ce qui m\u2019entoure. Des grands miroirs anciens plac\u00e9s dans des cadres noirs sont pos\u00e9s tout le long du mur arrondi avec un espacement d\u2019une vingtaine de centim\u00e8tres entre eux. Je n\u2019entrevois bizarrement pas mon reflet sur ces multiples miroirs, ce qui m\u2019interroge sur ma propre pr\u00e9sence \u00e0 cet endroit tout \u00e0 fait irrationnel. Sur la droite de l\u2019escalier, se dresse une lourde porte de bois travaill\u00e9e de multiples gravures courbes repr\u00e9sentant des formes abstraites. Un petit bouton rouge avec une inscription \u00ab\u00a0call\u00a0\u00bb attire tout de suite mon attention car il s\u2019agit du seul point de couleur dans tout cet espace. J\u2019appuie une fois sur le bouton mais rien ne se produit, m\u00eame pas un son. Je n\u2019entends aucun bruit qui pourrait venir de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la porte. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 appuyer une deuxi\u00e8me fois quand la porte s\u2019ouvre soudainement en grand devant moi. J\u2019aper\u00e7ois d\u2019abord le visage de Miku, blanc comme de la porcelaine et esquissant un semblant de sourire. \u00ab\u00a0\u5f85\u3063\u3066\u307e\u3057\u305f\u00a0\u00bb me dit elle. Elle m\u2019attendait, aujourd\u2019hui encore, habill\u00e9e d\u2019une robe noire de style gothique diff\u00e9rente de la derni\u00e8re fois. Alors qu\u2019elle recule de quelques pas pour me laisser entrer, je suis interloqu\u00e9 et d\u00e9concert\u00e9 par ce que je vois devant moi.<\/p>\n<p>Le hall o\u00f9 Miku m\u2019accueille pourrait \u00eatre sorti de l\u2019univers d\u00e9rang\u00e9 de HR Giger. Tout y est sombre et noir. Deux \u00e9tranges statues squelettiques accroch\u00e9s aux murs donnent une vision d\u2019horreur qui pourrait ressembler \u00e0 l\u2019enfer. \u00ab\u00a0\u3053\u3053\u304c\u5730\u7344\u304b\u5929\u56fd\u304b\u306f\u3042\u306a\u305f\u6b21\u7b2c\u3067\u3059\u00a0\u00bb. Comme si elle lisait dans mes pens\u00e9es, Miku me fait comprendre que c\u2019est moi qui d\u00e9cide si je veux faire de cet endroit un enfer ou un paradis. Il ressemble beaucoup \u00e0 un enfer, qui effraie autant qu\u2019il fascine. Je reste immobile devant ce spectacle visuel tout \u00e0 fait assourdissant. Je me demande si je dois partir en courant avant que la porte ne se referme derri\u00e8re moi, mais je ne suis de toute fa\u00e7on pas en mesure de faire un pas, comme paralys\u00e9 par le choc de voir cette antre morbide qui pourrait \u00eatre tir\u00e9e d\u2019un film d\u2019horreur et de science-fiction. Je regarde Miku, pour rechercher une explication qui me rassurerait, mais elle reste impassible \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Je comprends que la seule issue est l\u2019escalier devant moi. Si cet endroit est l\u2019enfer, alors gravir cet escalier m\u2019am\u00e8nera peut-\u00eatre au paradis. Miku m\u2019adresse une nouvelle fois la parole en m\u2019indiquant que cet endroit cach\u00e9 des regards est un bar o\u00f9 l\u2019on peut prendre son temps et parler de diverses choses profondes ou pas, et qu\u2019il n\u2019y a aucune obligation d\u2019y entrer. D\u2019accord. Elle se dirige la premi\u00e8re vers le grand escalier et je la suis de pr\u00e8s. Mes yeux ont pris l\u2019habitude de la noirceur de l\u2019endroit. J\u2019aurais tr\u00e8s