how to repeat Tokyo endlessly (ζ)

Toujours Shibuya, je pourrais presque renommer ce blog tant le quartier de Shibuya est le sujet et le lieu d’un grand nombre de mes photographies. L’action des photographies ne se passe pas forcément dans le centre du quartier mais dans l’arrondissement tout entier que j’explore continuellement le samedi matin pendant environ 1h30. Je pense avoir emprunté chaque rue au moins une fois, mais le décor changeant souvent, une marche dans ces lieux est un éternel recommencement. Sur un des murs à l’entrée du Tower Records de Shibuya, PEDRO annonce finalement la sortie de son album en CD. C’est étonnant car la version digitale est déjà sortie il y a plusieurs mois et j’en parlais dans un billet précédent. J’ai du mal à comprendre les logiques de distribution de l’agence Wack. Je réécoute cet album Thumb sucker régulièrement et j’y retrouve une certaine authenticité rock que j’aime écouter dans les rues de Shibuya, justement. Il y a une agressivité sonore qu’on retrouve visuellement dans les rues du quartier. D’ailleurs, il est écrit en graffiti sur l’affiche de l’album au Tower Records la mention 渋谷のカリスマ (figure charismatique de Shibuya) à propos de l’interprète Ayuni D du groupe. Je ne pourrais pas dire si ça correspond à une réalité, ou à l’imagination d’un fan.

Je vais de temps en temps à la galerie de la boutique Diesel de Shibuya, située au sous-sol. On y montre plutôt de l’art contemporain, de la culture pop, cette même culture pop que je vois dans les rues de Shibuya et que j’aime tant photographier. L’artiste s’appelle MAD DOG JONES et il s’agit d’un Instagramer que je ne connaissais pas (les réseaux sociaux créent tellement de célébrités qu’on a du mal à toutes les connaître). Ça doit être la première fois que je vois une exposition provenant d’Instagram, si on exclut le projet de Richard Prince il y a quelques années. Cet artiste canadien crée des œuvres digitales très colorées et d’inspiration cyberpunk. On y voit des décors pseudo futuristes, pseudo Tokyoïtes, où les morceaux de villes s’entremêlent. Associer Tokyo à l’image cyberpunk de Blade Runner n’a rien de nouveau, mais je suis sensible à ces imbrications urbaines improbables qui rendent une représentation de ville irréelle. Ces dessins sont en plus très bien exécutés et très cinématographiques. J’ai pensé un moment prendre une photo à l’iPhone d’une des œuvres et la poster sur mon compte Instagram, mais je me suis vite rendu compte du ridicule de la situation. A quoi bon montrer sur Instagram une photographie qui vient initialement d’instagram. C’est comme mettre deux miroirs l’un en face de l’autre et créer des espaces infinis où on pourrait se perdre. On peut donc voir la plupart des œuvres sur le compte Instagram de l’auteur. Cette exposition intitulée AFTERL-IFE se déroule jusqu’au 14 novembre 2019.

Alors qu’on attend son prochain album Miss Anthropocene avec une certaine impatience, Claire Boucher alias Grimes ༺GRIM ≡゚S༻(⧖) nous fait patienter avec des morceaux au compte-goutte. Après We appreciate Power sorti en 2018, le nouveau morceau de Grimes s’appelle Violence. C’est le genre de morceau qui fait table rase sur toutes les autres musiques que j’écoute à ce moment là. Après avoir écouté le morceau, j’ai comme une perte d’envie d’écouter autre chose, car le reste me paraît soudain un peu fade. Ce n’est bien sûr qu’un sentiment illusoire et temporaire, car cette impression ne dure pas. Elle se reproduit pourtant de temps en temps pour des musiques qui correspondent exactement à ce que j’ai envie d’écouter au moment où je l’écoute. Sur le morceau Violence, on retrouve l’ambiance éthérée assez caractéristique du chant de Grimes. Les sons électroniques tout d’abord assez sourds voire industriels, montent assez rapidement en rythme. La voix de Grimes se fait également de plus en plus claire au fur et à mesure que le son monte jusqu’aux répétitions électroniques de la fin du morceau. J’aime toujours ces répétitions quand elles donnent l’impression d’un décrochage involontaire des machines, quand les AI toutes puissantes ne fonctionnaient plus comme prévu (pour reprendre un thème de son morceau précédent). La vidéo est également superbe surtout quand elle se concentre sur le visage de Grimes car on a du mal à deviner si son sourire est angélique ou au contraire diabolique. Cette dualité est intéressante, tout comme la chorégraphie assez saccadée par moment. D’après Pitchfork, on n’est pas sûr que ce morceau soit présent sur l’album. Moi, j’espère que tout l’album sera dans ce style là.

