La plante Nanakusa

nanakusa.jpgJ’espère que personne n’a oublié de manger quelques tiges de nanakusa aujourd’hui, le 7 janvier.

Selon la légende japonaise, on doit en dévorer le 7 du premier mois de l’année pour s’apporter soi-même santé et chance. Qui n’a pas besoin d’une bonne santé et d’un peu de chance dans la vie.

Ce sont des herbes presque magiques qui se mangent préférablement dans une soupe de riz (gayu).

Pour aller un peu plus loin dans l’explication, le lien suivant de qualité, ça va de soit.

Bonne et Heureuse Année 2004

hachimengu035

Tout d’abord une très bonne et heureuse année 2004, beaucoup de bonheur et de réussite dans vos projets.

La nouvelle année a été l’occasion ici de prendre des petites vacances après les vacances (Du 31 dec au 4 Jan) à Kamakura chez la famille de Mari, et de goûter aux délices des repas de bonne année. Egalement au programme, l’indispensable passage au temple Hachimangu pour la procession du Nouvel An, histoire de nous souhaiter à nous même et aux personnes qui nous sont proches (sens propre et figuré) le meilleur pour cette nouvelle année. La foule était au rendez-Vous comme pour tout événement important au Japon. Les quelques photos prises à cette occasion sont dans la galerie ci-dessous bien sûr.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous n’avons pas passé 3 jours pour atteindre le sommet du temple. L’organisation japonaise presque imperfectible avait encore frappée, et l’ascension était très fluide (sans que les gens commencent à pousser et à crier qu’un esprit fourbe leur ait passer devant, comme ça pourrait facilement se passer en France). Nous en avons également profité pour faire le plein de talismans et autres « porte-bonheur » pour nous protéger tout le long de cette nouvelle année, et nous apporter Puissance et Gloire…



Nissan Edo Concept Car – Jikoo

edo.jpg

Pas forcément ma prochaine voiture, mais un Concept-Car fort intéressant de chez Nissan, par une des équipes du Nissan Design Center. Le concept s’appelle Jikou. Concept intéressant car c’est bien entendu un prototype d’auto tout ce qu’il y a de plus moderne mais il présente la particularité d’intégrer des éléments ancestraux de la culture japonaise et son artisanat. Ainsi, on retrouve des portes laquées rouges (l’art de l’urushi) complétées de karakami (type de papier utilisé pour les portes coulissantes des intérieurs japonais), du parquet pour le sol, etc … Il fait un parallèle entre l’époque actuelle et les traditions d’Edo (ancienne capitale du Japon, où se trouve actuellement Tokyo). Un exemple, le concept propose forcément un ordinateur de bord avec les derniers plans de Tokyo pour ne pas se perdre; le passager avant, lui, aura sur son écran un plan du Edo d’il y a 400 ans (fort utile). Ce concept marque apparemment un désir de ses dirigeants (Carlos Ghosn) de revitaliser les traditions dans notre vie moderne. C’est très certainement un passionant premier essai. Je tire ces infos de l’excellent magazine Kateigaho.

Mythologie Japon: Amaterasu Et Susano-Wo

susanoMythologie du Japon et plus précisément, la querelle entre frère et soeur Susano et la déesse du Soleil Amaterasu. Extrait de « Mythologies du Monde Entier » de Roy Willis. L’image est extraite de Orion, le Manga mythologique de Masamune Shirow (Illustration de Intro Depot Vol1 pour le magazine Gaia 1).

Banni par son père Izanagi, Susano-wo, le dieu de l’Orage, annonca son intention de prendre congé de sa soeur, la déesse du Soleil. Mais soupçonnant son frère de vouloir usurper son royaume, elle se prépara au combat. Elle releva ses longs cheveux en chignons, s’arma d’un arc et de deux carquois remplis de flèches, et l’attendit, secouant furieusement son arc et piétinant la terre. Susano-wo l’assura de ses bonnes intentions et lui proposa un concours pour savoir lequel d’entre eux était le plus puissant: celui qui accoucherait de divinités masculines serait le vainqueur.

