TOKYO par NAKANO

Le photographe Masataka Nakano expose en ce moment au Musée de la photographie de Tokyo, à Yebisu Garden Place. Je connais très bien deux de ses séries, certainement les plus connues, Tokyo Nobody et Tokyo Windows car j’ai les photobooks à la maison. Mari me les avait offert pour mes trente ans et je les ai souvent feuilleté. Je dirais même que les photographies de Nakano m’inspirent toujours beaucoup maintenant, dans le sens où mes photographies amateurs cherchent parfois à fuir la présence humaine, sans pour autant aller dans les extrêmes de la série Tokyo Nobody. Les photographies de Masataka Nakano se concentrent plus sur les constructions humaines que sur la présence de leurs créateurs, et cette approche m’est assez familière.

Dans les pièces de la galerie, les photographies sont imprimées en très grands formats et couvrent Tokyo pendant une période de 30 à 40 ans. C’est très intéressant de constater les changements urbanistiques de la ville, comme ceux que l’on peut voir actuellement à Shibuya. Même si ce n’est pas si vieux que ça, je revois l’ancienne gare de Shibuya en photo avec une certaine nostalgie. Nakano nous dit la chose suivante au sujet de cette ville en éternel changement: « I cannot quite decide, to be honest, whether to take a positive or negative stance toward the transformation which Tokyo is currently undergoing. I have always shot my images of Tokyo from a contradictory perspective with love and hate in equal measures. The idealized vision of a city I have in mind is of a space where retro buildings, with the cachet they offer, coexist with cutting-edge structures in a nice balance – and yet, Tokyo has already demolished things of great importance irreversibly. » J’ai les mêmes sentiments contradictoires entre amour et haine en prenant mes photographies des rues de Tokyo, sentiments qui sont, je pense, dû à la nature hétéroclite de l’espace urbain. J’aime tout autant photographier les anciens bâtiments que les nouvelles structures. Le paradoxe est que le fait que Tokyo soit toujours en évolution rend cette ville continuellement intéressante à photographier, mais on regrette en même temps de voir disparaître des quartiers tout entier au prétexte de la modernité (et des obligations de mettre aux normes antisismiques adéquates). À Tokyo, la photographie joue le rôle de mémoire de la ville. Je suis moi-même assez conscient de cela lorsque je prends mes photographies de Tokyo, car je sais qu’un grand nombre de bâtiments ne subsisteront pas éternellement.

La série Tokyo Nobody est toujours impressionnante à regarder, notamment en grand format. Voir des lieux qui grouillent normalement de monde, comme Ginza ou Shibuya, soudainement totalement vide de monde surprend. On imagine que la ville a été soudainement désertée. Mais on comprend aussi que les photographies on été prises très tôt le matin et certainement pendant des jours fériés. On devine cela sur certaines photographies où les drapeaux japonais sont sortis dans les rues, ce qui symbolisent une fête nationale. Nakano explique d’ailleurs que l’idée lui est venue de montrer Tokyo vide de gens alors qu’il était resté seul dans Tokyo au moment des congés du premier de l’An, alors que tous ses amis étaient retournés dans leurs villages natals. C’est moins vrai ces dernières années, mais l’activité commerciale est quasi nulle pendant les tous premiers jours de l’année, les magasins étant fermés et les gens restant chez eux au chaud. J’ai quand même une attirance pour la série Tokyo Windows qui montre des vues sur Tokyo à partir de fenêtres d’appartements, de salles de bureau, entre autres. Les vues sont parfois impressionnantes comme celle depuis une chambre montrant la goutte d’or de Philippe Starck sur l’immeuble Asahi Beer Hall à Asakusa. Comme les photographies de Nakano montrent volontairement une partie d’espace intime près des fenêtres, on se met en situation. On s’imagine vivre dans cet espace, dans cette chambre, et profiter en silence de la ville avec cette vue qui nous coupe le souffle. Ces photographies me donnent la même impression que lorsque je visite un château médiéval et que je m’imagine y vivre pendant quelques instants.