how to repeat Tokyo endlessly (ε)

Je garde toujours un œil curieux sur les motifs urbains à Shibuya, que ça soit les stickers amoncelés sur des coins de murs ou les imageries promotionnelles qui envahissent l’espace. Je ne sens personnellement pas submergé par ces images et je les recherche au contraire, surtout quand elles sont détournées comme ce Sonic désœuvré qui aurait perdu la forme physique suite au manque de missions à accomplir. Je ne suis pas sûr que l’image de Pikachu sur une machine de distribution automatique de boissons soit détournée et elle a même l’air officielle, mais le détournement se fait après quand on y ajoute des traits pour brouiller la visibilité. J’aime surtout ces panneaux de protection de travaux dessinés de scènes urbaines. Une image montre une rue avec les fameux poteaux et fils électriques que l’on enterre jamais. Les ombres de vrais fils électriques viennent se superposer sur les images des panneaux et cela apporte une autre dimension artistique à ces dessins éphémères presqu’anodins. Les poteaux électriques dans les rues sont devenus tellement emblématiques de la complexité, intéressante pour l’oeil du photographe, de l’urbanisme tokyoïte qu’il serait vraiment dommage de les supprimer. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une intention forte de toute façon, car j’ai pu constater que la construction de nouvelles résidences ne s’accompagnait à priori pas de l’enterrement des fils électriques qui les entourent. La priorité est plutôt à la mise en place d’espaces verts, même sur les toits. On ne peut qu’apprécier cette introduction de verdure dans l’environnement urbain.

Je garde toujours une oreille curieuse sur la musique que crée Meirin sous le nom d’artiste Zombie-Chang, car on y trouve très souvent des brins de folie contagieuse. J’en parle régulièrement sur ses pages. Tous ses morceaux ne me plaisent pas forcément mais ils sont toujours plein d’originalité et c’est à chaque fois un plaisir de la voir évoluer sur les vidéos de ses nouveaux morceaux. Sur Gold Trance, elle joue l’attitude d’une jeune branchée à Shibuya mais qui se serait acoquinée avec des gens peu fréquentables. Ces vieux messieurs de la pègre ont l’air plus vrai que nature, tout droit sortis d’un film de Scorsese mais en version japonaise. Zombie-Chang n’a pas l’air de trop s’en inquiéter et les fait même danser une chorégraphie ridicule à contre emploi. La vidéo est très drôle et même meilleure que le morceau en lui-même. J’aime surtout les expressions forcées du visage de Meirin qui sur-jouent volontairement les scènes de la vidéo dans une autodérision certaine. Mais cette musique électronique accompagnée de la voix inhabituelle de Zombie-Chang est très addictive et décalée. On a envie d’y revenir souvent et dans la foulée, je réécoute un morceau un peu plus ancien We should Kiss, plus construit mais tout aussi fou et décalé, surtout quand il se fait interrompre par des sons de passage à niveau pour trains.

「分からない」でも「感じる」

Je reviens vers ces images d’océan prises à Inamuragasaki sur la côte du Shonan car ce moment passé là bas, que je décrivais dans un billet précédent, m’a laissé une forte impression. Je joue par contre sur les contrastes et le noir et blanc sur ces images fabriquées. Je mélange maintenant volontairement les roches avec les flots pour essayer de créer des images fortes. Je ne prétends pas réussir à le faire, mais la noirceur des images mélangée à la complexité de ces formes imbriquées les unes avec les autres me laissent une impression d’un lieu surnaturel ou même lunaire. Ces images composites m’amènent à ressentir plutôt qu’à comprendre.

