Formes futuristes organiques (troisième série) et autres univers irréels

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« Souvenons nous des étoiles lointaines, celles que l’on se persuadait de voir au plus profond de la nuit lorsque la Ville dort et que ses lumières s’épuisent. Elles clignotent d’usure et pendant un bref instant de noirceur idéale, elles nous laissent entrevoir toute l’éternité. Elles nous manquent ces étoiles à Tokyo. On ne s’en souvient que dans les livres. Cette éternité là nous échappe et la retrouver nous est nécessaire. En attendant, on se contente de la lumière de la Ville comme moindre consolation. »

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« Elle regarde depuis la porte vitrée de la petite chambre un point fixe dans la foule. Le mouvement incessant, les montées et descentes des escalators vers la station de métro ne perturbent pas ce regard fixe et concentré. Lorsqu’elle ferme enfin les yeux, le mouvement s’interrompt devant la gare jusqu’à ce que l’alarme du réveil vienne remettre tout ce monde en mouvement. »

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« Le taxi frôle le rouge du feu devant le koban du quartier voisin. Il maitrise parfaitement cet infime instant où la traversée est toujours possible, sans éveiller les réflexes du gardien du quartier, de toute façon plus occupé à aiguiller les impatients vers un lieu de rendez-vous introuvable. Il s’engouffre ensuite dans une rue étroite en pente et sens unique, chavire à droite puis fonce à gauche en évitant les poteaux électriques qui débordent volontairement sur la rue. Il navigue en rythme mais sans musique pour guider l’enchainement de ses mouvements. Quelle pourrait être l’influence de la musique stridente et expérimentale que j’écoute en ce moment sur le rythme de conduite de ce taxi? Une sortie de route garantie au premier virage, ou au contraire une dextérité décuplée qui viendrait nous faire tenter les virages à la corde, les freinages avant les lignes blanches juste après le « 止 », et un final de course comme une danse de tôle froissée. »

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Bien que je sois en pause de blog, je ne résiste pas à l’envie de montrer mes derniers dessins version A3 de formes futuristes et organiques. Sur le dernier dessin, en tête d’article, je m’essaie à représenter des formes « reconnaissables », comme ce dragon futuriste. Je pense continuer sur cette voie petit à petit. La série de dessins de ce billet est en fait la troisième série, suite à la deuxième sur format A3 Nobi (légèrement plus grand que le format A3, ce qui m’embête bien car je ne peux les scanner) et la première série en format A4. J’ai scanné cette troisième série chez Kinko’s, c’est donc d’une bonne qualité qui me permettra de les intégrer plus tard dans un futur photobook, mon 5ème photobook, celui-ci mélangera probablement dessins et compositions photographiques. C’est une idée que j’ai en tête depuis un petit moment, mais il me faut construire le contenu. Mes créations personnelles en ce moment se limitent au dessin, car je ne prends plus beaucoup de photographies de rues ou d’architecture en ce moment. Il faudrait que je prenne un peu de temps pour faire une promenade solitaire afin de refaire le plein de photographies. En fait, quand je regarde l’année précédente, les mois de froid de janvier et février ont été également assez peu productifs en photographies.

Quant au blog, je ne l’ai pas vraiment arrêté, je n’ai pas vraiment trouvé un nouveau concept non plus, mais j’ai envie de mélanger un peu plus ce que je crée (les dessins, les photographies, les compositions graphiques et musicales, …) avec ce que j’aime et m’intéresse (musiques électronique et alternative, films, expositions, livres, architecture, Tokyo …) à travers photos et textes, ou liens internet. En fait, dans le passé sur ce blog, j’aimais beaucoup écrire des longs billets qui mélangent beaucoup de choses, de sujets différents, comme un patchwork. J’ai toujours cette idée du blog comme un carnet de voyage, un moleskine sur lequel on vient coller les uns à côté des autres des petits textes griffonnés, des morceaux de photos usées, des billets de musées, un dessin ou un plan de lieu… J’essaie de faire un peu cela sur mon journal de bord écrit (que je ne partage pas sur internet cependant), sans le côté brouillon du carnet de voyage, car il y bien longtemps que je vis au Japon (en fait cela fait 17 ans depuis le 1er février) et que toute impression de voyage a longtemps disparu en moi quand il s’agit du Japon.

