Made in Tokyo Series vol.8

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Dans la chaleur du mois d’août à Tokyo, la page de couverture urbano-végétale du huitième épisode des séries Made in Tokyo nous invite à partir dans les airs pour y trouver un peu de fraicheur. Mais nous revenons très vite sur terre dans cette série avec une ambiance industrielle vers l’île de Tennozu pour revenir ensuite vers des terres plus familières, celles de Shibuya. Mon fils Zoa, comme ses petits copains de 1 an et demi adore le chemin de fer et conditionne par la même occasion le thême général de cette série. On aperçoit les trains de ville dans diverses photos: la Yamanote-sen souvent, la Shounan-Shinjuku line parfois, et le « dieu » Shinkansen devant le Tokyo International Forum à Yurakucho. En deuxième partie de cette série, je profite d’un peu de temps libre pour une ballade urbaine à Jingumae. J’adore ces promenades au hazard des rues, en scrutant au loin pour essayer de trouver des architectures remarquables. J’étais tout particulièrement de découvrir en photo 11 ce bâtiment de verre avec en sa base des plaquettes de bois verticales un peu dans le style de Kengo Kuma. Je ne sais pas qui est l’architecte cependant. Pour l’architecture, on trouvera aussi dans les photo, le gymnase de Yoyogi vu au loin, une montée en ascenseur dans l’Iceberg de Harajuku, l’entrée du bâtiment lunaire de Tadao Ando à Harajuku.

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urbano-végétal (25) et les vacances à Tokyo

Cet immeuble situé au bout de la petite rue commerçante de Hiroo est porté par un pilier de béton s’enfonçant dans la verdure. Je continue cette série urbano-végétale comme un fil rouge au blog. J’apprécie toujours construire ces mélanges en alternant immeubles modernes et vieilles maisons de bois s’échappant dans les airs pour construire une ville flottante.

Comme l’atteste le calme sur le blog ces derniers temps, j’étais en vacances pendant deux petites semaines qui se terminent déjà. A l’occasion du premier anniversaire de Zoa (1 an déjà), les papi et mamie de France sont venus à Tokyo pour pouponner le bébé qui n’en est déjà plus un, plutôt un petit garçon qui marche et court tout le temps et s’intéresse au moindre détail. Il est en photo ci-dessus avec sa maman. Ci-dessous, ce sont les papi/mamie dans les brouillards de Asakusa.

Ces deux belles semaines ont également été l’occasion de redécouvrir des quartiers de Tokyo où je n’étais pas allé dernièrement, je montrerais donc dans les prochains jours/semaines quelques photos prises par-ci par-là.

urbano-végétal (24) et extensions sur la baie

Je passe assez régulièrement devant cette vieille maison en bois prête à s’écrouler sur la rue Meiji entre Shibuyabashi et Tengenjibashi, au niveau de Hiroo. Elle est bancale mais habitée comme atteste le linge aux fenêtres. je suis souvent passé devant mais je n’ai jamais réussi à la prendre comme il faut, dans son intégralité. Le seul moyen d’en avoir une bonne vue est peut être le dessin, comme croqué par Pierre Alex sur son blog Tokyobsession. Je décide plutôt de la faire voler à travers une composition urbano-végétale pour l’image de libération. Elle était prédisposée car déjà entourée de pots de fleurs et plantes sur le pavé tout autour de la façade. Je ne sais pas combien de temps encore cette maison restera en vie, mais j’ai toujours un peu peur en passant devant, surtout qu’elle est adossée à une station service.

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Au hasard d’une promenade en famille à Aoyama, nous tombons sur une exposition de photos de Daido Moriyama intitulée Hokkaido dans la petite galerie Rat Hole, en sous-sol d’un bâtiment commercial de béton. Cette série de photos date de l’été 1978. Moriyama resta 3 mois à Sapporo pour y photographier la ville et les paysages d’Hokkaido. On reconnaît tout de suite le style Moriyama dans les angles et le grain du noir et blanc. A l’occasion de cette exposition, un gros bouquin de 660 pages est tiré en version limité. Mais les photos de Moriyama s’apprécient imprimées en grand format sur les murs d’une exposition plutôt que sur le papier trop glacé à mon goût du bouquin.

Motif de fleurs se répétant sur un 3/4 de cylindre carrelé devant l’immeuble Shibuya CC Lemon Hall.

