se perdre dans un vert profond

Les quelques photographies ci-dessus sont prises entre Ebisu et Shirogane. J’ai en général une attirance pour les tuyauteries compliquées cachées à l’arrière des buildings, mais je ne montre pas toujours ce genre de photographies. A part l’apparition inattendue d’un puit dans une ruelle trop étroite pour les voitures dans un quartier de Shirogane, ces photographies n’engagent pas beaucoup aux commentaires. Il s’agit tout simplement d’un nouveau témoignage photographique de la complexité urbaine tokyoïte qui n’est pas toujours visible si l’on reste sur les grandes artères. Mais ces photographies ont au moins l’intérêt de me rappeler l’existence du blog de Jocelyn Prud’homme basé à Osaka, mais qui n’a plus l’air actif depuis deux ans. Montrer la complexité urbaine dans les moindres détails (les tuyauteries, l’acier, le béton des autoroutes) … est un des sujets de ses photographies et il le faisait très bien. C’était un de ces blogs sur le Japon qui ne ressemblaient pas aux autres et qui ne s’adressaient pas aux voyageurs, mais plutôt aux amateurs de la matière urbaine. C’est toujours dommage de voir un blog s’arrêter et il suffit parfois de peu de choses pour que ça arrive. Pour continuer, il faut se dire qu’avoir des visiteurs est un plus, mais pas une raison d’être. Un blog doit vivre pour lui même ou du moins pour son auteur.

Mais la réalité est que je regarde régulièrement le tableau de bord WordPress de Made in Tokyo pour voir dans les statistiques quels sont les billets les plus regardés. Il s’agit en général des derniers billets publiés sur le blog ainsi qu’un certain nombres de mes billets couvrant l’architecture tokyoïte. J’y vois régulièrement apparaître des billets plus anciens, ce qui m’amène souvent à les relire avec souvent un brin de nostalgie. J’ai toujours pensé que la raison principale pour laquelle je maintenais ce blog était de pouvoir revenir sur mes écrits et photographies plusieurs années après, pour me remémorer l’état d’esprit dans lequel j’étais à l’époque où je les ai écrit. Récemment, un ou plusieurs visiteurs ont consulté un ancien billet de Juillet 2004 sur lequel j’évoquais la musique d’Ajico sur l’album Fukamidori (深緑), sorti quelques années plus tôt en 2001. Je n’ai pas réécouté cet album depuis très longtemps et relire mon billet me donne envie de me replonger dans cette musique rock plutôt mélancolique. Je me souvenais bien qu’Ajico était un projet de UA, mais j’avais un peu oublié que Kenichi Asai (浅井健一) du groupe rock Blankey Jet City faisait également partie du groupe, à la guitare électrique et au chant. En fait, je savais que c’était un bon album mais j’avais oublié à quel point son écoute était prenante. Les accords de guitare purs comme du cristal sur le premier morceau prenant le titre de l’album restent très présents en tête après avoir écouté l’album en entier. Ce premier morceau est marquant mais on aurait tord de s’arrêter là, tant la totalité de l’album est riche en émotions. La voix très typée de UA y est pour beaucoup mais se complémente très bien avec celle de rockeur de Kenichi Asai. C’est également une voix très marquée que je découvre maintenant sous un autre jour et qui me plait vraiment beaucoup. En fait, les morceaux où ils chantent tous les deux en duo fonctionnent très bien comme le cinquième morceau Aoi tori ha itsumo fumange (青い鳥はいつも不満気). Le ton de l’ensemble de l’album est très mélancolique et il faut donc être dans de bonnes conditions pour l’écouter (j’ai l’impression que c’est un commentaire que je fais souvent). Je pense par exemple au deuxième morceau Suteki na Atashi no Yume (すてきなあたしの夢), qui s’avère être un des meilleurs morceaux de l’album. La manière de chanter de UA est particulièrement poignante et on ressent qu’elle vit les morceaux qu’elle interprète. Kenichi Asai a lui une voix plus torturée et je dirais même sauvage par moment. Mais si les voix des interprètes sont un des points d’accroche principaux du groupe Ajico, la qualité de la partition musicale, notamment des guitares n’est pas en reste. J’ai l’impression de redécouvrir cet album comme au premier jour.

De gauche à droite, les albums Fukamidori (深緑) d’Ajico (2001), Jet CD de PUFFY (1998) et C.B.Jim de Blankey Jet City (1993).

Le nom de Kenichi Asai m’est familier depuis un petit moment déjà. Lorsque j’ai fait en octobre 1999 sur mon site web Okaeri (l’avant Made in Tokyo) une petite liste sur la musique japonaise que je préfère, j’y avais inscris le groupe PUFFY et leur album le plus connu, Jet CD sorti en 1998, dont le titre est inspiré du nom du groupe de Kenichi Asai. Blankey Jet City est mentionné comme influence du côté rock d’Ami et Yumi sur PUFFY. Je ne réécoute pas très souvent Jet CD mais j’y reviens quand même de temps pour la bonne humeur qui s’en dégage (カニ食べ行こう🎶). On ne perçoit pas trop l’influence du son de Blankey Jet City sur la musique de PUFFY, mais parmi la multitude de morceaux pop, on y trouve tout de même un esprit rock, avec même des sons de guitares très lourds et sombres, comme sur Shoubijin (小美人) qui est le morceau que j’aime réécouter le plus souvent. En relisant cette page écrite en Octobre 1999 sur mes artistes japonais préférés, je me rappelle en lisant ce que j’écrivais sur PUFFY, qu’on avait même eu dans l’idée avec mon copain SeB d’écrire un morceau pour le groupe. Il faudrait que je retrouve une trace des paroles qu’on avait écrit à cette époque bien que je suis certain que ça ne devait pas être très brillant et hautement improbable. En réécoutant ces morceaux de PUFFY, me reviennent ces souvenirs d’il y a plus de vingt ans. Dans cette liste d’Octobre 1999, il y a des artistes que j’écoute encore maintenant comme Sheena Ringo (il me semble avoir déjà parlé de cette artiste récemment), Utada Hikaru ou LUNA SEA, avec une ferveur identique à celle d’il y a vingt ans, mais d’autres pour lesquels mon intérêt a complètement disparu. Je mentionnais par exemple L’Arc~en~ciel, Spitz ou Mr Children que j’écoutais beaucoup à l’époque mais que j’ai beaucoup de mal à ré-apprécier maintenant. Comme j’aime bien identifier les liens entre les artistes que j’apprécie et pour revenir à PUFFY, rappelons nous que Sheena Ringo a écrit un morceau pour le duo en 2009. Ce morceau intitulé Hiyori Hime (日和姫) est sorti en single et été ré-interprété par Sheena sur la première compilation Reimport, Gyakuyunyū: Kōwankyoku. J’aime d’ailleurs beaucoup la photo de la pochette de ce single de PUFFY car Ami et Yumi sont représentées comme des poupées Hina en kimono avec chacune une mèche blonde sur le côté. Je trouve dans cette image un lien certain avec l’univers de Sheena Ringo, notamment dans l’imagerie utilisée sur ces compilations de la série Reimport.

