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Je continue à marcher après la pluie depuis Aoyama jusqu’à Daikanyama pour terminer ma course à Ebisu devant le petit sanctuaire qui reprend le nom du quartier. Dans les oreilles, quelques morceaux sélectionnés de compilations du magazine web indépendant AVYSS. Je parle régulièrement du magazine AVYSS consacré aux musiques alternatives et underground. Il a été fondé en Juin 2018 par Nobuyuki Sakuma (佐久間宣行) et mêle journalisme musical et organisation d’événements incluant concerts et festivals. Le nom de Nobuyuki Sakuma, également connu sous le nom de CVN, m’est en fait familier depuis de nombreuses années car il est le créateur du groupe Jesse Ruins, évoluant dans des atmosphères dream pop, shoegaze et d’électronique atmosphérique. Jesse Ruins était d’abord un projet solo de Sakuma avant de devenir un duo avec l’arrivée de la chanteuse Nah (Naho Imajima), dont la voix éthérée et fantomatique est une des signatures du groupe. Du groupe j’avais découvert leur premier album Dream Analysis sorti en 2012. Cet album m’avait beaucoup impressionné, voire hypnotisé, et il s’agit très certainement de leur œuvre la plus emblématique, avec des morceaux comme Sofia, le morceau titre Dream Analysis ou encore Shatter the Jewel. Après plusieurs années passées comme musicien, Nobuyuki Sakuma a estimé que les médias japonais parlaient surtout d’artistes déjà établis. AVYSS est né de cette frustration et de la volonté de mettre en avant des scènes encore invisibles.

Je n’écoute pas systématiquement toutes les sorties musicales mentionnées sur AVYSS mais je suis tout de même très attentif à son actualité. J’attendais avec beaucoup de curiosité la double compilation INNER SYNC et HOLLOW HYPE, dont certains noms d’artistes et groupes m’étaient familiers. Les deux compilations sont sortis à quelques jours d’intervalle au tout début du mois de Juillet, INNER SYNC le 1er juillet 2026 et HOLLOW HYPE le 8 juillet 2026. Ces deux albums ont été conçues comme un diptyque autour d’un même thème titré SURVIVE explorant deux façons complémentaires de traverser notre époque.

Le premier volume INNER SYNC est plutôt tourné vers le concept d’introspection. On retrouve dans les créations originales des artistes une forme de mélancolie rock, que j’aime beaucoup en musique. On est sur cette compilation proche des univers dream pop, shoegaze et indie rock. Sur les onze artistes de la playlist, j’en connais quelques uns dont j’ai déjà parlé sur Made in Tokyo, notamment Yuka Nagase (長瀬有花), XAMIYA et Yureru ha Yūrei (揺れるは幽霊). Le morceau de ce dernier groupe intitulé Tsumuruto (つむると) est d’une sensibilité déconcertante. La guitare cristalline de Hidaka (日高) et la voix délicate de Sako (佐古) nous saisissent immédiatement. Le jeune groupe Yureru ha Yūrei, originaire de la préfecture d’Okayama, a également sorti il y a quelques jours un nouveau single intitulé from qui est beaucoup plus énergique mais avec toujours cette même mélancolie latente. La dernière partie de l’album INNER SYNC me plait en fait beaucoup avec ensuite deux formations que je ne connaissais pas: Kosame Chan (小雨ちゃん) avec le morceau Genshisha no Koibito (幻視者の恋人) et Kuyuru (くゆる) avec Soul. Kosame Chan est en fait un projet solo d’une jeune artiste se définissant comme une employée de bureau qui enregistre sa musique chez elle (宅録オフィスレディ). J’aime beaucoup la guitare aérienne pleine de réverbération qui ouvre et accompagne le morceau et la voix très présente de Kosame Chan. On ressent en effet dans cette musique une grande intimité et fragilité, dans un format indie rock qui prend son temps dans le style slowcore. Le morceau intitulé Soul du groupe Kuyuru (くゆる) est en comparaison plus sombre et plus tendu. Il s’agit d’un groupe formé en 2022, composé de cinq membres: Ayana Shimoto (下戸あやな) au chant et guitare, Kōki Tobita (飛田熙) et Ryūta Ueda (上田隆太) aux guitares, Rui Kawase (河瀬塁) à la basse et Wataru Yamaguchi (山口航) à la batterie. On tend beaucoup plus vers le shoegaze notamment sur la deuxième partie du morceau où un mur de bruit envahit tout l’espace. Il s’en échappe tout de même la voix délicate et retenue d’Ayana Shimoto.

