パビリオン④

Juste à côté de la grande demi-sphère de l’architecte Akihisa Hirata que je montrais dans le billet précédent, on remarque tout de suite qu’une étrange structure de bois est venue envahir la place devant l’ancien National Children’s Castle (こどもの城) et juste derrière la statue Tree of Children (子供の木) crée par l’artiste Taro Okamoto. Il s’agit d’une structure ouverte en bois incorporant des plantes placées dans des pots. Depuis l’extérieur de la structure, on a un peu de difficulté à en saisir son organisation. On peut marcher à l’intérieur de cette structure comme dans jardin. L’allée intérieure nous fait circuler entre les pots surélevés par des plaques de bois et nous amène vers un escalier qui nous fait monter d’un étage. Depuis cet étage, on peut voir l’ensemble de la structure placée dans l’environnement urbain. Cette structure s’appelle Street Garden Theater et a été conçue par l’architecte Teppei Fujiwara. Elle fait également partie de l’exposition Pavilion Tokyo 2021. Cette installation part de la constatation que les plantes ont pris une plus grande importance dans nos esprits depuis le début de la crise sanitaire. La diminution de l’activité humaine qui résulte de cette rise en est une des raisons. Personnellement, je passe beaucoup plus de temps à m’occuper des plantes sur notre balcon depuis le début de cette crise. Le fait de rester plus longtemps chez soi a très certainement développé cette envie de s’occuper de plantes et notre modeste jardin a pris petit à petit un peu plus d’importance sur notre balcon. L’autre réflexion de l’architecte est que les jardins ont toujours eu une grande importance dans l’histoire de Tokyo. A l’époque Edo par exemple, les anciens seigneurs de guerre accompagnaient leurs résidences de jardins raffinés constituant une grande partie de leurs domaines. Lorsque l’on circule dans Tokyo, la présence de végétation et de nombreux parcs ne peut nous échapper. A travers cette installation, Teppei Fujiwara étend mettre en évidence l’association étroite entre les plantes et les rues de Tokyo comme un élément important de la culture de cette ville.

パビリオン③

Je continue tranquillement mon exploration des installations architecturales et artistiques de l’exposition en plein air Pavillon Tokyo 2021. Plus je regarde les photos que j’ai pris avant de les publier, plus j’espère que ces œuvres sensées être exposées de manière temporaire dans les rues de Tokyo seront maintenues quelque part dans les jardins d’un musée ou dans un parc de Tokyo ou d’ailleurs. Ça serait dommage qu’elles disparaissent après la fin de cet événement, le 5 Septembre. Je découvre maintenant une structure de bois appelée Global Bowl par l’architecte Akihisa Hirata. Elle est située sur la place devant l’Université des Nations Unies à Jingumae. De l’architecte Akihisa Hirata, j’avais déjà vu la maison Tree-ness House située dans les environs de Ikebukuro. C’était une des maisons à l’architecture remarquable que j’avais d’abord vu dans un magazine puis recherché à l’aide des photos qui y étaient montrées en utilisant Google Maps. La demi-sphère posée délicatement sur la place a une forme complexe. On essaie de trouver les symétries et correspondances éventuelles entres les éléments de cette forme, mais il était difficile de bien comprendre la logique de sa composition. Les formes courbes de bois, quasi organiques, sont en tout cas très belles.

パビリオン②

Je l’ai appris juste après avoir publié mon billet précédent, les Jeux Olympiques de Tokyo se passeront finalement à huis clos. Je m’en doutais fortement mais c’est bien dommage de manquer cette chance de voir une compétition olympique depuis l’intérieur du grand stade olympique. Près du grand stade et devant les studios d’enregistrement Victor, une petite maison couverte de verdure est installée. Elle est conçue par l’architecte Terunobu Fujimori. Il s’agit d’une maison de thé appelée Tea House Go-an (茶屋「五庵」), faisant partie des installations architecturales et artistiques temporaires de Pavillon Tokyo 2021. C’est la première fois que je vois une œuvre architecturale de cet architecte, reconnu pour ce type de maison de thé en suspension ou perchée dans les arbres. La base pyramidale de Go-an est recouverte d’herbe pour son fondre dans une végétation qui n’existe malheureusement pas devant le grand stade olympique. J’imagine que cette petite colline pyramidale verte serait bien à sa place dans un parc, entourée éventuellement de cerisiers. On accède dans la base par une petite entrée ronde. Des escaliers donnent accès à l’étage où on peut s’asseoir pour boire du thé en regardant le grand stade. Les parois de l’étage sont faites de bois de cèdre carbonisé selon la méthode traditionnelle dite « yakisugi » qui permet de préserver le bois en lui apportant une plus grande résistance au feu. Il y a une approche très poétique dans cette architecture atypique qui me plait beaucoup et qui attire les passants.