En fait, le nom de Kenichi Asai m’était surtout familier car il est mentionné dans les paroles de Marunouchi Sadistic, mais sous son surnom « Benji ». Dans les paroles de ㋚, Sheena nous dit que Benji la frappe avec sa guitare Gretsch (そしたらベンジー、あたしをグレッチで殴って). On imagine qu’il s’agit d’une expression imagée et qu’elle est plutôt frappée dans son fort intérieur par le son de la guitare de Kenichi Asai. Ils ne doivent pas être en mauvais termes, car ils ont interprété ensemble le morceau Kiken sugiru (危険すぎる) sur Ukina, morceau principalement interprété par Kenichi Asai mais sur lequel Sheena fait des interventions très contenues dans les chœurs. Tout comme Number Girl, je pense que Blankey Jet City a joué une influence sur l’approche agressive des morceaux rock de ses débuts. Ma curiosité grandissante m’a amené à découvrir la musique de Blankey Jet City en commençant par l’album C.B.Jim sorti en Février 1993. Je ne suis pas déçu. On y trouve une énergie rock assez folle et immédiate avec des guitares rapides et incessantes, techniquement très pointues. La manière de chanter de Kenichi Asai, ponctuant certains mots avec insistance, y est très incisive à la limite entre le punk rock et le rockabilly. Il y a un côté assez jubilatoire à écouter ses paroles nous parlant d’histoires de mauvais garçon. Je pense continuer encore un peu l’écoute d’autres albums du groupe, mais le choix semble difficile car ils ont sortis plus d’une dizaine d’albums. Je n’aime en général pas beaucoup les albums best off car c’est souvent en dehors des singles que je trouve les morceaux que je préfère, mais je vais peut être faire une exception cette fois-ci en écoutant la compilation Complete Single Collection, l’album avec un chat noir en couverture.

Deux images extraites de la vidéo du morceau Niji (虹) de AiNA The End (アイナ・ジ・エンド) sorti le 3 Décembre 2020.

Sur le site web Ringohan, une enquête est lancée depuis le 3 Décembre auprès des fans, comme l’année dernière, pour connaître notamment quels sont les morceaux ou les albums préférés de Sheena Ringo et Tokyo Jihen. J’y participe cette fois-ci, un peu par curiosité pour voir quels types de questions sont posées. Les résultats pour certaines questions sont mis à jour en temps réel. On apprend donc sans grande surprise que Marunouchi Sadistic (丸ノ内サディスティック) et Gunjō Biyori (群青日和) sont les morceaux préférés des fans pour SR et TJ respectivement. Dans les statistiques, je remarque également qu’il y a une majorité de participation féminine à cette enquête (de 60% à 70%), ce qui doit à mon avis représenter la proportion réelle des fans et ce qui ne m’étonne en fait pas beaucoup. Parmi les questions, Sheena demande aux fans leur avis sur les futurs collaborations qu’ils ou elles voudraient voir avec d’autres artistes, quels sont les artistes qui montent et ce qu’on a fait de particulier ou de différent pendant cette période de pandémie. Je ne vais pas donner toutes les réponses que j’ai personnellement donné à chaque question. Pour l’artiste en voie de reconnaissance, j’ai mentionné Shohei Otomo, dont j’ai déjà parlé plusieurs fois ici, car je serais très curieux de voir une illustration de sa part adaptée à l’univers de Sheena Ringo. J’y vois une certaine comptabilité car elle a déjà utilisé des illustrations pour des couvertures d’albums (sur Ukina par exemple). Il y a également une question demandant notre avis sur l’artiste pour lequel ou laquelle on voudrait que Sheena compose un morceau. J’ai mentionné AiNA The End (アイナ・ジ・エンド) car je pense qu’elle a la capacité vocale adéquate pour chanter des morceaux à la structure complexe que pourrait lui créer Sheena. J’y pense aussi car AiNA a déjà fait une reprise assez convaincante de Tsumi to Batsu (罪と罰). Elle a d’ailleurs sorti un nouveau morceau en solo intitulé Niji (虹) qui sera inclus dans son futur album The End qui sortira le 3 Février 2021. Je trouve ce morceau, comme la vidéo d’ailleurs, impressionnant. Le morceau est très satisfaisant car il correspond exactement au style non-apaisé que je voulais entendre de sa part. Connaissant Wack, qui reste derrière cette entreprise solo, il est très possible que l’ensemble du futur album parte dans des directions très différentes, comme sur les albums de BiSH, mais on peut penser que ça restera résolument rock. AiNA joue bien les rôles tourmentés, comme on peut le voir dans la vidéo et l’entendre dans les paroles. J’imagine qu’elle signe les paroles et la chorégraphie, qui là encore reste bien dans la ligne de ce qu’elle montrait pour BiSH. Ce futur album est très prometteur mais il va falloir attendre presque deux mois avant de le voir arriver. J’imagine qu’il y aura d’autres singles en attendant. Quand à mes prédictions sur l’enquête SR/TJ, on verra bien si elles se concrétisent un jour. Je trouve en tout cas assez intéressant qu’un artiste demande l’avis aux fans sur ce genre de choses. Je pense que ça doit aider à la réflexion.

everything is in season

Je mentionnais dans le billet précédent notre envie d’aller faire une visite au parc Hama-rikyu que nous avons aperçu depuis Takeshiba. Nous n’attendons pas très longtemps car nous nous y rendons le week-end suivant. On peut accéder au parc depuis l’arrière des buildings de Shiodome. Cette barrière d’immeubles, dont la tour Dentsu de Jean Nouvel, est d’ailleurs impressionnante à voir depuis le parc. Le contraste est plutôt saisissant, surtout quand on a une vue d’ensemble avec la maison de thé semblant bien fragile posée sur l’étang. Le parc est très bien entretenu, mais il est par contre payant, ceci expliquant cela. Ce n’est en fait pas la première fois que nous y venons, mais la dernière fois remonte à Décembre 2006. J’aime beaucoup cet endroit et j’ai du mal à croire qu’il nous a fallu 14 ans pour y revenir. Les couleurs d’automne étaient de sortie à plusieurs endroits du parc, ce qui attirait les photographes. Il n’y avait heureusement pas foule. Un couple se promenait même en kimono sur les passerelles de bois traversant l’étang. L’homme en kimono était étranger. Après plus de vingt ans de vie au Japon, il ne m’est jamais venu à l’esprit de me promener à l’extérieur en kimono, à part lors de notre mariage qui est une situation bien particulière. Le parc est grand et nous ne l’explorerons pas dans tous ses recoins. J’espère seulement qu’il nous faudra pas 14 ans pour y revenir.