Je m’attendais à voir figurer sur cette compilation le groupe de rock indé iVy dont je parle régulièrement sur ces pages, car je vois ce duo souvent associé à AVYSS. Elles étaient notamment mises en avant dans la première édition papier du magazine, sur une longue interview. On retrouvait en fait iVy sur une autre compilation de AVYSS sortie en 2025 sous le nom AVYSS i.e. (アイ・イー) groupant douze reprises de divers artistes et groupes comme ASIAN KUNG-FU GENERATION, Quruli (くるり), Soutaisei Riron (相対性理論), tricot, Ichiko Aoba (青葉市子) entre autres. Les reprises étaient de qualité variable, mais j’ai particulièrement aimé la proposition de iVy, avec CVN à la composition, sur la reprise du morceau Strobolights de Supercar, extrait de leur album Highvision de 2002. La ré-interprétation est très réussie, ce qui n’était pas gagné d’avance car ce morceau est à mon avis un des plus emblématiques de Supercar. Sur cet album compilation, c’est la reprise qui m’a le plus convaincu. Sur la compilation INNER SYNC, j’aurais également bien vu figurer le groupe de rock indé Trooper Salute (トルーパーソリュート) que j’ai découvert avec leur excellent single Zetsuen (絶縁), extrait de l’album Tomodachi ga Imashita (友達がいました) sorti en Juin 2026. Le jeune groupe originaire de Nagoya est né sous sa formation actuelle en Janvier 2024 et se compose de cinq membres: Musashi (ムサシ) au chant, Hayato Komiya (小宮颯斗) aux claviers (également principal compositeur), Junsei Iwai (岩井純成) à la guitare, Ron Sangen (ロン三元) à la basse et Kion Umemura (梅村祈穏) à la batterie. Trooper Salute se définit lui même comme un groupe d’indie rock symphonique. On ressent cette ampleur symphonique sur le morceau Zetsuen. Le titre relativement long de 6 minutes 30s s’ouvre d’abord sur une introduction électronique où la voix de Musashi est découpée et répétée en boucle, créant un effet hypnotique très intéressant. La batterie et les guitares prennent ensuite progressivement toute leur ampleur. J’aime ce duo de voix, en contraste masculin et féminin, et notamment la voix pleine de passion de Musashi. La scène rock indé japonaise fourmillent de groupes très prometteurs comme Trooper Salute, et ce n’est pas le premier que j’écoute qui est originaire de Nagoya.

Le deuxième volet de la compilation AVYSS intitulé HOLLOW HYPE prend une orientation différente vers des sons et des énergies électroniques, hyperpop et hip-hop. On y trouve souvent des sons plus saturés et des rythmiques agressives. Là encore, quelques noms me sont familiers comme celui de l’artiste électronique cyber milkちゃん dont j’ai déjà parlé plusieurs fois, mais j’y trouve dans l’ensemble moins de morceaux qui m’accrochent vraiment. J’aime assez le morceau electro pop Face to Face de DOGGIE, artiste originaire de Tokyo évoluant à la frontière de l’électronique et du hip-hop. Le morceau suivant intitulé Downer par Elle m’intéresse beaucoup. Elle est un rappeur et chanteur japonais issu de la scène cloud rap, proche de l’écosystème SoundCloud que met régulièrement en avant AVYSS. Le cloud rap est un sous-genre du hip-hop apparu à la fin des années 2000 privilégiant des textures nous donnant l’impression que la musique flotte dans les nuages. Le morceau n’en est pas moins très rythmé. Dans les paroles, il nous parle de diverses choses banales, de ses préférences personnelles comme le fait de rester fidèle à Apple Music malgré la popularité de Spotify, de comparer les boissons Red Bull et Monster, préférant l’un à l’autre, puis il glisse discrètement le fait que Suzu Hirose n’est pas vraiment son type (広瀬すずタイプじゃないんよな). Il ne s’agit à priori pas là d’une critique spécifique contre l’actrice, mais plutôt d’une manière d’affirmer son détachement par rapport aux repères culturels immédiatement reconnaissables, Suzu Hirose étant une des actrices presque unanimement appréciées au Japon. Vers la fin de HOLLOW HYPE, le morceau électronique expérimental OverFloaT de NYANPiPi (ニャンピピ) a une approche assez radicale qui est très intéressant. De cette artiste electro hip-hop qui réalise tout elle-même, je connais le single Queendom, dont l’approche agressive donnait certains airs de ressemblance avec la K-Pop. NYANPiPi est apparemment bilingue japonais-coréen et écrit aussi bien en japonais qu’en coréen, ce qui explique peut être cette impression. Le morceau OverFloaT est par contre très différent et me plaît beaucoup plus, malgré sa courte durée. C’est d’ailleurs une des caractéristiques des quelques morceaux mentionnés ci-dessus sur ce deuxième volet de la compilation, les morceaux font moins de trois minutes.

