閏年エンディング ~其ノ壱~

J’ai encore beaucoup de photographies à montrer avant la fin de l’année, même si elles ne sont pas toutes très intéressantes. Celles de ce billet sont plutôt dans la catégorie des photographies moyennement intéressantes, bien qu’elles aient tout de même un intérêt architectural pour la plupart d’entre elles. Je suis en fait déjà passé plusieurs fois à ces endroits et j’ai déjà montré ces bâtiments en photo auparavant, à part peut être la dernière maison appelée Sin Den, conçue par les architectes Klein Dytham. Ce dernier petit bâtiment était en fait la raison de mon déplacement car je le connaissais depuis très longtemps sans l’avoir vu et pris en photo. De mes souvenirs de photos vues sur Internet ou dans un magazine, la couleur noire des murs était beaucoup plus prononcée que dans son état actuel, ce qui fait un peu perdre au bâtiment un certain impact visuel. Alors que je regardais mon chemin sur la carte de mon smartphone, un homme qui devait avoir à peu près le même âge que moi, me demande, en anglais, si je cherche mon chemin. C’est assez rare à Tokyo qu’une personne prenne volontairement un peu de son temps pour essayer d’aider quelqu’un de perdu. Sauf que je n’étais pas perdu et je soupçonne que la personne voulait pratiquer son anglais. Il m’avait l’air ceci-dit tout à fait sympathique, mais j’étais un peu embêté pour lui fournir une explication claire sur ce que je recherchais. La scène se passant devant le bâtiment Sin Den, j’étais déjà arrivé à mon but. J’aurais dû lui dire que je recherchais de l’architecture remarquable, mais ce que j’avais devant moi n’était pas aussi remarquable que je le pensais.

Mes promenades architecturales m’amènent régulièrement dans des zones résidentielles où très peu de personnes circulent. J’ai toujours une petite appréhension lorsque je marche dans ce genre de quartiers purement résidentiels en dehors du centre de Tokyo, car je me dis que les résidents qui me voient peuvent se demander ce que je viens faire ici avec un appareil photo en bandoulière, d’autant plus que je regarde dans tous les sens, notamment les maisons individuelles pour y déceler leurs particularités (si elles en ont). Je ne suis pas certain qu’il y ait beaucoup de personnes marchant dans ces quartiers pour prendre des murs de béton en photo. C’est peut-être aussi pour éviter un éventuel questionnement sur ma démarche que je mets des écouteurs et de la musique lorsque je marche dans ces rues.

Et parce qu’il faut bien faire une petit pause de temps, je n’écoute pas Sheena Ringo ou Tokyo Jihen mais je reviens vers Burial, qui nous fait le plaisir immense de sortir un nouveau morceau de 12 minutes intitulé Chemz. Le morceau n’est pas ambient comme certains des précédents, mais il est tout autant polymorphe. On ne s’éloigne pas de l’ambiance typique de burial, avec atmosphère brumeuse et sample de voix qui se répète. Les sons de Burial me donne l’impression de rentrer dans un club underground londonien au troisième sous-sol (c’est mon imagination pure car je ne connais pas les clubs londoniens, d’autant plus ceux au troisième sous-sol) et ils fonctionnent toujours excellemment bien. Je pense que c’est un des morceaux que je préfère depuis le EP Rival Dealer de 2013, qui reste quand même son meilleur EP après l’album Untrue. La longueur bienvenue du morceau nous aide à accepter le fait qu’il ne sorte qu’un ou deux nouveaux titres par an. En fait, il y a bien un autre morceau annoncé avec Chemz, Dolphinz disponible en pré-commande, mais il ne sortira que le 28 Février 2021. Et comme une bonne surprise ne vient jamais seule, j’en ai aussi profité pour écouter les deux très beaux titres Her Revolution et His Rope nés de l’association de Burial, Four Tet et Thom Yorke. L’ambiance y est plus calme et méditative, avec des samples tournant doucement en boucle et la voix de Thom Yorke que je n’avais pas entendu depuis son album solo Anima. En ces temps relativement anxiogènes, il y a pour moi quelques chose de rassurant dans la voix de Thom Yorke, peut être parce que je l’écoute depuis plus de vingt cinq ans, avec l’album The Bends et surtout le morceau Creep de l’album d’avant que j’avais découvert dans le film Cyclo de Tran Anh Hung sorti également en 1995. Je n’ai pourtant pas suivi assidûment Radiohead car j’ai eu une période de décrochage après Hail to the Thief. Un peu comme pour Sheena Ringo et Tokyo Jihen, j’y suis revenu un peu plus tard pour rattraper les quelques albums que j’avais manqué et qui m’avaient paru à ce moment là comme étant des évidences. J’avais d’ailleurs parlé de Radiohead et SR dans un billet groupé, bien qu’ils n’aient pourtant pas grand chose en commun à part le fait que Sheena a repris Creep sur ses tous premiers concerts et qu’elle a une certaine admiration pour Radiohead.