Je continue ma revue méthodique des concerts de Tokyo Jihen et de Sheena Ringo en découvrant maintenant le concert Tōtaikai Heisei 25 Nen Kamiyamachō Taikai (党大会 平成二十五年神山町大会), qu’on pourrait retranscrire en anglais en ’The Party Convention: 2013 Kamiyama Event’ (ou ‘Der Parteitag’ comme sous-titré en allemand), sorti en DVD/Blu-ray le 19 Mars 2014. Cette captation vidéo correspond à la tournée du même nom de Sheena Ringo, en 5 dates du 18 au 26 Novembre 2013 et dans un lieu unique à Tokyo, le Orchard Hall du complexe culturel Bunkamura à Shibuya. Cette petite tournée correspond en fait à la célébration des 15 ans d’activité musicale de Sheena Ringo, depuis ses débuts en Mai 1998 avec le premier single Kōfukuron. Les dates ne sont pas choisis par hasard car le 25 Novembre est également la date de son anniversaire. La captation vidéo n’est pas réalisée cette journée là mais le dernier jour de la tournée, le 26 Novembre. La version ‘première presse’, que j’ai trouvé d’occasion au Disk Union de Shimo Kitazawa, contient également un CD audio additionnel enregistré le 25 Novembre et intitulé ´Holiday Jazz on 25th November, 2013´ contenant 5 morceaux, à savoir Ima, Shun, STEM, Marunouchi Sadistic et My Foolish Heart. Cette version ‘première presse’ prend le format d’un petit livret avec boîte de couverture comme pour Ukina (浮き名) et Mitsugetsushō (蜜月抄) sortis également à la même période que le concert, le 13 Novembre 2013, spécialement pour l’anniversaire des 15 ans de carrière. Le design est assez similaire mais n’utilise pas de dessins par Aquirax Uno (宇野 亜喜良) comme on peut en voir sur Ukina et Mitsugetsushō. Pour être complet, cette série de concerts en 5 dates sous le nom de Tōtaikai était suivie de deux dates supplémentaires réservées exclusivement aux membres du fan club Ringohan. Cette annexe de la tournée prenait le nom de Hantaikai (班大会) et se déroulait les 28 et 29 Novembre 2013 au Hamarikyu Asahi Hall, qui est beaucoup plus petit avec seulement 552 places. Le concert du 29 Novembre était par contre retransmis en live dans des cinémas. Les playlists de Tōtaikai et de Hantaikai étaient similaires avec quelques variations comme l’inclusion des morceaux Akane sasu Kiro Terasaredo… (茜さす帰路照らされど…), becoming, Ariamaru Tomi (ありあまる富), Yume no Ato (夢のあと) et Kabukichō no Jōo (歌舞伎町の女王) dans les rappels.

Pour situer chronologiquement Tōtaikai, cette tournée se déroule après l’annonce de la séparation de Tokyo Jihen et leur dernière tournée Bon Voyage en 2012. Sheena Ringo n’a pas organisé de concert pour sa carrière solo depuis Ringo Expo ‘08 qui correspondait à l’anniversaire de ses 10 ans de carrière. Il s’agit donc du premier concert depuis la reprise exclusive de sa carrière solo. Il s’appuie principalement sur les morceaux de l’album Sanmon Gossip sorti en 2009 ainsi que l’album Ukina composé principalement de collaborations avec d’autres artistes. Le double single Irohanihoheto (いろはにほへと) et Kodoku no Akatsuki (孤独のあかつき) sortis quelques mois avant ce concert, le 27 Mai 2013, font également partie de la liste des morceaux inclus dans le set. Deux autres morceaux, que l’on retrouvera également sur l’album Hi Izuru Tokoro (日出処) sorti l’année d’après en 2014 sont également présents, à savoir Carnation qui a déjà été joué dans d’autres concerts notamment de Tokyo Jihen, et Ima dont ce doit être la première interprétation qu’on puisse entendre en concert.

Les rideaux du Orchard Hall s’ouvre sur une scène dont le fond laisse apparaître un soleil rouge prenant pour motif la forme d’un éventail traditionnel, similaire au dessin de la pochette du DVD. Sheena Ringo apparait habillée d’une tenue dorée avec une couronne de reine sur la tête, tenue encore une fois très travaillée et même emblématique de ce concert. Je l’avais déjà vu plusieurs fois sur différentes photos sur internet. Elle démarre le concert par un morceau de Sanmon Gossip, Tsugō no ii Karada. Sur les vingt-trois morceaux composant le concert, six proviennent de cet album, quatre de Ukina et quatre de Hi Izuru Tokoro. Les autres morceaux sont extraits des albums précédents ainsi que quelques reprises de morceaux que Sheena a écrit pour d’autres artistes comme Chiaki Kuriyama, Rie Tomosaka ou Yōko Maki. Cette dernière est également actrice et je garde toujours en tête la justesse de son jeu dans le film de Hirokazu Kore-Eda de 2013, Tel père, tel fils (そして父になる). Sanmon Gossip n’est pas mon album préféré de Sheena Ringo. En comparaison, j’écoute beaucoup plus souvent Hi Izuru Tokoro (Sunny), notamment l’association des deux morceaux Sekidō wo Koetara (赤道を越えたら) et JL005-Bin De (JL005便で). Je reviens assez souvent vers Ukina et son ambiance forcément très variée car suivant les styles des artistes invités. On peut facilement comprendre qu’il n’est par contre pas facile de reproduire les morceaux de Ukina en concert, à moins d’inviter à chaque fois Shutoku Mukai, Kenichi Asai ou encore Towa Tei (pour ne citer que quelques noms d’invités sur cet album). Mais je suis content de pouvoir entendre en live un morceau comme IT WAS YOU, qui est un des plus beaux et délicat de l’album. La délicatesse d’approche est une des caractéristiques premières de ce concert, car il est entièrement interprété avec des instruments classiques, sans électricité. Elle évoque cela au début de Tōtaikai.

Sheena parle beaucoup plus au public pendant ce concert et semble même beaucoup plus à l’aise que d’habitude, certainement car la salle de 2000 places est plus petite que les grandes arènes comme celle de Saitama Super Arena utilisée pour la tournée précédente Ringo Expo ‘08. Sa première intervention auprès du public se fait devant le piano, juste avant d’interpréter le morceau IT WAS YOU. C’est à ce moment qu’elle nous annonce qu’il n’y aura pas de guitares électriques dans cette représentation, et seulement des instruments classiques. Elle demande également au public de s’asseoir bien confortablement pour apprécier la musique. L’ambiance s’annonce donc plus reposée que sur les concerts précédents. Elle interroge ensuite le public, avec un sourire un peu enfantin, sur la signification du nom du lieu ‘Orchard’ (un ‘verger’ en français) et nous dévoile même qu’elle vient juste de l’apprendre du pianiste le jour d’avant. Le plus amusant dans cette intervention est la transition légèrement maladroite entre ce dialogue avec le public et l’annonce un peu abrupte du début du morceau suivant. Ses interventions sont pleines de ce genre de petits décalages, qui font à chaque fois rire le public. J’ai même l’impression qu’elle doit le faire un peu exprès.

