sur la montagne de Daikan (1)

Comme le titre du billet l’indique, nous sommes ici à Daikanyama, mais aussi à Naka Meguro, en contre-bas de cette montagne qui ressemble plutôt à une colline urbaine. Je vais assez souvent dans ces quartiers car on habite pas très loin d’ici, mais aussi parce que Zoa y a quelques activités extra-scolaires. Bien que je connaisse assez bien ces rues, je me surprends parfois moi-même à découvrir des passages que je n’avais jamais emprunté. Par exemple, un escalier couvert de dessins de formes courbes nous amène vers un tunnel que je connaissais pas sous la rue de Komazawa. Un des murs du tunnel est dessiné d’une fresque d’un cerisier en fleurs. Sur la photographie ci-dessus, le passage de quelques personnes en mouvement me donne l’impression que les fleurs vont soudainement se détacher et s’envoler dans un mouvement similaire.

Une des grandes qualités des espaces à Tokyo, ce sont les dénivelés, les collines et terrains en pente qui rendent l’espace urbain intéressant pour le promeneur. L’irrégularité des terrains évite la monotonie du paysage urbain, quand l’architexture doit s’adapter à un environnement qui ne lui est parfois que peu propice.

À Daikanyama, je passe par l’ensemble Hillside Terrace conçu par étapes sur plusieurs décennies par l’architecte Fumihiko Maki. Il y a un petit espace d’exposition dans un des bâtiments les plus anciens de l’ensemble nous montrant une salle de classe d’une autre époque, avec des chaises prenant leur envol. Alors que la nuit commence à tomber doucement, je passe ensuite un peu de temps au Hillside Forum, de l’autre côté de la rue Kyu-yamate. On y montre une autre exposition, de plusieurs photographes sélectionnés pour le prix Pictet. Je connaissais quelques uns des photographes comme Michael Wolf et sa série Tokyo Compression montrant des passagers du métro tokyoïte comprimés contre les vitrages des portes automatiques. On y voit également deux photographies en grand format de Rinko Kawauchi, notamment une colline prenant feu d’une manière apparemment contrôlée avec un bel effet de symétrie. Finalement, le travail de collage de photographies de Shohei Nishino est très intéressant. Il construit des paysages urbains imaginaires à partir de collages de photographies de buildings et autres décors urbains, formant une nouvelle réalité de la ville. Un fait intéressant de cette exposition est qu’elle mélangeait la photographie pure et le montage photographique.

Mon passage à Daikanyama se termine dans la nuit. J’aime en ce moment prendre en photographie les devantures éclairées des boutiques. Ci-dessus, il s’agit de celle de la Maison Kitsune.

éclats d’été

Je continue certains changements en ce qui concerne mes contributions sur les réseaux sociaux ou plateformes web 2.0. Après avoir supprimé mon compte Instagram, sans grand regret finalement, je viens de supprimer mon compte Tumblr. J’essaie en fait d’éviter de m’éparpiller sur le web, car finalement ce que je fais le mieux et ce qui est le plus productif en ce qui concerne le temps que je passe sur internet, ce sont les contributions que je fais sur ce blog. Je garde tout de même Twitter pour garder en mémoire de temps en temps certains liens vers des articles ou des pages internet ou vidéos intéressantes. Je me rends compte aussi qu’au fur et à mesure des années, j’avais ouvert des comptes sur diverses plateformes comme Pinterest, Vimeo, Bandcamp, Behance que j’ai peu utilisé. J’ai fermé tout ça pour faire une opération de nettoyage par le vide.

J’écoute beaucoup ces derniers jours le EP intitulé Love is Short du groupe féminin punk de Kyoto Otoboke Beaver おとぼけビ~バ~. Je connais déjà ce jeune groupe à l’énergie folle depuis l’écoute d’un autre morceau sorti il y a un peu plus d’un an et intitulé S’il Vous Plait シルブプレ, en français dans le texte mais avec un très fort accent japonais. Ce nouvel EP Love is short est composé de 3 morceaux ne totalisant que 5 minutes dont celui du titre de l’album Love Is Short ラブ・イズ・ショート. Le rythme des guitares est très rapide tout comme le chant de Accorinrin qui devient occasionnellement des cris dans une forme palpable de défoulement. Cette énergie de l’urgence somme toute aggressive dégage des pointes d’humour. Le dernier morceau excessivement court de 19s いけず ”ikezu” (Mean) fonctionne comme un coup de poing dans la figure, c’est d’ailleurs les images du clip en version animée apparemment innocent de Naoyuki Asano.

Les deux photographies ci-dessus sont prises à Daikanayama, il s’agit de l’immeuble APC de l’architecte français Paul Chemetov: le côté vitré donnant des reflets des éclats de l’été, et l’autre coté taggé sur le béton.

the beautiful noise

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Je reprends le titre de ce billet d’un sticker affiché parmi tant d’autres dans un mélange des genres sur un poteau électrique de Daikanyama. En recherchant par curiosité ce à quoi peut bien faire référence ce message « the beautiful noise », je découvre avec surprise qu’il s’agit du titre d’un documentaire sur le mouvement musical rock alternatif underground anglais de la fin des années 80 jusqu’au début des années 90, mixant bruits de guitares, pour composer notamment le style shoegazing. Tiens donc, c’est une sacré coincidence car c’est ce mouvement musical qui me (re) fascine en ce moment. Le documentaire nous parle donc de My Bloody Valentine, Ride, Slowdive, Chapterhouse, que j’écoute beaucoup en ce moment, ainsi que d’autres groupes comme Cocteau Twins ou The Jesus and Mary Chain. Il faut que je trouve ce documentaire pour le regarder.