Alors que je suis en train de lire le numéro spécial des Inrockuptibles sur The Cure (que Micka m’a gentiment offert avec d’autres numéros), me vient maintenant en tête d’écouter Siouxsie and The Banshees. J’y repense car Robert Smith a fait partie du groupe pendant une courte période en parallèle de The Cure. Visuellement parlant, il partage avec Siouxsie Sioux un certain intérêt pour les chevelures désorganisées, et ils seront tous deux sans vraiment le vouloir les initiateurs du mouvement gothique. Avec Siouxsie and The Banshees, je commence par l’album Juju de 1981 et je ne suis pas déçu. Je ne connaissais du groupe que le morceau Hong Kong Garden que j’aimais déjà beaucoup. Je ne sais pas pour quelle raison je m’étais arrêté là, je regrette maintenant de n’avoir pas écouté plus tôt tant cet album est puissant, comme une musique de combat. Dès le début de l’album, je retiens cette batterie qui bat comme un cœur en pleine course pour ne pas se faire dépasser par la voix puissante et sûre de Siouxsie Sioux. Dès le premier morceau Spellbound, elle impose avec son chant affirmé une dynamique imparable. La voix de Siouxsie est clairement un des éléments qui m’accroche le plus dans la musique du groupe, mais la qualité des guitares est également exceptionnelle. Je ne connais pas encore les autres albums du groupe, mais on dit que Juju est le plus sombre. C’est tout de même moins noir que Pornography de The Cure sorti l’année d’après en 1982. Un morceau comme Monitor me fait un peu penser aux morceaux de Jun Togawa et de Yapoos, pas forcément dans le registre de chant qui est un peu différent, mais dans l’engagement émotionnel qui se dégage de la voix de Siouxsie. On n’atteint pas les sommets émotionnels de Robert Smith quand il chante sur les morceaux The figurehead ou A Strange Day en particulier (sur Pornography toujours), mais la tension sur un morceau comme Night Shift est palpable. Mais on trouve cette tension sur tout l’album, comme si Siouxsie ne voulait rien lâcher.

how to repeat Tokyo endlessly (δ)

Une série de photographies peut parfois se passer de commentaires mais j’ai (presque) toujours envie d’écrire quelque chose. Je reprends, pour une série de billets commençant par celui-ci, le titrage ci-dessus qui fait suite à trois épisodes publiés il a un peu plus de deux ans. Les photographies de ce billet montrent des affichages organisés ou sauvages dans les rues de Shibuya, ainsi que des points de nature dans les espaces non-utilisés entre les bâtiments. On trouve typiquement le type d’espace vert de la quatrième photographie après la destruction d’une maison, avant qu’on y construise un nouvel édifice ou un parking (même minuscule). Je trouvais cette plante aux diverses ramifications assez particulière, assez pour m’y intéresser photographiquement. Dans les rues de Shibuya, circule en ce moment un long camion faisant la promotion du nouvel album de Taylor Swift. Je n’écouterais probablement jamais cet album, alors pourquoi m’y intéresser ici? Peut être pour les couleurs de cette affiche qui illuminent un peu les rues. Je suis surpris que Pitchfork parle autant de Taylor Swift pour la sortie de son nouvel album, en faisant même une rétrospective des albums précédents. Je me rends d’ailleurs compte qu’ils sont tous assez bien notés, ce qui m’étonne beaucoup. Pitchfork est il toujours une source fiable? À vrai dire, Pitchfork influence de moins en moins mes choix musicaux, mais j’aime toujours jeter un œil curieux sur leurs classements par genres musicaux, pour y trouver peut être de nouvelles pistes de découvertes musicales.

Image extraite de la vidéo sur YouTube du morceau KANJIRU (感じる) sur le EP du même nom sorti le 30 août 2019, par Aya Gloomy.