Sur cette compilation, j’aurais bien imaginé la présence de 嚩ᴴᴬᴷᵁ qui est également proche de la sphère AVYSS. Ça aurait pu être son nouveau morceau publié pour l’instant seulement sur SoundCloud et n’ayant pas encore de titre officiel. 嚩ᴴᴬᴷᵁ a d’ailleurs fait appel aux propositions par l’intermédiaire d’un message sur son compte Instagram. Je lui ai laissé la proposition de nommer son titre « Vaciller », volontairement en français dans le texte pour susciter une réaction et parce que je ressens souvent ce vacillement dans sa musique. Elle emploie d’ailleurs le mot plusieurs fois dans ce nouveau morceau sans titre (ou plutôt avec un titre provisoire NOTITLE). Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me réponde en me demandant de confirmer que c’était bien un mot français et pour savoir les raisons qui m’ont poussé à faire cette proposition. Mon explication n’a pas encore reçu de réponse ou d’approbation de sa part, mais on verra bien quel titre s’appliquera finalement à ce nouveau single, par ailleurs très beau.

tremendous volcanic explosions sometimes occur

Je retrouve en musique le duo tokyoïte iVy, composé de fuki à la guitare, composition, et chant et pupu au synthétiseur et chant, avec deux nouveaux morceaux couplés Twin Leicas (ふたごのライカ) et Septum (セプタム). L’atmosphère de leur musique mélangeant dream pop, shoegaze et pop alternative, reste similaire à ce que je connaissais d’elles sur leur dernier album, mais cet EP marque tout de même une évolution importante de leur son, dans le sens où le duo commence à travailler davantage en studio tout en conservant une impression d’intimité et de bricolage sonore. Cela donne un son plus ample, avec notamment une batterie plus présente, tout en conservant la fragilité flottante qui définit leur son. Les deux morceaux sont excellents, comme toujours très sensoriels, et j’aime particulièrement la rythmique presque dansante de Septum.

濡れた道飛ばして

Je pense que je pourrais faire une longue série de photographies de crashed cars trouvées dans Tokyo ou ailleurs au fil des années, parfois dans des endroits inattendus. Comme ici, près de Yoyogi, ce ne sont a priori pas des scènes d’accidents, bien que ça y ressemble beaucoup. Je suppose que la voiture ne doit plus servir et qu’elle est placée là comme un pot de fleurs livré à lui-même. Ça m’a d’autant plus étonné de trouver cette voiture cabossée que, non loin de là, j’ai aperçu deux voitures vintage très bien entretenues par leur propriétaire. Je n’ai pas pris ces deux voitures-là en photographie, manquant de volonté de sortir mon appareil photo de mon sac sous la pluie fine et incessante de ce samedi. Ces derniers jours, j’ai repris mon objectif 50 mm, en mettant de côté pour quelques semaines le grand angle. Il peut être frustrant de ne pas avoir mon grand angle avec moi lorsque je tombe par hasard sur un bâtiment à l’architecture intéressante que je n’arrive pas à saisir dans son intégralité avec un 50 mm, le recul dans les étroites rues tokyoïtes étant parfois très limité. Ça me force à penser à des angles différents, à privilégier le détail, à me déplacer tout autour du sujet pour construire une prise de vue intéressante. Ce travail d’approche et de construction me redonne goût à la photographie. Je ressors d’ailleurs souvent cet objectif quand ma motivation photographique est au plus bas. Petite note automobile au passage, je modifie en général les numéros de plaques d’immatriculation.

