in your ghost

Le nouvel immeuble Shibuhara Xross (渋原XROSS) par Ando Imagineering Group attire l’attention pour ses formes particulières. Il se trouve sur l’avenue Meiji entre Shibuya et Harajuku, comme son nom le laisse fortement deviner. Je prends beaucoup moins de photographies des rues de Tokyo en ce moment, même si j’amène toujours avec moi mon appareil photo reflex. L’inspiration se dissipe un peu car j’ai trop souvent pris les mêmes endroits en photo. Celles de ce billet ont également été prises dans les quartiers des livres d’occasion de Kanda Jimbocho. Je découvre un petit magasin étroit et extrêmement mal organisé (comme la très grande majorité des vieilles librairies du quartier) qui vend des livrets de films. Ceux-ci sont mis en vente lors de leur sortie au cinéma au Japon. Je me souviens avoir acheté celui de Kyrie no Uta de Shunji Iwai (岩井 俊二), au moment de sa sortie au cinéma. J’aurais aimé trouver celui de All about Lily Chou-Chou mais je n’ai pas eu le courage ni le temps d’y passer des heures pour ne finalement peut-être rien trouver. Dans ce genre de boutiques, les livres et magazines sont regroupés par genre, mais la logique de classement m’a semblé compliqué à comprendre ou pas totalement respecté. Enfin, il y a des livres un peu partout, parfois près à tomber si on ne fait pas attention en parcourant l’étroit couloir du magasin. Je suis sûr que le gérant sait exactement ce qu’il a en stock et qu’il est certainement plus simple de lui demander directement, mais je crois aux découvertes heureuses liées au hasards et aux coïncidences. Le quartier de Jimbocho est intéressant car on y trouve ce genre de librairies d’occasion très spécialisées. Une d’entre elles vendait des magazines musicaux et ce qui ressemblait à des cahiers de fans, avec un large rayon consacré au courant rock Visual Kei. La gérante de la boutique semblait être elle-même dévouée au genre, ce qu’elle montrait par son apparence. Un peu plus loin à Jimbocho, nous déjeunons dans un restaurant chinois autrefois très apprécié par l’écrivain Shōtarō Ikenami (池波 正太郎).

J’allais presque oublier d’écrire au sujet de l’exposition dédiée à GITS que j’ai pourtant été voir au mois de Février. L’exposition Ghost in the Shell: The exhibition (攻殻機動隊) du mangaka Masamune Shirow (士郎正宗) se déroulait dans le grand espace d’exposition TOKYO NODE de Toranomon Hills du 30 Janvier au 5 Avril 2026 et était principalement consacrée aux films d’animation et séries animées. J’avais déjà été voir l’année dernière l’exposition intitulée ‘The Exhibition of The World of Shirow Masamune – “The Ghost in the Shell” and The Path of Creation-’ (士郎正宗の世界展〜「攻殻機動隊」と創造の軌跡〜) qui était une grande rétrospective de l’œuvre manga de Masamune Shirow. Cette exposition à TOKYO NODE commémore le trentième anniversaire du premier film d’animation Ghost in the Shell réalisé par Mamoru Oshii (押井 守), et couvre toutes les séries et films distribués ensuite par différents réalisateurs et producteurs comme Kenji Kamiyama (神山 健治), Kazuya Kise (黄瀬 和哉) et Shinji Aramaki (荒牧 伸志), notamment Stand Alone Complex (SAC) ou ARISE. Je n’ai pas vu la totalité des productions vidéo tirées de Ghost in the Shell et mon intérêt premier se tournait vers les deux premiers films, le Ghost in the Shell original de 1995 et Innocence (イノセンス) qui suivait en 2004. À vrai dire, je n’ai jamais vraiment aimé la représentation visuelle que Mamoru Oshii a donné au major Motoko Kusanagi dans ces deux films, mais l’ambiance générale cyberpunk qui s’en dégage avait pourtant grandement rattrapé ma petite déception initiale. Un des intérêts de l’exposition était d’y voir des œuvres d’autres artistes inspirés du monde de GITS, comme Hajime Sorayama (空山 基) avec sa série Sexy Robot dans une version Ghost in the Shell. La photographie you’re mine #001 de l’artiste multimédia Mari Katayama (片山 真理) s’attache à l’image du corps, le sien qui est amputé aux jambes. Le thème de l’augmentation physique à travers diverses prothèses synthétiques est très présent dans Ghost in the Shell. Le designer de mode Kunihiko Morinaga (森永 邦彦), et son atelier de confection ANREALAGE, montrait des vêtements munis d’un système de leds qui reflètent comme un écran diverses images. Cette installation nommée SCREEN me fait imaginer une tenue de camouflage urbain. Je connaissais déjà l’artiste Emi Kusano (草野 絵美) pour sa musique avec le groupe Satellite Young, notamment le morceau Moment in slow motion dont j’avais parlé il y a longtemps. Pour l’exposition, elle nous montrait une vidéo assistée par intelligence artificielle intitulée EGO in the Shell faisant évoluer en images une personne depuis l’enfance jusqu’à un futur cybernétique. L’effet de transformation des images a déjà été maintes fois utilisé, et je reste donc assez dubitatif quand à l’intérêt de l’installation, mais elle répond bien à un des thèmes de Ghost in the Shell, à savoir les limites entre l’existence humaine et celle de l’intelligence artificielle.