La déesse du Soleil demanda à son frère son épée, et la brisa en trois morceaux qu’elle entreprit de mâcher. Elle recracha trois gracieuses déesses. Susano-wo mâcha les longs colliers de magatama, perles de fécondité en forme de crocs qu’Amaterasu portait autour de ses chignons, de son bandeau et de ses bras. Il en fit cinq dieux et se proclama vainqueur. Amaterasu fit valoir que la descendance masculine de son frère provenait d’objets lui appartenant et que, par conséquent, c’était elle qui avait gagné. Susano-wo refusa de l’admettre, et pour célébrer sa victoire, détruisit les remblais des rizières divines et combla les fosses d’irrigation. Ensuite, il déféqua et répandit ses excréments dans la salle où la coutume voulait qu’on goûtât les premiers fruits de la récolté. Enfin, Susano-wo arracha la peau d’un poney céleste tacheté (probablement une métaphore pour les étoiles), et le jeta au travers du toit de chaume de la salle de tissage sacrée, où Amaterasu et ses compagnes étaient occupées à tisser. L’une des jeunes filles eut si peur qu’elle se blessa les entrailles avec la navette du métier a tisser et en mourut. Terrorisée, Amaterasu s’enfuit. Le Nihonshoki comporte une version de cette légende selon laquelle la déesse elle-même est victime de la brutalité de son frère, mais n’en meurt pas.

La déesse du Soleil, Amaterasu, fille aînée d’Izanagi, est l’une des principales divinités de la mythologie japonaise. Elle naquit de l’oeil gauche de son père, lorsque celui-ci se le lava à son retour de Yomi, le monde d’En Bas. Amaterasu est vénérée à la fois comme divinité spirituelle et comme vénérable ancêtre de la famille impériale. Un culte lui était autrefois voué dans le palais même de l’empereur. Puis, il parut plus habile politiquement d’affranchir l’autorité de l’empereur de l’influence des prêtresses, et de lui élever un temple a l’extérieur. Son principal sanctuaire se trouve à Ise, dans la préfecture de Mie. C’est le plus grand sanctuaire shintô du pays. Le bâtiment principal est construit dans le style japonais ancien, il est en bois brut de cypres, et recouvert de chaume. Il est reconstruit périodiquement à l’identique, tous les vingt ans entre le VIle et le XVIIe siecle et tous les vingt et un ans depuis.

Mythologie Japon: Izanagi Et Izanami

izanamiMythologie du Japon et plus précisément, le couple originel Izanagi et Izanami. Extrait de « Mythologies du Monde Entier » de Roy Willis.

Au commencement, la terre était jeune et ses formes incertaines (le Kojiki dit qu’elle ressemblait « à une tache d’huile qui flotte et dérive comme une méduse »). Dans ce que les japonais appellent Takamanohara, ou « les hautes plaines célestes », trois dieux invisibles virent le jour. L’ainé s’appelait Amanominakanushi-no-kami, ou « seigneur du milieu du ciel », bientôt suivi par Takamimusubi et Kamimusubi qui, tous deux, furent de puissants kami à part entière. Ces trois dieux formaient, avec deux divinités secondaires (Umashiashikabihikoji-no-kami et Amanotokotachi-no-kami), les cinq Divinités Célestes Autonomes. Puis naquirent sept autres générations de dieux et de déesses célestes d’où est issu le couple originel japonais: Izanagi et sa soeur et épouse Izanami, dont les noms complets sont Izanagi-no-mikoto (l’Auguste Mâle), et Izanami-no-mikoto (l’Auguste Femelle).

Chargés par les dieux de « compléter et de solidifier cette terre a la dérive », Izanagi et Izanami se rendirent sur le pont Flottant du Ciel (peut-être un arc-en-ciel), et plongèrent une lance ornée de pierres précieuses dans les eaux marines. Quand ils la sortirent de l’eau, ils virent les gouttelettes former une île, appelée Onogoro, « première terre ferme ». Peu de temps après ils s’y rendirent, y élevèrent un pilier céleste, et bâtirent un palais. Puis ils décidèrent de procréer.

Izanagi demanda a sa soeur comment son corps était fait. Elle répondit qu’il présentait un vide en un endroit. Izanagi suggéra, vu que son corps possédait une excroissance, qu’ils rapprochassent ces deux parties de leurs corps. Le couple divin inventa un rituel nuptial qui consistait pour l’un et l’autre à tourner autour du pilier céleste, par la gauche pour Izanagi, et par la droite pour sa soeur. Quand ils se rencontrèrent, ils échangèrent les formules appropriées et s’aimèrent.