La version de Karisome Otome qui suit prend un style cabaret avec une prédominance de l’accordéon et du violon joué par Neko Saito. Cette ambiance de cabaret, sombre où seuls les musiciens et la chanteuse sont éclairés, est beaucoup plus intimiste que les concerts précédents, et même assez unique parmi tous les concerts que j’ai pu voir jusqu’à maintenant (le plus proche serait Baishō Ecstasy). Le morceau suivant, MY FOOLISH HEART, est forcément très adapté à l’ambiance jazz car il s’agit de son arrangement initial. La partie du morceau que je trouve la plus intéressante est le final instrumental où Sheena tourne le dos au public en regardant les musiciens et en leur faisant même quelques signes. On ressent une certaine excitation de sa part à être entourée de ces musiciens. Il y a bien entendu Neko Saito au violon, comme je le mentionnais juste avant, et Midorin à la batterie, échappé de son groupe jazz SOIL&’PIMP’SESSIONS. Cette formation se compose en tout de neuf musiciens jouant de huit instruments différents dont une harpe, une contrebasse, un accordéon, deux violons, un piano, un violoncelle, une viole et une batterie.

Dans la playlist du concert, il a deux morceaux provenant de Shōso Strip dont Yokushitsu qui fonctionne très bien ici car Sheena chante d’une voix calme, reposée et presque retenue comme si elle allait chuchoter. A noter également, la batterie jazz de Midorin est excellente sur la fin du morceau lorsqu’elle s’accélère gentiment. Ce rythme de batterie me donne tout d’un coup une envie irrésistible de revoir encore une fois le film Whiplash de Damien Chazelle, mais il n’est bizarrement plus disponible sur Netflix. Pour revenir à Yokushitsu, c’est peut être une des interprétations que je préfère de ce morceau. L’ambiance sur scène en bleu nuit et en lumières tamisées est également très belle et contribue à mon avis à l’expérience d’écoute. Vient ensuite l’interlude pendant lequel Sheena change de tenue. Une présentation des musiciens est affichée sur l’écran du fond de la scène sous une version instrumentale de Netsuai Hakkakuchū. Le son électronique de Yasutaka Nakata de Capsule sur ce morceau dépareille un peu avec l’ambiance précédente. La surprise intervient après ce petit interlude. Sheena ne rentre pas encore sur scène, mais laisse seulement entendre sa voix. Elle prétend que cette voix est celle de la personne à l’intérieur d’elle-même et qu’elle va nous dévoiler toute la vérité sur quelques rumeurs récentes (噂の真相のコーナー). Elle nous dévoile d’abord qu’elle a eu un deuxième enfant, une petite fille née en Mai 2013 (à priori, elle s’appellerait Noa 乃亜), naissance qu’elle a gardé secrète car elle correspondait au niveau timing à la sortie de son double single Irohanihoheto et Kodoku no Akatsuki. La raison de ce secret est qu’elle ne voulait pas donner l’impression d’utiliser la naissance de sa fille comme un motif de promotion de ses nouveaux singles. Elle a donc attendu son retour sur scène lors de l’aparté de ce concert pour dévoiler cet événement de sa vie privée. J’imagine que ça devenait nécessaire.

Elle entre ensuite sur scène l’air de rien dans une robe couleur crème, plus légère et ouverte dans le dos, ce qui laisse d’ailleurs apparaître les marques de l’opération chirurgicale qu’elle a eu étant petite. La légende fantaisiste dit que c’est lors de cette opération qu’on lui a enlevé ses ailes, celles que l’on voit représentées de manière imagée dans la vidéo du morceau Kōfukuron ou beaucoup plus tard sur la pochette de Sandokushi. Elle interprète d’abord deux morceaux de Sanmon Gossip, Futaribocchi Jikan et Irokoizata, et enchaîne avec une version plus calme qu’en studio de Irohanihoheto, le fameux single dont je parlais un peu avant, accompagné de Kodoku no Akatsuki qui sera également joué plus tard dans la playlist. Oishii Kisetsu, reprise du morceau composé par Sheena Ringo pour Chiaki Kuriyama, est souvent interprété en concert. Malgré mes réserves initiales, je finis par en prendre habitude et l’aimer un peu plus à chaque fois.

Ensuite vient le morceau central de Sanmon Gossip, Shun, qui est également situé en pièce centrale du concert. C’est à mon avis le plus beau morceau du set. La voix de Sheena y est plus profonde que sur la version studio et toute en puissance retenue. J’écoute beaucoup ce morceau en particulier, sur le CD qui accompagne le DVD. Le final instrumental assez long est encore une fois excellent. C’est un des grands moments de ce concert. Comme je le mentionnais plus haut, les morceaux centraux des trois albums KSK, Sanmon Gossip et Hi Izuru Tokoro sont présents dans la playlist du concert et il faut dire que ce genre de morceaux correspond très bien au type de formation instrumentale présente sur scène. Ima n’est pas ma version préféré cependant, mais je ne suis pas grand fan de l’original non plus. Après le morceau Onna no Ko ha Daredemo où Sheena, très souriante, est accompagnée seulement au piano, commence le deuxième épisode de la vérité sur les rumeurs (噂の真相のコーナー其ノ弐), toujours en voix off. Elle nous parle maintenant de sa manière de sélectionner les lieux des concerts en prenant en compte l’emplacement et l’acoustique de la salle. Elle évoque également que certaines personnes se plaignent qu’il a y trop de monde quand il s’agit de grandes salles et qu’on n’arrive pas à avoir des billets pour des salles plus petites. Rien de bien étonnant là dedans, mais ce n’est pas la première fois que je l’entends évoquer ce point. L’autre fois était dans une interview dans les premières années de sa carrière. Elle mentionne aussi que les lieux étant différents pour chaque concert anniversaire: le Nippon Budokan pour les 5 ans (Electric Mole, tournée Sugoroku Ecstasy), Saitama Super Arena pour les 10 ans (Ringo Expo ‘08), Orchard Hall pour les 15 ans (Tōtaikai), elle se demande qu’elle pourra être le lieu pour le prochain anniversaire. On apprendra plus tard que Ringo Expo ‘18, pour ses 20 ans de carrière, se déroulera une nouvelle fois au Saitama Super Arena. On comprend donc un peu mieux ces changements d’échelles dans ses concerts consécutifs. En y repensant, le hall A du Tokyo International Forum avec ses 5000 places, souvent utilisé par Tokyo Jihen, semble être un bon compromis entre taille et proximité.

Pendant le deuxième changement de tenue, le morceau Kodoku no Akatsuki se joue en fond sonore avec la voix de Sheena enregistrée. Cette bande son est tout de même accompagnée par les musiciens en live. Sheena apparaît ensuite pour la dernière partie du concert, en tenue rouge et blanche avec un foulard Chanel sur les cheveux. Le morceau suivant intitulé Tokai no manā est un morceau que je ne connaissais pas et qui n’apparait sur aucun album à ma connaissance. Tokai no manā est un morceau écrit pour Rie Tomosaka. Après le morceau Ima, une nouvelle présentation des musiciens est faite. C’est un peu redondant mais j’ai l’impression qu’elle ressent le besoin de mettre en avant les musiciens, tout autant que sa prestation. Elle ne joue pas beaucoup d’instruments pendant ce concert, car on l’a privé de guitare électrique, sauf le piano sur le morceau IT WAS YOU. Le concert contient plusieurs reprises de ses propres morceaux écrits pour d’autres. C’est également le cas du morceau suivant Tsukiyo no Shouzou, que je ne connaissais pas car écrit pour son amie l’actrice Chiaki Kuriyama. Il n’est jamais sorti sur les compilations Reimport. Le morceau n’a rien de particulièrement original, mais je l’aime quand même beaucoup car il s’en dégage une certaine mélancolie. Il est chanté en anglais. Je m’y perds d’ailleurs un peu pour savoir si les versions originales des morceaux sont en japonais ou en anglais, car elle alterne très souvent les versions. Je me demande d’ailleurs s’il y a une règle qu’elle s’impose. Il faudrait creuser le sujet.

