Osaka Expo 2025 (3)

Null² par NOIZ, produit par Yoichi Ochiai.
Null² par NOIZ, produit par Yoichi Ochiai.
Null² par NOIZ, produit par Yoichi Ochiai.
Jellyfish Pavillon par Tetsuo Kobori, produit par Sachiko Nakajima.
Dynamic Equilibrium of Life par Naoki Hashimoto, produit par Shinichi Fukuoka.
Vue sur la Water Plaza entourée par le Grand Anneau.
Logo Expo 2025 près de la Water Plaza.
Apparition de Myaku-Myaku près de la Water Plaza.
Toilet 8 par Shingo Saito, Yuuki Nemoto & Mumu Tashiro.
Pavillon de la Hollande par RAU.

Je traverse d’abord la partie Nord de l’expo pour descendre ensuite vers la partie Sud où se trouve la zone Signature. On y trouve entre autres le Earth Mart conçu par Kengo Kuma et un très étrange pavillon argenté nommé Null² (prononcé nurunuru, ヌルヌル), conçu par NOIZ Architects et produit par l’artiste Yoichi Ochiai. Cet objet architectural futuriste et mystérieux se compose de blocs couverts de membranes-miroirs faites d’un composite résine-métal avec une finition très réfléchissante. Ces membranes vibrent avec le son, ce qui provoque des distorsions de l’environnement réfléchi autour du pavillon. Je n’ai malheureusement pas vu l’intérieur, accessible seulement sur réservation, mais on y trouve une salle d’exposition où les visiteurs peuvent utiliser une application pour créer leur avatar numérique. Celui-ci imite les gestes des visiteurs et interagit dans un espace virtuel. Ce pavillon entend interroger ce que signifiera la vie dans le futur, notamment à l’interface entre le physique et le numérique.

Devant le Jellyfish Pavillon (くらげ館), je suis surpris de voir un groupe scolaire attendre sagement devant l’entrée. Je m’en suis rendu compte plus tard en regardant mes propres photographies, mais il y avait beaucoup d’écoliers ce jour-là. Il s’agissait certainement, pour certains, de leur voyage scolaire de collège. En redescendant vers l’océan, au sud de l’anneau, un spectacle de jets d’eau commençait tout juste. À la fin de celui-ci, la mascotte Myaku-Myaku apparaissait sur le devant de la scène sous les regards amusés de la foule. La mascotte ne parle pas mais est accompagnée d’une présentatrice qui fait les questions-réponses, interprétant les moindres faits et gestes de Myaku-Myaku. Cette apparition inattendue m’a donné le sourire pendant quelques instants.

Je reprends ensuite mon parcours vers d’autres pavillons de pays. La chaleur est présente mais reste supportable. Il faut tout de même boire beaucoup d’eau. Je ne sais pas où donner de la tête car toutes les formes architecturales qui se présentent devant moi sont intéressantes. Cela me donne le sentiment que chaque recoin de l’Expo a été réfléchi.

Osaka Expo 2025 (2)

Pavillon de la Thaïlande par A49.
Arrière du Pavillon de la Thaïlande par A49.
Pavillon de l’Espagne par Néstor Montenegro.
Pavillon de la Principauté de Monaco par Jerome Hein.
Pavillon de l’Azerbaijan par Bellprat Partner, ELEVEN.
Pavillon de l’Azerbaijan par Bellprat Partner, ELEVEN.
Better Co-Being by SANAA, produit par Hiroaki Miyata.
Future of Life par Jiro Endo, produit par Hiroshi Ishiguro.
Future of Life par Jiro Endo, produit par Hiroshi Ishiguro.
Earth Mart par Kengo Kuma, produit par Kundo Koyama.