パビリオン①

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 approchent et nous ne savons toujours pas dans quelles conditions nous pourrons les suivre. Nous avons quatre billets pour une compétition d’athlétisme dans le grand stade olympique et je me faisais une joie de découvrir les lieux tout autant que d’assister à la compétition olympique. Les nouvelles loteries pour l’allocation des billets considérant les nouvelles limitations de spectateurs font qu’il y a moins en moins de chances qu’on puisse assister à cette compétition. En attendant d’y voir plus clair, je pars à vélo voir où en sont les préparations autour du nouveau stade conçu par Kengo Kuma. Les alentours sont maintenant barricadées et on ne peut pas approcher le stade comme c’était le cas avant, dans une certaine mesure car il y avait déjà des palissades blanches nous empêchant l’entrée. Les palissades sont toujours présentes mais portent désormais des affichages géants avec les écritures de Tokyo 2020. Le but de mon passage en vélo était également de découvrir les installations artistiques du festival Pavillon Tokyo 2021, installées provisoirement pendant la période olympique et paralympique du 1er Juillet au 5 Septembre, autour des principaux lieux de compétition. Sur la dernière photographie, on peut voir les installations de l’artiste Makoto Aida s’appelant Tokyo Castle. L’installation au premier plan est construite en papier carton tandis que le deuxième château est volontairement recouvert d’une bâche bleue. J’ai cru au début qu’il s’agissait d’un plastique de protection pour empêcher que l’oeuvre soit abîmée par la pluie, mais cette installation couverte de plastique bleu est bien l’oeuvre finale montrée au public. Les deux installations temporaires sont situées à l’entrée de l’avenue Ginkgo à Meiji Jingu Gaien. Il y a d’autres œuvres visibles actuellement dans cette série Pavillon Tokyo 2021. J’avais profité d’une journée de congé pour aller en voir quelques unes. Ça sera le sujet de quelques prochains billets.

la brutalité architecturale de la jonction de Hakozaki

J’ai toujours considéré l’infrastructure autoroutière intra-muros de Tokyo comme la plus impressionnante œuvre architecturale de la ville. Ces embranchements prennent parfois des allures de monstres à plusieurs têtes. On dit de la junction de Hakozaki qui fait se rejoindre l’autoroute métropolitaine 6 de la ligne Mukojima et la 9 de la ligne Fukagawa, qu’elle évoque le légendaire dragon à huit têtes Yamata no Orochi (八岐大蛇). J’ai beau compter plusieurs fois le nombre de voies, je n’en dénombre que six, mais je pense que l’on saisit bien l’image lorsqu’on se trouve au pied de la jonction comme sur la deuxième photographie. Les voies partent dans tous les sens et sur trois niveaux dans une utilisation optimale de l’espace. Elles sont certes brutales, mais il y a une élégance certaine dans ces formes courbes s’échappant comme des tiges végétales. L’ensemble est massif mais n’exclut pas une impression de légèreté lorsque l’on regarde en l’air au dessus de nos têtes ces lignes suspendues dans les airs. Cette jonction a ouvert le 5 Février 1980 et date donc de plus de quarante ans. Elle est venue compléter le réseau autoroutier intra-muros de Tokyo qui s’est principalement développé en 1964 avant les Jeux Olympiques de Tokyo et qui continue encore de se développer. L’approche des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 dans moins d’un mois m’avait donner envie de venir voir cette intersection spectaculaire. Ce n’est pas la seule jonction remarquable de Tokyo. Elles sont nombreuses mais ma préférence reste tout de même pour celle d’Ikejiri Ohashi que j’avais pris en photo pour la première fois en Octobre 2012 alors qu’elle était toujours en construction. Cette jonction a une forme très différente de celle de Hakozaki car elle forme une spirale couverte de béton. La brutalité architecturale, que j’affectionne particulièrement, est bien présente sauf qu’elle est recouverte d’un improbable parc. Ces structures qui semblent exagérées leur complexité nous rappelle que le cyberpunk que l’on mentionne régulièrement au sujet de Tokyo existe vraiment, même sans lumières bleutées à la Blade Runner. J’écris cela avec une plume un peu piquante mais certains photographes saisissent des vues intéressantes de Tokyo la nuit avec une vision bleutée. C’est le cas de la série Nihon Noir 2099 du photographe australien Tom Blachford, que je découvre sur le site web de la version internationale du magazine japonais Pen. À travers leur newsletter à laquelle je me suis abonné, le site web de Pen me fait souvent découvrir de très belles choses. Je vous conseille fortement la visite car il y a peu de site web de cette qualité, d’autant plus en français. Un des articles récents du site nous parle de la photographie de Masahisa Fukase et me rappelle qu’il faudra bien un jour que je me procure un de ses ouvrages, même si c’est un peu compliqué de dépenser dix milles yens pour le livre Ravens, qui m’impressionne pourtant énormément. Pour revenir et terminer sur l’autoroute intra-muros de Tokyo, c’est loin d’être la première fois que je la prend en photo, parfois en lui imaginant des voies fantaisistes ou d’autres fois en essayant de saisir sa mécanique en gros plan. Ce dernier billet pris la nuit près d’Akasaka en Juin 2008 pendant la saison des pluies, me rappelle que les commentaires étaient nombreux à cette époque sur chaque billet de ce blog. Ce genre d’interactions me rend un peu nostalgique car ils s’agissait souvent de personnes qui ont fait un long chemin en suivant ce blog et en commentant régulièrement, mais qui se sont éloignées à un moment donné. J’ai parfois le sentiment que ce blog est un hôtel tokyoïte où les voyageurs virtuels viennent s’installer quelque temps pour discuter de cette ville, puis repartent après quelques semaines ou plusieurs mois vers d’autres horizons. Je me demande parfois ce que certains ou certaines de ces visiteurs deviennent. Cette époque me paraît malheureusement bien loin maintenant et n’est en rien remplacée par les réseaux sociaux.