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Un soir à la sortie du bureau, pas trop tard, vers 8h quoi, je passe faire un tour au dernier étage du libraire Maruzen du Building Oazo à Marunouchi, juste en face de la gare de Tokyo. Au dernier étage, on peut trouver un nombre important de livres et de magazines étrangers, un peu comme au Kinokuniya de Shinjuku (à coté du Takashimaya). On paie le prix fort par contre, par rapport au prix Amazon.com, mais c’est agréable de se promener dans les rayons pour y découvrir par hasard des choses intéressantes. C’était le cas de ce livre bilingue, japano-anglais, de Nobuhisa KANEKO intitulé « Surprise! » ou « おどろかす » qui nous montre un grand nombre de Ukiyo-e de Utagawa Kuniyoshi (1797-1861). J’apprécie en général les estampes Ukiyo-e mais je les regarde avec un regard distrait. J’ai par contre été vraiment happé par l’oeuvre de Kuniyoshi, par ses représentations de monstres à la fois humoristiques et inquiétants. On y voit des squelettes géants, comme la sublime image ci-dessus du « vieux palace hanté de Souma », des poissons à têtes humaines ou des représentations d’acteurs de l’époque à têtes d’animaux. Cette représentation, ci-dessus, de monstres appréciant tranquillement la fraicheur d’une soirée d’été (道外化もの夕涼) est pleine d’humour et même les animaux de compagnie sont des petits monstres. Chacune des 42 ukiyo-e présentées est accompagnée d’un court texte explicatif qui vient nous expliquer le contexte de chaque oeuvre. A la maison, Zoa n’arrête pas de me parler de yōkai (créatures fantastiques) avec son jeu vidéo 3DS yōkai-watch, extrêmement populaire chez les petits garçons de son âge. A ma manière, j’avais ce désir inconscient de découvrir cette culture du monstre à la japonaise, que ce livre permet d’aborder avec beaucoup d’élégance.

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Des monstres, on en voit aussi en musique, sur les pochettes des albums de Grimes, très inspirées par le manga fantastique. Grimes est le nom de scène de la jeune artiste canadienne Claire Boucher. Elle dessine les pochettes, mais surtout compose et interprète la musique électronique pop expérimentale de Grimes. Chacun des 14 morceaux de son nouvel album « Art Angels » possède son dessin correspondant, et j’aime cette correspondance entre art et musique, qui contribue notamment à mon désir d’écoute. J’ai découvert Grimes en 2012 avec quelques morceaux de son album « Visions », notamment les morceaux Genesis et Oblivion, et j’avais également tenté quelques morceaux sur son précédent « Halfaxa ». Avec « Art Angels », on ressent une évolution certaine dans la qualité de la production, la profondeur des sons et la mue de la voix frêle de Claire Boucher vers une voix plus affirmée et plus claire (justement). En fait, ce que j’aime surtout, c’est son approche « artistique » qui conçoit un tout entre musique et visuel (art et vidéo), sans donner l’impression de subir une influence extérieure. Les morceaux de « Art Angels » sont parfois inégaux, mais il y a un grand nombre de morceaux clés comme Flesh without Blood, Kill V Maim, Pin, Realiti ou Butterly, comme mélange toujours pop alternative et expérimentation.

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Je mets toujours un peu de temps avant d’acheter des morceaux de musique sur iTunes, et je prends encore plus de temps à me décider d’acheter un album entier. J’écoute en général des morceaux petit à petit. J’ai acheté assez peu d’albums en entier ces dernières années: celui de Grimes « Art Angels » ci-dessus, l’album de Oneohtrix Point Never « Garden of Delete » dont je parlais il y a quelque temps dans un billet, le EP de Kelela « Hallucinogen », des albums de Sonic Youth, de Autechre, de Boards of Canada, celui de Clark du même nom, de SBTRK intitulé « Wonder where we land » ou encore Flying Lotus avec l’extrêmement brillant « You’re Dead ». Bref, assez peu d’albums d’une manière générale, car je préfère picorer par ci par là, sauf quand un album s’avère excellent de morceau en morceau ou lorsqu’il forme un tout.