La version de Tsumi to Batsu se rapproche de la version orchestrale de Ringo Expo ‘08 mais la formation est ici plus restreinte. Sheena y pousse sa voix. Bien que je préfère tout de même l’original, plus brute, l’émotion et la tension est palpable d’une manière similaire sur cette interprétation sur scène. Pour la fin du concert, les lumières blanches plus dures changent l’ambiance sur scène. Après Mittei Monogatari de Sanmon Gossip et Koroshiya Kiki Ippatsu de Ukina, commence le dernier morceau STEM. La scène sombre est désormais éclairée par deux soleils blancs et des lignes de projecteurs. Il y a tellement de versions de STEM que je ne serais pas en mesure de dire qu’elle est la meilleure mais celle-ci est assez dépouillée avec principalement le piano et la voix de Sheena. Les cordes interviennent plus tard dans la deuxième partie du morceau. STEM s’envole vers la fin lorsque Sheena pousse sa voix en regardant fixement vers un point au loin dans le noir de la salle. On croyait que le concert se terminerait sur ce regard mais la formation revient pour les rappels pour jouer deux morceaux: MaruSa écrit ㋚ est une version de Marunouchi Sadistic et Saisakizaka, qui clôt le set, est le morceau écrit pour Yōko Maki. Tōtaikai se termine sur des derniers remerciements et les applaudissements du public. Je fais de même discrètement à l’intérieur de l’appartement alors que tout le monde à la maison est déjà assoupi.

Pour référence, je note ci-dessous la liste des morceaux joués pendant le concert Tōtaikai:

1. Tsugō no ii Karada (都合のいい身体) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
2. IT WAS YOU de l’album Ukina (浮き名)
3. Carnation (カーネーション), morceau plus tard inclus sur l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
4. Karisome Otome (カリソメ乙女) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
5. MY FOOLISH HEART, de l’album Ukina (浮き名)
6. Yokushitsu (浴室), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
7. Netsuai Hakkakuchū (熱愛発覚中) de l’album Ukina (浮き名)
8. Futaribocchi Jikan (二人ぼっち時間) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
9. Irokoizata (色恋沙汰) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
10. Irohanihoheto (いろはにほへと), morceau plus tard inclus sur l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
11. Oishii Kisetsu (おいしい季節), reprise du morceau composé par Sheena Ringo pour Chiaki Kuriyama et qui sortira en single en 2017
12. Shun (旬) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
13. Onna no Ko ha Daredemo (女の子は誰でも) du 5ème album Daihakken (大発見) de Tokyo Jihen
14. Kodoku no Akatsuki (孤独のあかつき), morceau plus tard inclus sur l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
15. Tokai no manā (都会のマナー), morceau écrit pour Rie Tomosaka sur son album Toridori (トリドリ。) de 2009
16. Ima (今), morceau plus tard inclus sur l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
17. Tsukiyo no Shouzou (月夜の肖像), morceau écrit par Sheena Ringo pour Chiaki Kuriyama
18. Tsumi to Batsu (罪と罰), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
19. Mittei Monogatari (密偵物語) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
20. Koroshiya Kiki Ippatsu (殺し屋危機一髪) de l’album Ukina (浮き名)
21. STEM (茎), de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
22. (Encore) MaruSa (㋚ ), version modifiée du morceau Marunouchi Sadistic (丸の内サディスティック) de Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
23. (Encore) Saisakizaka (幸先坂), morceau écrit pour l’actrice Yōko Maki et également inclus sur Gyakuyunyuu ~Kouwankyoku~ (逆輸入 ~港湾局~)

le bleu des eaux de Takeshiba

On aime en général aller jeter un coup d’œil aux nouveaux complexes urbains peu de temps après leur ouverture, surtout quand ils ont des formes intéressantes. J’ai l’impression que ce genre de complexes mêlant zone commerciale et zone culturelle avec des espaces de jardins et terrasses extérieures est assez en vogue en ce moment. Peut être est ce lié aux Jeux Olympiques. Ariake Garden, ouvert récemment et que nous avons été voir il y plus d’un mois, est assez similaire au complexe WATERS Takeshiba (ウォーターズ竹芝) que nous allons découvrir cette fois-ci. Il se trouve juste à côté du port d’embarcation de Takeshiba et un canal le sépare du parc Hama Rikyū de l’autre côté. WATERS Takeshiba est composé de deux bâtiments principaux: une tour dont la base s’élargit en escaliers et un ensemble plus bas et massif au toit incliné. Ce deuxième building est la zone culturelle comprenant des salles de spectacles. J’aime beaucoup ce design incliné et les couleurs or de la partie haute de l’édifice. Ce building me fait vaguement penser à la toiture d’un temple et il s’en dégage même quelque chose d’énigmatique. Au pied de la tour en escaliers, se trouve un espace ouvert avec plusieurs tables pour manger à l’extérieur. Ce n’était pas notre cas cette fois-ci, mais j’imagine qu’il doit être très agréable de pique-niquer à cet endroit en regardant les navettes accoster. Je pense que les navettes fluviales remontent la rivière Sumida jusqu’à Asakusa et descendent dans la baie de Tokyo jusqu’à Odaiba. WATERS Takeshiba doit être un nouvel arrêt sur ce trajet. Nous avons déjà emprunté cette navette il y a plusieurs années depuis Asakusa. Il s’agissait d’une de celles aux allures de libellule futuriste dessinées par Reiji Matsumoto. Je ne les ai par contre pas vu passer par Takeshiba. Nous nous approchons ensuite du port au moment où une navette rapide commence son approche pour accoster. On observe les manœuvres tout en étant un peu étonné pour les couleurs de l’engin, dont l’intégrité de la carcasse représente un soleil levant. Au premier abord, cette navette n’a pas l’air très performante mais elle est en fait très rapide et sa propulsion l’élève au dessus de l’eau à pleine vitesse. Sur la dernière photographie, on aperçoit un autre objet bizarre de forme ronde dont sort plusieurs d’énormes tuyaux métalliques. Je n’ai pas compris à quoi correspondait exactement cet énorme appareil, mais je pense que ce doit être un mécanisme pour ajuster les niveaux de l’eau entre deux canaux. Je n’ai pas l’impression que ce mécanisme soit encore utilisé vu que les canaux sont ouverts sur la baie de Tokyo. Depuis WATERS Takeshiba, je regarde les bords du parc Hama Rikyū où quelques personnes se promènent. Je suis envieux car l’endroit a l’air très agréable. Ça sera très certainement une de nos prochaines destinations.