Le vaste espace de l’Expo d’Osaka 2025 se divise en plusieurs zones. Les entrées Est et Ouest contiennent quelques pavillons. Ceux du Japon et des grandes compagnies japonaises comme Mitsubishi, Sumitomo ou NTT se trouvent à l’Est. L’entrée Ouest est plus limitée, mais on y trouve le Blue Ocean Dome, une reconstitution d’un robot Gundam géant, le pavillon Yoshimoto, entre autres.

À l’intérieur du grand Anneau, les pavillons des pays se répartissent sur trois zones principales nommées Empowering Lives Zone, Connecting Lives Zone et Saving Lives Zone. La zone Empowering Lives, située près de l’entrée Est, est la plus vaste. On y trouve entre autres les pavillons français et américain, très populaires, ainsi que ceux de la Chine, du Canada ou encore des Émirats arabes unis. La zone Saving Lives se situe près de l’entrée Ouest, avec les pavillons de la Belgique, de Singapour, de la Pologne et de la Roumanie, entre autres. La partie nord de l’Anneau correspond à la zone Connecting Lives, où se trouvent les pavillons de l’Espagne, de la Thaïlande, de la Corée et de l’Allemagne, parmi de très nombreux autres. Chacune de ces zones contient également en tout quatre bâtiments plus classiques, appelés Commons, qui regroupent de plus petits pays n’ayant pas leur propre pavillon.

La partie sud de l’Anneau rassemble une série de pavillons thématiques, souvent dotés de l’architecture la plus emblématique. Cette zone, appelée Signature, donne sur la Water Plaza, un espace ouvert sur l’océan et encadré par la partie sud du grand Anneau. Le centre de l’Anneau est vide. On y trouve un grand espace vert appelé la forêt de la tranquillité. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un espace boisé sans pavillons, mais avec quelques installations artistiques disséminées çà et là. Outre les pavillons, il y a beaucoup de choses à observer dans l’enceinte de l’Expo. Les toilettes et les espaces de repos sont tous stylisés par des concepteurs différents. Heureusement d’ailleurs, car les pavillons restent difficilement accessibles à moins de vouloir perdre beaucoup de temps dans les files d’attente. On disait qu’il fallait attendre jusqu’à quatre heures pour certains pavillons, comme le français ou l’américain. Attendre environ une heure semble être la norme pour de nombreux pavillons nationaux, tandis que le pavillon japonais et ceux de la zone Signature n’étaient accessibles que sur réservation préalable. Les pavillons Commons sont en principe plus accessibles, mais des files d’attente s’y formaient également. Il n’était pas rare de voir certains pavillons fermer temporairement aux nouvelles entrées lorsqu’ils avaient atteint leur capacité d’accueil.

L’Expo ne dure que six mois, du 13 avril au 13 octobre 2025, dont une bonne partie en plein été caniculaire. Il aurait été judicieux de la faire durer plus longtemps, environ un an, et de réguler plus fortement les entrées pour permettre d’apprécier un plus grand nombre de pavillons. J’envie ceux qui ont eu la bonne idée de visiter l’Expo au tout début car elle n’était pas aussi populaire que sur la fin. J’avais pris le parti de ne pas perdre de temps à attendre, mais j’ai tout de même pu visiter trois pavillons et une partie Commons. Mon objectif premier était de voir seul le maximum de pavillons pendant les deux premières heures, avant de rejoindre notre petit groupe pour des visites communes.

Osaka Expo 2025 (1)

Drapeaux des nations à l’entrée Ouest de l’Expo Osaka 2025.
Myaku-Myaku, mascotte de L’Expo à l’entrée Ouest, devant l’emblématique anneau « Grand Ring » conçu par Sou Fujimoto.
Statue de Myaku-Myaku et le Pavillon Yoshimoto waraii myraii en arrière plan.
Pavillon de la Serbie par ALEATEK Studio.
Blue Ocean Dome par Shigeru Ban.
Pavillon joint d’Iida Group et de l’Osaka Metropolitan University par Shin Takamatsu.
A l’intérieur du Grand Ring entièrement construit en bois.
Voie piétonne d’une longueur de 2025 mètres au dessus du Grand Ring.
Vue depuis l’Anneau sur le Pavillon de la Belgique conçu par Carré 7.
Installation type_ark_spec2 de la série HIWADROME de l’artiste Kazuhio Hiwa, devant le Pavillon de la Belgique.

