alone in the new pollution

L’église Tokyo Yamate est une anomalie dans le décor de Shibuya, coincée entre le Department Store Seibu d’un côté, l’ancien magasin Gap de l’autre côté et l’Apple Store en face. Ce bâtiment blanchâtre aux formes étranges de Bunzo Yamaguchi semble faire résistance dans un environment hostile. Comme vous l’aurez peut être remarqué, je prends beaucoup plus de photographies de nuit ces derniers temps, contrairement à mon habitude. La faute aux journées écourtées par l’hiver certainement.

le robot de Daiba

Devant le centre commercial Diver City à Odaiba, un nouveau robot Gundam de type unicorne s’est installé soudainement. L’ancienne version que j’avais pu y voir il y a 4 ans a dû certainement s’absenter des lieux pour une quelconque mission. Le niveau de détail et la finition de ce Gundam géant laisse vraiment penser qu’il est opérationnel. Peut être attend il le milieu de la nuit pour entrer en mouvement et pourquoi pas faire un tour de reconnaissance des îles artificielles autour de Odaiba. Mais aucun témoin oculaire n’a pu observer ses mouvements. Il se contente d’observer et de faire le beau devant la multitude des passants le prenant en photos sous tous les angles. Je suis complètement néophyte sur les séries Gundam, donc je ne pourrais pas vous expliquer de quelle lignée ou de quelle série celui ci-dessus provient. C’est un peu dommage d’avoir enlever l’ancienne statue robot. J’aurais bien vu un parc dans lequel les robots géants Gundam s’accumuleraient petit à petit comme un musée futuriste en plein air.

sur la montagne de Daikan (2)

Continuons cette série à Daikanyama. La plupart des photographies de ce deuxième épisode sont prises sur la route sinueuse appelée Daikanyama Dori (la rue Daikanyama). J’y passe tôt le samedi matin. Enfin, il est 10h du matin donc pas si tôt que cela, mais les boutiques du quartier n’ouvriront que plus tard, vers 11h je pense. Les volets métalliques des boutiques au rez de chaussée de la résidence Castle Mansion Daikanyama au look rétro et aux couleurs de rose usé, sont couvertes de graffitis ou de dessins qu’on penserait être commandé, comme cet étrange tigre assis prenant un café. Les bâtiments à trois étages maximum de cette partie de rue à sens unique se renouvellent petit à petit. Certains des nouveaux buildings ont d’ailleurs des coupes architecturales intéressantes, quand on lève un peu les yeux. Observer les rues de Tokyo demandent à explorer des yeux toutes les directions, comme une girouette.

Un peu plus loin dans Daikanyama, sur une autre rue où se trouve également la boutique Maison Kitsune, que je montrais sur la dernière photographie du billet précédent, ainsi qu’un petit magasin de disques Bonjour Records, je passe très souvent devant la boutique de vêtements homme APC, conçue par Masamichi Katayama et la firme de design intérieur Wonderwall dont il est le fondateur. En parlant de ce petit magasin de disques Bonjour Records, j’y fais un passage rapide de temps en temps. On y vend une sélection de CDs mais aussi quelques livres de photographies et autres objets. Côté livres, je note un bouquin de photographies appelé Grunge préfacé par Thurston Moore. Ce sont des photographies de groupes alternatifs de l’époque du début des années 90, pas seulement du Grunge mais aussi des groupes de mouvance punk à Seattle. Il y a bien sûr des photographies de Kurt Cobain et Courtney Love avec Hole, mais également d’autres figures connues comme Kim Gordon de Sonic Youth et d’autres groupes de l’époque dont le nom m’est familier.

Le reste des photographies dans Daikanyama vont à la recherche des couleurs: le bleu intense d’une Porsche sur un parking derrière deux petits bâtiments aux façades de béton obliques et le vert presque fluorescent du palmier emblématique de Daikanyama.

