


Quelques compositions photographiques d’une réalité distordue comme peut l’être la musique d’Autechre. Je me suis pris de passion depuis une semaine pour la musique électronique de ce groupe. A vrai dire, je n’ai jamais entendu une musique aussi intéressante et novatrice que celle-ci. Comme ils ont une discographie assez vaste, ça permet de se laisser aller à la découverte. Je cherche les avis sur les forums, sur iTunes et sur youtube et j’alterne les morceaux dans ma playlist entre les premiers albums plutôt « conventionnels » du groupe et ceux du début des années 2000 où l’expérimentation a pris le devant. C’est intéressant de lire les avis tranchés sur ce groupe et sa musique. Confield est un point de rupture et également l’album le plus controversé par sa difficulté d’accès. L’approche est tellement radicale que certains peuvent ce demander s’il s’agit de musique. Le morceau Pen Expers notamment est particulièrement représentatif par ses rythmes secs et apparemment désordonnés. Il faut un peu de temps et quelques écoutes pour comprendre la logique du morceau qui se révèle petit à petit, jusqu’aux nappes mélodiques tremblotantes du milieu du morceau. Ce morceau est vraiment brillant quand on commence à le comprendre et possède un grand pouvoir d’addiction, et peu comme les morceaux V-Proc ou Gantz Graf dont je parlais auparavant. Il est bon d’intercaler avec des morceaux plus mélodiques comme Clipper sur Tri-Repetae pour ensuite revenir sur des morceaux plus mouvementés comme Plyphon sur Quaristice. On devine des mouvements dans ce morceau et les images de cette video amateur aiguillent par sa synchronisation parfaite avec le son. Certains y verront des formes et sons alien ou robotiques, mais j’y devine plutôt des formes vivantes qui se composent et se recomposent, dialoguent comme sur Piezo sur Amber. Les morceaux se décomposent souvent en cours de route pour former un autre rythme, comme sur Reniform Puls sur Draft 7.30. C’est souvent un exercice cérébral de détecter les moments où le rythme se defait et se reconstruit, parfois d’une manière pas tout à fait évidente et à la limite de la perte de contrôle des compositeurs sur leurs machines. Il y a une espèce d’alchimie chez Autechre qui fait qu’on s’accroche aux morceaux alors qu’ils sont à priori inhospitaliers. Foil sur Amber est également un très beau morceau, plus classique car plus ancien. Il est tout en réverbérations et en montée et descente d’intensité. Laughing Quarter sur Envane est assez immédiatement abordable, un peu comme le plus récent Yuop sur Oversteps, bien qu’assez vite les notes s’embrouillent …