Le Mercredi 17 Septembre, nous arrivons sur le site de l’Expo 2025 d’Osaka (大阪万博2025) un peu avant midi. Nos places nous donnaient droit d’entrée dans la file d’attente attitrée à partir de 11h00, mais certains retards indépendants de notre volonté nous ont fait arriver avec presque une heure de décalage sur notre planning. Nos billets correspondaient à l’entrée Ouest, qui n’est pas celle proche de la station de train de Yumeshima (夢洲). Depuis la station de Yumeshima, où se trouve l’entrée principale Est, on peut marcher une demi-heure jusqu’à l’entrée Ouest, prendre une navette depuis Sakurajima (où se trouve le parc Universal Studios Japan) ou venir en taxi. Il n’y a pas de parking pour les particuliers et l’autoroute qui mène à l’île artificielle de Yumeshima n’est accessible qu’aux véhicules autorisés. L’avantage de l’entrée Ouest, excentrée par rapport à la station, est qu’elle est beaucoup moins encombrée. Il ne nous a fallu que dix minutes pour entrer à l’intérieur de l’enceinte de l’Expo, après une fouille rapide des sacs et un contrôle des billets, le tout très efficacement organisé.

Nous voilà enfin devant le grand anneau de bois conçu par Sou Fujimoto. J’avais pu en voir des photographies et une reconstitution très partielle d’une toute petite portion lors de l’exposition dédiée à l’architecte au Mori Art Museum de Roppongi Hills. La version réelle devant nous est impressionnante, même de loin. La politesse nous impose de saluer la statue de l’étrange mascotte bleue et rouge Myaku-Myaku (ミャクミャク). Ce personnage mignon avait étonné la population lors des premières présentations, mais il est désormais très populaire. Nous l’adorons aussi, pour être très honnêtes. Il détrônerait presque Hikonyan (ひこにゃん), la mascotte de la ville de Hikone, dans le palmarès très limité des mascottes que nous apprécions. Myaku-Myaku a été créé par l’illustrateur Kouhei Yamashita, connu sous le pseudonyme mountain mountain. Son design a été sélectionné parmi près de 1 900 propositions lors d’un concours national organisé en 2022. Le nom a, lui aussi, fait l’objet d’un concours. Cet étrange personnage un peu cosmique représente une créature mystérieuse née de la fusion de cellules et d’eau, symbolisant la vie et la transformation. Myaku (ミャク) fait référence à la circulation du sang, et sa répétition donne une impression de continuité infinie, d’énergie et de vie qui se transmet. Myaku-Myaku est en quelque sorte une métaphore vivante de la transmission de la vie, du futur et de la continuité entre les générations. Le personnage est tellement populaire qu’on trouve toutes sortes d’objets et de peluches à son effigie.

