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L’oeuf et le vent

egg-of-wind

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Cette forme ovale insolite, coincée entre des grands blocs d’immeubles d’habitation, se nomme Egg of Winds, l’Oeuf des Vents. C’est une création architecturale de Toyo Ito. On se demande ce que cache ce volume elliptique de 16 mètres de long et 8 mètres de diamètre, suspendu par six pieds asymétriques et placé au dessus de l’entrée de parking du complexe de résidences Okawabata Rivercity 21 à Tsukuda. L’oeuf est recouvert de 248 panneaux d’aluminium perforés, lui donnant une apparence unie grise comme un objet en 3D dans un jeu video. La nuit, l’objet se transforme. Il laisse apparaître des images vidéo projetées sur 5 écrans à cristaux liquides placés à l’intérieur de l’oeuf, faisant oublier les parois arrondies. Ces images vidéo sont enregistrées en direct ou pré-enregistrées pour donner un apercu de l’environnement. L’environnement physique enregistré est transformé en information vidéo projetée sur dans l’oeuf. Cette transformation nocturne de l’oeuf n’est malheureusement plus active aujourd’hui, je n’ai pas pu constater le va-et-vient au gré du vent des images et informations numériques. Les projections vidéo ne fonctionnent plus, c’est bien dommage.

Dans un concept similaire de landmark interactif, Toyo Ito avait concu 5 années plus tôt en 1986 la Tour des Vents, Tower of Winds. Il s’agit d’une tour de ventilation pour un centre commercial sous-terrain à Yokohama. Comme pour l’oeuf, la surface est grise et unie le jour, mais devient changeante la nuit. La nuit venue, apparaissent des lumières intérieures dont les formes et la couleur changent en fonction des conditions extérieures: la force du vent ou du bruit. Toyo Ito veut ici transformer les flux d’air et de bruit en informations visuelles par l’intermédiaire de ces signaux de lumière. Là encore, le dispositif n’est plus pleinement opérationnel aujourd’hui, la tour ne diffusant apparemement qu’une couleur statique bleuâtre. Je n’ai cependant pas vérifié de mes yeux.

Comme on peut le voir avec ces deux créations innovantes tranformant l’environnement physique en informations, Toyo Ito montre un intérêt pour les nouvelles technologies et pour le potentiel multimédia. Cette direction prendra son apogée avec la Médiathèque de Sendai.

Adresse: Egg of Winds (1991), 2-2 Tsukuda, Chuo-ku

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Pyramides inversées

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A la vue des détails de surface de titane et de verre, on reconnait tout de suite le Tokyo International Exhibition Center, plus communément appellé Tokyo Big Sight. Big Sight comprend principalement des espaces de conférence et d’exposition pour des évenements réguliers tels que le Tokyo Motor Show. C’est la première fois que je viens pour l’immeuble, sans assister à aucune exposition.

En s’écartant un peu, on peut admirer les quatres pyramides inversées posées sur quatres énormes piliers. L’édifice est massif mais semble pesé comme une plume, posé sur ses quartres pieds de verre. Cette tour en apesanteur, comme peut l’être celle de Kiyonori Kikutake pour le musée Edo-Tokyo, contient des étages de conférence. On y accède par un long escalator donnant le vertige. L’intérieur de la tour est sobre comme une salle de conférence et la vue est assez limitée.

La Conférence Tower date de 1996 et on l’a doit à AXS Satow (Takeo Satow). J’ai le plaisir de retrouver en images, sur le site de l’architecte, le Musée d’Art Moderne de Hayama que j’avais pu prendre en photo assez récemment.

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メイドイントーキョー

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Au bord de la rivière Meguro, un centre d’entrainement au golf (assez fréquent en ville au Japon) vient se coller aux bureaux d’une société de taxi avec un parking en dessous du terrain. Espérons que les balles de golf ne traversent pas les mailles du filet au dessus des taxis stationnés.

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Le rez de chaussée de cette barre d’immeuble près de Ebisu est occupée par un parking et un centre de maintenance pour une compagnie de bus. Un immeuble multi-fonction pouvant présenter quelques désagréments pour les résidents: le bruit du va-et-vient des bus et les odeurs d’échappement.

mitMade In Tokyo est un guide assez particulier sur Tokyo. Il regroupe des immeubles et infrastructures présentant des déviations de leurs fonctions premières: un immeuble d’apartements servant également de parking pour bus, ou une compagnie de taxi supportant un terrain de golf, comme apercus sur les deux photos ci-dessus.