bien pu faire un malaise en voyant cet endroit mais je suis maintenant persuad\u00e9 que c\u2019est ce que je voulais voir, comme si voir le pire allait forc\u00e9ment m\u2019amener \u00e0 entrevoir le meilleur par la suite. L\u2019escalier donne sur une autre pi\u00e8ce tout en longueur et \u00e9galement tr\u00e8s sombre. Le mobilier est enti\u00e8rement noir mais l\u2019espace est beaucoup moins inqui\u00e9tant que le hall de l\u2019entr\u00e9e. Je me dis maintenant que ce hall d\u2019entr\u00e9e \u00e9tait une \u00e9preuve de passage, que je dois avoir r\u00e9ussi car me voil\u00e0 dans ce fameux bar mentionn\u00e9 par Miku. Il y a de nombreuses bouteilles derri\u00e8re le comptoir et de nombreuses tables dans ce bar en forme de couloir, mais aucun autre client. Miku me sugg\u00e8re de m\u2019asseoir au comptoir. Elle s\u2019assoit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi et tapote sur une petite clochette faisant venir un homme derri\u00e8re le comptoir. Son costume noir et son chapeau noir assorti me font tout de suite r\u00e9aliser qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019homme \u00e0 la Mustang noire que j\u2019avais aper\u00e7u il y a quelques mois. Il me demande ce que je souhaite boire. Je commande un Whisky Suntory AO. Une musique drone ambiante remplie l\u2019espace, mais reste discr\u00e8te. Elle me fait penser aux longues trames sonores de Chihei Hatakeyama, mais je n\u2019en suis pas s\u00fbr. Alors que l\u2019homme au chapeau sculpte le gla\u00e7on de mani\u00e8re tr\u00e8s minutieuse, je tourne le regard vers Miku qui me regarde \u00e9galement sans rien dire.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9cris une histoire depuis plusieurs ann\u00e9es, celle de Kei Imamura (\u4eca\u6751\u4eac), qui s\u2019intitule \u00ab\u00a0du songe \u00e0 la lumi\u00e8re\u00a0\u00bb. Je ne sais quelle raison me pousse \u00e0 lui parler de cette histoire au long court que j\u2019ai du mal \u00e0 faire avancer, mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019elle pourrait m\u2019aider dans mon entreprise. Kei est une jeune fille un peu plus \u00e2g\u00e9e que toi, perdue dans ses tourments mais qui entrevoit une lumi\u00e8re apr\u00e8s la rencontre de Ruka Akatsuki (\u6681\u30eb\u30ab). Elle envisage de cr\u00e9er avec lui un groupe de musique dont le nom est Dreamers never End. Mon histoire s\u2019arr\u00eate \u00e0 ce moment-l\u00e0, car je ne sais donner une direction au style musical que produira ce groupe, comme si cet \u00e9l\u00e9ment \u00e9tait absolument d\u00e9terminant dans la suite de mon histoire. Je me perds moi-m\u00eame dans mes r\u00e9flexions sur ce d\u00e9tail de mon histoire qui prend une importance demeur\u00e9e. Elle m\u2019\u00e9coute en restant parfaitement immobile. Son visage est fig\u00e9 mais \u00e9trangement expressif, m\u00e9langeant la douceur de quelqu\u2019un qui est \u00e0 l\u2019\u00e9coute et la d\u00e9termination de quelqu\u2019un qui a d\u00e9j\u00e0 des id\u00e9es pr\u00e9cises sur la direction que sa vie doit prendre. \u00ab\u00a0\u3042\u306a\u305f\u3092\u4e00\u756a\u3088\u304f\u8868\u3057\u3066\u3044\u308b\u66f2\u306f\u3042\u308a\u307e\u3059\u304b?