Les trois dernières photographies du billet sont prises en bas de la colline-montagne de Daikanyama, mais du côté de Shibuya cette fois-ci et non pas du côté de Naka-Meguro à l’opposé, comme sur le premier billet de cette petite série. Sur une rue parallèle à la longue avenue Meiji, je retrouve cet immeuble aux briques orangées comme maintenu en captivité dans une cage aux barreaux obliques. Il s’agit du building Sankyo à côté de la nouvelle sortie Sud de la gare de Shibuya, par l’architecte Tadasu One (Plantec). Au loin sur la même rue, les constructions du nouveau centre de Shibuya avancent à grands pas, notamment l’immeuble de la partie Sud du re-développement de la gare. On ne le voit pas sur la photographie, mais l’immeuble principal de la gare a aussi pris pas mal de hauteur ces dernières semaines. Il reste du temps avant les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, mais les changements sont déjà initiés depuis longtemps.

sur la montagne de Daikan (1)

Comme le titre du billet l’indique, nous sommes ici à Daikanyama, mais aussi à Naka Meguro, en contre-bas de cette montagne qui ressemble plutôt à une colline urbaine. Je vais assez souvent dans ces quartiers car on habite pas très loin d’ici, mais aussi parce que Zoa y a quelques activités extra-scolaires. Bien que je connaisse assez bien ces rues, je me surprends parfois moi-même à découvrir des passages que je n’avais jamais emprunté. Par exemple, un escalier couvert de dessins de formes courbes nous amène vers un tunnel que je connaissais pas sous la rue de Komazawa. Un des murs du tunnel est dessiné d’une fresque d’un cerisier en fleurs. Sur la photographie ci-dessus, le passage de quelques personnes en mouvement me donne l’impression que les fleurs vont soudainement se détacher et s’envoler dans un mouvement similaire.

Une des grandes qualités des espaces à Tokyo, ce sont les dénivelés, les collines et terrains en pente qui rendent l’espace urbain intéressant pour le promeneur. L’irrégularité des terrains évite la monotonie du paysage urbain, quand l’architexture doit s’adapter à un environnement qui ne lui est parfois que peu propice.

À Daikanyama, je passe par l’ensemble Hillside Terrace conçu par étapes sur plusieurs décennies par l’architecte Fumihiko Maki. Il y a un petit espace d’exposition dans un des bâtiments les plus anciens de l’ensemble nous montrant une salle de classe d’une autre époque, avec des chaises prenant leur envol. Alors que la nuit commence à tomber doucement, je passe ensuite un peu de temps au Hillside Forum, de l’autre côté de la rue Kyu-yamate. On y montre une autre exposition, de plusieurs photographes sélectionnés pour le prix Pictet. Je connaissais quelques uns des photographes comme Michael Wolf et sa série Tokyo Compression montrant des passagers du métro tokyoïte comprimés contre les vitrages des portes automatiques. On y voit également deux photographies en grand format de Rinko Kawauchi, notamment une colline prenant feu d’une manière apparemment contrôlée avec un bel effet de symétrie. Finalement, le travail de collage de photographies de Shohei Nishino est très intéressant. Il construit des paysages urbains imaginaires à partir de collages de photographies de buildings et autres décors urbains, formant une nouvelle réalité de la ville. Un fait intéressant de cette exposition est qu’elle mélangeait la photographie pure et le montage photographique.

Mon passage à Daikanyama se termine dans la nuit. J’aime en ce moment prendre en photographie les devantures éclairées des boutiques. Ci-dessus, il s’agit de celle de la Maison Kitsune.

le village de Hinohara

Une journée ensoleillée du dimanche nous donne une nouvelle fois l’envie irrésistible de prendre la route à l’Ouest de Tokyo. En ce dimanche, nous quittons le centre de Tokyo pour rejoindre un autre Tokyo, celui des montagnes de Tama. Nous sommes toujours dans Tokyo, mais bien à l’Ouest, au delà de Hachiōji et de Ome. Notre but était d’aller jusqu’au village de Hinohara. Ce village intriguait Zoa depuis un petit moment pour la simple raison qu’il s’agit du seul village du grand Tokyo. Environ 2100 personnes y vivent, dans les montagnes mais rassemblées pour la plupart le long de la route principale traversant le village. La population y est trop faible pour qu’on puisse appeler Hinohara une ville et ce vaste espace de montagnes n’a pas été intégré à une ville voisine. Cela fait de cette unité administrative du district de Nishitama un village avec une mairie, une école élémentaire et un collège ainsi que quelques commerces comme Chitoseya proposa un excellent tofu fait maison et des doughnuts qui valent le déplacement. Nous nous y sommes régalés, en dégustant tout cela sur le pouce dans le froid mais entourés des feuilles rougies et jaunies par l’automne agrémentant le paysage montagneux et forestier tout autour de nous.