J’avais parlé de la compositrice interprète Aya Gloomy il y a un peu plus d’un an pour son premier album Riku no Kotō (陸の孤島). Elle vient de sortir le 30 août un nouvel EP intitulé KANJIRU (感じる) qui mélange toujours la pop électronique avec une bonne dose d’inventivité expérimentale. Par rapport au premier album, la musique se fait plus dense, moins minimaliste, bien qu’on reconnaisse tout de suite certains motifs musicaux qui lui sont propres. Il y a surtout cette voix et cette façon de chanter en japonais découpant bien les mots. Elle semble même chanter avec un accent étranger sur certains morceaux comme le troisième CLOUDED. Le deuxième morceau-titre KANJIRU est le single du EP et possède une vidéo où on la voit évoluer dans son quartier d’une banlieue de Tokyo que je ne reconnais pas, monter à l’arrière d’une moto pour rejoindre un snack karaoke avec une porte cachée à l’arrière donnant sur un autre monde de la nuit. La coupure dans le morceau sur la vidéo où le patron se met à chanter d’une voix distordue au karaoke, n’est pas dans le morceau original du EP (heureusement en fait), mais donne une bonne idée de l’excentricité du personnage aux multiples couleurs de cheveux. Le EP Kanjiru est je trouve dans la continuité de son premier album, elle y développe son univers dans un style unique et personnel qui mériterait un peu plus de reconnaissance.

s’accorder aux vagues

Il y a une beauté indescriptible à écouter l’album Treasure de Cocteau Twins en regardant l’océan. La scène se déroule pendant une journée d’été que se termine. Un vent fort pousse les vagues jusqu’à ce qu’elles se cassent sur les roches de la côte. En arrivant sur la pointe rocheuse de Inamuragasaki, une avancée sur la mer proche de Kamakura, j’écoute d’abord le vent pendant de longues minutes. Je parcours ensuite le parc de Inamuragasaki pour essayer de trouver le meilleur point de vue sur le soleil se couchant sur l’île d’Enoshima. Je m’approche aussi des vagues plus fortes que d’habitude venant se percuter inlassablement contre les roches. Occasionnellement, quelques gouttes d’eau essaient de nous atteindre si on n’y fait pas attention. Il faut vite s’écarter, ou pas, si on veut profiter un peu du sel marin. Je suis seul pendant un moment devant les vagues, un genou au sol en les observant. Il y a quelque chose d’hypnotique dans ce rythme régulier qui donne à chaque fois des éclats de vagues différents. J’essaie de capturer ces moments avec l’appareil photo ou avec la vidéo de l’iPhone, mais ce sont des moments où la technologie est insuffisante pour rendre la sensation que procure ces instants. Un peu plus tard, quelques personnes descendent à leur tour sur le parterre rocheux. Il y a une petite fille seule en face des vagues. Elle me fait un peu peur car elle se tient debout assez proche des vagues, même si ses parents surveillent derrière. Elle lève les bras quand les grandes vagues montent en l’air après avoir frappées les rochers. Elle ressemble à un chef d’orchestre qui contrôlerait les éléments naturels. Lorsqu’on la regarde attentivement, ces mouvements de mains viennent tantôt apaiser la force des tourbillons de vent, tantôt faire jaillir comme une épée une trombe d’eau verticale. Pendant un moment, j’ai cru à son numéro chorégraphique très bien synchronisé, qui aurait demandé un accompagnement symphonique. On rêverait de pouvoir, comme elle, agir sur les mouvements de l’océan, pour pouvoir calmer son ardeur parfois. Les vagues sont bonnes pour les surfeurs aujourd’hui mais il n’y a pratiquement personne en mer. On voit beaucoup plus d’adeptes de la glisse quand la mer est calme, ce qui me fait dire que tout ceci n’est qu’une posture.

