Made in Tokyo Series vol.6

Le 6ième épisode des séries Made in Tokyo se déroule en pleine moiteur de la saison des pluies qui a commencé à Tokyo depuis quelques semaines. L’atmosphère est humide et je trouve que ça se ressent assez bien sur les photos de cette série prises pour la plupart le matin. La série se compose de vues contrastées de décor urbain au centre de Tokyo où des types d’habitations très différentes se côtoient, reliées par des câbles aériens, ceux des fils électriques introduisant et concluant l’épisode. Avec ce concept de série en 16 photos, ma façon de prendre des photos a un peu changé. Tout d’abord le format est légèrement moins en longueur et j’en tiens compte dans le cadrage en prenant la photo originale. J’essaie également, plus ou moins, d’apporter une harmonie dans la série et de ce fait les premières photos prises ont une influence sur les suivantes, au niveau du thème et de l’esprit de la photo. C’est un exercice intéressant et motivant (bien qu’il n’y ait rien de plus motivant que les commentaires). Je voulais cette série en 12 épisodes, un épisode par mois pour couvrir une année, mais je suis déjà à la mi-chemin en trois mois. Il n’y a pas à dire, j’ai du mal à contrôler mon envie de montrer des images. Ecrire des messages un peu plus longs sur le blog me manque un peu, mais le temps me manque encore trop et je privilégie dans l’image pour l’instant.
En changeant un peu de sujet, je voulais passer un petit coup de lumière sur un ami photographe Frédéric Georgens, photographe de talent reconnu par la presse spécialisée, qui se lance dans une petite entreprise, celle de faire découvrir le Japon à travers des voyages photographiques qu’il organise, avec beaucoup d’enthousiasme le connaissant. Vous pouvez consulter son offre sur son site VoyagePassionPhoto. En lui souhaitant bon courage.
In the neighborhood


Continuons avec quelques photos argentiques prises dans le quartier, l’une à un carrefour de la longue rue Komazawa et l’autre près de la gare de Ebisu où l’on remarque dans une petite rue étroite cet étrange vélo à une roue devant un magasin d’antiquités.
Au passage, Remerciements à Ghismo pour son billet sur mon photobook sur son blog.
En se promenant sur flickr, on trouve parfois des curiosités comme les photos de famille de Akihiro Furuta. Les photos à trois sont souvent très amusantes avec des mises en scène de fête pour l’anniversaire du chien, pour les fêtes de Noël et autres petites scènes en extérieur… Ils donnent l’impression de bien s’amuser.
3 formes et des photoblogs



3 formes en noir et blanc juxtaposées et en transition: celle courbe d’une branche végétale, celle floue en forme de nuage sur une porte coulissante traditionnelle, celle structurée sur un noeud d’architecture moderne en haut du Park Hyatt à Nishi Shinjuku.
Pour s’évader un peu de Tokyo, je vous conseille fortement d’aller voir les photos de Jonathan Hillhouse, un anglais vivant sur l’île de Tanegashima au sud du Kyushu dans la préfecture de Kagoshima. Je luis trouve beaucoup de talent, les photos qu’il montre sur son site ou sa page flickr Minamitane sont magnifiques. J’aime beaucoup ses photos prises avec un Mamiya Universal Press d’objets placés en désordre dans ce qui ressemble à des ateliers ou sa série au КИЕВ 60, apparemment un appareil moyen format ukrainien. J’aime beaucoup son travail de composition, la couleur et lumière sont surperbes. A voir également les explosions de Hanabi et les photos vivantes de rue pendant un matsuri de campagne. Un jour, je me procurerais un moyen format …
Pour revenir vers Tokyo, ou plutôt Kawasaki, je vous conseille d’explorer les photos mystérieuses de Mamoru Hosaka sur son site DiveShore daysPhoto ou sur sa page Flickr (décidément, on ne peut plus se passer d’une page flickr de nos jours). Il prend des photos urbaines très granuleuses assez souvent de nuit. On s’interroge souvent sur ce que l’on voit ou ce que l’on devine. C’est très beau avec souvent beaucoup de force. Les photos de Hosaka me rappelle celle de Yamasaki Koji. Il est d’ailleurs dans les liens du site d’Hosaka, lien vers un mini-site que je ne connaissais pas, se nomment L.T.E.D.. De toutes ces photos, il se dégage une sensibilité très personnelle qui les rend remarquables et une émotion qui ne laisse pas le visiteur indifférent.
urbano-végétal (23) and an escape to the sea

