






Vers la fin de l’après-midi, l’accès aux pavillons semble plus aisé et nous pouvons, sans trop d’attente, visiter le grand pavillon des Émirats Arabes Unis. Il se compose d’un unique grand espace sous une toiture courbe et oblique, contenant une multitude de gigantesques colonnes placées de manière apparemment aléatoire. L’espace devient une sorte de labyrinthe dans lequel on s’aventure. Certains aspects du pays sont présentés dans cet espace, qui contient également un restaurant accessible par une autre file d’attente. Chaque pavillon possède son tampon que l’on peut collectionner dans un petit carnet de type Stamp Rally. Il y a bien entendu une file d’attente devant chaque tampon encreur à l’intérieur du pavillon. On ne s’est pas lancé dans cette chasse aux tampons, car nous n’avions pas le carnet adéquat. J’imagine maintenant très bien pourquoi certains sont prêts à arriver très tôt à l’Expo et à faire de longues files d’attente pour obtenir les tampons des pavillons qui leur manquent. Il y a évidemment un sentiment de manque lorsqu’il ne reste plus que deux ou trois tampons à collectionner pour terminer son carnet. Si ma compréhension est exacte, l’Expo proposait à la vente des passes permettant un accès à l’Expo sur différentes journées. Ce genre de passes crée, à mon avis, le phénomène de surcongestion qui semble s’aggraver ces derniers jours. Il y a un engouement assez irrationnel pour l’Expo et le personnage de Myaku-Myaku. Je suis par exemple passé dernièrement à la boutique de l’Expo au quatrième étage de la grande librairie Maruzen, près de la station de Tokyo, et il y avait une foule digne de celle présente à l’Expo. À la sortie du pavillon des Émirats, un groupe de chanteurs et de musiciens s’était installé pour interpréter un chant traditionnel sur une musique à base de percussions. Cet ensemble m’a beaucoup plu et nous a fait voyager pendant quelques minutes.
Nous avons pu entrer facilement dans le pavillon du Qatar, situé juste à côté de celui des Émirats. Son architecture en forme de tente est très intéressante et élégante. Elle a été conçue par Kengo Kuma, qui semble avoir profité de cette Expo pour nous proposer des architectures qui s’éloignent de ses traditionnelles lamelles de bois. L’intérieur présente principalement le pays en photographies et vidéos. C’est agréable de pouvoir découvrir certains paysages d’un pays de cette manière, mais dans l’ensemble, l’esprit de l’Expo n’était pas vraiment pédagogique. Mon fils a été déçu de cela, car il imaginait que l’Expo lui donnerait des visions du futur, ce qui n’était pas le cas dans les pavillons que nous avons visités. Je pense qu’on avait tous en tête, sans l’avoir vue bien sûr car on n’était pas nés, l’Expo Osaka ’70, qui était révolutionnaire pour l’époque. L’avenir dira si l’exposition de 2025 aura un impact similaire sur la population, mais il est très possible que oui. Pour l’amateur d’architecture que je suis, cet endroit était merveilleux et vaut le déplacement, ne serait-ce que pour le grand anneau de Sou Fujimoto. « Ah, le voilà », était ma réaction en voyant le Grand Ring pour la première fois à notre arrivée à l’entrée Ouest.
À notre sortie, le soleil commençait déjà à se coucher et l’on remarque qu’une partie de la foule s’est déplacée sur la voie piétonne au-dessus du grand anneau. Des spectacles de jets d’eau et de drones auront lieu plus tard vers 19 h et 20 h. Les visiteurs réservent déjà leurs places et attendent. Nous marchons également sur le grand anneau en nous disant qu’on aurait dû en profiter davantage. Notre train Shinkansen pour Tokyo part de la station de Shin-Osaka à 21 h, et il est donc déjà temps de penser à rentrer. J’ai l’impression que je garderai des images fortes de cet endroit. Nous rentrons par la station de Yumeshima, avant le spectacle de jets d’eau, en pensant éviter la foule, mais ce n’est pas vraiment le cas. Le train du retour est bien rempli, mais moins qu’aux heures de pointe à Tokyo. Nous revenons vers Honmachi pour reprendre une ligne nous amenant à Shin-Osaka. La fatigue nous gagne et j’ai des ampoules aux pieds. La mauvaise surprise à notre arrivée à Shin-Osaka est que tous les Shinkansen sont arrêtés et ont donc du retard, car une personne a eu la tragique idée de se jeter sur les voies quelque part à Shiga. Ce n’est malheureusement pas une chose rare. Nous restons dans l’attente de connaître notre heure de départ pendant une bonne demi-heure. Notre train partira finalement avec 50 minutes de retard, nous faisant arriver à la maison vers 1 h du matin. Être assis dans le Shinkansen avec un bento pour dîner était un discret moment de bonheur. À notre arrivée à Shinagawa après minuit et demi, les trains de la ligne Yamanote avaient déjà terminé leur service. Mon fils m’a surpris en restant philosophe et en me disant que tous ces aléas feront bientôt partie des bons souvenirs dont on s’amusera dans quelques années.






Visiter l’Expo d’Osaka 2025 m’a donné envie de voir des photographies de l’Expo de 1970, pour observer les différences. Un long film de presque trois heures sur cette Expo ’70 est également disponible sur YouTube. L’exposition universelle de 1970 avait lieu au nord d’Osaka et il n’en reste maintenant qu’un parc commémoratif (万博記念公園) où se dresse encore la fameuse Tour du Soleil (太陽の塔), œuvre emblématique de Tarō Okamoto. Ce symbole remarquable de l’Expo ’70 est ouvert au public avec une scénographie retraçant l’Expo et l’univers d’Okamoto. Il ne reste rien des pavillons de l’Expo, dont le design avait été supervisé à l’époque par Kenzō Tange avec plusieurs autres architectes japonais. Je n’ai pas saisi de clins d’œil forts entre les expositions de 1970 et 2025, à part dans leurs œuvres architecturales remarquables. Il devait certainement y en avoir. On dit que la Tour du Soleil de 1970 et le personnage mascotte Myaku-Myaku de 2025 incarnent une même idée d’énergie vitale et d’avenir. Ils sont clairement étranges et organiques, populaires et énigmatiques.