Je suis venu à Inamuragasaki seul ce samedi en fin d’après midi. Zoa est de sortie pendant quelques jours dans les montagnes de Nagano pour une activité d’été du club de course de son école. Pendant ce temps là, nous sommes partis, Mari et moi, à Ofuna chez sa mère, et dans ces cas, je pars de temps en temps seul explorer des endroits de Kamakura et des alentours que je ne connais pas encore très bien. Après Gokurakuji que j’ai parcouru la dernière fois, je pars explorer cette fois-ci Inamuragasaki, situé à la station suivante sur la petite ligne de train Enoden. Je descendrais en fait à la station de Gokurakuji, pour marcher ensuite vers Inamuragasaki en empruntant une petite route à flanc de montagne où les voitures passent à peine. Je voulais voir le coucher de soleil depuis Inamuragasaki. Le ciel était malheureusement nuageux, mais ça ne m’a pas empêché de m’asseoir un long moment sur le mur de pierre longeant l’océan, les pieds dans le vide, pour observer l’évolution du coucher de soleil et le déchaînement des vagues. cette ambiance m’a semblé propice à l’écoute au casque de Treasure de Cocteau Twins, un album que j’écoute depuis quelques jours seulement. J’avais comme une envie d’associer ces moments au bord de mer avec la musique de cet album.

Je me souviens très bien de la première fois où j’ai écouté des morceaux de Cocteau Twins au tout début des années 1990. C’était l’album Heaven or Las Vegas, sorti en 1990 sur le label 4AD, que j’avais acheté en CD. Je me souviens très bien ne pas avoir aimé cet l’album. A l’époque, j’écoutais intensément Pixies sur le même label 4AD qui avait pris pour moi une valeur de mythe. Les excellentes critiques de l’album m’avait poussé à acheter Heaven or Las Vegas, dans l’espoir de trouver une musique que j’aimerais autant que Pixies. J’ai été très déçu dès la première écoute car cette musique m’a surpris. J’ai essayé plusieurs fois de m’imprégner de ces morceaux, mais j’y suis resté complètement hermétique. Pire encore, certains morceaux comme Fifty-Fifty Clown provoquaient chez moi une sorte de répulsion. Je n’étais clairement pas prêt à l’époque pour écouter cette musique beaucoup plus sensible que le rock indépendant américain que je dévorais des oreilles. Il aura fallu bien des années pour me remettre à écouter Heaven or Las Vegas, et à apprécier ses morceaux, à commencer par les deux majeurs Cherry-coloured Funk et le morceau titre Heaven or Las Vegas. Il m’aura fallu du temps pour apprécier la voix et la manière de chanter si particulière de Liz Fraser. Ce n’est que maintenant en 2019 (29 ans plus tard donc), que je me décide à écouter d’autres albums de Cocteau Twins en commençant par l’album Treasure de 1984. En fait, la voix de Liz Fraser a l’avantage et l’inconvénient de s’imprégner dans le cerveau après écoute, à tel point qu’on a beaucoup de mal à se libérer l’esprit des mélodies que l’on entend. Tous les morceaux de Treasure sont excellents comme le deuxième Lorelei mais l’album prend vraiment son envol pour moi avec le quatrième morceau Persephone pour la tension et les ondulations vocales dont fait preuve Liz Fraser. Ecouter cet album donne une sensation spéciale, comme si cette musique était trop habitée, comme s’il y avait une tension émotionnelle trop forte. En fait, je préfère Treasure à Heaven or Las Vegas, car il est plus sombre, dans l’esprit shoegazing, par rapport à Heaven or Las Vegas qui est beaucoup plus coloré comme les néons de Vegas. La musique de Treasure prend parfois une dimension mystique, une impression qui doit être dû au fait que les paroles des morceaux sont parfois incompréhensibles et inventées. Un morceau tout en lentes nappes progressives, comme l’avant dernier Otterley a une ambiance très cinématographique, qu’on pourrait imaginer associer à l’ambiance mystérieuse de Twin Peaks. Lorsque j’écoute ce morceau assis sur le mur au bord de l’océan, je me rends compte que 40 minutes sont déjà passées. Mais je ne regagnerais la station Enoden qu’une fois la musique terminée.