

La gêne occasionnée par la chaleur actuelle m’empêche de marcher longtemps dehors pendant les journées du week-end. Je prends donc moins de photographies, ce qui n’est pas très grave car mon hébergeur commence à me lancer des alertes comme quoi mon espace disque est presque plein et qu’il faudrait que je pense très bientôt à passer au plan d’hébergeur supérieur. Ça m’enchante moyennement car cette mise à niveau s’accompagne bien entendu d’une hausse de prix. Il me reste pourtant un grand nombre de photographies non encore publiées, dont les deux ci-dessus prises à Azabu-Jūban gênées par des passants et des voitures. Le déclencheur est volontaire de ma part car je voulais perturber mes propres photographies pour qu’elles s’adaptent au thème général de cette série Freeform.

La musique de Yuka Nagase (長瀬有花) sur son album Mofu Mohu (模糊模糊) est aussi élégante que délicate, comme les gouttes de pluie qui tombent sur le morceau d’introduction Today’s Music. Le morceau Skeleton (スケルトン), qui suit, donne une bonne idée de la grande liberté de composition qui anime sa musique. Et musicalement, c’est absolument brillant de bout en bout, avec une grande fraîcheur qui accompagne sa voix. J’ai découvert la musique de Yuka Nagase par le cinquième morceau de l’album, intitulé Wonderful VHS (ワンダフル・VHS), dont le titre m’a d’abord intrigué, étant moi-même de la génération VHS. Il s’agit d’une sorte d’ode à la cassette VHS, qu’elle n’a probablement pas connue à l’époque, mais qu’elle a apparemment découverte grâce à sa grand-mère. Sauf que pour Yuka Nagase, l’acronyme VHS ne signifie pas vraiment Video Home System. Dans son monde alternatif, le V signifie Victory, le H Human, et le S… S, tout simplement (Vはビクトリー Hはヒューマン SはS). Ce petit trait d’humour m’a tout de suite beaucoup amusé. Le morceau adopte un style très proche du son du groupe Soutaisei Riron (相対性理論), et les paroles, qui jouent avec les mots, rappellent ce que pourrait chanter Etsuko Yakushimaru (やくしまるえつこ). Ce mimétisme, certainement volontaire, s’arrête cependant à ce morceau. Note ni wa Kagi (ノートには鍵) est l’un de mes morceaux préférés de l’album : il a un ton très guilleret mais se laisse emporter, vers la fin, par un superbe flot de guitare distordue. Cette guitare reste ensuite très présente sur le morceau suivant, Hikari, qui prend une orientation rock beaucoup plus prononcée. L’album, composé de neuf morceaux, est relativement court, d’autant plus qu’il contient deux courts interludes, dont un au titre très poétique: Poisson Soluble. Le morceau Tōku Hanareru Shikō no Kikitori (遠くはなれる思考の聞き取り), qui conclut l’album, est également excellent grâce à une composition complètement atypique, fondée sur un équilibre instable d’ambiances. Mofu Mohu s’apparente en fait à un album conceptuel, aux frontières floues entre les genres musicaux, mais résolument alternatif.