Dans les immeubles de Made In Tokyo, aucun espace n’est perdu, chaque espace est utilisé pour des fonctions souvent inattendues: les espaces vides sous les autoroutes suspendues du centre ville sont transformées en grands magasins à Yurakucho, le toit d’un hangar géant d’une manufacture de papier à Iidabashi supporte les terrains de tennis d’une école, une autre école de conduite automobile possède un circuit d’entrainement sur les toits d’un grand supermarché Ito Yokado. Les immeubles de Made In Tokyo ne sont pas remarquables par leur architecture innovante, leur esthétique ou par l’avancement technologique des matériaux utilisés, mais par un savant mélange de fonctions utilitaires du génie civil que l’on n’imaginerait à priori pas cohabitées. Ces fonctions sont souvent additionnées à la verticale sur les immeubles pour répondre aux soucis de place: une station service occupe le rez de chaussée et le premier étage d’une tour de bureaux, le premier étage est au niveau d’une autoroute suspendue et y est relié.

Made In Tokyo présente une vue très souvent surprenante de la ville bien que le tokyoite initié ne soit plus tellement surpris par les tours de karaoke, par les établissements de patchinko entourés de prêteurs d’argent ou par les immeubles décorés d’enseignes publicitaires géantes. Les exemples intéressants ne manquent pourtant pas, comme les deux pris en photo ci-dessus, deux endroits que j’ai eu la suprise de voir apparaître dans le livre. Made In Tokyo classe toutes ces architectures fonctionnelles par thême et chaque exemple est expliqué: pourquoi tel batiment à l’apparence à priori anodine a été choisi. Un dessin sur chaque exemple exlique les différentes fonctions, chaque immeuble se voit donné un surnom faisant allusion aux fonctions implémentées.

Ca fait un petit moment que je connais ce petit livre de Junzo Kuroda, Momoyo Kaijimaet Yoshiharu Tsukamoto de l’atelier d’architecture Bow Wow. Je l’ai souvent feuilleté et l’ai finalement acheté dernièrement, un peu à la suite d’un des commentaires de ce blog à ce sujet.

Il y a t’il un lien entre le nom de ce blog et le bouquin de Bow Wow? Non, j’avais choisi ce titre de site internet sans connaître le bouquin et je n’avais pas encore à l’époque l’intérêt que j’ai maintenant pour l’architecture de Tokyo. La photographie m’a en fait mené à l’architecture. Mon intérêt pour l’architecture a peut être également grandi de manière inconsciente en prenant connaissance de l’existence de ce bouquin, mais l’architecture qu’il présente (la « da-me » archiecture, architecture affectivement qualifiée de « mauvaise ») et celle que j’affectionne sont assez différentes.

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K-MUSEUM

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Il y assez longtemps, j’avais écrit dans mes petites notes (mon moleskine que je devrais utiliser plus souvent) qu’il fallait aller voir le musée K-Museum de Makoto Sei Watanabe. J’aime beaucoup cet architecte et déjà admiré quelques unes de ses oeuvres, notamment le Aoyama Technical College ou la sortie de métro Oedo C3 à Iidabashi.

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Le K-Museum se trouve à Ariake, près de Odaiba et du centre d’exposition et de conférence Tokyo Big Sight. C’est un endroit où je ne vais pratiquement jamais. J’ai profité d’un après midi tranquille et d’un temps splendide pour m’y déplacer en moto. Ca faisait quelques semaines que j’avais délaissé la moto, la reprendre pour une longue promenade dans Tokyo est un plaisir. Après la traversée du pont Arc en Ciel sur la baie de Tokyo, je trouve assez facilement le K-Museum, au millieu d’Ariake, sur la promenade pédestre centrale. Je comptais voir l’intérieur, mais le musée est apparemment fermé, entouré de grillages. L’intérieur du musée et ce qu’on y expose restera donc un mystère. J’essaie d’admirer les formes extérieures en faisant le tour du batiment. Le déclencheur de l’appareil photo attire le gardien du parking à côté, se demandant ce que je peux bien prendre en photo par ici (c’est une attitude que je remarque beaucoup en ce moment).

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Comme on nous l’explique sur une page du site d’Archilab, l’architecte Makoto Sei Watanabe, dans ses créations, essaie de se libérer de la gravité, une des grandes contraintes de l’architecture. K-Museum est concu comme un défit aux forces de la pesanteur avec un batiment rectiligne accroché au sol en son centre seulement. Les ailes avant et arrière sont suspendues dans le vide, on dirait que le batiment est flottant.