Masataka Nakano montre bien sûr d’autres séries dans cette exposition, notamment une sur la tour de Tokyo. Il nous dit d’ailleurs à propos de cette tour: “The tokyo Tower stands as what I would consider to be the symbol of Tokyo even now with the construction of the Tokyo Skytree. […] To me, a symbol is something that is somehow soothing and gives me a curious sense of relief when it comes into view, regardless of my emotional state or physical location.” C’est intéressant de remarquer que la nouvelle grande tour SkyTree n’a pas remplacé la vieille tour de Tokyo dans le coeur des gens. Nakano nous dit qu’il se sent rassuré lorsqu’il aperçoit la tour de Tokyo dans le paysage urbain, de la même manière que la plupart des japonais s’exclame en apercevant au loin le Mont Fuji lorsqu’il décide de sortir des nuages. Je comprends cet enthousiasme car il m’a également gagné, mais il s’agit de l’exact même sentiment que lorsqu’on aperçoit la tour Eiffel à Paris. Les photographies de Masataka Nakano montrent aussi le Tokyo métaboliste, en particulier les zones urbaines de Ariake et Odaiba, construites sur des espaces initialement déserts gagnés sur la mer et sur lesquels l’architecture a poussé subitement jusqu’à la fin de la bulle économique. Les photographies nous montrent ces espaces en construction. Ils semblent parfois irréels comme sur les photographies montrant la nouvelle ligne Yurikamome avec ces stations aux formes futuristes desservant des zones qui sont encore vide. La série Tokyo Float visite les canaux de Tokyo, ceux recouverts par l’autoroute intra-muros et qu’on pourrait presqu’oublier tant ils sont dissimulés derrière les murs de béton et l’infrastructure autoroutière. A travers l’oeil du photographe, on redécouvre ces espaces oubliés. Il y a une autre série un peu différente au fond des salles d’exposition intitulée Tokyo Snaps. Elle est différente car les photographies se concentrent sur la foule, la présence humaine en mouvement. Cette dernière série m’intéresse un peu moins. Pour les photographies capturant l’activité humaine, je préfère celles de Daido Moriyama. Je repasse alors voir les séries que je préfère, car on ne s’en lasse pas. Je vois une jeune femme assise sur une des deux banquettes de la salle et elle regarde d’un air rêveur les murs de photographies devant elle. Je l’envie car j’aimerais bien aussi prendre un peu de temps pour rêver assis sur ces banquettes, mais le temps m’est déjà compté. 二時間だけのバカンスでした。

L’exposition retrospective des photographies de Masataka Nakano se déroule jusqu’au 26 janvier 2020 au Tokyo Photography Art Museum de Yebisu Garden Place. Les photographies sont autorisées à l’intérieur de la galerie.

a day with s (2)

Nous déjeunons au 38ème étage de la tour de Yebisu Garden Place, depuis laquelle nous avons une très belle vue sur une partie de Tokyo, du côté de la Tour de Tokyo et de Roppongi Hills. Il nous faut ensuite réfléchir à l’itinéraire de l’après midi, et nous nous mettons assez vite d’accord pour aller à Nakano Broadway, un des royaumes du monde Otaku avec Akihabara. En fait, je ne suis jamais allé à Nakano Broadway et bien que connaissant le nom de cet endroit, je ne savais pas trop ce qu’on y montrait et vendait. En fait, je savais seulement que Takashi Murakami y avait installé une boutique et un café, que j’avais envie d’aller voir. Voilà une bonne occasion de s’y rendre. Nakano est seulement à quelques stations de la gare de Shinjuku. Il faut marcher quelques centaines de mètres dans une galerie marchande couverte depuis la gare pour finalement arriver à Nakano Broadway. Il s’agit d’un grand immeuble de plusieurs étages avec de multiples boutiques. L’affiche futuriste de ce centre commercial indique tout de suite que le monde du manga et du cinéma d’animation est couvert ici. Il y a en fait beaucoup de magasins de figurines manga, qui doivent être vendues d’occasion. En fait, dans chacune des boutiques, on entre dans un monde de collectionneurs. Ici, des vieux jouets, là, des affiches de vieux films japonais, un peu plus loin, des jeux vidéos vintage. On s’amuse en regardant les prix, par exemple des cartouches de jeux Neo Géo à 420,000¥. Les jeux Neo Géo étaient inabordables à l’époque, mais ce sont maintenant des pièces de collection. Dans une boutique de vieux jouets plutôt axés Ultraman et ses divers monstres, je trouve par hasard un dinosaure mécanique Zoids que j’avais étant petit, et qui se vend 20,000¥ avec la boîte d’origine (10,000¥ sans). C’est incroyable comme certains vieux jouets peuvent prendre de la valeur. Le problème est que l’on ne sait bien sûr pas à l’avance lesquels prendront de la valeur. Certaines figurines et jouets nous rappellent des souvenirs d’enfance. Ces boutiques sont comme des mini-plongeons dans le temps. En se perdant un peu dans les couloirs du centre commercial, on finit par tomber sur le café de Murakami juste à côté d’une petite galerie d’art montrant un étrange samouraï mort-vivant. La galerie appelée Hidari Zingaro fait partie de l’espace de Takashi Murakami. Ce samouraï à tête de mort est une des pièces de l’exposition intitulée Ronin de l’artiste tatoueur Jun Cha, basé à Los Angeles. Mais il est temps de prendre un café au Bar Zingaro de Murakami. Il est bien entendu décoré d’un grand nombre de soleils colorés, dessins emblématiques de Murakami. L’endroit est assez petit mais nous avons la chance de trouver tout de suite une place. Depuis que j’ai vu la grande exposition qui lui était consacré à Roppongi Hills il y a quelques années, j’ai pris un certain intérêt à suivre le travail artistique de Murakami. J’aime notamment quand il modifie l’image de ces figures bon-enfants pour les transformer en petits créatures monstrueuses. L’univers du café Zingaro reste bon-enfant, mais attention, un grand monstre poilu guette dans un coin sombre du café.

