courir entre les buildings

Ces dernières semaines, je me décide à partir courir un peu le samedi. Une bonne heure tout au plus suffit largement à me fatiguer. J’aime beaucoup marcher et je pourrais marcher très longtemps, mais moins courir. Même en courant, je ne peux m’empêcher de prendre des photographies en cours de route. Je n’emmène bien entendu pas le réflex avec moi dans mes courses effrénées mais seulement l’iPhone dans une petite pochette que j’accroche autour du bras.

Cette fois-ci, je pars faire ma course vers le quartier de Shirogane. Plus la fatigue me gagne, plus les photographies sont nombreuses car j’utilise le prétexte de la prise de photo pour faire un arrêt quelques instants. En fait, je décide mon parcours en fonction des bâtiments que j’ai envie de revoir sur mon chemin. Je fais d’ailleurs un tour vers Shirogane pour revoir le Nani Nani, la forme de montagne verte, de Philippe Starck. Je passe également devant l’ambassade de France, près de Hiroo, pour prendre en photo un petit bâtiment de béton aux formes asymétriques. Mais je découvre aux hasards des rues de nouveaux objets architecturaux que je ne connaissais pas, comme cette maison blanche aux formes particulières. Une partie de l’escalier est ouvert sur l’extérieur et des plantes commencent à envahir la petite terrasse à l’entrée.

J’aime partir au hasard des rues en me demandant à tout instant si elles ne cachent pas des choses intéressantes, une architecture remarquable. Courir a l’avantage de scruter un quartier rapidement. Je dirige mes pas vers un morceau de béton au loin qui dépasse et qui semble avoir une forme singulière. Je recherche également les endroits où la végétation se mélange à l’urbain comme sur cette résidence aux briques rouges. Mon réflexe d’association urbano-végétal me revient en tête certainement. Un arbuste semble pousser à l’étage et grimpe chez les voisins du dessus sans y être invité.

Nani Nani (2)

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Cet étrange bâtiment de cuivre oxydé, on le doit à Philippe Starck, Il s’agit du Nani Nani et on le trouve à Shirogane. J’avais déjà pris en photo cet étrange objet architectural il y a quelques années (7 ans). Coté musical, quelques morceaux que j’écoute en boucle tout en dessinant ce matin avant que Mari se réveille (Zoa étant en vadrouille): le nouveau morceau de SBTRKT intitulé New Dorp. New York avec la voix de Exra Koenig, assez différent de ce que je connaissais de SBTRKT en plus underground peut être et j’aime beaucoup les associations de voix et les percussions sur ce morceau. J’écoute aussi quelques morceaux électroniques de l’américain de Los Angeles Lost Midas sur son album Off the Course notamment Sunset Strut, et finalement retour au Japon avec Aquarius de Primula. Petite nouvelle photographique, mon objectif photo Sigma 20mms grand angle est apparemment revenu à la vie… Il est increvable mais à surveiller quand même car c’est peut être un dernier sursaut avant de s’éteindre définitivement.

NANI NANI

NANI NANI, qu’est ce que c’est? un monstre vert sorti du royaume de Miyazaki ou une création de Philippe Starck datant de 1989? Basé sur une formule interrogative, ce nom de building assez curieux est apparemment né des nombreuses confusions et questionements vécus par les créateurs (Starck en collaboration avec Makoto Nozawa de GETT) lors de l’élaboration de ce projet monstrueux. On imagine les difficultés linguistiques.

Il s’agit du premier projet architectural de Starck à Tokyo, avant l’immeuble à la flamme pour le quartier général de Asahi Beer à Asakusa. Après plus de 17 ans d’existence, le revêtement courbé de cuivre est déjà bien oxydé, lui donnant cette couleur verte particulière, comme une petite montagne de Guilin en pleine ville. Je vais peut être un peu loin dans l’imaginaire mais J’aime ces créations qui pousse le passant à l’imagination, tel que peut le faire Makoto Sei Watanabe sur ses créations architecturales, dans un autre style plus futuriste, mais également biomorphique sur certaines d’entre elles.

UNHEX NANI NANI est à l’adresse suivante: 4-9-23 Shiroganedai, Minato-ku, Tokyo. Facile à identifier sur la grande avenue Platinum.

Ja

En ce moment, j’organise souvent nos déplacements du week end en fonction des buildings à photographier. Le magazine The Japan Architect (japonais-anglais) est une vraie mine d’or, c’est même un peu ma bible en ce moment. On peut découvrir, par exemple, dans le dernier numéro JA64 les créations architecturales japonaises les plus remarquables de l’année 2006: Aomori Museum of Art de Jun Aoki, MIKIMOTO Ginza 2 de Toyo Ito, Moriyama House de SANAA, … Je pars maintenant à la recherche des anciens numéros…