On nous avait prévenus qu’il y aurait foule à l’Expo, et c’est le moins qu’on puisse dire. Elle fermera ses portes le 13 Octobre 2025, et tout ou presque disparaîtra ou sera délocalisé. Les chaleurs de l’été ayant été infernales cette année, nombreux sont ceux, comme nous, à avoir préféré venir en Septembre. Il fait tout de même chaud, environ 31 degrés, mais le ciel nuageux nous a en partie épargné. Les pavillons installés à l’intérieur de l’anneau, ou à sa périphérie immédiate, sont nombreux. Certains demandaient des réservations préalables, tandis que les autres étaient libres d’accès, à condition d’accepter parfois plusieurs heures d’attente. Deux semaines avant notre départ, nous avons tenté la loterie pour réserver des places dans quelques pavillons, mais sans succès. J’avais personnellement dans l’idée de découvrir d’abord les façades de la majorité des pavillons. L’architecture des pavillons, qu’ils soient nationaux ou spécialisés, est tout à fait remarquable et vaut le déplacement malgré la foule et la chaleur. J’ai bien entendu commencé par gravir les escaliers du grand anneau de bois de Sou Fujimoto. Ce Grand Ring mesure 2025 mètres de circonférence, un clin d’œil direct à l’année de cette exposition. On peut en faire le tour complet, mais je n’ai pas tenté le coup, ce que je regrette un peu maintenant. On y accède par plusieurs escaliers et escalators, ce qui est vivement conseillé pour avoir une vue d’ensemble de l’enceinte de l’exposition.

Plan d’ensemble de l’OSAKA EXPO 2025 à Yumeshima.

De nombreux architectes reconnus ont participé à la conception des pavillons. Outre Sou Fujimoto, on retrouve des grands noms de l’architecture japonaise comme Toyo Ito, Kengo Kuma, Akihisa Hirata, SANAA, Yuko Nagayama, Shin Takamatsu, Shigeru Ban, entre autres. Je commence ici une série de plusieurs billets montrant tous ces édifices, en m’efforçant de commenter chaque photographie. La multitude d’images que j’inclus dans chaque billet vient illustrer la densité de l’Expo 2025 d’Osaka.

Osaka Expo 2025 (pre)

Nous nous sommes finalement décidés, à la fin du mois d’août, à aller voir l’Expo d’Osaka 2025, profitant de deux jours de congé du fiston suite à la fête Bunkasai de son lycée. Nous avons pu obtenir des billets pour le mercredi 17 septembre, avec une entrée dans l’enceinte de l’Expo à 11h. On a beaucoup hésité entre partir de Tokyo en shinkansen tôt le matin du 17 septembre ou se donner un peu de temps en partant la veille. Nous sommes finalement partis le mardi 16 septembre pour profiter un peu du centre d’Osaka avant la visite de l’Expo. Nous n’avions pas énormément d’idées de visites, car nous avons déjà visité Osaka plusieurs fois et n’avions qu’un après-midi devant nous. J’étais très curieux de voir le gigantesque lion du sanctuaire Namba Yasaka (難波八阪神社), situé à quelques minutes à pied de la station de Namba. Le grand hall appelé Shishiden, en forme de tête de lion géante, est bien entendu la caractéristique la plus emblématique de ce sanctuaire et je l’ai souvent vu en photo sur Instagram. Aucune surprise donc de constater que la grande majorité des visiteurs sur place étaient des touristes étrangers. La tête de lion mesure environ 12 mètres de hauteur, 11 mètres de largeur et 10 mètres de profondeur. On dit que sa grande bouche ouverte avale les mauvais esprits en laissant aux visiteurs la bonne fortune. Le sanctuaire vénère notamment l’impétueux Susano-no-Mikoto (須佐之男命), dieu du tonnerre et des tempêtes. L’origine exacte du sanctuaire n’est pas connue, mais le bâtiment principal, dont le Shishiden, date de l’année 1974.