La suite de notre après-midi s’accélère. En revenant de Nakano, nous nous arrêtons à Shinjuku pour traverser la minuscule allée de restaurants en comptoir de Omoide Yokocho. Avant cela, il nous aura fallu attendre, coincés dans la marée humaine du samedi soir entre la gare de Shinjuku et le Studio Alta. Je n’avais jamais vu autant de monde à Shinjuku, même un samedi soir. Après Omoide Yokocho, nous longeons Kabukichō, toujours dans la foule, pour accéder un peu plus loin aux rues étroites d’un autre temps de Golden Gai. Nous n’avons pas le temps de nous y arrêter, et je serais de toute façon bien en mal de choisir un de ces bars aux portes fermées sur l’extérieur. Certains bars affichent pourtant un écriteau en anglais pour souhaiter la bienvenue. Mais j’imagine que ceux qui viennent dans ces endroits veulent y trouver une ambiance à part et ne viennent pas pour se retrouver entre touristes étrangers. Je suis allé dans un de ces bars il y a très longtemps une ou deux fois, mais je ne souviens plus duquel et à quelle occasion. Pour des raisons indépendantes de ma volonté, les souvenirs de fin de soirée dans les rues de Shinjuku se font parfois flous. Depuis Shinjuku, nous décidons de marcher vers le nouveau stade olympique avant de regagner Shibuya. Mais la fatigue se fait sentir dans les jambes et le pluie fine incessante finit par avoir raison de notre volonté initiale. Nous prenons donc plutôt la ligne de métro Fukutoshin qui nous amène en quelques minutes seulement jusqu’au centre de Shibuya. Nous voulions revoir le grand carrefour de Shibuya envahi par les flots humains. Je me souviens d’un point de vue en haut d’un des buildings du croisement. J’y suis déjà allé il y a plusieurs mois. Alors que c’était auparavant gratuit, il faut maintenant s’acquitter de 300¥ par personne pour accéder au point de vue sur le carrefour. C’est vraiment abusé, d’autant plus que les vitres de protection mouillées par la pluie ne donnent qu’une vue floue du carrefour. En redescendant du building, on se console en quelque sorte en admirant les fresques dessinées sur les murs de l’escalier nous faisant redescendre au rez-de-chaussée. J’aime beaucoup la fresque représentant deux boxeurs avec des pieuvres sur la tête ou ces autres pieuvres aux allures extra-terrestres qui me rappellent les personnages ennemis d’un des jeux de la série Metal Slug sur Neo Geo. Pour conclure cette longue tournée dans les rues de Tokyo, nous mangerons des sushis à Shibuya, avant de souhaiter bon voyage à Samy qui partira pour Hong Kong, la prochaine étape de son long voyage.

une lumière existe ici

Quelques photographies prises le soir autour de Ebisu et de Kichijoji alors que la lumière naturelle passe la main aux lumières artificielles de la ville. Avant que la nuit tombe, je pars en direction du Tokyo Photographic Art Museum à Yebisu Garden Place. Je n’y étais pas allé depuis sa rénovation intérieure. Je ne pouvais pas manquer l’exposition Architecture x Photography – A light existing only here 建築 × 写真 ここのみに在る光, qui s’y déroule en ce moment et jusqu’au 27 janvier 2019. Comme son nom l’indique, l’exposition nous montre des photographies d’architecture organisées en séries avec un accent prononcé sur l’implication de la lumière.