J’aime également ce titre, car ce « beautiful noise » dont on parle ici sur ce blog en photographies, c’est également Tokyo. Dans mon photobook « In shadows« , je parlais déjà de « Shoegazing photography » lorsque j’abordais le style que je donne à mes photographies et à mes compositions photographiques. J’ai encore et toujours ce besoin de montrer le trop plein, les enchevêtrements urbains, les superpositions de surfaces (le thème des photographies de ce billet précisémment), la densité trop forte des lieux par rapport à l’espace disponible. Peut être qu’à travers les photographies agencées à ma manière sur le blog, je m’essaie à une tentative de remettre de l’ordre dans cette ville, de rétablir inconsciemment une logique entre les lieux et les choses. Comme dans un monde de bruit, on essaierait d’y deviner et d’amplifier une harmonie et une beauté cachée. Tokyo est un terrain formidable pour ce jeu de recherche.

Les fleurs et le béton

Je passe souvent devant cette petite tour de la marque française A.P.C. à Daikanyama. J’aime bien son look sombre et industriel et ses vitres semi-transparentes. Cette tour de béton du francais Paul Chemetov va à vrai dire assez bien avec le ciel gris de ce samedi. Je me promène avec Zoa dans les rues parfois étroites de Daikanyama, celles piétonnes qui zigzaguent entre les maisons individuelles dont le jardin minuscule est souvent envahit par la verdure. Les plantes dépassent sur la voie piétonne déjà bien étroite. Lorsque l’on descend ensuite de Daikanyama vers Hachiyamacho, on rencontre ces fleurs jaunes sur le béton d’une maison protégée comme une place forte.

Gone

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Ce n’est pas sans une pointe de tristesse que j’ai vendu ma moto dimanche dernier. Après de longues réflexions de plusieurs mois, je me suis enfin décidé à m’en séparer. La raison l’a emporté. Il fallait se rendre à l’évidence, je ne l’utilisais plus beaucoup, voire plus du tout ces derniers mois, surtout depuis la naissance du petit. Je me remettrais peut être à la moto plus tard, dans quelques (dizaines) d’années.

La photo ci-dessus est argentique et a été prise en 2004 dans les rues de Daikanyama. En cherchant une photo à montrer sur ce billet, je replonge avec nostalgie dans les quelques excursions touring au Japon que j’ai pu faire il y a de cela quelques années. Un des premiers longs voyages était Hokkaido avec Pierre. Nous partions de Tokyo pour prendre le ferry à Mito jusqu’à Hokkaido. C’était début septembre et il faisait un temps de chien pendant tout le voyage. C’était dur la pluie, mais on se réconfortait dans les « bikers house » toujours très chaleureuses, surtout celle de Wakkanai, le point le plus au Nord. Nous y avons découvert de superbes paysages tout en déroulant les routes sinueuses au bord des falaises à l’Ouest de Hokkaido. Au retour, nous débarquions du ferry à Niigata pour reprendre une petite route agréable le long d’une rivière jusqu’à la ville de campagne Aizu Wakamatsu. Après un dernier onsen, nous regagnions déjà Tokyo.

Comme autres voyages, plus courts, sur un week end, il y a également eu cette virée avec Sylvain et Pierre vers Shirakawa-Go. Nous passions une nuit dans le village même sous une toiture de chaume. L’ambiance y était très agréable et calme. C’était un autre monde. En fin de voyage, sur le retour, nous nous étions fixés rendez-vous avec deux « bikeuses » dont ikuko et son monstre Vmax. Ou cette autre petite virée sur les circuits de course moto de Motegi pour apprécier le hurlement de bolides Moto GP. Pierre et moi étions seulement spectateurs bien entendu.

Mais le voyage le plus long et le plus marquant était la découverte du Sud-Ouest à moto. Pierre, Laurent, Sylvain et moi partions de bon matin pour une longue journée vers Osaka. Après la découverte rapide du centre ville le soir, nous étions bien fatigués et il fallait reprendre la route tôt le lendemain direction Shikoku. Je garde un excellent souvenir de Shikoku, des routes sinueuses et étroites bordées d’arbres dans la montagne, les longues lignes en courbes le long de la rivière Shimanto, les arrêts pour dormir sous la tente dans la nature avec vue sur une petite baie paisible au petit matin, ou encore les falaises accidentées des presqu’îles. En descendant vers Kyushu, nous posions notre tente pratiquement sur les plages de sable blanc de Miyazaki, explorions les petits izakaya de campagne tout en goûtant aux spécialités du coin (l’alcool de pomme de terre …). Notre voyage de 10 jours nous fit remonter ensuite vers le mont Aso pour d’autres paysages magnifiques, pour ensuite rejoindre Oita, un peu triste, car nous devions déjà regagner Tokyo. Des souvenirs inoubliables …