Nous marchons ensuite vers la gare de Namba et le fameux quartier de Dōtonbori (道頓堀) que nous connaissons déjà. En chemin, Mari repère un petit café nommé Commerce (コメルス), au quatrième étage d’un vieil immeuble de briques rouges sans ascenseur. L’ambiance y est agréable, un peu branchée mais pas trop, avec une clientèle jeune et uniquement féminine. En fond sonore, un vieux morceau de Sonic Youth, époque Dirty peut-être, me met tout de suite un peu plus à l’aise dans cet endroit. En nous enfonçant dans les rues commerçantes près de la gare de Namba, nous tombons sur le théâtre comique Yoshimoto. Lors de notre dernier passage, nous avions assisté à deux spectacles de comédie Manzai dans ce théâtre, et nous nous laissons une nouvelle fois tenter. Je ne rechigne pas à y assister, car j’aime l’ambiance des spectacles, mais les subtilités de cet humour m’échappent souvent. Nous avons un peu de temps avant la séance de 19h, et nous nous faufilons dans la foule en direction du pont Ebisubashi, qui enjambe le canal Dōtonbori. Le quartier est très animé, comme d’habitude. Il me semble que les devantures animées et très décorées des restaurants du quartier deviennent de plus en plus imposantes pour attirer l’œil des touristes. Les panneaux lumineux sont nombreux, et nous ne manquons pas de voir l’emblématique coureur Glico, l’un des symboles les plus reconnaissables d’Osaka. Le temps passe vite et il faut rapidement revenir vers le théâtre Yoshimoto Namba Grand Kagetsu (なんばグランド花月) si nous ne voulons pas louper la séance. Les duos de comiques enchaînent leurs numéros dans la plus pure tradition du stand-up dialogué du Manzai ou dans des sketches de type conte, plaçant leur numéro comique en situation. Je reconnais un certain nombre de duos pour les avoir déjà vus à la télévision, dans des émissions spécialisées de compétition comique que nous regardons souvent, comme le M-1 Grand Prix ou le King of Conte. Parmi les neuf groupes présents, ma préférence va au duo Kaerutei (蛙亭), composé de Shūhei Nakano (中野周平) et d’Iwakura (イワクラ). J’aime beaucoup la folie douce et absurde qui se dégage de leur numéro sur scène, tous deux habillés en écoliers. Je suis très loin d’être spécialiste du duo, mais ils aiment apparemment jouer sur des relations humaines décalées, ce qui me convient bien comme humour. Le tout reste assez difficile à suivre, car il faut connaître toutes les références culturelles, ce qui n’est pas mon cas malgré plusieurs décennies de vie au Japon. Nous terminons vers 21h, ce qui est pour nous l’heure d’aller déguster des okonomiyaki dans un restaurant de Namba que nous connaissons déjà. Notre hôtel se trouve à Dōjima et il nous faudra reprendre le train. Sur le chemin du retour, près de la gare, la mascotte de l’Expo d’Osaka 2025, appelée Myaku-Myaku, nous ramène mentalement à l’Expo. Il faut passer une bonne nuit, car le lendemain sera une journée épuisante.

Osaka ’18/4

La vue du château d’Osaka nous a accompagné pendant tout notre petit périple. Nous logions pour deux nuits dans un hôtel à proximité et on pouvait apercevoir le château dans un coin de la baie vitrée de la chambre. Le visiter faisait partie du programme, d’autant plus qu’on voulait profiter un peu plus des quelques cerisiers qui agrémentaient les jardins fortifiés du château. Comme la plupart des châteaux japonais, il a été reconstruit plusieurs fois et la dernière version en date est très récente car elle est de 1997. Les murailles de pierre donnant sur les douves du château sont par contre plus anciennes et sont vraiment impressionnantes par leur taille. J’aime beaucoup la dynamique courbe de la muraille qui vient se jeter dans l’eau des douves. On grimpe vers le château en marchant le long des ces immenses murs de pierre, jusqu’à un pont traversant les douves. Sans s’en rendre vraiment compte, nous sommes déjà au pied du château. Un ascenseur aux parois de verre nous rappelle que ce n’est plus un bâtiment historique ayant traversé les guerres de clans, mais une construction faite de matériaux modernes. On peut monter au 5ème étage par un ascenseur ou monter à pieds par l’escalier. Du 5ème au 8ème et dernier étage, il faut par contre monter à pieds. Nous monterons par l’escalier, mais ce n’était de toute façon pas imaginable de faire la file d’attente de l’ascenseur vue la foule présente. C’est encore une fois le problème de ce genre de lieu: la foule de touristes des visites organisées en cars. En haut du château, la vue panoramique que l’on a sur Osaka est superbe, mais il faut jouer des coudes pour s’approcher des balustrades. J’exagère un peu, on ne se marche quand même pas sur les pieds, mais j’avais perdu l’habitude de ce genre de visites encombrées (quoique dans les musées de Tokyo le week-end, ça peut être la même chose). Nous visiteront le musée situé à chacun des étages du château, un peu rapidement pour s’extraire de la foule. On apprendra quand même à travers des scènettes en hologrammes très bien faites, la vie de Toyotomi Hideyoshi, depuis ces origines modestes jusqu’à son ascension au pouvoir en seigneur de guerre, mais également comme l’un des unificateurs du Japon. A l’époque de sa toute puissance dans les années 1580, il se fait construire le château d’Osaka.