La majeure partie de l’exposition montrait de très nombreux dessins, storyboards et calques en couleur originaux tirés des différents films d’animation de la série. Pour le premier film Ghost in the Shell, on pouvait voir quelques photographies prises dans les rues de Hong Kong, ce qui confirme l’influence de cette ville dans le décor urbain du film. J’aime beaucoup les calques en couleur très atmosphériques montrant les décors des films. On peut également ouvrir des versions digitales de ces calques et de dessins préparatoires de personnages sur quatre terminaux situés au centre de la salle d’exposition. À l’entrée de l’exposition, une première salle montre une installation dans une salle sombre bleutée, affichant par intermittence des extraits vidéos des différents films et épisodes avec des focus sur certains personnages et lieux. Au centre de la pièce, un ensemble de cables pendus du plafond nous laisse imaginer qu’un être cybernétique comme Motoko Kusanagi y était accroché pour se régénérer avant de partir pour une nouvelle mission. La pièce ressemble à un espace événementiel mais rien de très particulier ne s’y est passé. L’exposition se déroulait principalement dans la grande salle que je mentionnais ci-dessus, dans une ambiance sonore composée par Kenji Kawai (川井 憲次) tirée des films de la série. On y trouvait également deux Tachikoma (タチコマ), les robots marcheurs fictifs dotés d’une intelligence artificielle déployés pour la Section 9 des unités de sécurité anti-cyber-terrorisme. L’exposition était très riche en images et très bien documentée, mais, au final, je pense que j’ai quand même préféré l’exposition de Setagaya consacrée aux manga de Masamune Shirow. La boutique de cette exposition au TOKYO NODE proposait beaucoup de t-shirts, et autres objets de collection, comme par exemple des tachikoma en porcelaine très onéreux. La boutique du musée était loin d’être aussi bondée que celle de l’exposition de Setagaya.

Je parlais plus haut de l’artiste Hajime Sorayama. Une grande exposition lui est justement consacrée et est en cours depuis le 14 Mars jusqu’au 31 Mai 2026 au Creative Museum Tokyo au sixième étage du Toda Building à Kyobashi. Je suis allé la voir le 21 Mars. Je ne suis pas fanatique de l’art rétro-futuriste de Sorayama se construisant principalement sur des représentations hyperréalistes de femmes robotisées, mais j’ai maintes fois eu l’occasion de croiser ses œuvres dans différentes expositions dans des plus petites salles, notamment les sculptures de robots chromés enfermées dans des caissons. L’impact visuel de cette esthétique lisse et métallique est indéniable. Son style graphique avec une obsession du détail technique est tout à fait unique et souvent impressionnante. Ceci étant dit, au fur et à mesure de l’exposition, je n’ai pu m’empêcher de trouver un aspect assez kitsch à ces robots féminins à mi-chemin entre machine et fantasme. Cette longue série de corps-machine hypersexualisé intitulée Sexy Robot a démarré en 1978 et a clairement établi la réputation internationale d’Hajime Sorayama. L’exposition nous montre également les nombreuses collaborations de l’artiste, avec le monde de la mode, notamment pour Dior, mais également dans d’autres domaines. Il a notamment créé l’illustration de couverture de l’album Just Push Play (2001) du groupe Aerosmith, et le design du robot chien Sony AIBO en 1999. L’exposition montre clairement que l’artiste Hajime Sorayama est devenue une référence dans la pop culture contemporaine et sa vision futuriste est née bien avant que le cyberpunk devienne mainstream.

a bustling life between empty spaces

Dans les centres urbains à la nuit tombée, les faisceaux électriques de lumière s’assimilent à des réseaux de neurones interconnectant les êtres de manière indécelable. Ces réseaux se construisent au gré des flux et se font plus denses et complexes dans les zones névralgiques de la ville. Ils sont pourtant fragiles et incertains, se brisant aux moindres passages humains venant interrompre ces flux, puis se recomposant ensuite inlassablement. Et au milieu de ce brassage, se crée une nouvelle vie dense et imprévisible, mais qui se construit progressivement et s’organise pour bientôt devenir indispensable.