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Le building de ligne rectangulaire et de formes abstraites couvertes de métaux réfléchissants est concu pour répondre à la lumière, tandis que le sol ondulé est couvert d’un matériau absorbant la lumière. Le musée montre un extrème et sa contrepartie, comme principe fondamentale de la ville. Le musée ressemble à un vaisseau de lumière voguant sur une mer aux vagues noires. Ces vagues noires sont plantées par endroit de tiges argentées bougeant avec le vent. Ils s’agit de sculptures intitulées « Touching the Wind », jouant comme interface entre le building solide et statique et l’environnement naturel changeant. On peut penser que le vaisseau-building est en phase d’attérisssage ou de décollage, il touche le sol pour un bref instant pour repartir. Tous ces éléments de mouvement et de contraste représentent la ville en mouvement, sans cesse changeante et constituée d’extrèmes.

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Comme je le précisais plus haut, K-MUSEUM se trouve au millieu d’Ariake, une vaste zone gagnée sur la mer et qui a connu une forte expansion pendant la bulle économique des années 1980. Pendant la bulle, les infrastructures de la zone se sont développées mais le développement urbain, la construction des grands ensembles de buildings de bureaux, a été interrompue par la récession économique des années 1990, laissant une grande partie de l’espace d’Ariake vide, déserté par la ville qui n’a pas eu le temps de naître autour du musée et des quelques autres constructions telles que Tokyo Big Sight. Dernièrement, l’expansion semble reprendre doucement. Tout près du musée, on peut y voir une gigantesque double tour en M, l’hotel privé de luxe Tokyo BayCourt Club, avec aux pieds un village de mariage Partire à la mode franco-italienne, dans un style très kitch.

Adresse: K-MUSEUM (1996), 3-1 Ariake, Koto-ku

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Fauteuil avec vue sur la ville

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Regarder la ville vivre tranquillement assis dans un fauteuil: les trains se croisent et s’arrêtent à la gare de Ochanomizu, près du canal. Les mouvements de la ville s’affichent sur les quatres murs entourant le fauteuil et on est assis en pein millieu. Une télécommande permet de changer le lieu, le décor: regarder les gens traverser au millieu du croisement de Shibuya, observer les gens qui attendent sous le grand écran géant du studio Alta à Shinjuku, suivre des yeux les gens qui marchent et se bousculent sur l’étroite rue Takeshita à Harajuku, voir au loin le pont Rainbow et la plage sans la toucher à Odaiba …

Bien sûr, cela n’existe pas, c’est mon invention …

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Hysteric Blue

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Hysteric, le mot est un peu fort, disons plutôt que j’ai couru comme un fou en cette journée de dimanche entre Shibuya, Ebisu et Aoyama avec peu de temps à consacrer à la photographie si ce n’est des petites pauses devant le bleu du magasin Comme des Garçons à Omotesando. Je suis très souvent passé devant le bleu en rondeur conique semi-transparent de cette boutique conçue par la designer de la marque Rei Kawakubo et Future Systems, sans jamais la prendre en photo.

Ayant peu de temps, j’ai tenté la prise de photos des passants en roulant à vélo (déconseillé, même en roulant doucement). C’est un nouveau concept.

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A.rchitecture P.our C.onsommer

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A Daikanyama, on peut imaginer des réflections sur la tour de bureaux et magasin de la marque de fringues francaise cool et rock A.P.C.. Cet immeuble signé par l’architecte et urbaniste francais Paul Chemetov (1998) est fait de béton et de surfaces semi-transparentes laissant imaginer la réflection des gens qui s’éloignent ou s’approchent.

Alexandre-Herchcovitch

Un peu plus près de la station de Daikanyama, un nouvel élément de décor vient perturber mon champ de vision. C’est une boîte étrange recouverte de graphismes, des lames de rasoirs, à consonnance punk. Comme son nom ne l’indique certainement pas, le styliste Alexandre Herchcovitch est brézillien et vient d’inaugurer en mars 2007 sa première boutique hors Brésil dans un coin de rue à Daikanyama. L’architecte à l’origine de ce bloc bizarre est un autre brésilien, Arthur Casas. Son agence est basée à São Paulo. Le graphisme extérieur de la boutique changera apparemment en fonction des nouvelles collections.

La boutique Alexandre Herchcovitch à Tokyo fait partie du réseau japonais HP France, un ensemble de magasins de mode avec des liens privilégiés avec la France, principalement l’exportation vers le Japon de créations francaises. HP France avec ses différents labels inonde Tokyo, d’une manière similaire à l’autre réseau BEAMS.

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