Et pourquoi pas un appartement dans les airs avec vue imprenable sur le pacifique. C’est ce que m’inspire cette composition urbano-végétale. Les baies vitrées géantes donnent une vue panoramique sur l’horizon bleu. On ouvre les voiles et on part en mer pour l’après midi sous un ciel ensoleillé.

Je l’ai laissé reposer pendant plus d’une année et me suis enfin décidé à lire Sputnik Sweetheart de Haruki Murakami. Bien entendu, c’est très beau, pleins de mystères irrésolus et de thèmes récurrents chez Murakami: la solitude des personnages et leur impossibilité à aimer, des disparitions inexpliquées et des tendances schizophréniques comme on pourrait en voir chez Lynch. Ensuite, je vais peut être lire Hard-Boiled Wonderland and the End of the World…

Un mikoshi passe à toute vitesse dans un éclat de lumière, dans des petites rues de banlieue avant que la pluie ne vienne perturber le spectacle. C’était il y a quelques semaines pour le matsuri d’automne.

Je me pose encore ce dilemme épineux de l’utilisation ou non de flickr. Bien qu’y ayant créé un compte il y a de cela un petit bout de temps, j’en étais toujours resté à l’écart. Flickr m’apparaissait comme une masse inégale faite du pire et du meilleur et je n’en retenais que cet effet général de confusion et la difficulté d’y trouver les choses intéressantes. En peu de temps, on peu facilement trouver de belles photos sur flickr, mais celles qui dégagent une émotion sont plus difficiles à trouver. Je pense que c’est dû notamment à la mise en page neutre et identique pour chaque utilisateur. J’ai tendance à considérer l’environnement autour de la photographie comme participatif à l’émotion que ça soit le titrage, les textes ou l’environnement graphique personnel d’une page web. Sous Flickr, chaque photo est noyée dans la masse et on passe les photos d’une manière presque automatique sans s’attarder assez parce qu’il y a un trop plein à voir.
Mais voila que je rencontre, il y a de cela quelques semaines, cette troupe de photobloggers talentueux qui utilisent tous sans exception flickr, et je recommence à me poser des questions, d’autant que des photobloggers amis fredox et MP se sont également lancés sur flickr (sans que je m’en rende compte) en plus de leurs sites personnels. Et là le doute commence à pointer son nez une nouvelle fois: to be or not to be on flickr? Plus qu’une envie, je le ressens comme une nécessité. J’ai toujours mené Made in Tokyo d’une manière indépendante, en m’efforçant à ne pas subir d’influences externes pour garder ma liberté individuelle et ma ligne directrice. Le désavantage de cela est une certaine isolation. Flickr fonctionne par le réseau, par la présence de groupes qui permettent de faire des traits d’union entre des photobloggers de style similaire ou d’approche convergente. La rencontre avec les photobloggers du groupe Tokyo-Ga/Inside m’a permis de rencontrer des styles très intéressants et personnels, et ça m’a fait beaucoup de bien de rencontrer des gens avec cette même envie de représenter ce que nous inspire cette ville par la photographie. Pour garder la liaison avec le groupe, il me faudrait utiliser intensément Flickr.
Plusieurs problèmes se posent cependant. Je tiens à conserver et faire vivre Made in Tokyo. Après 5 ans de vie, je ne peux m’en détacher. Maintenir deux sites, Made in Tokyo et une page Flickr, et les faire vivre à plein me prendrait un temps important que je ne peux m’allouer. Egalement, je ne sens pas vraiment photographe. Mon envie, ma spécificité, sont les compositions, assez loin de la photographie pure que l’on trouve dans le groupe pré-cité. La photographie seule ne me suffit pas et ma ligne directrice s’appuit sur un mélange d’images et de textes. J’aime agencer les choses et le photobook, d’ailleurs, a été un très bon exercice dans ce sens. Pour ces deux raisons, je ne suis pas sûr que Flickr soit adéquat pour moi.
L’envie de renouveler Made in Tokyo est tout de même présente et achever mon photobook m’a donné l’impression d’avoir tourné une page, d’avoir terminé un grand travail. Je me sens l’envie d’explorer de nouveaux terrains et peut être pousser plus vers la photographie argentique chère à de nombreux membres du groupe Tokyo-Ga. C’est vrai qu’en prenant dans les mains le Leica M3 de yo-scherzo, ça fait très envie de s’y essayer et d’oublier toutes les contraintes de l’argentique. Mes envies photographiques font un peu la girouette en ce moment. J’aimerais changer d’appareil photo, mon EOS10D a fait la guerre (fait 3 à 4 fois le tour du compteur, usé 3 batteries, … il est increvable et c’est un peu là le problème). Changer pour un reflex numérique est le choix raisonnable, mais la noblesse d’un bel appareil argentique m’attire énormément. C’est le deuxième dilemme de ce billet, des questions dont je n’ai pas encore la réponse et auxquelles je réfléchis en tâche de fond car après tout ce sont des préoccupations bien mineures parmi les soucis de la vie quotidienne.
Façade et musique en distortion