\u00a0\u00bb. Elle me demande soudainement quelle musique me repr\u00e9senterait le mieux. \u00ab\u00a0\u79c1\u3001IDOL\u3067\u3059\u3087\u3001\u30d0\u30af\u30c1\u30af\u306e\u66f2\u00a0\u00bb. Moi, c\u2019est IDOL, le morceau de Buck-Tick, me dit-elle imm\u00e9diatement sans attendre ma r\u00e9ponse. \u00ab\u00a0\u3042\u3068\u3001LUNA SEA\u306eROSIER\u00a0\u00bb. Oui, j\u2019imagine tout \u00e0 fait cette musique la repr\u00e9senter, comme s\u2019il y avait une ad\u00e9quation entre son \u00e9tat d\u2019\u00eatre, du moins ce qu\u2019elle laisse transpara\u00eetre, et la musique qu\u2019elle \u00e9coute. Elle ne devait m\u00eame pas \u00eatre n\u00e9e \u00e0 la sortie de ces singles, mais elle a bien int\u00e9gr\u00e9 le romantisme sombre qui traverse ces \u0153uvres, s\u2019imaginant certainement comme une rose noire qui se voudrait idole. Cette pens\u00e9e me traversant l\u2019esprit n\u2019est en rien m\u00e9disante, au contraire, la capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9vouer de tout son \u00eatre dans ses choix musicaux au del\u00e0 de la simple appr\u00e9ciation d\u2019\u00e9coute est une chose qui me fascine, et que je ne serais pas en mesure de reproduire. <\/p>\n<p>Elle continue d\u2019un air convaincu \u00ab\u00a0\u5468\u308a\u306e\u4eba\u305f\u3061\u304c\u81ea\u5206\u306e\u5c0a\u656c\u3057\u3066\u3044\u308b\u97f3\u697d\u3068\u3069\u3093\u306a\u3075\u3046\u306b\u5411\u304d\u5408\u3063\u3066\u3044\u308b\u306e\u304b\u3001\u805e\u3044\u3066\u307f\u305f\u3089\u3069\u3046\uff1f\u00a0\u00bb. Elle me sugg\u00e8re de demander \u00e0 ceux qui m\u2019entourent comment ils vivent et expriment la musique qu\u2019ils admirent. Faut-il que je donne \u00e0 Kei un \u00e9tat d\u2019\u00eatre en dehors de toute normalit\u00e9 pour qu\u2019elle devienne l\u00e9gitime dans son groupe? Ce que l\u2019on \u00e9coute doit il conditionner notre \u00e9tat d\u2019\u00eatre? Ce questionnement me pousse \u00e0 des r\u00e9flexions sur moi-m\u00eame. Apr\u00e8s tout l\u2019histoire de Kei est un miroir qui refl\u00e8te une autre version de moi-m\u00eame dans un Tokyo parall\u00e8le que je n\u2019entrevois clairement que par courts moments gr\u00e2ce \u00e0 des passeurs comme Miku Kajimoto. Le Tokyo Parall\u00e8le est en quelque sorte une fen\u00eatre sur moi-m\u00eame. Faire avancer Kei dans son histoire me fera peut-\u00eatre avancer dans ma propre histoire, et vice-versa, par un effet de miroir. Le conseil est de consulter autour de moi pour trouver une inspiration \u00e0 mon histoire, mais comment appliquer ce conseil. Je ne le sais pas encore. Mon verre de whisky est pos\u00e9 sur le comptoir avec un gla\u00e7on parfaitement sculpt\u00e9. Je bois une premi\u00e8re gorg\u00e9e, suivie d\u2019une longue pause silencieuse, puis une deuxi\u00e8me gorg\u00e9e. Je d\u00e9c\u00e8le sur le visage de Miku un sourire qu\u2019elle n\u2019affichait pas jusqu\u2019\u00e0 maintenant. Tout en regardant devant elle, elle me demande si \u00e7a sera tout pour aujourd\u2019hui. Notre entrevue m\u2019a sembl\u00e9 courte.