





Le Jeudi 28 Août 2025, dans le quartier de Sugamo dans l’arrondissement de Toshima à Tokyo.
Si j’en crois les archives de Made in Tokyo, je n’étais pas allé dans le quartier de Sugamo depuis plus de vingt ans. Pourtant, j’ai l’impression que la longue rue commerçante Jizō-dōri (地蔵通り), menant à la statue Togenuki Jizō du temple Kogan-ji, n’a pas changé pendant toutes ces années. Il y a vingt ans, le quartier était déjà surnommé le Harajuku des grands-mères (おばあちゃんの原宿), et mon impression ne change pas lors de cette nouvelle visite au mois d’août 2025.
Je ne m’étais pas déplacé exprès pour constater que le quartier mérite toujours d’être reconnu comme le quartier des seniors, mais je voulais depuis longtemps voir le Sugamo Ōdai Kannon-dō (すがも鴨台観音堂), car il ressemble beaucoup à une version moderne du fameux Sazaedo (さざえ堂) de Aizu-Wakamatsu à Fukushima, que nous avions visité en avril 2023. Le Sugamo Ōdai Kannon-dō a une forme similaire, rappelant celle d’un coquillage turban (sazae). Tout comme le Sazaedo, le bâtiment est un pavillon octogonal à trois étages en spirale, et les galeries intérieures sont conçues en double spirale, de sorte que le parcours aller et retour ne se croisent jamais. Il a été construit en 2013 sur le campus de l’Université Taishō. Je suis seul sur le campus, mais l’entrée dans le Sazaedo est libre. Je prends mon temps pour gravir les marches intérieures, éclairées par les reflets des panneaux colorés entourant les façades. Ce Sazaedo moderne n’est, bien sûr, pas aussi fascinant que sa version originale à Aizu-Wakamatsu, mais je me devais de le visiter pour compléter, en quelque sorte, ma découverte architecturale.
En parcourant ensuite Sugamo, j’aperçois le tramway de la ligne Toden Arakawa (荒川線), la dernière ligne encore en service du réseau de tramways de Tokyo, qui avait connu son apogée dans les années 1950-60. Je ne suis pas un maniaque du réseau ferroviaire japonais, mais j’aime beaucoup ce petit tram d’une autre époque, que j’avais pris pour la première fois en décembre 2021. Écrire ce billet me fait réaliser une fois de plus que Made in Tokyo est une partie assez précise, mais certes incomplète, de ma mémoire retranscrite dans des photographies et des textes. Je ne me souviendrais certainement plus de toutes ces visites et de toutes ces choses si je ne les avais pas écrites sur ces pages. Cela me fait même regretter de ne pas avoir davantage écrit et pris de photos lors de mes toutes premières années à Tokyo. Je m’étais remémoré ma première journée à Tokyo dans un billet intitulé 東京99, mais il faudrait que je passe un peu plus de temps à creuser ma mémoire. Il me manque seulement des photos pour agrémenter ces anciens souvenirs.