Une surface particulière en noir et bleu sur un immeuble dans une rue parallèle à la rivière, à Naka Meguro. Je n’ai pas eu le temps de relever le nom de l’immeuble et je ne sais pas qui est l’architecte de cette façade en distortion, mais ça me fait penser à Peter Eisenman avec l’exemple japonais du Nunotani Building.

J’aime définitivement les musiques chaotiques de Crystal Castles, dont la complexité intiale apparait d’abord dure à l’oreille. L’électronique low-res déglinguée et en distortion met un peu de temps a révéler sa logique. J’aime ce côté imprédictible. C’est peut être le style musical que je préfère en ce moment. J’avais déjà mentionné ce groupe et quelques unes de leurs chansons comme source de mon billet Résonance musicale. Il y a quelques jours je découvre Untrust Us et Reckless que je fais tourner en boucle. Et ces musiques prennent toutes leurs intensités à la sortie des gares ou des trains, là où la foule se presse, se serre, essaie de se dégager au plus vite en mouvements parfois désordonnés dans un flot fixe. Je monte toujours un peu le son à ce moment là…


Samedi soir, je retrouve Frederic Georgens aka Fredox que je n’avais pas vu depuis 1 an environ (la dernière fois, c’était avec MP). La rencontre se passe dans un izakaya sous les rails de JR à Ueno, où je vais assez peu souvent finalement, en compagnie également d’une petite dizaine de photographes passionnés, photobloggers japonais ou étrangers. C’est à vrai dire la première fois que j’assistais à un « meeting » de photographes bloggers, et je remercie fredox pour cette occasion. Parmi la liste des membres de ce petit groupe, je ne connaissais personne à part les photos de Max Hodges que j’avais déjà aperçu plusieurs fois. J’avais fait le tour des pages flickr de chacunes des personnes présentes avant de venir mais une fois sur place c’était dur de refaire le lien entre les photos et les personnes. Malgré cela, je me sentais en ambiance familière, bien entendu parce que nous avons tous cette passion pour la photographie mais également parce que l’on essaie tous de saisir cette ville, ses petites ou grandes choses, avec nos propres sensibilités. Et c’est franchement agréable de découvrir de nouvelles sensibilités photographiques: Koga sur Modern Classic (Organisateur de cette soirée), Thomas sur Wada Walker (beaucoup de ses photos sont superbes), Haru (elle m’a donné envie de créer des petites cartes de visite sur MOO), Toshiya Watanabe (et ses séries magnifiques dans un jardin botanique ou dans les zones d’infrastructures désertes de Ariake), yo-scherzo (avec qui j’ai pu un peu parler architecture, fait extrêmement rare, et qui fait également de belles photos au Leica M6) et également Fragment Scene, mifune*, d.sasaki, Ashura/Jon et « fredox34’s sister » pour cette petite discussion photo/musique.
Urbano-végétal (18) et quelques liens photographiques

