ハタチ

Depuis le 1er Février 2019, cela fait exactement vingt ans que je vis au Japon. Il y a vingt ans, j’étais dans l’avion qui m’amenait de Paris Charles de Gaulle à Tokyo Narita. Hier, j’étais dans l’avion qui me ramenait d’une semaine à Hong Kong vers Tokyo Haneda. Les sensations à mon arrivée à l’aéroport de Tokyo hier et il y a vingt ans sont certes bien différentes. J’y pense un peu hier, assis dans l’avion, entre deux films. A l’allée et au retour, j’ai vu deux très bons films japonais, de styles très différents mais qui m’ont tous les deux donné la larme à l’oeil par moments, car on y parle de relations enfants parents. A l’allée, sur le petit écran du fauteuil de l’avion, j’ai vu Une affaire de Famille, en japonais Manbiki kazoku 万引き家族, le film de Hirokazu Kore-Eda 是枝 裕和 ayant reçu la palme d’or à Cannes l’année dernière. C’est l’histoire d’une famille recomposée dont les liens sont assez flous, pauvre et vivant de débrouilles et de vols à l’étalage dans les petits supermarchés. L’histoire commence alors qu’ils recueillent une petite fille, Yuri battue par ses parents et délaissée à l’extérieur de l’appartement familial dans le froid. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, on découvre un peu plus précisément les liens entre les personnes partageant le toit d’une vielle baraque autour de la grand mère dont il profite de la pension. Le jeu des acteurs et actrices est excellent comme toujours dans les films de Kore-eda. C’est d’ailleurs là que se trouve toute la force de ses films. L’histoire est différente mais me rappelle beaucoup un autre film plus ancien de Kore-Eda, Nobody Knows 誰も知らない sorti en 2004. On y trouve la même force émotionnelle. Les enfants sont toujours au centre de l’histoire. Dans un style très différent, c’est aussi le cas du film d’animation Mirai, en japonais Mirai no Mirai 未来のミライ de Mamoru Hosoda. L’histoire du petit Kun, voyant arriver sa petit soeur Mirai dans la maison familiale, mélange les visions fantastiques qui viendront l’aider dans les épreuves de sa vie d’enfant. Parmi ces visions, celle de sa petite soeur mais plus âgée et semblant venir du futur. D’autres personnages du passé de la famille interviennent ensuite dans cette histoire très originale et bien construite. Il y a beaucoup de moments émouvants, que l’on est amené à ressentir en tant que parent. C’est un des très bons films d’animation que j’ai pu voir dernièrement.

猫だらけ

豪徳寺には猫だらけ、どこを見ても猫だらけ、目を閉じても猫だらけ、夢の中でも猫だらけ。この猫たちの目を長く見ると一瞬猫になる。

L’apparition soudaine d’une multitude de chats blancs Maneki Neko au temple Gōtokuji, dans la banlieue proche de Tokyo à Setagaya, est à la fois surprenante et angoissante. Une des dépendances de ce temple vaste en superficie est remplie de petits chats blancs sensés être accueillants. C’est un endroit étonnant que je connaissais pour l’avoir vu de nombreuses fois en photo mais sans jamais l’avoir visité. L’occasion s’est présentée un peu par hasard un samedi après-midi d’hiver, sous un ciel bleu mais froid. Nous nous y rendons en voiture mais faisons face à quelques difficultés pour stationner près du temple, situé au milieu d’une zone résidentielle. On se rendra compte plus tard qu’on peut en fait stationner à l’intérieur de l’enceinte du temple, mais ce n’est pas indiqué, peut être pour éviter une trop forte affluence. Nous trouverons finalement un espace où stationner dans le parking du sanctuaire de Setagaya Hachimangu, situé à proximité de la gare de train Miyanosaka sur la ligne Tokyū Setagaya. Par principe, puisque nous utilisons son parking, nous allons d’abord faire une visite du sanctuaire avant de nous diriger vers Gōtokuji. Le sanctuaire est des plus classiques sans particularité vraiment notable, à part celle de jouer en fond sonore une musique traditionnelle d’accompagnement. Dans ce sanctuaire des plus normaux, on remarque tout de même des éléments qui dénotent: tout d’abord, un homme assez jeune parlant tout seul devant une petite cascade près du bassin à l’entrée du sanctuaire. Je ne l’écoute pas mais il semble parler sur le ton de la confession. On voit parfois ce genre de personnes étranges dans les temples et les sanctuaires. Je me souviens l’année dernière où il y a deux ans d’un homme parlant seul devant la porte en bois du temple Engakuji à Kita Kamakura après la fermeture vers 4h de l’après-midi, au moment du Nouvel An. Il s’excusait à voie haute d’être arrivé en retard après la fermeture du temple. Au sanctuaire de Setagaya Hachimangu, une autre vision m’interpelle, celle d’une jeune fille qui a l’air d’une collégienne ou d’une lycéenne en uniforme d’école accompagnée d’un homme plus âgé muni d’un appareil photo. Je pensais d’abord qu’il s’agissait d’un père et de sa fille, mais sa manière habituée et non naturelle de poser devant l’appareil photo me fait dire que la relation est différente. J’ai plutôt l’impression qu’elle posait comme modèle amateur pour un Otaku de la photographie.

Nous marchons ensuite vers Gōtokuji qui se trouve à proximité de la station Miyanosaka. L’endroit est calme et agréable, surtout pour une journée ensoleillée d’hiver. Je me dis que l’hiver est en fait une bonne période pour visiter le Japon, car il pleut assez peu. Du moins, l’hiver est grandement préférable au plein été du mois de Juillet et d’Août où la chaleur, l’année dernière par exemple, était vraiment insupportable pour faire des visites extérieures. Il y a assez peu de monde dans le temple mais principalement des touristes étrangers, à moins que ce soit des étrangers non-touristes comme moi. On ne peut pas faire à priori la différence. En prenant les chats du temple maintes fois en photo, c’était plutôt moi qui avait l’air d’un touriste dans ce temple. Comme je le disais plus haut, les statues blanches de chats Maneki Neko sont toutes disposées ensemble sur des sortes d’étagères dans une partie bien définie du temple. On ne les trouve pas posées dans tous les recoins du temple, mais seulement à cet endroit précis. On peut acheter une petite statuette dans l’enceinte du temple. Il en existe de différentes tailles et prix. Nous nous procurons une statuette de taille moyenne pour 1000 Yens, mais nous ne la disposerons pas avec les autres près du temple. Nous ramènerons plutôt la statuette à la maison pour l’exposer sur une table basse ou un meuble. En fait, il y a tellement de statuettes de chats au temple Gōtokuji, que les gens les mettent parfois à des endroits insolites comme à l’intérieur des lampes de pierre, disposées comme un petite famille de chats.