l’été inoubliable (2)

Notre deuxième visite dans les Hauts-de-Seine nous amène dans la ville de Sceaux. Nous y allons à pieds, en traversant Châtenay-Malabry, jusqu’à une coulée verte continue d’environ 12kms allant des portes de Paris à la gare de Massy-Palaiseau. Ce long ruban de verdure en milieu urbain, également appelé promenade des vallons de la Bièvre, a été aménagé sur une voie anciennement destinée au train Paris-Chartres. Il s’agit actuellement d’une voie verte réservée aux cyclistes et aux piétons. La période de canicule en France était terminée à notre arrivée mais montrait tout de même quelques soubresauts. Il fait très chaud et nous cherchons les ombrages en parcourant la coulée verte jusqu’à une des entrées du grand parc de Sceaux. Le domaine départemental de Sceaux, classé aux Monuments historiques, trouve son origine au XVIIᵉ siècle lorsque Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, achète Sceaux en 1670 et entreprend d’en faire sa résidence. Il fait notamment intervenir le célèbre jardinier français André Le Nôtre et Charles Le Brun, qui participa à la décoration du domaine avec Le Nôtre. Le plan des jardins de Le Nôtre reste encore très lisible, avec son grand canal et ses grandes perspectives qui nous rappellent tout de suite Versailles. Nous n’avons bien sûr pas parcouru l’ensemble du domaine. On y trouve apparemment un bosquet nord avec environ 150 cerisiers japonais, qui doivent être magnifiques au printemps. Au bout de ce paysage, malheureusement attaqué par la canicule, on aperçoit le château de Sceaux. Le château que l’on voit actuellement n’est pas celui de Colbert car il fut détruit au début du XIXᵉ siècle. Le château actuel a été construit au milieu du XIXᵉ siècle par les descendants des Trévise. Il abrite maintenant le musée du Domaine départemental de Sceaux, consacré notamment à l’histoire du domaine, aux arts décoratifs et à la vie aristocratique en Île-de-France. Nous profitons de l’entrée gratuite pour en faire le tour. On peut y voir de nombreuses pièces de faïence provenant de la Manufacture de Sceaux, fondée vers 1735, sous le patronage de la duchesse du Maine. On est très impressionné par les céramiques en trompe-l’œil naturalistes, avec des formes d’animaux, de fruits et de légumes. Ces plats en céramique sont parfois très étranges. Je pense par exemple à un imposant plat en forme de tête de sanglier. À la sortie du château, nous rejoignions la longue rue piétonne de Sceaux, la rue Houdan. Elle est agréable, d’autant plus qu’on y trouve la boutique de notre chocolatier préféré, Patrick Roger. On peut trouver ses chocolats ponctuellement au Japon lors des salons du chocolat, mais il n’y possède pas encore de boutique permanente. Les parcs et espaces verts sont nombreux dans cette région des Hauts-de-Seine. On y trouve également de nombreuses demeures anciennes en pierre meulière, souvent conçues par l’architecte Gabriel Reige, très actif au début du XXᵉ siècle dans le sud des Hauts-de-Seine notamment autour de Sceaux, Châtenay-Malabry et Le Plessis-Robinson.

J’ai une petite routine lorsque nous retournons en France, celle d’acheter le dernier numéro du magazine Les Inrockuptibles. Le numéro 52 de Juillet/Août 2026 m’intéresse tout particulièrement car il s’intitule The Cure, Une jeunesse éternelle. Une quarantaine de pages sont consacrées au groupe. Elles ne m’ont pas appris de nouvelles choses mais je les ai dévoré avec un délice certain, sans pourtant écouter de morceaux du groupe entre deux épisodes de lecture. J’ai en fait écouté très peu de musique pendant ce séjour estival, ce qui n’est pas complètement étonnant mais tout de même plutôt rare. De précédents séjours en France, je me souviens avoir beaucoup écouté ETA (2023) de NewJeans et Live to Tell (1986) de Madonna lors de notre dernier séjour en 2023. Lors d’un précédent séjour en 2015, j’ai un souvenir très vif du morceau Let it Happen (2015) de Tame Impala. La seule musique que j’ai pu écouter cette année passait à la radio. On y passe encore souvent le morceau Dracula du même Tame Impala de son dernier album. Sur la radio RTL, j’ai été surpris d’entendre que l’émission Stop ou Encore existe toujours. On y passait plusieurs morceaux tout à fait de saison des Beach Boys, ainsi que deux ou trois morceaux d’Etienne Daho qui m’ont ramené avec plaisir vers les années 1980: Week-end à Rome sur l’album La notte, la notte (1984) et Epaule tattoo sur Pop Satori (1986). Je n’écoute pas beaucoup de musique française, même très peu, mais je me suis dis que je (ré)écouterais bien Daho. En cherchant un titrage pour cette série estivale, j’ai repensé soudainement au titre d’un morceau de Jeronimo sur son album Un monde sans moi datant de 2002, que j’avais découvert à l’époque grâce à une compilation très éclectique des Inrockuptibles intitulée Made in France – Automne 2003. L’été inoubliable dans les paroles du morceau de Jeronimo est bien entendu très différent de celui que l’on a passé.