Traverser la pierre du vent et guetter les tortues

Cette pierre du vent, c’est une sculpture de marbre blanc du Kan Yasuda, située au Tokyo Metropolitan Teien Museum à Meguro. Elle s’appelle Kaze, le vent donc, qu’on imagine s’amuser avec les ouvertures rondes de la sculpture, faire des va-et-vient, des figures et des loopings. En promenade dans le parc du musée Teien, il était difficile de freiner Zoa et Koma dans leur élan de découverte de l’art contemporain. C’est vrai qu’on a envie de la traverser cette pierre du vent, mais il faut être petit pour l’ouverture en photo ci-dessus que traverse Zoa d’un air pressé. Pressé, car il faut faire au moins dix fois la traversée, c’est le jeu inventé. On trouve des sculptures de Kan Yasuda un peu partout dans Tokyo: au Tokyo International Forum par exemple, à Tokyo Mid-Town également… On reconnaît très facilement les formes lisses et en rondeur de couleur blanche ou noire.

Ces photos datent d’il y a quelques semaines. Ce jour là, Il faisait bon s’asseoir sur la pelouse du parc pour profiter d’un petit vent bienvenu. Et pendant ce temps là les petits couraient… Peu de temps avant, nous étions dans le parc Shizen kyoiku en, juste à côté. Comme je l’indiquais auparavant, il s’agit d’une véritable forêt. On suit une allée entourée d’une végétation dense et désordonnée jusqu’à un étang découvert. Quelques tortues font leur promenade, on les guette l’air de rien.

Into the spiral

En descendant la spirale du building du même nom à Aoyama, on aperçoit un personnage bizarre. Lorsqu’il n’y a pas d’exposition, Spiral montre ce que je pense être sa collection permanente. Ce portrait, certainement de la série 肖像・赤, est de l’artiste japonais Yasumasa Morimura. Sa spécialité est de détourner des oeuvres célèbres en se mettant en scène. Sans vraiment apprécier ses oeuvres, ce visage rouge étrange est quand même marquant.

Surfaces dégradées

Deux surfaces dégradées, l’une par l’humidité, l’autre par la main de l’homme, l’une à Kanda, l’autre à Daikanyama. La surface web de Made in Tokyo a été malheureusement dégradée pendant presque 2 jours, problème de disque dur chez mon hébergeur. Espérons que le problème ne se reproduise pas avant longtemps.

Regarder le ciel vers le Nord

Un hélicoptère survole Akasaka sous un ciel nuageux. Une vieille dame traverse le pont suspendu de Daikanyama avant la pluie qui guette. C’est le même ciel mais à des lieux et jours différents. J’ai envie de regarder et photographier le ciel en ce moment. Peut être par ce que, pour un mois de juillet, il n’est pas bleu uni mais plutôt agité par la pluie et les nuages. Les nuages sont très photogéniques.

Je me suis procuré dernièrement en librairie un exemplaire de Northern de Daido Moriyama. C’est le premier de ma petite collection. A vrai dire, ça fait un moment que j’aime les photographies de Moriyama, mais j’étais d’une certaine façon intimidé par sa vaste bibliographie. Pour un premier livre, par quoi commencer? Je voulais commencer par des photos de Moriyama au Japon mais on se perd dans la multitude. Commencer par Shinjuku peut être avec son mini-pavet 新宿+? Je me suis en fait dirigé vers des photos que j’avais vu en exposition. Ca aurait pu être Hawaii que j’avais vu avec MP, mais j’ai préféré Hokkaido. J’avais découvert début 2009 l’exposition Hokkaido de Moriyama dans la petite galerie de Daikanayama Rathole Gallery. J’avais été impressionné à l’époque pour les photos imprimées pour l’exposition, mais beaucoup moins par le gros bouquin intitulé Hokkaido reprenant toutes les photos prises dans cette région en 1978 alors qu’il y passait 3 mois. Northern reprend une partie des photos de Hokkaido dans un format plus petit et horizontal, assez rare car Moriyama est plutôt adepte du format vertical (je le suis assez la dessus). Je n’ai qu’un maigre souvenir des photos que j’ai découverte à l’exposition Hokkaido, donc je les (re)découvre ici avec un regard neuf. Le rendu mate des photos pleine page est très bon et laisse dégager toute la force des photos noir et blanc, très sombres et à fort grain, comme on a l’habitude de le voir chez Moriyama.

Dans Northern, Moriyama retranscrit son voyage en photos, nombreuses sont les scènes de trains, quelques unes en bateau. On le suit dans les rues de villes provinciales laissées à l’écart du miracle économique japonais. Le paysage est sombre et parfois enfumé. Il nous montre les habitants affairés dans leur vie quotidienne. Ils ne remarquent pas le photographe, invisible. Les photos sont chargées d’émotions mais rares sont celles qui transmettent un sentiment de joie. Il s’écarte également à l’extérieur des villes où les surfaces s’enneigent (les photos où la neige tombe sont surprenantes), vers les ports parfois, puis reprend la route ou le train. Il n’y a pratiquement pas de photos d’intérieur. Elles sont plutôt dans le mouvement, un mouvement lent. Pour quelques autres photos du livre, vous pouvez consulter le site A japanese Book. Et comme Moriyama produit sans compter, il y a déjà un deuxième tôme de Northern, Northern 2, cette fois-ci en format vertical. Peut être pour continuer ma collection.

Il n’y a pas de lien particulier, mais je me suis mis à écouter ce morceau de Animal Collective, No more runnin que je ne connaissais pas jusqu’à présent. J’ai trouvé que son rythme lent et lancinant, un petit côté bucolique également, allait bien avec le livre Northern. Du coup, j’écoute ce morceau à chaque fois que je feuillette le livre et je ne parviens plus à dissocier le livre du morceau.