インター3×3(3)

J’avais pris l’habitude à travers les options de partage sur WordPress de publier sur Twitter un lien et une photo des billets que je publiais sur Made in Tokyo. Cela fait plusieurs semaines que j’ai arrêté car je me suis rendu compte que ça ne m’apportait pas grand chose, et notamment pas de nouveaux lecteurs réguliers. Le problème avec Twitter est que l’utilisateur qui fait défiler sa timeline n’a pas forcément l’envie ni l’idée de cliquer sur un lien pour lire un billet entier sur un blog et se contente très certainement des quelques phrases et photos mises sur Twitter. Et en lieu et place de billets complets, j’ai remarqué que l’on voit maintenant beaucoup plus de threads d’une dizaine ou quinzaine de messages pour ‘approfondir’ un sujet. C’est en quelque sorte une nouvelle conception de ce qui existait sous la forme d’un billet sur un blog. L’avantage est d’avoir la possibilité de laisser des commentaires sur chacun des messages du thread, mais quand j’ai le malheur de lire les commentaires sur Twitter, je suis souvent effrayé par la violence verbale qu’on y trouve. Cela me donne en fait envie de m’en éloigner petit à petit, même si je ne peux pas encore m’en passer car j’y trouve tout de même une source d’information non négligeable. Je suis par contre beaucoup moins tenté d’y mettre des liens vers Made in Tokyo. Il n’y a aucun lien de cause à effet, mais j’ai étrangement plus de visiteurs sur ce blog depuis que je ne publie plus de liens sur Twitter. Je ne mets plus beaucoup de photos sur Instagram non plus car j’ai le sentiment que les photos que je veux y mettre y sont déjà, prises par quelqu’un d’autre sous un angle à peu près similaire. Et comme toutes les photos d’Instagram sont prises avec les mêmes smartphones, on y trouve souvent des séries de photos quasi identiques bien que prises par des personnes différentes. Et je finis par me demander quel peut bien être l’interêt d’essayer de mettre une pièce qui existe déjà à l’édifice.

さらば光よ

Passage rapide et furtif dans les rues de Shibuya près du parc de Miyashita. Le chien Hachiko sur la troisième photographie n’est pas celui de la place devant la gare. Il est installé dans le parc de Miyashita, lui-même situé en hauteur au dessus d’un nouveau complexe commercial. Ce nouvel Hachiko est une installation de Yasuhiro Suzuki s’intitulant ‘La boussole de Shibuya | L’espace d’Hachiko’ 「渋谷の方位磁針|ハチの宇宙」. Je prends assez souvent en photographie le mystérieux building Humax Pavillon par l’architecte Hiroyuki Wakabayashi, situé juste à côté du Department Store Seibu, car ses formes futuristes noires m’intriguent beaucoup voire même me fascinent. Le clocher qui coiffe le building ressemble à un phare dont la lumière serait éteinte. C’est dommage qu’un magasin Disney se soit installé au rez-de-chaussée car il ne correspond pas très bien à l’ambiance générale que dégage le bâtiment. Dans les rues du centre de Shibuya, de nombreuses affiches vertes montrent une nouvelle collaboration de la marque d’écouteurs Beats de Dr Dre, après celle de Billie Eilish. Il s’agit en quelque sorte d’une guérilla publicitaire dans le sens où les affiches sont placées en grand nombre à des endroits parfois inhabituels, comme des graffitis de rue. Les emplacements sont en fait bien prévus à l’avance et l’affichage n’a bien entendu rien d’illégal. La subtilité est de le faire croire pour se donner une image transgressive comme celle du rap porté par Dre. Depuis les affichages de l’agence Wack il y a plusieurs mois dans Shibuya, je suis assez attentif à ce genre de méthodes d’affichages urbains. La collaboration de la marque Beats se fait cette fois-ci avec la marque japonaise de bijoux expérimentaux Ambush, fondée par le couple Yoon et Verbal. On connaît Verbal en tant que membre du groupe hip-hop japonais M-Flo et du super-groupe Teriyaki Boyz. J’avais déjà évoqué rapidement cette formation dans un billet précédent, pour leur morceau utilisé dans le film Tokyo Drift de la série Fast and Furious. En plus de concevoir les bijoux et objets de la marque Ambush, l’americano-coréenne Yoon est également designer des bijoux pour Dior Homme. Un peu plus loin sur la rue Meiji en direction d’Harajuku, on trouve de nouvelles toilettes publiques de la même série que celles transparentes conçues par Shigeru Ban. Celles-ci se trouvent dans le petit parc Jingū-dōri et sont dessinées par Tadao Ando. La rondeur de l’ensemble est très élégante et en même temps très ennuyeuse. J’aurais grandement préféré voir du béton brut accompagné de quelques gestes de nature, comme on peut le voir dans l’architecture emblématique de Tadao Ando. Ce projet n’a malheureusement rien de transcendant. En marchant dans les rues de Shibuya, je recherche sans cesse les autocollants intéressants placardés sur les murs ou autres surfaces urbaines. Sur la dernière photographie, ces affiches pour Coca Cola m’intriguent car elles semblent avoir été posées sur des espaces non autorisés, comme des graffitis et à l’opposé des affiches de Beats & Ambush par exemple. J’en viens à me demander si elles ont été posées en accord avec la marque. En fait, sur ce petit morceau de mur métallique, c’est l’autocollant représentant Takashi Murakami qui m’intrigue en particulier avec le sous-titre « everything is fine, Buy Art » et les yeux remplis de fleurs de la représentation de Murakami. J’y soupçonne un message critique mais je n’arrive pas à le comprendre très clairement. Peut être est ce lié à son statut de superstar envahissante de la scène artistique contemporaine japonaise.

Il suffisait bien que je dise dans mon billet précédent que j’avais pris pour habitude de regarder un nouveau concert de Sheena Ringo ou de Tokyo Jihen chaque Vendredi soir, pour que je manque à cette règle ce week-end. La raison est technique car le lecteur DVD et Blu-ray portable que je connecte à mon iMac vient de rendre de l’âme. J’ai l’impression qu’il fait de la résistance et qu’il essaie de me signifier par des moyens détournés que je devrais peut être regarder un peu autre chose que SR/TJ. Mais je ne vais pas me laisser décourager par la technologie et je cours le lendemain trouver un remplaçant. Je le dis peut être à chaque fois, mais, plus je regarde ces concerts plus j’ai envie d’en voir d’autres. Je commence même à me dire qu’il faudrait que je ralentisse un peu la cadence car viendra bientôt le moment où je n’aurais plus de ‘nouveaux’ concerts à regarder. Mais je n’en suis pas encore là et il reste encore une multitude de choses à voir. Le nombre de concerts sortis en DVD/Blu-Ray est très important comme si Sheena Ringo et Tokyo Jihen étaient bien conscients d’être meilleurs en live qu’en studio. Je continue donc mes découvertes progressives avec le DVD Intitulé DISCOVERY sorti le 15 Février 2012.