Pour Arca typiquement, j’hésite encore à me procurer l’album « Mutant » en entier. J’écoute trois morceaux de cet album en ce moment: « alive », « Vanity », qui est certainement le morceau phare de l’album, et « Soichiro ». Il s’agit d’électronique expérimentale. Comme pour « Garden of Delete » de Oneohtrix Point Never, ce n’est pas forcément à mettre entre toutes oreilles. C’est une musique puissante et organique, qui semble se modifier à son propre gré. Sur « Vanity », le son électronique est très beau, tout en hésitation, il progresse doucement et s’affirme avec plus de force par moment dans un flot de notes qui s’entrechoquent.

Je reviens très régulièrement sur le morceau « Dead Format » de Blanck Mass. Parfois, ce type de morceaux sans concession, qui trace sa route sans détour, fait beaucoup de bien. Par exemple, après une journée difficile, ce morceau remet sur les rails. Il n’est pas à écouter en boucle sous peine de perdre la tête, mais une fois de temps en temps, comme une piqure de rappel. Je n’avais pas vraiment exploré d’autres morceaux de cet album, à part « Cruel Sport » que je découvre plus en avant. Bien que n’étant pas aussi prenant que « Dead Format », j’aime beaucoup le rythme répétitif et marquant comme une machine (peut être de salle de sport, si on en croit le titre). Le fond sonore prend petit à petit de plus en plus de place et d’espace sonore dans le morceau, pour devenir même strident par instant. Vers la moitié du morceau, une voix étrange et incompréhensible vient accompagnée le morceau, comme sur « Dead Format ». Vers la fin du morceau, tous les sons s’additionnent et la machine devient inarrêtable, jusqu’au coup de frein progressif des dernières dizaines de secondes.

Toujours en musique électronique, mais dans un style plus adouci et éthéré, je découvre un morceau de Actress « Ascending » sur l’album « R.I.P. ». A vrai dire, j’avais repéré cet album depuis un petit moment car il est sorti en 2012, mais l’occasion ne s’était jamais présentée de le découvrir. Bien que cette musique soit moins poignante que Arca ou Blanck Mass, j’apprécie ce rythme sursautant dans une ambiance de rêve. En fermant les yeux, c’est comme si on rêvait à quelque chose d’agréable mais qui reste toujours à distance, qui ne serait jamais atteignable.

Pour terminer en musique. Je ne connaissais pas du tout Deru et je l’ai découvert par hazard sur Youtube après avoir écouté un ou deux morceaux de Actress. Sur l’album intitulé 1979, j’écoute le morceau titre qui est rempli de mélancolie. La musique est volontairement grésillante comme un vieux souvenir, et tourne comme une bande sonore avec quelques notes qui se répètent sans fin sous une ambiance sonore en fond qui évolue doucement. Cette musique force à une sorte de méditation. J’hésite à parcourir le reste de l’album, car bien que ce premier morceau est d’une grande beauté, j’ai un peu peur de rentrer pleinement dans cette mélancolie musicale.

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Fin décembre 2015, je suis allé voir le nouvel épisode de Star Wars, « The Force Awakens » au cinéma Toho de Roppongi Hills, et je l’ai trouvé superbe, sans fausses notes et d’une très grande qualité d’exécution comme on est désormais habitué avec JJ Abrams (Bien que n’appréciant pas spécialement l’univers de Star Trek, j’avais beaucoup aimé et été impressionné par les deux épisodes réalisés par JJ Abrams). Je retournerais le voir avec plaisir (ce que j’ai fait récemment en fait en version japonaise avec Zoa), car c’est captivant de voir se dérouler l’histoire dans une telle atmosphère. L’empreinte du réalisateur est évidente, ce qui fait que ce Star Wars est différent des autres.

En même temps, bien qu’ayant beaucoup apprécié le film, j’ai quelques points de réserve qu’on ne peut éviter de mentionner, notamment sur le fait que le film fonctionne constamment en clin d’oeil vers les anciens épisodes (surtout l’épisode 4 « A new Hope »). Beaucoup de scènes sont ouvertement inspirées: Jakku ressemble beaucoup à Tatouine, on retrouve une scène de taverne, toujours cette relation père et fils, une nouvelle Death Star mais en plus puissante (Starkiller cette fois-ci). Bien sûr, retrouver les personnages de Han Solo, Leila ou Chewbacca ou encore l’increvable Millenium Falcon (qui était déjà dépassé dans l’épisode 4) est un réel plaisir, qu’on ne boude pas. Mais on a l’impression que JJ Abrams ne voulait tellement pas décevoir les fans qu’il n’a pas voulu s’éloigner des idées et du scénario de l’épisode 4. C’est assez frappant et un peu dommage, car on aurait aimé une histoire un peu plus originale. Le scénario pêche vraiment sur cet épisode.

