l’été inoubliable (6)

L’autoroute du retour en France passe par la Belgique, mais nous n’aurons pas le temps de nous y arrêter. Notre prochaine étape à mi-chemin entre le Luxembourg et Paris est la ville de Reims, car j’avais très envie de visiter la Cathédrale Notre-Dame de Reims. L’impressionnante cathédrale est un chef-d’œuvre d’architecture gothique, profondément liée à l’histoire politique de la France puisqu’il s’agissait du lieu de sacre des rois de France. 25 rois y ont été sacrés, d’Henri Ier en 1027 à Charles X en 1825, en incluant bien sûr le roi soleil Louis XIV. Le sacre à Reims constituait le grand rituel qui consacrait le roi comme souverain légitime de France. Les origines du sacre des rois à Reims remonte au baptême de Clovis par l’évêque saint Remi vers l’an 496. Selon la légende, lors du baptême de Clovis, une colombe serait descendue du ciel et aurait apporté à l’évêque Remi une petite fiole contenant une huile miraculeuse. Cette huile sacrée, l’huile de la Sainte Ampoule, aurait ensuite été conservée à l’abbaye Saint-Remi de Reims, dont les moines étaient les gardiens. Cette huile a été ensuite utilisée pour l’onction du roi lors du sacre. L’huile de la Sainte Ampoule était mélangée au saint chrême, puis l’archevêque de Reims en appliquait une petite quantité sur le roi, le transformant symboliquement en souverain consacré par Dieu.

La cathédrale actuelle a 895 ans. Sa construction démarra en 1211, après l’incendie de l’édifice précédent en 1210, et fut en grande partie construite sur une période d’une soixantaine d’années, achevée vers 1275. C’est une durée de construction assez courte pour l’époque. Des bombardements et un incendie pendant la Première Guerre mondiale détruiront malheureusement sa charpente, et une grande campagne de restauration sera mise en œuvre après la fin de la guerre jusqu’en 1938. L’édifice est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. La cathédrale est vraiment remarquable, notamment pour les sculptures minutieuses de sa façade et de ses trois grands portails. Ces sculptures sont parfaitement intégrées à l’architecture de l’édifice. À l’intérieur, on ne peut qu’être impressionné par la hauteur des voûtes, et par les vitraux modernes, notamment ceux réalisés par Marc Chagall dans les années 1970. La cathédrale mélange ainsi l’art gothique du XIIIᵉ siècle avec des créations beaucoup plus contemporaines. Je me souviens avoir été très impressionné par le gigantesque orgue de la Cathédrale Saint Just de Narbonne que nous avions visité il y a tout juste vingt ans. L’imposant orgue de Notre-Dame de Reims composé de plus de 6 000 tuyaux est également remarquable. Il se trouve au-dessus de l’entrée occidentale, sous une grande rosace. Il est richement décoré avec une façade en bois sculpté qui s’intègre à l’architecture gothique. Lors de l’incendie de la cathédrale en 1914, l’orgue a été gravement endommagé mais n’a pas complètement disparu. L’instrument fut restauré, reconstruit et a fait l’objet de nouvelles restaurations. Visuellement, cet objet coupe le souffle et j’aurais aimé en entendre le son. Sur le parvis de la cathédrale, le soleil tape fort en plein après-midi. Nous cherchons l’ombre mais elle se fait rare. Nous marcherons bien dans le centre de Reims du côté des lignes de tramway mais les températures nous découragent. Il est de toute façon temps de penser à rentrer vers Paris.