DISCOVERY correspond au ‘Tokyo Jihen Live Tour 2011 Discovery’ qui était une tournée en 26 dates dans tout le Japon du 30 Septembre au 26 Décembre 2011. La tournée démarra de Tokyo pour se conclure à Fukushima, et a couvert le pays d’Est en Ouest, avec un passage obligé à Fukuoka avec 2 dates et un retour à Tokyo au début Décembre avec quatre dates supplémentaires. J’imagine que le choix de terminer par Fukushima était volontaire et symbolique vus les événements catastrophiques qui s’y sont passés au mois de Mars de cette même année. La captation vidéo du concert sur le DVD (ou le Blu-Ray) est une de celles de Tokyo, le 7 Décembre 2011 au Tokyo International Forum Hall A, tout comme pour la tournée précédente Ultra C.

Le concert démarre d’emblée avec des effets spéciaux sur le premier morceau Tengoku he Yōkoso. Des boules de poussière blanchâtre, affichées sur une membrane semi-transparente, tombent du ciel comme des missiles sur la scène. Le groupe joue derrière mais on ne les distingue qu’assez peu. Ils apparaitront tous ensuite vêtus de blanc sur le morceau Sora ga Natteiru, que j’avais plutôt pris l’habitude d’entendre en fin de concert. Ces deux morceaux sont issus de l’album Daihakken. Tous les morceaux de cet album sont interprétés pendant ce concert, ce qui veut dire que certains morceaux ne sont joués que lors de cette tournée. C’est le cas du troisième morceau très rock Kaze ni Ayakatte Yuke, que j’avais un peu oublié mais qui est excellemment interprété à quatre guitares. Sheena Ringo est encore une fois habillée d’une manière très particulière, comme en robe de mariée mais animale dirais-je, avec une tête d’animal à cornes en guise de chapeau et des longues bottes en fourrure blanche. Des traits de maquillage rouge sous les yeux me fait penser au style jirai assez populaire en ce moment.

La scène est assez sombre comme pour la plupart des concerts de Tokyo Jihen, mais des effets spéciaux en fond viennent ajouter de l’action, comme par exemple une pluie de poussière sur Kaze ni Ayakatte Yuke. Sheena Ringo interprète deux morceaux de sa carrière solo: Carnation sorti pendant cette tournée le 2 Novembre et Karisome Otome qui prend une version plus rock que celle Death Jazz avec Soil & « Pimp » Sessions. Je préfère la version plus agressive sur ce concert, mais Sheena y conserve la danse volontairement disgracieuse qu’elle effectuait lors du concert Ringo Expo 08, mais dans une tenue toute autre. Juste avant, le groupe joue Kaitei ni Sukū Otoko, avec un très beau final instrumental où Sheena est face à la batterie, comme elle le fait souvent. On perçoit toujours énormément de complicité avec le batteur Toshiki Hata. Dans l’ensemble, le groupe semble plus détendu qu’à l’habitude. On ressent plus de complicité entre les membres du groupe. Et j’aime toujours beaucoup regarder les mimiques de Seiji Kameda lorsqu’il joue de la basse en se courbant. La mise en scène du concert est relativement sobre et classique, mais la manière de filmer est un peu différente des autres concerts avec des effets de flou par moment et des vues en contre-plongée. La première partie du concert se termine sur le morceau Kinjirareta Asobi, avec un écran qui se referme sur la scène ne laissant apparaitre que des silhouettes en ombres chinoises, qui s’accélèrent soudainement ce qui me fait penser à du David Lynch pour son côté irréel. Sur le même écran, on y voit ensuite des images à la fois aquatiques et célestes. C’est le moment des changements de tenues.

Sheena Ringo apparait ensuite en tenue plus sobre noire avec une coiffure rosée au carré, tenant une petite pomme verte à la main qui s’avère être des crécelles. Le morceau Osorubeki Otonatachi est joué pour ce redémarrage avec un final superbe d’ichiyo Izawa au clavier. Il fera également un petit solo sur le morceau suivant Katsute ha Otoko to Onna. Il faut dire qu’il est entièrement entouré de claviers, dont certains semblent avoir été empruntés à son voisin guitariste car ils ont des autocollants Petrolz dessus. Sur Handsome Sugite, j’aime voir Hata souffrir à la batterie, mais en gardant le sourire car Sheena le regarde juste en face en sautillant avec un tambourin à grelots à la main comme pour l’encourager. Alors que la plupart des morceaux jusqu’à maintenant proviennent de Daihakken, le concert mélange ensuite des morceaux plus anciens comme Himitsu et Bōtomin. La surprise intervient sur Himitsu car Izawa et Ukigumo se mettent soudainement à rapper après avoir lâcher leurs guitares. Pendant que Kameda attire l’attention à la basse devant la batterie de Hata, Ukigumo reprend sa guitare et monte les marches d’un gigantesque panneau de lumières. Ce panneau est monté à son honneur car son nom y est écrit en grand. On a l’impression qu’il s’est élevé dans les airs comme un nuage mouvant, sous le regard de Sheena qui trépigne de joie. C’est un des grands moments du concert et la meilleure interprétation que je connaisse de ce morceau, car Izawa et Ukigumo se débrouillent en fait tès bien dans leurs phrasés rappés. La version de Bōtomin est également très bonne, très théâtrale dans les positionnements de Sheena sur scène. Théâtral est peut être l’adjectif qui va le mieux au prestation de Sheena Ringo sur scène, car on ressent qu’elle porte beaucoup d’attention à ses mouvements. Ces scènes deviennent même iconiques lorsque Sheena a une guitare entre les mains.

Un électrocardiogramme en fond d’écran fait son apparition sur le morceau Dopamint!, ce qui me rappelle un peu celui sur la scène de Gekokujyo Ecstasy. Sous le manteau noir qu’elle enlève soudainement à la fin du morceau, ce cachait en fait une tenue rose ´shocking pink’ pour le morceau Onna no Ko ha Daredemo. Je n’aime pas beaucoup ce morceau ni cette tenue d’ailleurs. Mais l’ambiance change heureusement juste après avec le morceau Kabuki du 2ème album Adult. Le groupe porte désormais des tenues au design futuriste, pour un nouveau tournant plus rock. Le morceau Mirrorball prend une orchestration légèrement différente de l’originale, ce qui me fait dire encore une fois tout l’intérêt de regarder les concerts un à un. Comme je le disais plus haut, ce qui est notable est que la prestation est dans l’ensemble plus enjouée et détendue que d’habitude. Je compare surtout avec le concert précédent Ultra C, qui était extrêmement intense et sérieux, alors que sur Discovery, le groupe laisse échapper beaucoup plus de sourires et de petites phrases criées au public. Dans les deux cas, cela reste Tokyo Jihen, dans le sens où c’est extrêmement professionnel. Viennent ensuite les immanquables, Nōdōteki Sanpunkan et OSCA avec toujours le solo de basse de Kameda. Ce qui est amusant sur ce morceau, c’est que Sheena contrôle la pédale de la guitare basse de Kameda et qu’elle coupe soudainement le son vers la fin de sa prestation solo comme si elle contrôlait tout et qu’elle sifflait la fin de la récréation. Je ne sais pas si Tokyo Jihen peut faire un concert sans OSCA et ça manquerait de toute façon car c’est toujours un moment où le groupe y ajoute un peu d’improvisions. Ici Ukigumo joue un petit air connu (que je ne reconnais pas) et Izawa lui répond au clavier tout en se demandant, d’une tête interrogative, ce que c’est que cette musique. Cette version d’OSCA est cependant un peu moins sauvage que celles que j’ai déjà vu sur d’autres concerts (quoique).