Ces réseaux de neurones ici imaginaires me viennent en tête en regardant ces quelques photographies alors que je me dirige vers Setagaya pour une exposition dédiée au mangaka Masamune Shirow (士郎正宗). Je n’ai pas particulièrement l’habitude de me précipiter aux jours d’ouverture de nouvelles expositions mais c’est pourtant ce que j’ai fait pour celle dédiée au mangaka Masamune Shirow au Setagaya Literary Museum. L’exposition intitulée ‘The Exhibition of The World of Shirow Masamune -“The Ghost in the Shell” and The Path of Creation-’ (士郎正宗の世界展〜「攻殻機動隊」と創造の軌跡〜) est une grande rétrospective de son œuvre, en collaboration avec Parco et l’éditeur Kodansha. J’y suis donc allé le Samedi 12 Avril 2025 pour l’ouverture. L’exposition est en cours jusqu’au Dimanche 17 Août 2025 et vaut très clairement la visite pour les amateurs du monde de Masamune Shirow.

Les portes automatiques du musée de Setagaya nous accueillent par un message (やってやろうじゃないの!) du major Motoko Kusanagi (草薙素子), l’héroïne principale de Ghost in the Shell, humaine cybernétique équipée d’un corps entièrement artificiel. Elle nous invite à ne pas jouer aux pleutres et à s’engager avec elle, certainement dans une nouvelle mission de lutte contre la cybercriminalité au côté de la Section 9 de la Sécurité Publique (公安9課) qu’elle commande brillamment. J’ai hésité à entrer car cette mission ne me semble pas être de tout repos. Je me suis tout de même ravisé car je ne suis quand même pas venu jusqu’ici pour rien, ayant un billet pour l’exposition réservé à l’avance. Ces portes automatiques sont en tout cas une bonne entrée en matière, et nous étions plusieurs à attendre qu’elles se referment pour pouvoir prendre une photo. J’avais donc déjà ma réservation en poche pour la visite. Les visites ne se font en fait que par réservation préalable à une heure prédéfinie, ce qui évite l’attente et une congestion trop importante dans les salles du musée. J’imagine que nombreux étaient ceux qui attendaient une exposition rétrospective de l’oeuvre de Masamune Shirow. J’en faisais partie et même si je n’ai jamais formulé cette attente dans mon esprit, elle était bien là enfouie dans mon subconscient.