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s lui avoir dit adieu, je reviens sur mes pas en passant par le d\u00f4me arrondi entour\u00e9 de miroirs \u00e0 l\u2019entr\u00e9e. Alors qu\u2019ils ne r\u00e9fl\u00e9chissaient rien \u00e0 mon premier passage, j\u2019y vois maintenant une image d\u2019abord assez floue. Ma curiosit\u00e9 surpasse mon \u00e9tonnement et je suis tout de suite attir\u00e9 vers cette image \u00e9mergeant d\u2019une \u00e9paisse brume visuelle. Je reconnais une forme humaine dans une petite pi\u00e8ce ensoleill\u00e9e. Ma vision devient plus claire lorsque je me concentre sur cette forme humaine qui s\u2019affiche sur plusieurs miroirs simultan\u00e9ment. Je me rends compte que l\u2019association de tous ces miroirs autour de moi me donnent une vue compl\u00e8te de la pi\u00e8ce couvrant pratiquement 360 degr\u00e9s. Alors que ma vision devient de plus en plus pr\u00e9cise, j\u2019aper\u00e7ois maintenant une jeune femme assise sur le tatami d\u2019un petit appartement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fen\u00eatre entrouverte donnant sur un parc. La jeune fille tient une guitare \u00e9lectrique noire dans les mains et joue des accords que je ne parviens pas \u00e0 entendre. Elle para\u00eet concentr\u00e9e sur ses mouvements. Il se d\u00e9gage une chaleur presque palpable de cette sc\u00e8ne, quelque chose d\u2019idyllique comme une image de paradis. La lumi\u00e8re douce traversant la fen\u00eatre d\u00e9voile son visage qui me para\u00eet maintenant distinct. C\u2019est Kei que je vois dans cette pi\u00e8ce comme si je m\u2019y trouvais \u00e9galement. Je suis compl\u00e8tement immerg\u00e9e dans son petit appartement pr\u00e8s du parc d\u2019Inokashira, celui que j\u2019avais imagin\u00e9 dans les premiers \u00e9pisodes de son histoire. Il semble beaucoup plus r\u00e9el que l\u2019image int\u00e9rieure que j\u2019en avais, au point o\u00f9 je commence \u00e0 douter de l\u2019avoir moi-m\u00eame cr\u00e9\u00e9. Kei semble vivre ici ind\u00e9pendamment de mon histoire, du moins elle progresse toute seule dans son apprentissage musical, pour se pr\u00e9parer, j\u2019imagine, \u00e0 une premi\u00e8re repr\u00e9sentation de son groupe. Cette vision est pour moi troublante. Ma cr\u00e9ation litt\u00e9raire s\u2019\u00e9chappe t\u2019elle de mon contr\u00f4le? Ma surprise s\u2019accentue lorsque j\u2019aper\u00e7ois, accroch\u00e9 pr\u00e8s de la porte d\u2019entr\u00e9e de son petit appartement, un cintre avec l\u2019exacte m\u00eame robe noire que portait Miku Kajimoto lors de notre premi\u00e8re rencontre. Elle est accroch\u00e9e avec soin. On croirait qu\u2019elle n\u2019a jamais servi, mais elle est en tout point identique \u00e0 celle que j\u2019ai vu pr\u00e9c\u00e9demment. Pour quelle raison cette robe se trouve t\u2019elle dans l\u2019appartement de Kei? Il est peu probable qu\u2019elle l\u2019ait emprunt\u00e9. Il me vient tout d\u2019un coup l\u2019\u00e9trange sensation que Kei et Miku sont en fait les m\u00eames personnes. Mes souvenirs du visage de Kei se font tout d\u2019un coup plus flous, et devant moi, dans les reflets des miroirs du d\u00f4me arrondi, je per\u00e7ois le visage de Miku. Elle a les cheveux beaucoup plus courts mais la ressemblance m\u2019est maintenant frappante. Aurais-je donc pass\u00e9 plusieurs minutes assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Kei dans le bar juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, en lui faisant par de mes difficult\u00e9s \u00e0 continuer son histoire. Je lui aurais donc parl\u00e9 de la direction future de sa propre vie, et elle me montre maintenant en images qu\u2019elle en a repris le contr\u00f4le. Cela explique peut-\u00eatre le sourire de Miku lorsqu\u2019on s\u2019est quitt\u00e9. J\u2019aurais