C’est intéressant de constater que l’idée de construire sur la baie de Tokyo est une vision récurrente. La baie de Tokyo est comme un espace vide qu’il faudrait absolument remplir. En 1960, Kenzo Tange présentait sa vision d’une extension de Tokyo en pleine croissance démographique sur la baie, le groupe Métabolistes présentait également des structures à croissance organiques sur la baie (cf billet sur les Métabolistes). Plus récemment dans les années 90, les grandes sociétés de construction japonaises reprennent cette idée avec des propositions urbaines gigantesques et là encore utopiques sur la baie: que ça soit des pyramides de 4000m posées sur la baie, des tours verticales en forme de cône à 2 kms de la côte ou autres structures futuristes aux hauteurs démesurées (cf billet sur les Visions d’un Tokyo vertical). Pour revenir au réel, 250 km² ont été gagnés sur les eaux de la baie pour y développer plusieurs îles artificielles avec notamment Odaiba, Ariake et une petite île que Tadao Ando voudrait transformer en forêt sur la mer (Umi No Mori), un espace non utilisé de 88 hectares sur un polder de la baie de Tokyo (cf billet Urbano-végétal (16 et 17), forêt sur la mer et villes imaginaires).

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Imaginer des structures sur la baie est presqu’un genre à lui tout seul et Paul Maymont (1926-2007), architecte et urbaniste visionnaire français, propose également des plans d’urbanisme flottant pour la baie de Tokyo. Il consacre une grande partie de sa carrière à l’étude des villes du futur et découvre lors d’un séjour au Japon dans les années 1950 les possibilités de construire sur la mer. L’image ci-dessus est son projet de ville flottante sur la baie de Tokyo. La ville se compose de caissons qui forment des îlots faits de parcs suspendus coupés de canaux et de places d’eau. En dessous de la zone de flottaison, on y trouve usines, ateliers et autres centrales, tandis qu’au dessus se positionnent les habitations, immeubles, bureaux et services.

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Pour revenir à des visions plus récentes et encore plus virtuelles provenant de la culture pop japonaise, je découvre grâce à un article de TokyoArtBeat une autre proposition urbaine sur la baie, Area 0 Tokyo, ou encore Tokyo Zero-ku. Tout comme Akira (cf billet Depuis l’immeuble tubulaire de Tange avec représentation de la baie habité), cette proposition de ville vient de la culture manga.

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Il s’agit d’un projet d’urbanisme virtuel, similaire à Meet-Me (que je ne connaissais pas) ou aux mondes virtuels de SecondLife, créé par le Studio 4°C de Koji Morimoto et initié par la société SBI Robo Corporation. Area Zero Tokyo est donc une ville virtuelle répartie en plusieurs zones, chacune des zones étant confiée à un artiste différent. Le site montre assez peu de choses pour l’instant de cet urbanisme virtuel mais je suis assez curieux de voir ce que cela peut donner, d’autant plus que j’aime beaucoup le style du studio sur TekkonKinkreet (béton armé). Je regarderais bien d’ailleurs ce film d’animation pour en observer les décors aperçus sur quelques images glanées sur Internet.

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Et pourquoi pas un appartement dans les airs avec vue imprenable sur le pacifique. C’est ce que m’inspire cette composition urbano-végétale. Les baies vitrées géantes donnent une vue panoramique sur l’horizon bleu. On ouvre les voiles et on part en mer pour l’après midi sous un ciel ensoleillé.

Je l’ai laissé reposer pendant plus d’une année et me suis enfin décidé à lire Sputnik Sweetheart de Haruki Murakami. Bien entendu, c’est très beau, pleins de mystères irrésolus et de thèmes récurrents chez Murakami: la solitude des personnages et leur impossibilité à aimer, des disparitions inexpliquées et des tendances schizophréniques comme on pourrait en voir chez Lynch. Ensuite, je vais peut être lire Hard-Boiled Wonderland and the End of the World

Un mikoshi passe> à toute vitesse dans un éclat de lumière, dans des petites rues de banlieue avant que la pluie ne vienne perturber le spectacle. C’était il y a quelques semaines pour le matsuri d’automne.

Je me pose encore ce dilemme épineux de l’utilisation ou non de flickr. Bien qu’y ayant créé un compte il y a de cela un petit bout de temps, j’en étais toujours resté à l’écart. Flickr m’apparaissait comme une masse inégale faite du pire et du meilleur et je n’en retenais que cet effet général de confusion et la difficulté d’y trouver les choses intéressantes. En peu de temps, on peu facilement trouver de belles photos sur flickr, mais celles qui dégagent une émotion sont plus difficiles à trouver. Je pense que c’est dû notamment à la mise en page neutre et identique pour chaque utilisateur. J’ai tendance à considérer l’environnement autour de la photographie comme participatif à l’émotion que ça soit le titrage, les textes ou l’environnement graphique personnel d’une page web. Sous Flickr, chaque photo est noyée dans la masse et on passe les photos d’une manière presque automatique sans s’attarder assez parce qu’il y a un trop plein à voir.

