made in tokyo

Slowly boiling

En photos modifiées ci-dessus, nous sommes d’abord à Kamakura devant le Performing Arts Centre, ensuite à Sendagaya devant le Tokyo Metropolitan Gymnasium par Fumihiko Maki et finalement au croisement de Shibuya. Je prends aussi régulièrement en photo le bâtiment près de la gare de Shibuya, le nouveau landmark Hikarie de Tokyu. Je traque ainsi les évolutions de cet énorme building. Sur la dernière image, nous sommes à Yokohama sur le toit du Bay Quarter.

Musicalement, sans surprise, l’emprise d’Autechre sur mon environnement musical ne se relâche pas. Je ne lâche pas prise car il y a encore beaucoup de morceaux à découvrir et je découvre toujours des petites perles, ce qui me fait continuer dans ce voyage musical en écouteurs. Je n’avais pas encore écouté le premier album d’Autechre, Incunabula, car je le pensais moins abouti que les albums suivants, mais en découvrant quelques morceaux, j’aime beaucoup, notamment Basscadet. Quand on pense que cet album date de 1993, bientôt 20 ans… L’ambiance ne diffère pas vraiment des autres albums mais le traitement est plus atmosphérique qu’expérimental. Je repars ensuite sur quelques eps. Le morceau Cap.IV sur le ep Gantz Graf est encore une exception musicale, une sorte d’aliénation musicale qui s’adoucit parfois avec une mélodie qui apparait mais dont le final est un emballement électronique incontrôlable. Ce qui est intéressant c’est que même à travers ces moments de bruits assez extrêmes il faut bien l’avouer, se dégage un rythme voire une mélodie. J’écoute aussi Maphive 6.1 sur EP7. Le morceau démarre avec une ambiance un petit peu heroic fantasy. Je n’aime pas tellement faire ce genre de comparaisons, car le morceau étant polymorphe, il change d’atmosphère assez rapidement. Mais ce morceau dans son ensemble a tout de même une ambiance cinématographique. J’aime les sons de Etchogon-S sur Move of Ten, l’album le plus récent d’Autechre, et surtout la façon dont ils s’additionnent et se font échos. C’est un morceau que j’apprécie autant pour sa construction que pour la texture de chaque unité sonore. Et ensuite, il y a des gros morceaux. On les trouve sur Untilted notamment, des morceaux polymorphes également qui s’étalent sur plus de 10 minutes. LCC par exemple commence de manière assez agressive mais le son se transforme et s’enrichit petit à petit jusqu’à ce qu’une mélodie en fond prenne le relais et s’empare du focus du morceau. Les morceaux d’autechre jouent la plupart du temps sur plusieurs niveaux qui prennent le focus alternativement. Sublimit également sur Untilted tend parfois vers le minimalisme. J’ai l’impression que cet album est peut être un des plus difficiles d’approche mais contient la substance la plus essentielle et la plus dépouillée de la musique d’Autechre. Une musique qui a beaucoup d’élégance et qui ne tombe jamais dans la facilité. Les albums suivants, Quaristice ou Oversteps reviennent vers une approche plus étoffée et même à la limite de l’électronique mainstream. Sur d-sho sub sur Oversteps par exemple, on est surpris d’entendre des enchainements de notes si « évidentes ». Enfin, bien sûr, ça ne dure pas très longtemps et ce brin musical pop est vite perturbé par toute sorte de larsens électroniques. On entend le même style de perturbations mais de nature différente sur known(1) où ce sont des filets de musique aiguës passés en vitesse accélérée. J’aime bien le ep Envane et plus particulièrement depuis que je sais que la pochette représente Falling Water de Frank Lloyd Wright (voir les commentaires d’un billet précédent pour les photos comparées). Il faut croire que cette maison Falling Water me poursuit car même mon dentiste possède un bouquin sur l’histoire de la construction de cette maison. Je l’ai feuilleté dans la salle d’attente. Sur Goz Quarter que je découvre cette fois-ci sur cet ep, j’aime surtout la mélodie hésitante, le scratch des premières influences d’Autechre et la mélodie lente et mélancolique qui prend tranquillement le dessus. On retrouve souvent une ambiance mélancolique, sur le morceau Nil sur Amber également, un morceau très beau et calme. Second Scepe sur la compilation EPS 1991-2002 a la particularité de contenir des samples de voix, ce qui est assez rare. La musique d’Autechre, étant électronique, n’en est pas moins très humaine, car elle ne fonctionne pas comme un machine pré-programmée, mais est pleine de sursauts et d’imprévues, pleine de sentiments également. Beaucoup rapprochent cette musique à un monde robotique, mais je n’ai personnellement pas cette impression. On termine cette épisode Autechre par le morceau Cichli sur Chiastic Slide, qui complète un peu plus ma collection (jusqu’au prochain épisode). Je suis conscient que tout ce monologue ne va peut être intéresser qu’une ou deux personnes, mais que voulez vous, je me sens le besoin d’écrire tout ça (et au point où j’en suis sur la fréquentation du blog).