Le matin de ce dimanche, nous étions partis tôt pour pouvoir revenir assez tôt dans l’après-midi (avant 16h) pour éviter les bouchons de fin journée, qui nous avaient bien refroidi à notre retour de Kobuchizawa il y a quelques semaines. Une fois arrivés au village de Hinohara, nous allons d’abord à Kanoto Iwa. A cet endroit, une ouverture dans la roche est creusée par une petite rivière. On peut longer cette rivière sur un minuscule passage où il faut bien s’accrocher. Il s’agissait apparemment d’un ancien passage vers un sanctuaire. La première photographie de ce billet montre cet endroit. Nous nous engageons ensuite sur un chemin de montagne mais nous ne pourrons pas marcher très loin car la route est coupée. Au hasard de notre promenade, nous rencontrons un français qui semble vivre ici dans les montagnes. Il nous apprendra qu’un pont de bois sur cette route a été emporté il y a peu par un typhon.

Nous reprenons alors la voiture pour aller voir les chutes d’eau. Notre promenade nous amènera vers la chute d’eau de Hossawa, à une quinzaine de minutes à pieds du vendeur de tofu dont je parlais plus haut. Un chemin dans la forêt très bien aménagé longeant la rivière nous y amène. L’endroit est vraiment très agréable. Là encore, on peut admirer les feuilles rouges à différents endroits du parcours, dans les arbres ou sur le chemin de montagne. Il y a environ 13 chutes d’eau répertoriées à Hinohara. Nous n’en verrons qu’une seule cette fois-ci, mais on tentera certainement de voir les autres une prochaine fois. Le retour vers Tokyo est cette fois-ci d’une grande fluidité.

ア・キ・ラ・Shibuya

Le Department Store PARCO à Shibuya a fermé ses portes le 7 août 2016 et est désormais en cours de rénovation. Plutôt qu’une rénovation, il s’agit en fait d’une reconstruction totale à la place de l’ancien bâtiment datant de 1976 certainement plus aux normes anti-sismiques en vigueur. Il a donc été entièrement détruit et on attend un nouvel immeuble pour PARCO en 2019. En attendant, la zone de construction est entourée de palissades blanches. Depuis plusieurs mois, on peut voir en dessin Kaneda sur sa célèbre moto sportive rouge avec l’indication de l’année AD 2019. Il s’agit de la date à laquelle se passe l’histoire de Akira, le manga que l’on ne présente plus de Katsuhiro Otomo. Il s’agit également de l’année où commencera l’histoire de ce nouveau Department Store PARCO. Depuis quelques semaines, plusieurs fresques se sont ajoutées en plus de l’image de Kaneda, construites sur l’imagerie du manga. On retrouve tous les personnages principaux de Akira sur ces fresques en noir et blanc. Je n’ai pas lu le manga ou revu le film d ‘animation depuis de nombreuses années, et ça fait plaisir de revoir ces images et ces personnages en grand format. Je me souviens encore très bien du choc visuel et stylistique quand j’ai vu pour la premier fois Akira au cinéma en France en 1991 lors de sa sortie. D’ailleurs, ça me surprend un peu que l’on utilise l’imagerie de Akira pour entourer la construction d’un nouvel immeuble commercial, sachant que l’univers de Akira est plutôt tourné vers la destruction, comme le montre d’ailleurs certains des dessins de la fresque. On est très loin d’un visage idyllique et paisible de la ville, car Akira représente une certaine image du chaos et de l’aliénation.