Nous continuons ensuite notre visite des quartiers d’Osaka en descendant un peu plus au sud jusqu’à la station Tennōji sur la ligne de train circulaire Osaka Loop Line, l’equivalent de la ligne Yamanote de Tokyo mais en plus récent semble t’il. A Tennōji, je voulais jeter un œil à la monstrueuse tour Abeno-Harukas. La tour n’est pas monstrueuse par son design, quoiqu’un peu difforme, mais par sa taille de 300 mètres de hauteur pour 62 étages, faisant d’elle le plus haut building du pays. On hésite un peu, mais nous ne monterons pas tout en haut, faute de temps. Je me contente de prendre la tour en photo quand un recul suffisant me le permet. Nous allons plutôt dans le quartier de Shinsekai, autour de la petite tour Tsutenkaku. Les rues du quartier sont volontairement surchargées d’affichages en tout genre. On y trouve plusieurs restaurants de brochettes kushiage de viandes, légumes ou fruits de mer fris. Un rabatteur devant la tour essaie de nous convaincre de venir dans son restaurant. Après quelques hésitations, on finit par le suivre et nous nous assiérons au comptoir. Le cuisinier devant nous et la serveuse un peu plus âgée qui semble être également la gérante des lieux sont tous les deux assez bavards. Mais pas facile de répondre aux questions qu’on me pose avec une tomate en brochette archi-chaude dans la bouche. On me demande depuis combien de temps j’habite au Japon et ensuite, pour quelle raison je suis venu habiter ici. Je pioche dans les explications typiques et un peu générales que je donne à chaque fois, mais c’est un peu laborieux car ça faisait longtemps que l’on ne m’avait pas posé la question. À vrai dire, après 19 ans de vie au Japon, j’aurais pu lui dire que j’ai oublié la raison pour laquelle je suis venu. Ça fait tellement longtemps après tout.

Nous remontons ensuite un peu au nord, à Kitahama sur la ligne de métro Midosuji, pour aller à la pâtisserie Gokan, la pâtisserie des samouraïs, est il écrit. Il se trouve dans un vieux building historique. Nous montons à l’étage pour une dernière pause thé et café avant de reprendre le Shinkansen pour Tokyo à 17h30 ce soir. On croyait être assis tranquillement à l’étage quand un bruit strident de marteau piqueur nous fait sauter de nos chaises. On construit un nouvel immeuble juste à côté. Tout d’un coup, je prends peur pour ce vieux bâtiment de briques qui nous abrite. Va t’il résister aux tremblements du marteau piqueur juste à côté. Ça serait trop bête de se retrouver ensevelis sous les gravats et manquer notre Shinkansen. Heureusement, le Dieu des constructions urbaines nous entend et nous accorde une trêve des travaux pendant notre café. Tout est bien qui finit bien, le Shinkansen n’a pas une seconde de retard, mais on n’en doutait pas. Il paraît que dans certains pays, les trains n’arrivent pas à l’heure indiqué sur le ticket, mais ça doit surement être une légende urbaine.