the preparation for a dive is always a tense time

Dans la continuité musicale du billet précédent, j’écoute aussi beaucoup quelques autres morceaux de rock indépendant japonais en commençant par celui intitulé Gekkō (月光) du groupe Blurred City Lights (ブラードシティライツ), trio formé à Nagoya en 2022 dont le fil directeur est que « les lumières floues de la ville finiront sûrement par vous éclairer » (ぼやけたまちのひかりは、きっとあなたを照らし出す). Cette atmosphère urbaine très atmosphérique, d’inspiration shoegaze mais pas très éloignée des mélodies pop mélancoliques, me plaît beaucoup. La voix de Nanase Kamiya (神谷なな星) possède une douceur féminine très intense. Quand j’ai écouté pour la première fois le morceau Route 225 (ルート225) du groupe cephalo, j’ai tout de suite ressenti une ressemblance avec le son et les voix du groupe iVy dont je parlais encore dans le dernier billet. Ce n’est que maintenant en écrivant ce petit texte que je réalise que cephalo est en fait un deuxième projet musical de Fuki de iVy. Mon intuition était donc plus que correcte. Route 225 accroche immédiatement avec ses guitares denses et flottantes, ses mélodie menées avec conviction par la voix claire de Fuji, et ses chœurs qui m’évoquent un peu ceux de Yurika Kasai (河西ゆりか) chez Hitsuji Bungaku (羊文学). A ce propos, Hitsuji Bungaku a également sortie un nouveau single intitulé Dogs, qui n’est pas leur meilleur mais qui est étonnamment abrasif, tout à fait en accord avec le drama juridique Sins of Kujo (九条の大罪) dont il est le thème du générique de fin. J’ai beaucoup aimé cette série sortie en Avril 2026 adaptée du manga de Shohei Manabe. L’histoire suit Taiza Kujo interprété par Yuya Yagira, un avocat controversé qui accepte de défendre les personnes les plus détestées de la société. Les premiers épisodes m’avaient un peu décontenancé car l’avocat défend des gens indéfendables, mais la série arrive à trouver un bon équilibre au fur et à mesure des épisodes. Toujours dans le même esprit rock indé, j’écoute également le morceau nine lives du groupe tiny yawn, originaire de Tokyo, dont j’avais deja parlé dans un billet précédent. J’aime beaucoup la trame de guitare intriquée jouée par Yuki Sugama accompagnant une bonne partie du morceau et la voix toujours intense de Megumi Takahashi ne forçant pourtant pas le trait. J’écoute ensuite le morceau Rock’n’Roll (ロックンロール) du groupe Shiroi Inu (白い犬), également originaire de Tokyo. On reste dans les sons rock indé avec une approche plus rugueuse et spontanée. J’adore l’entrelacement des deux voix, une féminine et une masculine, sur ce morceau. On y ressent une légère dissonance car les deux voix chantent volontairement sur un ton un peu décalé, mais ça contribue complètement à l’intérêt du morceau. On continue avec les associations atypiques de voix sur le morceau Outta My Way de Sorry Youth avec PEDRO. Je parle souvent sur ces pages du groupe japonais PEDRO mais je ne connaissais pas le groupe rock taïwanais Sorry Youth (si on le dit un peu vite, on pourrait penser au nom d’un autre groupe de rock alternatif américain). Sorry Youth chante en chinois puis Ayuni de PEDRO les accompagne en japonais. Le morceau fonctionne très bien comme collision entre deux scènes rock asiatiques qui partagent une même sensibilité mélodique et émotionnelle. Les guitares y sont abrasives, le rythme tendu, et la voix d’Ayuni possède cette énergie directe et nerveuse qui fait monter le final du morceau dans une catharsis qui me plaît vraiment beaucoup. « Ne viens pas te mettre à travers mon chemin (邪魔させないよ) » nous répète elle incessamment pendant ce final mémorable.

an untilted life (2)

Après avoir monté les escaliers du sanctuaire d’Atago fraichement rénové, je me remémore trois autres morceaux que j’ai ajouté à ma playlist nommée ‘an untilted life’. Il y a d’abord un morceau rock intitulé Kūfukuna Dōbutsu no Tame no (空腹な動物のための), sous-titré en anglais Monkey Irony, du groupe Oisicle Melonpan (おいしくるメロンパン). Il s’agit d’un trio d’origine tokyoïte lancé à la fin de l’année 2015, alors que les trois membres étaient encore lycéens. Ils ont déjà sorti huit mini-albums, dont celui intitulé Eyes contenant le morceau qui a intégré la petite playlist sur mon iPod. Le groupe se compose de Nakashima (ナカシマ) au chant et à la guitare, Shōsetsu Minegishi (峯岸翔雪) à la basse et aux chœurs, et Shuntarō Hara (原駿太郎) à la batterie et aux chœurs. Le nom plutôt étrange du groupe a été trouvé par le chanteur Nakashima alors qu’il mangeait un excellent pain au melon (bien sûr), mais il aurait aussi décrété qu’il n’aime pas les pains au melon tant que ça. J’imagine qu’on a dû lui poser maintes fois des questions sur les origines du nom du groupe, et ça a peut-être fini par l’agacer. Précisons qu’il s’agit d’une pure supposition de ma part. Le morceau Monkey Irony est fait d’un rock alternatif aux accents pop avec des guitares puissantes et un refrain très marqué grâce à la voix affirmée du chanteur Nakashima. J’aime cette guitare qui avance par moments par à-coups car ça me fait un peu penser à Tricot. J’écoute ensuite un morceau d’un autre groupe que je ne connaissais pas, Flower Raft (花筏) de tiny yawn. Le groupe tiny yawn est principalement actif à Tokyo depuis 2017 et se compose de quatre membres: Megumi Takahashi au chant et claviers, Yuki Sugama à la guitare, Koji Yasuda à la basse et Kohei Takashima à la batterie. Je suis tout de suite sensible à la mélancolie rock qui se dégage du morceau. Les accords de guitare de Yuki Sugama nous saisissent immédiatement et la voix claire très légèrement rugueuse de Megumi Takahashi nous transporte, peut être quelque part dans les montagnes enneigés autour du Mont Fuji et de ses cinq lacs comme le suggère la vidéo. La mélodie du morceau est très belle et transmet des émotions auxquelles je suis réceptif. Le morceau Flower Raft est disponible sur le EP intitulé Padle Ship sorti en Mars 2024. Je termine par une dernière étape, cette fois-ci électronique, avec le groupe Tamanaramen (玉名ラーメン) dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog, notamment pour leur EP Hajimari (はじまり). Le single telepath composé et chanté par Pikam et Hana est sorti le 20 Décembre 2023. On y retrouve les particularités de Tamanaramen avec ses ambiances électroniques vaporeuses et les voix du duo légèrement chuchotantes et enfantines. Les morceaux de Tamanaramen sont à chaque fois teintés d’une once de mystère et j’ai toujours l’impression d’entrer dans un monde à part où tout le monde ne serait pas invité, comme si cette musique ne se révélait à nous que sous certaines conditions. Cette pointe d’imaginaire et d’irréel me plait à chaque fois beaucoup dans la musique de Tamanaramen.