Hidden cars

En suite à Hidden America, des voitures cachées à Ebisu. Et en écoute en ce moment, le morceau Islands de The XX (que je me suis mis à écouter après avoir aperçu le grand X), la très belle électro Circling de Four Tet, Make up your mind de Tame Impala, l’instrumentale Meet me in the basement de Broken Social Scene et Spanish Sahara de Foals. Dans l’ensemble un peu plus tranquille pour les oreilles que Crystal Castles. Pour faire une petite pause…

Made in Tokyo Series Vol.13

Continuons tranquillement avec l’épisode 13 de ma série Made in Tokyo. Cet episode est assez graphique sur certaines des photos images. Le temps d’une matinée, j’ai retrouvé l’excitation de la promenade et recherche architecturale à Shinjuku. Je suis entré dans Kabukichō à la recherche de deux immeubles de Minoru Takeyama, l’architecte de la Tour 109 à Shibuya, aperçus en photos seulement dans des guides et livres d’architecture. Il s’agit, en photos ci-dessous, du Ichiban-Kan et du Niban-Kan. Les bâtiments datent de 1970 et sont perdus dans les petites rues du quartier. Les formes sont futuristes et l’apparence graphique (lignes, bandes, cercles de couleur). Les bâtiments ont malheureusement bien souffert en 40 ans, les façades sont délavées et bien endommagées dans l’ensemble.

Sur d’autres photos, on trouvera de la neige à Ebisu (une journée de neige sur Tokyo récemment) et une escapade involontaire à Numazu. La grand mère de Mari repose maintenant tout près de l’océan à Numazu.

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Côté musique, ça faisait longtemps. Ca fait maintenant quelques mois que je suis en recherche active de nouvelles musiques, un petit peu tous les jours, ça devient une vraie addiction: l’électro de Four Tet sur Love Cry et Sing, celle précise et abstraite de Pantha du Prince sur Stick to My Side avec Noah Lennox à la voix, toujours le même Lennox échappé en solo en Panda Bear sur le morceau à rallonge Good Girl/Carrots, un autre prince ou plutôt une princesse française Le Prince Miiaou sur Our Tale, le pop-rock désorientant des norvégiens de Serena-Maneesh sur I jut want to see Your Face, l’électro-pop poussive de Basement Jaxx sur Scars et Raindrops, celle encore plus poussive de Capsule et la voix robotisante de Toshiko Koshijima sur Jumper, celle plus fine et légère de Jonsi échappé lui de Sigur Ros sur Go Do, le rock quasi moyenâgeux et étrange de These New Puritans sur We Want War… Entre autres.

MP et moi nous sommes rendus à l’exposition groupée de Toshiya Watanabe, Thomas Orand, Dairou Koga et Jon Ellis. J’avais rencontré les 4 en Septembre 2008 à Ueno lors d’une réunion Flickr (que je n’utilisais pas à l’époque et plus maintenant d’ailleurs). Leur première exposition s’intitule Fragments of Tokyo et se déroulait pendant une semaine jusqu’au 14 février à la galerie Place M près de la station Shinjuku-Gyoen. Comme le titre peut l’indiquer, l’exposition montre 4 points de vue sur Tokyo, assez différents d’un photographe à l’autre d’ailleurs mais, à mon avis, avec l’humain comme point d’accroche: Toshiya Watanabe montre des paysages urbains dans le quartier désert et en construction de Ariake, on est proche de l’humain mais maintenu à distance par le taille des constructions. Thomas Orand propose une approche plus intime, plus proche du lieu du vécu sans pourtant apercevoir l’humain que l’on effleure. Jon Ellis montre le centre de Shibuya, dense en population et activités, mais détourne le regard vers les vitrines et flaques d’eau pour éviter tant que possible la présence frontale. Dairou Koga, lui par contre, montre la présence humaine en situation, d’une manière plus directe, à la découverte de la ville. Il aurait été intéressant à mon avis de construire cette liaison dans l’exposition, peut être dans la disposition des photographes / photographies. Toujours est-il, que c’était vraiment un plaisir de découvrir imprimés et affichés les travaux de photographes que je suis depuis un plus d’un an et demi. Ils ont beaucoup de talent, je leur souhaite une prochaine exposition prochainement et beaucoup de succès.