Tiens ca faisait un mois que je ne m’étais pas laissé aller vers de l’urbano-végétal. On se trouve une fois de plus à Yanaka, dans un petit coin préservé avec maisons de bois, survolé par par une structure bleutée voguant vers le centre dense de Tokyo. La structure n’aura peut être pas beaucoup de place pour se poser mais trouvera quand même un petit endroit derrière le Gyre à Omotesando.

Histoire de s’aérer un peu de Made in Tokyo, voici quelques photoblogs ou sites photographiques qui me plaisent beaucoup. Sur la gauche, un photo-montage par Yoichi Kobayashi. Il s’agit de petits moments de magie dans sa série de portraits où une fille sort d’un cadre pour attérir en pleine nature. J’aime beaucoup la légèreté de cette composition qu’on croirait sortie d’un dessin animé de science fiction fantaisiste où l’héroine se téléporte grace à son cadre magique. On imagine un monde de quatrième dimension à l’intérieur du cadre. C’est un montage qui a l’air assez facile à faire, mais très malin. A droite, j’aime beaucoup cette photo compacte de voitures et motos de police prises dans un « embouteillage » inextricable. Cette photo provient de la page flickr Hirano eureka de Toshiki Hirano, plutôt axée photos d’architecture, toujours très contrastées. Apparemment élève de Shin Takamatsu, il nous montre également ses projets universitaires et c’est très intéressant.

Continuons avec les liens photographiques, avec à gauche, des photos de nuit dans des quartiers désespérément vides. Nobuhiro Fukui prend des photos de nuit tous les dimanches dans des quartiers de banlieue sans âmes qui vivent (enfin tout le monde dort ou il prend soin d’éviter les passants). Les photos sont belles et fines malgré la banalité du décor. Les couleurs sont presqu’irréelles, cela donne un sentiment étrange. A droite, pour rester dans les photos de nuit, Shintaro Sato nous propose The Twilight Zone, des vues sur Tokyo depuis des cages d’escalier de secours. Là encore, les couleurs sont iréelles, mais beaucoup plus forcées et moins subtiles que chez Fukui. En vue de dessus, ces photos font ressortir tout l’univers chaotique de l’agencement urbain tokyoite.
5周年!

ビーロク



b6(ビーロク) est un petit complexe commercial à Harajuku par NISHIMORI Rikuo (Nishimori Architects and Associates). Il y a plusieurs aspects que j’apprécie dans ce batiment, notamment la connection avec les arbres en fond comme si l’immeuble s’enfoncait dans la forêt, perdait ses limites dans la végétation à l’arrière. b6 emprunte les arbres des terrains adjacents pour ombrager un espace jardin sur les toits avec vue sur le ciel. Je suis passé rapidement et tôt, et donc malheureusement pas pu en profiter. Ce jardin à l’ecart de la rue Meiji, toujours occupée au niveau de Harajuku, doit très certainement offrir un calme reposant en s’écartant un peu du brouhaha de la rue. L’immeuble dans son ensemble est ouvert sur l’extérieur dès le patio à l’entrée. Les couloirs entre les magasins de la galerie marchande sont recouverts en partie d’un toit de verre. Le design rétro-futuriste est également joli avec ses ouvertures arrondies façon spatial.

Les forêts de l’allemand Daniel Gustav Cramer sont denses et impénétrables. Approchées de près, le vert se mélange et donne un ensemble mystérieux. On croit pouvoir y entrer sans oser. Il y a une force incroyable qui sort de ces photographies de forêt. Il s’agit de la série Woodland de l’auteur que je découvre un peu par hazard en me promenant sur la toile.