J’entends occasionnellement parler d’une renaissance du mouvement shoegaze parmi les jeunes groupes rock japonais. C’est une bonne nouvelle, même si j’ai le sentiment qu’il n’avait jamais vraiment disparu pendant toutes ces années, le groupe Yuragi (揺らぎ) en étant un bon exemple. Tout comme la musique en elle-même, les contours du mouvement shoegaze sont de toute façon très flous, et il est difficile d’attacher un groupe à ce seul courant. En parlant de Yuragi, je garde toujours en tête les paroles « Daremo shiranai ao » (誰も知らない青) du morceau AO, issu de l’EP Nightlife sorti en 2016. La couleur bleue reflète très bien le courant shoegaze et le sentiment qu’on y évacue une douleur personnelle que personne ne saurait vraiment comprendre, sauf la personne qui chante les yeux rivés sur le sol. Mon traitement photographique privilégie la couleur bleue ces derniers temps, même si cela reste tout à fait subtil et qu’on peinerait même à s’en rendre compte (誰も知らない青). Plus récemment, j’avais beaucoup apprécié le single Our de Yuragi, mais j’avais un peu oublié qu’ils avaient également sorti, à la fin du mois de janvier 2025, leur troisième album intitulé In Your Languages. En écoutant le premier morceau de cet album, You Have Been Calling Me, je regrette déjà de ne pas l’avoir découvert plus tôt. Je me dis parfois que les musiques que j’aime sont tellement nombreuses que j’ai du mal à toutes les découvrir. Je le note en tout cas dans ma liste des découvertes à faire dans un futur proche, car je voulais en fait mentionner ici deux autres morceaux.

Il y a d’abord un nouveau single intitulé Yugamu Pink (ゆがむぴんく) du groupe iVy, dont j’ai déjà parlé récemment à propos de leur premier album Confused Apatite (混乱するアパタイト) sorti en juin 2025. Il aurait très bien pu être inclu dans l’album, qui compte pour moi parmi les excellentes surprises de cette année. On y retrouve cette nostalgie et cette délicatesse qui me plaisent vraiment beaucoup. Le duo féminin d’iVy ne force pas le trait, ce qui donne au morceau une atmosphère floue et rêveuse. J’écoute ensuite le morceau Sunday Driver du groupe rock indé Kurayamisaka (くらやみさか), extrait de leur premier album Kurayamisaka yori Ai wo komete, sorti le 10 septembre 2025. Kurayamisaka est un groupe originaire d’Ōimachi, à Tokyo, composé de cinq membres: Shōtarō Shimizu (清水正太郎) à la guitare, le leader du groupe, qui compose la quasi-totalité des morceaux et chante sur certains, Sachi Naitō (内藤さち) au chant et à la guitare, Ryūji Fukuda (フクダリュウジ) à la guitare, Rinpei Azami (阿左美倫平) à la basse, et Yōsuke Horita (堀田庸輔) à la batterie et aux chœurs. Si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’avais déjà parcouru leur mini-album Kimi wo omotte iru sorti en 2022, mais je n’avais pourtant pas poursuivi l’écoute. Le morceau Sunday Driver est en revanche tout à fait mémorable, à l’accroche immédiate. Les guitares y sont très présentes, en profondeur, ce qui paraît assez normal sachant que le groupe comprend tout de même trois guitaristes. De cet album, j’écoute également le deuxième morceau, Metro, qui est tout aussi attirant. Sur ces deux titres, le groupe ne révolutionne pas le genre, mais ils me donnent une envie irrésistible d’écouter le reste de l’album. S’il y a une constante dans les groupes de rock japonais, en particulier ceux de rock alternatif, c’est qu’ils ont un profond respect pour le genre, ce qui les pousse, à mon avis, vers une forme de perfection technique. Il y a une notion de craftsmanship très ancrée dans la culture japonaise, que l’on retrouve également dans le rock indépendant.