Mon intérêt pour l’oeuvre de Masamune Shirow remonte à l’année 1994 avec la première publication française du manga Appleseed chez Glenat en Juin 1994, suivie quelques mois plus tard par Orion en Septembre 1994. Ghost in the Shell est sorti quelques temps après et en parallèle, les manga Black Magic M66 et Dominion Tank Police sont sortis chez Tonkam en 1994 et 1995 respectivement. J’ai été tout de suite admiratif et fasciné par les univers cyberpunk créés par Shirow, avec des détails impensables que ça soit graphiquement ou dans les textes, où pratiquement chaque page est annoté de détails techniques ou scientifiques. Shirow nous donne vraiment l’impression que les mondes qu’il crée existe vraiment et qu’il en est revenu pour nous les expliquer en détails. Il y a bien sûr la beauté des dessins, que ça soit les figures féminines fortes parfois mi-humaines comme Motoko Kusanagi dans Ghost in the Shell, Dunan Knut dans Appleseed, ou encore Seska dans Orion, mais également la beauté graphique des mécha cyborgs, des robots Tachikoma supportant les troupes d’élites anti-terroristes, des véhicules futuristes évoluant dans des villes imaginaires denses et grandioses. Dans ma collection de Masamune Shirow, restée en France, il y a également le superbe art book Intron Depot 1 que j’ai maintes fois parcouru des yeux comme une œuvre d’art. Il y a beaucoup de choses pour nourrir l’imaginaire dans les univers créés par Masamune Shirow, et parfois même trop car il n’est pas rare de se perdre dans les intrigues politiques et les notes explicatives compliquées. L’important est de se laisser imprégner par ces personnages et ces mondes, et le voyage en sera tout autant déroutant que fascinant. Je n’ai pas lu beaucoup de manga pendant mon adolescence mais ceux de Masamune Shirow comptent parmi les tous meilleurs. Ils sont même inclassables. A part quelques suites à Ghost in the Shell, Shirow a publié ses œuvres importantes avant l’an 2000, ce qui fait que j’ai lu tous ses manga alors que j’étais en France à la toute fin de mon adolescence. Masamune Shirow est apparemment toujours actif mais il s’est dirigé vers des illustrations hentai qui sont beaucoup moins recommandables. L’exposition ne couvre pas cette partie cachée de son œuvre et ne couvre pas non plus les films d’animation pour se concentrer sur les manga avec pour œuvre centrale Ghost in the Shell. Le film d’animation Ghost in the Shell réalisé par Mamoru Oshii (押井守) sorti en 1995 et sa suite Innocence sortie en 2004 sont des belles œuvres fidèles à l’univers de Masamune Shirow, mais j’avais tout de même été assez déçu à l’époque par le design des personnages, notamment de Motoko Kusanagi, qui perdait complètement le charme du manga original. Mais l’ambiance était là, notamment grâce à la bande sonore mystique fabuleuse composée par Kenji Kawaii (川井憲次). L’exposition présente d’ailleurs très brièvement une prochaine série d’animation Ghost in the Shell qui sortira en 2026 et sera réalisé par Mokochan (モコちゃん) du studio Science Saru (サイエンスSARU). Il a la particularité d’être visuellement très fidèle au design original des personnages de Masamune Shirow, ce qui est très enthousiasmant. Reste à voir comment Science Saru arrivera à retranscrire l’ambiance si particulière de l’univers de Shirow. La difficulté est de réussir en images un mélange subtil, celui d’un monde futuriste à la précision chirurgicale, d’une approche quasiment mystique de la cybernétique et des réseaux numériques, tout en maintenant un certain esprit loufoque qui manquait dans la reinterpretation de Mamoru Oshii.

L’exposition donne une grande part à Ghost in the Shell mais présente également de manière extensive Appleseed et Dominion. Appleseed a une place particulière dans mon cœur, car c’est le premier manga que j’ai lu de Masamune Shirow. Je me suis souvent demandé si mon intérêt actuel pour l’architecture moderne ne datait pas de cette époque. Les pages du manga nous montrant la cité artificielle et utopique d’Olympus située dans l’océan Atlantique ont pour sûr eu un impact important sur mon imaginaire. Les formes architecturales y sont belles et intriquées avec toujours ce sens du détail tout à fait étonnant, que j’aimais découvrir à travers les yeux de Dunan, Briareos et Hitomi. Orion n’est malheureusement pas beaucoup couvert dans l’exposition, peut-être parce qu’il s’agit d’une œuvre un peu à part dans son univers. Orion m’a fait découvrir, au delà du manga, une partie des mondes mythologiques japonais, avec notamment l’impétueux Susano. Dès qu’on entre dans la grande salle d’exposition, on est envahi par les images. Une frise nous donne d’abord un historique des manga et art books publiés par Masamune Shirow, puis on entre ensuite rapidement dans le vif du sujet. L’exposition montre un très grand nombre de croquis et planches originales annotées, réunies par manga. Des versions d’illustrations grand format sont également affichées sur les murs pour nous imprégner complètement de l’ambiance. Je connais la grande majorité des illustrations, certaines étant tirées d’Intron Depot et beaucoup d’autres des manga respectifs, mais les voir sur papiers manga avant impression est très intéressant. Une section de l’exposition nous montre également certains magazines scientifiques que le mangaka utilisait pour ses recherches. On imagine tout à fait toute la « folie » créatrice qui peut passer dans le réseau de neurones de l’auteur.