Le morceau suivant Zettaichitai Sōtaichi, de Daihakken, repasse à 4 guitares alignés sur le devant de la scène, et suit ensuite un autre morceau classique des concerts, Denpa Tsūshin. Il manque d’ailleurs FOUL dans la playlist car j’avais pris l’habitude de le voir juste après OSCA et avec Denpa Tsūshin pas très loin. Encore une fois, sur ce morceau, chaque mouvement est extrêmement théâtral avec Sheena en position figée de rockeur sur la fin du morceau. Le morceau suivant Denki no Nai Toshi est plus calme et me fait un peu penser au morceau Superstar d’Adult, avec une interprétation très poignante au bord des pleurs. Pendant ce morceau, Sheena joue de la guitare par intermittence, avec une jambe pliée en l’air sans perdre l’équilibre. A la fin du morceau, elle positionne la guitare devant elle, comme un rampart pour se protéger. Je ne peux m’empêcher de voir un signe dans ce geste nous signifiant que la musique passe avant tout et que la chose privée doit rester ainsi. C’est toujours ce que je constate au moment des commentaires vers le public qui sont assez succincts et dévoilent assez peu ses sentiments privées. Pour les messages au public, Ukigumo est même envoyé seul sous les projecteurs pour adresser maladroitement quelques commentaires qui font sourire. On sent qu’il n’est pas super à l’aise ni spontané. Le plus inhabituel est que Hata est aussi chargé de donner un petit message au public un peu plus tard vers la fin du concert. Il a écrit son message à l’avance sur un petit papier, mais on ne saura pas s’il a été au bout de tout ce qu’il a écrit. Le fait que les membres du groupe soient excellents lorsqu’ils jouent sur scène et qu’ils soient assez timides en dehors des morceaux m’amusent toujours beaucoup. En fait, j’attends toujours ces moments avec impatience.

Le vingt-deuxième morceau du concert est 21-seiki Uchū no Ko. C’est le morceau que je comprends le moins du groupe, mais il passe mieux en concert. Il me fait toujours penser à un morceau de commande, car il est assez atypique dans discographie de Tokyo Jihen et ressemble beaucoup à d’autres morceaux de J-POP un peu insipides, comme ceux d’Ikimono Gakari par exemple. Le concert se termine sur Senkō Shōjo qui est également un grand classique des concerts de Tokyo Jihen. Sheena sort de scène en premier pendant la partie finale du morceau et le groupe la suit ensuite avant d’être rappelé sur scène par le public. Le nouveau morceau Konya ha Kara Sawagi qui n’est pas encore sorti à cette époque, car il sortira plus tard sur le mini-album Color bars, commence les rappels, suivi de Gunjō Biyori du 1er album Kyōiku et de Atarashii Bunmeikaika qui termine pour de bon le set. Mais c’est la dernière tenue de Sheena Ringo qui marque les esprits, avec une coiffure à plumes d’indien, ou de paon. Le concert vaut le coup d’être vu rien que pour ce dernier costume, qui doit être un des plus beaux qu’elle ait porté avec celui en fleur au début du concert Bon Voyage. La foule est d’abord surprise en l’apercevant et on voit qu’elle apprécie elle-même beaucoup cet accoutrement car elle fait un tour rapide sur elle-même pour montrer le mouvement des plumes. Le reste du groupe n’est pas non plus en manque d’originalité, avec une note spéciale pour Izawa habillé en toréador bleu clair. Ce sont ces costumes que l’on voit sur la pochette du DVD et du Blu-ray. Le concert se termine dans l’extravagance du morceau Atarashii Bunmeikaika, après un message final de Sheena vers la foule. Les crédits de fin sont accompagnés du morceau Gnossienne No. 1 d’Erik Satie qui donne un contraste assez étonnant avec le concert en lui-même, mais ce morceau est de toute façon très beau.

Au final, c’est difficile de dire si ce concert est meilleur que le précédent Ultra C, car même si la playlist est plus inégale sur Discovery, il y a un côté plus fun qu’on ne trouvait pas sur Ultra C. Ultra C était par contre plus intense en émotions sur certains morceaux. De toute façon, il n’y a pas d’impératif à choisir l’un ou l’autre et ça me réconforte plutôt dans le fait qu’il faut que les regarde tous les uns après les autres.

Pour référence ultérieure, je note ci-dessous la playlist de DISCOVERY:

1. Tengoku he Yōkoso (天国へようこそ) du 5ème album Daihakken (大発見)
2. Sora ga Natteiru (空が鳴っている) du 5ème album Daihakken (大発見)
3. Kaze ni Ayakatte Yuke (風に肖って行け) du 5ème album Daihakken (大発見)
4. Carnation (カーネーション), morceau qui sera plus tard inclus sur le 6ème album studio de Sheena Ringo, Hi Izuru Tokoro (日出処)
5. Kaitei ni Sukū Otoko (海底に巣くう男) du 5ème album Daihakken (大発見)
6. Karisome Otome (カリソメ乙女) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ) de Sheena Ringo
7. Kinjirareta Asobi (禁じられた遊び) du 5ème album Daihakken (大発見)
8. Osorubeki Otonatachi (恐るべき大人達) du 5ème album Daihakken (大発見)
9. Katsute ha Otoko to Onna (かつては男と女) du 5ème album Daihakken (大発見)
10. Handsome Sugite (ハンサム過ぎて), morceau présent sur le DVD CS Channel et sur la compilation de B-sides Shin’ya Waku (深夜枠)
11. Himitsu (秘密) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
12. Bōtomin (某都民) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
13. Dopamint! (ドーパミント!) du 5ème album Daihakken (大発見)
14. Onna no Ko ha Daredemo (女の子は誰でも) du 5ème album Daihakken (大発見)
15. Kabuki (歌舞伎) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
16. Mirrorball (ミラーボール) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
17. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) du 4ème album Sports (スポーツ)
18. OSCA du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
19. Zettaichitai Sōtaichi (絶対値対相対値) du 5ème album Daihakken (大発見)
20. Denpa Tsūshin (電波通信) du 4ème album Sports (スポーツ)
21. Denki no Nai Toshi (電気のない都市) du 5ème album Daihakken (大発見)
22. 21-seiki Uchū no Ko (21世紀宇宙の子) du 5ème album Daihakken (大発見)
23. Senkō Shōjo (閃光少女) du 4ème album Sports (スポーツ)
24. (Encore) Konya ha Kara Sawagi (今夜はから騒ぎ) du mini-album Colors
25. (Encore) Gunjō Biyori (群青日和) du 1er album Kyōiku (教育)
26. (Encore) Atarashii Bunmeikaika (新しい文明開化) du 5ème album Daihakken (大発見)