L’exposition démarre aux origines de la photographie car l’architecture, du fait qu’elle soit statique, était un des objets privilégiés des premiers photographes. La complexité du processus de prise d’image à l’époque ne permettait pas de prendre facilement en photographie des sujets en mouvement. Le début de l’exposition nous montre rapidement quelques daguerréotypes, une superbe vue panoramique de Edo depuis la colline de Atagoyama datant de 1865-66 par Felice Beato et bien sûr des photographies du vieux Paris par Eugène Atget et quelques photographies d’habitations dans l’Amérique profonde de Walker Evans. La partie principale de l’exposition commence ensuite, nous montrant des séries photographiques prises exclusivement par des photographes japonais au Japon mais également dans divers lieux d’Asie et d’Europe. Il s’agit, pour beaucoup, de photographies d’architectures célèbres pour leur histoire ou par leurs architectes, mais on trouve également d’autres lieux, tout aussi remarquables, comme les maisons traditionnelles minka dans le village de Shirakawa-gō par le photographe Yukio Futagawa, ou l’ancienne île minière de Hashima surnommée Gunkanjima photographiée dans les années 50 par Ikko Narahara. Les photographies de villes sombres et condensées, pleines de détails, m’impressionnent. Il en est de même pour l’ancien quartier Kowloon Walled City à Hong Kong, désormais détruit. Sur les photographies prises en 1987 par Ryuji Miyamoto, on y découvre des lieux sombres et insalubres, dans lesquels la vie devait être difficile et les conditions sociales éprouvantes. Dans ces lieux là, la lumière se faufile tout de même entre les murs aux étages supérieurs. L’architecture confrontée à la lumière est le sujet principal de cette exposition. Elle peut être forte comme en Italie sur des photographies de villages perchées sur les collines par Naohisa Hara. Elle joue avec les couleurs imprimées sur les murs de l’architecture de Le Corbusier, notamment sur la superbe série de la Chapelle Nôtre Dame du Haut à Ronchamp par Mikiya Takimoto. Cette lumière catalyse la beauté formelle des architectures traditionnelles japonaises du grand sanctuaire d’Ise Jingu, photographié en 1953 par Yoshio Watanabe ou de la villa impériale Katsura, photographié dans ses détails pleins de géométrie par Yasuhiro Ishimoto. Une série sur l’architecture de Kenzo Tange photographiée par Osamu Mukai, une autre sur la Sagrada Familia de Gaudi par Eiko Hosoe et des photographies prises en Belgique et en Allemagne par Toshio Shibata et Kazuo Kitai viennent compléter cette belle exposition qui ravira les amoureux d’architecture.

Ikko NARAHARA – Gunkanjima, 1954-1957

Ryuji MIYAMOTO – Kowloon Walled City, 1987

Yoshio WATANABE – Ise Jingu Grand Shrine, 1953

Yasuhiro ISHIMOTO – Villa Katsura, 1981-1982

Mikiya TAKIMOTO – Le Corbusier, Chapelle Nôtre Dame du Haut, Ronchamp, 2016-2018.

Toujours dans le même musée de la photographie à Ebisu, je parcours également une autre exposition se déroulant au deuxième étage jusqu’au 25 Novembre et intitulée I know something about love 愛について. Je l’ai parcouru plus rapidement car l’exposition m’attirait moins que celle d’architecture pour laquelle j’avais fait le déplacement. Il s’agit ici d’une exposition d’un groupe de femmes photographes provenant de divers pays d’Asie. On y découvre principalement des portraits intimes, des photographies de famille et même des auto-portraits. Insook Kim nous montre des photographies de sa famille coréenne Zainichi vivant à Osaka, tandis que la coréenne Oksun Kim montre des photographies de couples inter-raciaux. Sans parler de la superbe qualité des images, cette dernière série me paraît évidemment très banale. La série de la photographe chinoise Zhe Chen couvrant le thème de l’auto-mutilation met mal à l’aise. Même la photo de l’affiche de l’exposition, pleine de non-dits, fait froid dans le dos. comme une photo volée, la photographie représente une silhouette rouge, féminine peut-être, debout au dessus d’un toit prête à commettre l’irréparable. J’ai bien aimé la série d’auto-portaits de Sudo Ayano se représentant elle-même en personnages idéalisés. Bien que ces photographies ressemblent à des photos d’idoles de magazine, il y a quelque chose d’irréel dans ces photographies, quelque chose d’éteint, qui est assez intéressant.