Mais voila que je rencontre, il y a de cela quelques semaines, cette troupe de photobloggers talentueux qui utilisent tous sans exception flickr, et je recommence à me poser des questions, d’autant que des photobloggers amis fredox et MP se sont également lancés sur flickr (sans que je m’en rende compte) en plus de leurs sites personnels. Et là le doute commence à pointer son nez une nouvelle fois: to be or not to be on flickr? Plus qu’une envie, je le ressens comme une nécessité. J’ai toujours mené Made in Tokyo d’une manière indépendante, en m’efforçant à ne pas subir d’influences externes pour garder ma liberté individuelle et ma ligne directrice. Le désavantage de cela est une certaine isolation. Flickr fonctionne par le réseau, par la présence de groupes qui permettent de faire des traits d’union entre des photobloggers de style similaire ou d’approche convergente. La rencontre avec les photobloggers du groupe Tokyo-Ga/Inside m’a permis de rencontrer des styles très intéressants et personnels, et ça m’a fait beaucoup de bien de rencontrer des gens avec cette même envie de représenter ce que nous inspire cette ville par la photographie. Pour garder la liaison avec le groupe, il me faudrait utiliser intensément Flickr.

Plusieurs problèmes se posent cependant. Je tiens à conserver et faire vivre Made in Tokyo. Après 5 ans de vie, je ne peux m’en détacher. Maintenir deux sites, Made in Tokyo et une page Flickr, et les faire vivre à plein me prendrait un temps important que je ne peux m’allouer. Egalement, je ne sens pas vraiment photographe. Mon envie, ma spécificité, sont les compositions, assez loin de la photographie pure que l’on trouve dans le groupe pré-cité. La photographie seule ne me suffit pas et ma ligne directrice s’appuit sur un mélange d’images et de textes. J’aime agencer les choses et le photobook, d’ailleurs, a été un très bon exercice dans ce sens. Pour ces deux raisons, je ne suis pas sûr que Flickr soit adéquat pour moi.

L’envie de renouveler Made in Tokyo est tout de même présente et achever mon photobook m’a donné l’impression d’avoir tourné une page, d’avoir terminé un grand travail. Je me sens l’envie d’explorer de nouveaux terrains et peut être pousser plus vers la photographie argentique chère à de nombreux membres du groupe Tokyo-Ga. C’est vrai qu’en prenant dans les mains le Leica M3 de yo-scherzo, ça fait très envie de s’y essayer et d’oublier toutes les contraintes de l’argentique. Mes envies photographiques font un peu la girouette en ce moment. J’aimerais changer d’appareil photo, mon EOS10D a fait la guerre (fait 3 à 4 fois le tour du compteur, usé 3 batteries, … il est increvable et c’est un peu là le problème). Changer pour un reflex numérique est le choix raisonnable, mais la noblesse d’un bel appareil argentique m’attire énormément. C’est le deuxième dilemme de ce billet, des questions dont je n’ai pas encore la réponse et auxquelles je réfléchis en tâche de fond car après tout ce sont des préoccupations bien mineures parmi les soucis de la vie quotidienne.

urbano-végétal (22) et le vert envahissant

Le rythme de publication est plus qu’irrégulier ces derniers temps, ces derniers mois on pourrait dire. Je me bats contre le temps, pas tellement pour prendre les photos et les travailler, mais plutôt pour écrire les textes qui accompagneront les photos. Comme ça faisait longtemps, ci-dessus une composition urbano-végétale, numéro 22. Je n’ai pas encore décidé jusqu’où j’irais dans cette série, c’est mon fil rouge que j’essaie de maintenir en fur et à mesure des mois.

Le week end dernier, nous avons passé quelques jours au vert à Kamakura pour s’échapper un peu des villes. Le mauvais temps nous a quand même épargné une très belle journée sur les collines de Kamakura, dans la verdure de Kamakurayama au restaurant japonais Raitei. Plus que le restaurant, c’est le jardin autour qui vaut le détour. Assis sur le tatami de Raitei, on y mange des soba en regardant à l’extérieur. Les fenêtres de l’ancien bâtiment envahi de nature sont ouvertes et laissent entrer une brise rafraîchissante. Au loin, on voit presque l’océan. On resterait bien là des heures à rêver, mais le petit veut déjà courir dans toutes les directions …