Une partie de l’exposition montre un projet collaboratif réunissant quelques autres mangaka de renom, rendant hommage à Masamune Shirow. Parmi les illustrations présentées, on trouve une magnifique ré-interprétation par le studio CLAMP du personnage de Seska d’Orion chevauchant un tachikoma de Ghost in the Shell (ci-dessus à gauche). C’est une très bonne surprise de voir le studio CLAMP, que j’aime également beaucoup, s’amuser avec le monde de Shirow. L’autre surprise était de voir une version illustrée plutôt abstraite de Ghost in the Shell (ci-dessus à droite) par Tsutomu Nihei, créateur du manga BLAME! qui est également une œuvre forte et unique. Ces deux illustrations m’ont fait penser que les grands esprits se sont rencontrés sur ces images. Je note également une illustration composite du graphiste Kosuke Kawamura, qui s’était déjà attaqué d’une manière assez similaire au monde d’Akira de Katsuhiro Ōtomo en illustrant brillamment les murs temporaires entourant la construction du Department Store PARCO à Shibuya. Parmi les autres invités, on trouve également l’artiste manga Oh! great, les réalisateurs Hiroyuki Kitakubo et Kazuto Nakazawa, ainsi que les illustrateurs Ilya Kuvshinov, Yu Nagaba et le photographe Jiro Konami.

La dernière section de l’exposition montre des illustrations de Masamune Shirow, n’étant pas directement ou vaguement tirées de manga. Il y a notamment une série de trois illustrations montrant un personnage ressemblant à priori à Motoko Kusanagi. Une de ces illustrations la montre allongée sur une structure métallique un peu bizarre et monstrueuse (ci-dessus à droite). J’avais cette illustration en poster grand format dans ma chambre pendant de nombreuses années. En y repensant maintenant, je n’avais apparemment pas été très dérangé par la position très suggestive de cette illustration, certainement parce que je savais que ce personnage était construit d’un corps cybernétique. Une très belle illustration regroupant plusieurs personnages du monde de Shirow (ci-dessus à gauche) termine notre visite. Cette exposition est bien remplie par rapport à la taille de la grande galerie du musée, qui est relativement restreinte quand on la compare à l’espace dédié à CLAMP au musée NACT que j’avais visité l’année dernière. Il m’aura fallu environ 45 minutes pour en faire un tour complet. La galerie se trouve à l’étage et il faut descendre au rez-de-chaussée pour accéder à la boutique dédiée à l’exposition. Je me doutais bien que les articles liés à Ghost in the Shell et au monde de Masamune Shirow seraient très prisés, mais pas à ce point là. On peut entrer assez rapidement dans la boutique. Les articles y sont nombreux, plus d’une vingtaine de t-shirts, plusieurs livres dont celui de l’exposition et divers objets qu’on aurait du mal à compter. Je saisis au passage le bouquin de l’exposition et un t-shirt tiré d’une illustration de Ghost in the Shell montrant Motoko Kusanagi montée sur un tachikoma. Le livre de l’exposition de 190 pages est très complet mais ne contient malheureusement pas les illustrations collaboratives mentionnées ci-dessus. Il n’en reste pas moins indispensable. La mauvaise surprise était ensuite la file d’attente pour payer ses achats. J’avais bien remarqué la longue file qui faisait le tour du rez-de-chaussée du musée comme un serpent, mais je ne me doutais pas que plus d’1 heure 30 minutes d’attente serait nécessaire avant de passer à la caisse. On passe finalement plus de temps dans la file d’attente de la boutique que dans la galerie du musée. C’est la deuxième fois que je viens voir une exposition au Setagaya Literary Museum. La première fois était l’année dernière pour une autre très belle exposition, celle dédiée à Junji Itō. Je me souviens que la file d’attente pour les goods était impressionnante et je ne m’y étais pas engagé. En y pensant maintenant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’exposition majeures dédiées au manga ces derniers temps, mais je ne suis pas sûr que ça soit un phénomène récent. C’est en tout cas une très bonne chose que le manga soit pleinement considéré comme un art montrable dans des musées et galeries d’art, et pas seulement comme un divertissement.

oublier les cerisiers (5)

Les deux premières photographies de cerisiers en fleurs ne sont pas prises dans un lieu particulièrement connu pour le hanami, mais dans une rue quelconque de Mita. Les résidences de cette rue sont d’un autre âge et le seul intérêt visble de cette rue vient des cerisiers qui la bordent. Les cinquième, sixième et septième photos reviennent vers Shibuya en pleine re-construction près de la partie Sud de la gare. Les tours commencent petit à petit à sortir de terre. Je passe volontairement et régulièrement par cette petite rue rendue piétonne longeant la voie ferrée pour constater de l’évolution du décor urbain. Cette rue piétonne parmi les constructions débouche sur la rue en pente Sakurazaka. Des groupes de personnes posent devant des lampions estampillés des noms des entreprises alentours. Sur un des murs blancs temporaires autour des constructions, je remarque une affichette pour la police nationale. Les yeux violets du major Motoko Kusanagi nous surveillent mais je n’ai pas encore vu de tachikoma dans les rues.