aim\u00e9 qu\u2019elle m\u2019apporte des r\u00e9ponses mais je la vois imperturbable \u00e0 s\u2019entrainer seule aux accords de guitare. Je ne voudrais pour rien au monde la d\u00e9ranger. A ce moment pr\u00e9cis, ses doigts cessent de bouger sur les cordes, s\u2019interrompant au milieu d\u2019un mouvement. Lentement, elle tourne la t\u00eate vers l\u2019un des miroirs, un de ceux qui se trouvent en face \u00e0 moi. Son regard s\u2019y fixe avec une pr\u00e9cision troublante. Elle ne me voit pas, elle me regarde, intens\u00e9ment. Puis un tr\u00e8s l\u00e9ger sourire appara\u00eet, \u00e0 peine esquiss\u00e9, le m\u00eame que celui de Miku au comptoir. Elle ne semble pas surprise de me voir ici. Moi si. Je me fige et je sens tout d\u2019un coup mon souffle se bloquer. Une vague froide me traverse la nuque et descend le long de ma colonne vert\u00e9brale. Un vertige intense me gagne, qui me pousse \u00e0 mettre un genou \u00e0 terre et perdre de vue Kei. Apr\u00e8s quelques dizaines de secondes pour reprendre mes esprits, la vision dans les miroirs est soudainement redevenue floue et un voile \u00e9pais recouvre les images que je percevais. Il me para\u00eet maintenant opportun de remonter lentement l\u2019escalier jusqu\u2019\u00e0 la surface, en faisant attention \u00e0 chaque marche. J\u2019ai recouvr\u00e9 mes esprit mais je reste profond\u00e9ment troubl\u00e9 par cette exp\u00e9rience. Il fait d\u00e9j\u00e0 nuit dehors, il est 24:30. J\u2019ai pass\u00e9 beaucoup plus de temps que je ne le pensais dans cet \u00e9trange endroit. L\u2019air est frais et me remet un peu les id\u00e9es en place. Je ne pr\u00e9f\u00e8re cependant pas trop r\u00e9fl\u00e9chir pour l\u2019instant \u00e0 cette exp\u00e9rience. J\u2019en aurais tout le temps plus tard. Le chemin qui m\u00e8ne vers la porte grillag\u00e9e n\u2019est pas \u00e9clair\u00e9e. J\u2019avance \u00e0 t\u00e2tons. J\u2019ouvre ensuite la porte lentement en v\u00e9rifiant que personne n\u2019est pr\u00e9sent dans la rue. En la refermant, un cliquetis se fait entendre. La porte s\u2019est ferm\u00e9e \u00e0 clef, rendant d\u00e9sormais ce Tokyo Parall\u00e8le inaccessible.<\/p>\n<p>Notes: Ce texte est la suite du billet pr\u00e9c\u00e9dent intitul\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/archives\/2026\/02\/21\/darkerrr-grrrl\/\">darkerrr grrrl<\/a> et est en lien direct avec l\u2019histoire en cours <a href=\"https:\/\/www.fgautron.com\/weblog\/du-songe-a-la-lumiere-complet\/\">du songe \u00e0 la lumi\u00e8re<\/a> et avec les histoires du Tokyo Parall\u00e8le. On apprenait il y a quelques jours que Shinya (\u771f\u77e2), le batteur du groupe LUNA SEA, avait quitt\u00e9 ce monde suite \u00e0 une longue maladie. J\u2019ai eu envie de r\u00e9\u00e9couter le morceau ROSIER, sur l\u2019album MOTHER qui est mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 du groupe, et de le mentionn\u00e9 dans ce texte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n\u2019est pas rare de voir la nature reprendre ses droits dans les rues de Tokyo. Sans lui redonner compl\u00e8tement le contr\u00f4le des lieux, on peut ponctuellement voir des rues o\u00f9 on a laiss\u00e9 s\u2019\u00e9tendre la v\u00e9g\u00e9tation sans tenter de l\u2019arr\u00eater ni lui donner des limites. 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