Kurayamisaka (暗闇坂) peut également faire référence à une route en pente sombre et ténébreuse. Il y en a plusieurs à Tokyo, dans les arrondissements de Minato, Shinjuku, Ōta, entre autres. Le nom du groupe vient certainement de celle située entre les stations d’Ōimachi et de Samezu, dans l’arrondissement de Shinagawa.

夢に溶ける声のない世界

Tokyo Daijingu (東京大神宮), le Samedi 5 Juillet 2025.

Les photographies ci-dessus ont été prises au sanctuaire Tokyo Daijingu (東京大神宮) à proximité de Iidabashi, quelques jours avant la célébration de Tanabata (七夕) qui a lieu le 7 juillet de chaque année. Les décorations aux multiples couleurs étaient déjà préparées et nous avons pu en profiter sans la foule un peu avant 21h. Tanabata est également appelé la fête des étoiles. Il s’agit d’une tradition inspirée de la légende chinoise de Orihime (Véga) et Hikoboshi (Altaïr), deux amants séparés par la Voie lactée qui ne peuvent se retrouver qu’une fois par an, le 7ème jour du 7ème mois. Lors de Tanabata, on écrit nos vœux sur des petits papiers colorés appelés tanzaku (短冊) que l’on accroche ensuite à des branches de bambou. Au grand sanctuaire de Tokyo Daijingu, encastré au milieu des immeubles, ces tanzaku sont accompagnés de nombreuses décorations pleines de couleurs, dont je transmets la teneur sur les deux photographies abstraites ci-dessus. Nous n’avons pas l’habitude de célébrer Tanabata. Le seul et unique souvenir que j’en ai était alors que j’étais encore étudiant à Nagasaki. Avec d’autres personnes de l’école, nous avions ce jour là lancé des mini feux d’artifice dans le jardin de la famille d’accueil le long de la rivière à Mikawa Machi.

知りたがりはしない。知らない方が大人で知りたい方が子供。

Dans les belles découvertes musicales ces derniers temps, voici le premier album du duo alternatif iVy intitulé Confused Apatite (混乱するアパタイト) sorti le 18 Juin 2025. Le duo alternatif d’influence Dream Pop est originaire de Tokyo et s’est formé en 2023, composé par fuki au chant et à la guitare et par pupu également au chant et au clavier. Elles se sont rencontrées via les réseaux sociaux de leur université et ont sorti un premier EP en 2024. Je découvre ce groupe par l’intermédiaire du magazine web Avyss qui est décidément une bonne source de découvertes musicales pour ce qui est des musiques alternatives. L’album Confused Apatite se compose de 13 morceaux oscillant entre la Dream pop et le shoegaze, avec certains passages plus pop et ludiques, et des morceaux interludes avec certains passages parlés. L’album adopte une approche mélancolique qui me plait beaucoup, faite d’une certaine fragilité émotionnelle. Difficile de choisir les morceaux que je préfère car ils forment un ensemble, mais je noterais volontiers le troisième intitulé Vampire (ヴァンパイア), le cinquième plus pop électronique tea time mystery!, any n◯ise ensuite pour son approche beaucoup plus shoegaze et son petit passage énervé, et le superbe huitième morceau Fūoū (楓桜) et son Kimi ga Uchū ni Naru (君が宇宙になる) qui m’intrigue beaucoup à chaque fois. Le dixième morceau You got mail (ユーガッタメール) me donne des frissons à chaque écoute et compte parmi les morceaux donnant cette ambiance particulière à l’album. Le « You got mail » du titre me rappelle le jingle vocal des boites email AOL (America OnLine) qui étaient populaires au Japon dans les années 1990-2000 mais je doute que les deux filles d’iVy étaient nées à cette époque là (ou tout juste peut-être). J’adore aussi le plus ludique et bizarre Family Restaurant Rock (ファミレス⭐︎ロック) puis SCF:Utsusemi (SCF:空蝉) qui conclut l’album sur un ton plus noise rock. On trouve dans l’album Confused Apatite d’iVy beaucoup de morceaux remarquables et je le fais volontiers entrer dans la petite liste de mes albums préférés de l’année.