Narakyō to Biwako ~7

La pluie est annoncée pour l’après-midi et ne nous épargnera pas. Depuis le Mont Kurama, nous redescendons vers le lac Biwa. Après avoir traversé le grand pont Biwako Ōhashi que je pends d’abord en photo depuis une station routière, on longe le lac jusqu’à Ōmihachiman. Nous voulions revoir l’architecture enfouie dans la végétation de La Collina Omihachiman (ラ コリーナ近江八幡), l’ensemble conçu par l’architecte et historien de l’architecture japonaise, Terunobu Fujimori. Notre dernière visite date de l’été 2021 et ça avait été une surprise particulièrement étonnante, qui se rapproche fortement des univers du studio Ghibli tout en restant très fidèle à l’approche architecturale de Fujimori. Cet ensemble architectural placé dans un parc compte parmi les plus belles créations architecturales que je connaisse. Nous avions vu l’ensemble sous les couleurs vertes estivales. Les couleurs brunes sont bien différentes au mois de Mars. Cette architecture organique vit et se transforme au gré des saisons. La Collina est dédiée à la grande pâtisserie Taneya (たねや), originaire d’Ōmihachiman, qui occupe tous les bâtiments avec magasins, café et restaurant, atelier que l’on peut en partie visiter. Taneya est une maison avec une histoire ancienne remontant à 1872 (ère Meiji), connue pour ses dorayaki, yokan, mais également pour ses pâtisseries occidentales, notamment pour son baumkuchen célèbre dans tout le Japon. Malgré la pluie, nous marchons dans le parc intérieur composé d’étranges monuments de pierre et de verdure. Les montagnes au fond du paysage se couvrent de brume, ce qui ajoute une pointe de mystère à ces lieux. Vers 16h, il est temps de penser au retour qui prendra cinq heures et demi sans compter les arrêts. Il a plu pendant tout le trajet du retour ce qui rendu cette fin de voyage assez fatigante, mais une fois encore toutes ces images, que je tente de retranscrire dans ces sept billets, m’ont rechargé en énergie.

ちょっとした夏休み (6)

Avant de partir vers d’autres horizons, nous passons la fin de l’après-midi de notre deuxième journée de congé dans la petite ville de Omihachiman. Le centre de la ville vaut le détour car plusieurs rues ont été préservées, témoignant de son passé de ville marchande. Omihachiman, autrefois appelé seulement Omi, se trouve sur la route Nakasendō (中山道), une des deux anciennes routes, avec la route Tōkaidō, reliant Kyoto et Edo. Tandis que la route Tōkaidō longe la côte pacifique, la route Nakasendō passe, elle, par les montagnes de Gunma, Nagano et Gifu pour ensuite déboucher sur la préfecture de Shiga où se trouve Omihachiman. Cet emplacement sur une des routes reliant l’ancienne et la nouvelle capitale explique sa forte activité marchande passée. Lorsque l’on marche dans les quartiers conservés de la ville, on a l’impression de changer soudainement d’époque. Le sanctuaire Himure Hachimangu placé en bordure de forêt est superbe, tout comme le canal Hachiman-bori autrefois utilisé pour le transport de marchandises. On peut également parcourir la rue Shin-Machi bordé d’anciennes maisons de marchands. Il n’y a pas ou peu de commerces dans ces rues, elles ne sont pas touristiques. J’aurais aimé y passer plus de temps pour pouvoir s’imprégner un peu plus longtemps des lieux. Mais il nous fallait déjà partir pour notre prochaine destination dans la préfecture d’Aichi.

ちょっとした夏休み (5)

Après avoir longer le lac Biwa sur plusieurs quelques kilomètres, nous quittons finalement sa rive pour rentrer dans les terres. Nous nous dirigeons maintenant vers un ensemble architectural fantastique dans la petite ville de Omihachiman. J’avais déjà vu l’ensemble de bâtiments que je montre en photos ci-dessus dans des magazines d’architecture ou en photo sur internet, mais le voir en réalité devant ses yeux donne une très forte impression. Cette architecture ressemblant à une colline végétale est bluffante et on croirait presque qu’elle est irréelle. Nous sommes ici à La Collina Omihachiman, ensemble conçu par l’architecte et historien de l’architecture japonaise, Terunobu Fujimori. Fujimori, originaire de Chino dans les montagnes de la préfecture de Nagano, a conçu plusieurs bâtiments au Japon faisant fusionner l’architecture et la nature, mais ce bâtiment là datant de 2015 semble être l’un des plus aboutis de son œuvre architecturale. Je suis loin d’être spécialiste de son architecture car je ne lui connais pas de bâtiments à Tokyo, à part la petite maison de thé temporaire Tea House Go-an (茶屋「五庵」), faisant office de pavillon à côté du stade olympique. Terunobu Fujimori est d’ailleurs spécialiste des maisons de thé aux structures improbables comme celle appelée Takasugi-an accrochée sur un arbre comme une cabane. L’architecture de La Collina n’est pas conventionnelle et nous évoque immédiatement l’univers fantastique et bucolique de Ghibli. On pourra chercher Totoro dans les recoins de La Collina mais il s’y était certainement très bien caché. Ce complexe caché dans la campagne est en fait un atelier de confiserie du groupe Taneya, dont j’avais déjà parlé. La spécialité de l’endroit est le Baumkuchen de la branche Club Harie du groupe. On peut bien sûr y acheter toutes sortes de pâtisseries et les manger sur place, mais on a préféré admirer les bâtiments depuis l’extérieur. Fujimori est connu pour son utilisation de techniques ancestrales comme je l’évoquais déjà pour la maison de thé Go-an et on les retrouve sur La Collina. Il utilise pour ce complexe des matériaux des forêts locales et construit un véritable écosystème avec des plantations de riz noyées dans l’eau au centre de l’espace du complexe.