





Il y a des saisons plus ou moins propices à la photographie. J’aime particulièrement cette période de la deuxième partie du mois de Juin et du début Juillet pour la moiteur de la saison des pluies qui se ressent directement dans les photographies. En cette période de l’année, je repense systématiquement au mois de Juin 2009 pour le volume 6 d’une série mensuelle que j’avais mené presque exclusivement pendant une année durant. Je marche ici en direction de Nishi Azabu avec en tête de voir un nouvel immeuble de la longue série Barbizon. Il s’agit du Barbizon89 conçu par Institute of New Architecture (INA). Ses formes angulaires de couleur anthracite et ses grandes ouvertures obliques donnent au bâtiment un aspect futuriste. Il ne semble par contre pas être complètement terminé, car une barrière métallique l’entoure dans son intégralité. En revenant sur mes pas, je m’égare ensuite volontairement en direction du cimetière d’Aoyama pour ensuite revenir vers le musée Nezu en partie entouré d’une étroite forêt de bambous. En continuant ensuite mon chemin, je passe devant la live house Blue Note d’Aoyama. J’aime passer devant pour voir qui y jouera dans les prochains jours ou semaines. Les artistes que je vois sur une petite affichette posée derrière une vitrine sur le mur extérieur du Blue Note me sont presque toujours inconnus.
À part King Gnu et le festival musical de Hibiya, je n’ai pas vu beaucoup de concerts cette année, mais je me rattraperais un peu en fin d’année avec Hitsuji Bungaku (羊文学) en Novembre et Fujii Kaze en Décembre. C’est la troisième fois que je verrais Hitsuji Bungaku, mais cette fois-ci, j’irais les voir avec mon fils qui m’a en fait poussé à prendre des places. Le concert se déroulera dans le fameux Gymnase de Yoyogi, conçu par Kenzo Tange pour les Jeux Olympiques de 1968. Je dis souvent que ce gymnase est la plus belle œuvre architecturale de Tokyo. Je ne suis donc pas mécontent de pouvoir allier le plaisir musical au plaisir architectural. Ce n’est par contre pas la première fois que je vois un spectacle dans ce gymnase. Je garde un excellent souvenir de notre concert de King Gnu à Takamatsu, qui était un moment très spécial. Mon fils ira d’ailleurs les revoir la semaine prochaine au Yokohama Arena, mais cette fois-ci avec Mari. Le concert de Fujii Kaze en Décembre se déroulera lui au Tokyo Dome et j’y irais avec Mari. Moi qui est plutôt l’habitude d’aller voir des concerts seul de groupes plutôt indépendants, cette année est très différente. Une des nouvelles inattendues est l’annonce d’une nouvelle tournée nationale de Sheena Ringo cette année en Octobre et Novembre. C’est d’autant plus inattendu que je n’ai pas le souvenir d’une double tournée de grande ampleur pendant une même année. Il sera apparemment seulement possible de réserver une place par personne. Peut-être que cette nouvelle tournée est une réponse au mécontentement, dont le mien, du au manque de places pour sa tournée d’il y a quelques mois. Après quelques tergiversations, j’ai renouvelé mon abonnement au fan club Ringohan au dernier moment.

En parlant de Sheena Ringo, elle vient justement de sortir il y a quelques jours un excellent nouveau single intitulé Naked (裸), qui sert de thème musical au drama de Fuji TV Last Note, diffusé le jeudi soir. Ringo écrit les paroles et compose le morceau. Il est interprété par un quatuor rock composé des fidèles Shun Ishiwaka (石若駿) à la batterie, Keisuke Torigoe (鳥越啓介) à la guitare basse, Yukio Nagoshi (名越由貴夫) à la guitare électrique et Masaki Hayashi (林正樹) au piano électrique wurlizter. Les incursions électroniques au début et les quelques percussions synthétiques qui agrémentent le morceau me font penser qu’il se trouve dans la continuité de ce qu’on avait pu entendre sur son album Kinjite (禁じ手). L’approche rock est loin des grandes orchestrations et conserve cette sophistication harmonique caractéristique de Ringo et qui fait tout son génie. La voix de Ringo est mise très en avant. Naked ressemble clairement à un morceau de Sheena Ringo, jusqu’au larsens languissant de guitare à la fin qui me rappelle par petites touches ses débuts, en particulier celui à la fin de Odaijini sur KSK.
Dans les sorties que j’attendais avec une impatience certaine, il y a également un nouveau single de Millennium Parade intitulé Blue, avec l’artiste canadienne d’origine japonaise et écossaise Saya Gray et l’auteur compositeur et interprète canadien de R&B Daniel Caesar. Le morceau composé par Daiki Tsuneta est sublime de sensibilité. Il a d’abord une approche très douce mais gagne en rythme en deuxième partie. Cette transition est habilement menée. Le morceau n’est pas aussi démonstratif que les singles précédents du projet, comme W●RK. Il est plus aéré jouant sur des ambiances neo-soul pleines de textures. Daiki Tsuneta a expliqué que le titre est né d’une session avec Saya Gray il y a trois ans, avant d’être complété avec la participation de Daniel Caesar. J’espère que ce single va relancer la machine Millennium Parade car depuis leur tournée annulée, on manquait un peu de nouvelles. J’ai personnellement un grand intérêt pour tout ce que compose Daiki Tsuneta musicalement, et notamment dans ce projet Millennium Parade qui a une approche un peu plus expérimentale que King Gnu. Le single Blue est le thème musical de fin de la nouvelle adaptation animée de Ghost in the Shell par le studio Science Saru, qui vient de démarrer sur Amazon Prime avec un premier épisode. L’approche graphique est plus proche du manga, par rapport au film d’animation de 1996, ce qui n’est pas pour me déplaire, même si je le trouve un peu trop cartoon. Il y a un juste milieu qui est apparemment difficile à trouver, car Masamune Shirow réussissait dans le manga d’origine à mélanger avec habileté une approche sérieuse de l’atmosphère avec des scènes parfois loufoques. King Gnu compose le morceau d’ouverture de cette nouvelle série. Le morceau intitulé GO GHOST est également très bon mais n’est pas encore sorti.