A terme, Izanami accoucha. Mais leur premier-né ne fut autre qu’Hiruko, être difforme, appelé l’Enfant Sangsue, que le couple infortuné plaça dans une barque de joncs et confia à la mer. Après une grande consultation divinatoire, les dieux conclurent qu’Izanami était responsable de la malformation de l’enfant car elle avait parlé la première lors du rite nuptial (argument qui a servi jusqu’a nos jours à justifier les inégalités sexuelles au Japon). Désormais averti, le couple se rendit de nouveau à Onogoro et recommenca le rituel. Cette fois, ce fut Izanagi qui parla le premier lors de leur rencontre au pied de la colonne, et dès lors Izanami fut très féconde. Elle donna d’abord naissance à une série d’îles (l’archipel du Japon), puis à plusieurs dieux et déesses, notamment les dieux du Vent, des Montagnes et des Arbres. Mais à la naissance de Kagutsuchi-no-kami ou Homusubi-no-kami, dieu du Feu, ses entrailles furent si vivement brûlées qu’elle tomba malade et mourut. Pourtant, jusque dans les affres de l’agonie, Izanami continua d’engendrer des divinités, par les fèces, l’urine et les vomissures. Izanagi demeurait inconsolable, et de ses larmes naquirent encore d’autres divinités. Puis son chagrin se mua en une terrible colère et, parce qu’il avait causé la mort de son épouse bien-aimée, il decapita son propre fils, le dieu du Feu. De sa dépouille émergea un autre groupe de divinités.

Izanagi décida de se rendre à Yomi, le monde d’En Bas, où le royaume des morts, et de tenter de ramener Izanami à la vie. Lorsque celle-ci apparut enveloppée d’ombres sur le seuil de Yomi, Izanagi salua chaleureusement son épouse et la pria de retourner auprès de lui. Elle convint de communiquer sa requête aux dieux du monde souterrain et, avant de se retirer dans les ténèbres, recommanda à son mari de ne pas la regarder. Mais Izanagi brûlait d’un tel désir de la voir qu’il brisa une dent du peigne (kushi) qu’il portait à son chignon gauche et l’enflamma pour en faire une torche. Il pénétra dans le royaume des morts et vit immédiatement qu’Izanami n’était qu’un cadavre en decomposition rongé par les vers. De terreur, il s’enfuit. Offensée qu’Izanagi ait ainsi trahi ses espoirs, Izanami envoya les sorcières de Yomi à sa poursuite, ainsi que huit divinités du tonnerre et une horde de guerriers. Alors qu’il atteignait le défilé de Yomi qui menait à la terre des vivants, Izanagi trouva trois pêches qu’il lanca contre ses assaillants, les obligeant à reculer. Enfin, Izanami elle-même, devenue un veritable démon, se joignit à la poursuite. Mais, avant qu’elle n’ait pu l’atteindre, Izanagi lui barra le passage avec un énorme rocher. Ils se firent face et, de part et d’autre de ce rocher, « brisèrent la foi qu’ils s’étaient jurée ».

Se sentant sali par ce séjour à Yomi, Izanagi décida de se purifier en prenant un bain. Parvenu à l’embouchure d’une petite rivière, a Hyuga (nord-est de Kyushu), il se déshabilla. De ses vêtements naquit une foule de dieux et de déesses et, pendant qu’il se baignait, d’autres encore virent le jour. Finalement Izanagi engendra trois des divinités les plus importantes du panthéon shintoiste. La déesse du Soleil, Amaterasu-no-mikoto (littéralement « l’auguste qui fait resplendir les cieux »), surgit alors qu’il se lavait l’oeil gauche; Tsuki-yomi-nomikoto (« l’auguste lune »), quand il se lava l’oeil droit; enfin, Susano-wo-nomikoto (« l’auguste mâle impétueux ») sortit de son nez. Considérant ses trois nobles enfants, Izanagi décida de leur donner son royaume en partage. A Amaterasu, il offrit son collier de perles, symbole de souveraineté, et les Hautes Plaines célestes. Au dieu de la Lune Tsuki-yomi (dans la mythologie japonaise, la lune est masculine), Izanagi confia les sphères de la nuit, et à son autre fils Susano-wo, il accorda la suprématie sur l’océan.

Amaterasu et Tsuki-yomi, obéissants, acceptèrent leurs rôles. En revanche, Susano-wo se mit à crier et à gémir. Quand Izanagi lui demanda les raisons de sa détresse, Susano-wo répliqua qu’il ne voulait pas régner sur les eaux mais se rendre au royaume de sa mère, Izanami. Furieux, Izanagi le bannit, puis se retira, sa divine mission accomplie. Selon une version du mythe, il monta au ciel, où il vit encore dans le « plus jeune palais du soleil ». Il serait également enseveli à Taga (dans la préfecture de Shiga, Honshu).

(La gravure: Cette gravure du siècle dernier représente Izanagi et Izanami sur le pont Flottant du Ciel, portant la lance ornée de pierreries, Ils sont le huitième couple de divinités à apparaitre après la création du Ciel et de la Terre qui mit fin au chaos primordial.)