how are youth

Daikanyama est un quartier que j’aime et que je connais bien, pour y avoir marcher plusieurs dizaines de fois avec un appareil photo en mains. En fait, je m’attends toujours à trouver du changement dans ce quartier, comme par exemple un nouveau bâtiment au design intéressant ou des décorations murales qui attirent l’œil. C’est le cas sur quelques-unes des photographies que je montre ci-dessus. Le quartier avait subit une transformation assez importante au moment de la mise sous terre de la ligne de train Toyoko, libérant de l’espace pour des nouveaux commerces. La petite gare construite sur une pente a un certain charme. Elle reste inchangée mais les vieux bâtiments autour par contre disparaissent petit à petit. J’intercale ces photographies de rues à Daikanyama avec des images de différents styles extraites des murs d’une même rue. La dernière photographie s’éloigne un peu de Daikanyama pour rejoindre Yebisu Garden Place. Devant le château français reconstitué, un marché de fruits et légumes s’est installé de manière temporaire. Juste à côté, on construit déjà le chandelier géant Baccarat contenu dans un bloc de verre, qui s’illuminera le soir à l’approche des fêtes de fin d’année. Nous sommes presque déjà à cette période.

Je continue l’écoute de la musique rock du group japonais Supercar スーパーカー avec un autre album intitulé Highvision. Par rapport au premier album Three Out Change, cet autre album sorti quatre ans après en 2002 prend des accents plus électroniques. J’étais en fait prévenu de ce changement de direction musicale entrepris par le groupe, et je ne suis en fait pas déçu. L’électronique n’est parfois qu’un élément musical qui vient s’ajouter parmi les guitares, mais prend nettement le dessus sur certains morceaux comme Strobolights, qui doit être le morceau que je préfère pour sa composition en répétition de mots courts et pour la manière dont Miki Furukawa chante les mots « – sunset ». Ça peut paraître être un détail mais j’aime souvent des morceaux pour ce genre de détails dans les manières de chanter, dans les distortions inattendues de la musique, quand le chant ou la musique placent soudainement une note un ton au dessous de ce qu’on attendrait, faussant une apparente fluidité d’un morceau. Les morceaux de l’album, alternant toujours les voix entre Nakamura et Furukawa, sont souvent très accrocheurs, comme Aoharu Youth, ou Yumegiwa last boy prenant une approche plus pop. Comme le disait mahl dans les commentaires du billet précédent, ce sont certainement des morceaux vers lesquels je reviendrais régulièrement.

Petits moments d’architecture (7)

Je continue tranquillement ma ballade architecturale avec ce septième volet. Nous sommes à Harajuku, quelque part sur la rue Meiji entre le croisement et la building Iceberg. Les immeubles en photo sont tout ce qu’il y a de plus quelconques, des bâtiments lambda comme on en voit un peu partout dans la ville. Ce qui est intéressant dans ce quartier, ce sont les affiches publicitaires très grand format, format géant en fait car elles représentent environ deux à trois étages des immeubles qui les supportent. On y voit en grand des têtes connues, que ça soit le sportif Nakata Hidetoshi pour la marque TBC ou l’icône indémodable Kimura Takuya ici avec Beyoncé pour une marque de sac. En fin de journée, le ciel était un peu perturbé, ce qui donne une ambiance un peu tendue à cette photo.

En trois photos ci-dessus, il s’agit de la Maison Franco-Japonaise (Nichifutsu Kaikan). En passant à Ebisu, près de Yebisu Garden Place, j’aime regarder cet immeuble de béton. En fait depuis cette photo de 2005 d’un morceau de façade donnant sur la rue, je garde toujours à l’esprit l’élégance des blocs de vitres de verre sur le béton. Nous avons déjeuné à l’intérieur et brièvement fait le tour du rez de chaussée. Les grandes baies vitrées du rez de chaussée donnent sur la rue et plus particulièrement sur un petit bâtiment fait de béton et de rouge au croisement et sur un drôle d’immeuble surmonté par un dôme au toit rouge. Je me demande quelle peut bien être la fonction de ce dôme. La Maison Franco-japonaise était auparavant situé à Ochanomizu et a été déplacée à Ebisu en 1995. Le design architectural est de Nihon Sekkei, si je ne me trompe pas.

Terminons la promenade par Akihabara. Après avoir montré le ciel gris sur Akihabara, voici un détachement de lumière sur la tour FujiSoft ABC Akihabara Building du groupe Fujisoft Incorporated. Elle est récente, de 2007, et conçue par Kume Sekkei et Obayashi Gumi Corp.