Je n’écoute pas qu’Autechre, mais si on reste dans l’électronique compliquée, j’aime le morceau Itsuko de Richard Devine, le rythme rapide et industrielle de Atlas de Monolake (Robert Henke) (j’ai d’abord été attiré par la pochette avec une superbe photo de turbine d’avion). Atlas par exemple est un bon morceau, mais beaucoup plus mécanique et systématique qu’un morceau d’Autechre. Dans un style un peu différent, j’écoute aussi l’instrumental électrique Feathers de Andrew Weatherall dont le début me rappelle un petit peu Mildred Pierce de Sonic Youth sur Goo. J’ai d’abord écouté ce morceau pour son titre après avoir fait mon tour quotidien sur le très beau blog de C et M Crying Feather. Et finalement, j’écoute aussi Björk . Je jette toujours une oreille sur sa musique mais j’avais vraiment décroché ces dernières années. Elle partait dans un style qui ne parlait pas du tout. Les premiers morceaux du nouvel album Biophilia sont plus proches de ce qu’elle a pu faire auparavant et j’aime beaucoup Crystalline et Cosmogony.

Et pour revenir sur le titre qui fait allusion à de l’eau bouillante. Elle m’a servi comme couche(s) de superpositions sur ces photos de Shibuya, Kamakura et Yokohama,

5

Building/flowers/electric

Depuis que j’ai un ipad2, je re-découvre youtube (que je n’utilisais pratiquement pas) pour découvrir des morceaux de musique. J’ai beaucoup procédé de cette façon avec Autechre en écoutant d’abord les morceaux sur youtube avant des les télécharger sur itunes. Comme je suis assez difficile, je n’achète jamais un album en entier mais morceau par morceau. Et pour Autechre, ça permet de varier entre les morceaux plus ambiants et ceux plus abstraits. On trouve parfois les deux dans un seul morceau, Surripere par exemple commençant par une mélodie construite qui se fait égratigner petit à petit par des sons tranchants. Il y a un côté Mishima avec en quelque sorte une destruction de beauté. Beaucoup de morceaux d’Autechre suivent ce principe, Pir sur EP7 par exemple, la destruction/dé-construction ou alteration d’une mélodie qui peut être belle parfois pour construire ensuite quelque chose de plus rude et dur. J’aime beaucoup les quelques monuments polymorphes que j’ai pu découvrir sur Untilted comme Ipacial Section ou Parhelic Triangle sur Confield, des morceaux vraiment étranges et certainement pas la meilleure porte d’entrée pour le néophyte. LP5 est décidément rempli de beaux morceaux, notamment Vose In ou Fold 4, Wrap 5 et son rythme qui semble ralentir et accélérer sans arrêt. Arch Carrier est une mélodie assez entêtante et gagne en profondeur au fur et à mesure du morceau. Sur le plus ancien Tri-Repetae, des morceaux comme Rsdio, Eutow, C/Pach ou Vletrmx sur le EP Garbage (ce morceau me fait penser à l’ambiance des morceaux sombres de Mondkopf) sont quand même plus facile d’accès. Des très beaux morceaux mais je préfère quand même quand la musique est plus accidentée. Et aussi parmi ma sélection: y7 sur Move of Ten, ilanders sur Oversteps, Tilapia sur Cichli Suite, 6IE.CR sur Draft 7.30, , Simmm sur Quaristice (pour sa transformation minimaliste finale). Ma passsion récente pour Autechre m’a amené jusqu’à télécharger la version d’essai de MAX/MSP tout en comprenant assez vite la complexité de la chose et qu’il faut certainement y passer une vie pour arriver à la complexité de programmation musicale d’Autechre.

Donc, pour alterner un peu avec la folie musicale (certains diront une forme d’autisme) d’Autechre, je fais une petite pause vers un autre style non dénué d’un brin de folie. Un peu de rock japonais. Je découvre un nouveau morceau de Tokyo Jihen appelé Brand New Civilization (新しい文明開化), plus pop que le précédent morceau de l’album The Reverberation. J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage et la folie de la vidéo (sur youtube). Et de fil en aiguille, je découvre des morceaux avec cette même énergie mais en format un peu plus rock alternatif. Sheena Ringo et Tokyo Jihen étaient moins mainstream à ses débuts mais depuis qu’elle fait de la publicité pour du maquillage et des bonbons à la menthe… En plus alternatif donc, je découvre un groupe que je ne connaissais pas du tout, Radwimps, et un très bon morceau DADA, la vidéo est vraiment très bien faite. Il y a encore cette énergie et cette façon rapide de chanter en parlant. Les morceaux de The Mirraz également comme あーあ, dont le clip vidéo se passe pas loin de chez moi. Toujours dans un registre indie, le morceau Five Senses-Five Minutes de Qomolangma Tomato. La vidéo se passe dans un supermarché Carrefour de la banlieue de Tokyo (J’imagine), assez inhabituel pour une vidéo musicale. En plus calme et mélancolique mais toujours rock indie, je découvre également ce morceau 「ボクのために歌う吟」(Boku no tame ni utau uta) de Plenty, dans une ambiance vidéo éthérée. Et pour terminer avec les groupes japonais que je découvre soudainement grâce à Youtube, 0.8秒と衝撃 (Rei Ten Hachi Biyou to Syooogeki) et le morceau Beatnik Killers. J’ai un peu de doute sur l’authenticité de ce goupe… La chanteuse étant également modèle, je me demande s’il ne s’agit pas d’un groupe fabriqué de toutes pièces. Il faut toujours ce méfier au Japon. Mais j’aime quand même beaucoup ce morceau très désorganisé et son duo de voix. Et si vous m’avez suivi jusque là, félicitations.

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