Je suis aussi un peu déçu par les vaisseaux et les décors. Bien que les paysages de Jakku dans le sable et les dunes avec ruines d’une guerre passée où s’entassent quadrupodes et croiseurs impériaux échoués, soient vraiment superbes et symboliques, beaucoup des décors des autres planètes ressemblent un peu trop à mon avis à des décors terriens. On a l’impression parfois que ça se passe en Bretagne (sur la dernière scène par exemple, même en exagérant un peu). J’aurais aimé voir un plus grand détachement, avec des décors fantastiques comme dans les épisodes précédents (les premiers épisodes 1, 2 et 3 par exemple). J’ai un peu de mal à imaginer que la végétation et les roches sur une planète à priori très éloignée ressemble à ce point à celles de la Terre. On regrette également de ne pas voir plus de nouveaux vaisseaux et engins, car il n’y a pas beaucoup d’évolutions techniques entre les épisodes 4, 5 et 6 et ce nouvel épisode, on retrouve quasiment les mêmes X-Wing et Tie-Fighters. Dans les épisodes précédents, on était impressionné par exemple de découvrir pour la première fois les quadripodes impériaux sur la planète Hoth dans l’empire Contre Attaque, et ça faisait partie du rêve. Rien de très nouveau donc côté mécanique dans ce nouvel épisode. Mais on est tout de même ravi de revoir le Millenium Falcon en action (et quelle action!). Les prises de vue sont superbes ainsi que les interactions avec les éléments, comme par exemple les scènes où l’escadre de X-Wings frôle la surface de l’eau, les effets de lumière quand le Millenium Falcon fait des acrobaties avant de plonger dans les ruines d’un croiseur.

On rencontre également une copie de Darth Vador, en la personne de Kylo Ren, mais avec un lien de descendance un peu différent de celui de l’épisode 4, 5 et 6. Il est très réussi, notamment dans ses moments de colère soudaine. Par contre, quand il enlève le masque, on est surpris de voir une tête d’adolescent, ce qui est un peu déconcertant. J’aime beaucoup le personnage de femme forte de Rey (la Luke Skywalker de cet épisode) et l’humour de Finn (le Han Solo jeune de cet épisode, peut être) et les gros plans en images de synthèse de Maz Kanata avec ses binocles ajustables. Bref, le film a une personnalité bien à lui, très bien fait dans l’image, le son des sabres lasers et la dynamique. J’aurais aimé y voir un peu plus de nouveautés, moins de clins d’oeil et un peu plus de prise de risques dans le scénario. Tout ceci ne m’a pas empêché de le voir deux fois, une deuxième fois en non-3D avec Zoa.

Et voir ce nouvel épisode a relancé ma passion pour cette saga. Je me suis procuré un beau livre intitulé « The Art of Star Wars: The Force Awakens ». Je suis tombé dessus par chance au Maruzen de Marunouchi, en même temps que le livre de Ukiyo-e ci-dessus. L’auteur Phil Szostak, intégré dans les équipes de Lucasfilm, nous montre la genèse du design artistique de cet épisode à travers une approche chronologique de Janvier 2013 jusqu’à Janvier 2015. On y découvre un très grand nombre de concepts, de dessins de décors, personnages, machines et vaisseaux par l’équipe d’artistes autour des deux co-production designers Rick Carter et Darren Gilford. On y voit beaucoup de concepts qui n’aboutiront finalement pas dans la version finale (ce qui est parfois dommage dans certains cas). On comprend le long travail de conception de Kylo Ren, dû certainement à la pression de créer un personnage aussi emblématique que Vador.

Un livre en amenant un autre, je me décide de commander sur Internet un magazine numéro spécial de ImagineFX, intitulé « The Art of Film: Star Wars ». Ce magazine de 180 pages montrent l’univers de Star Wars vu par une cinquantaine d’artistes, plus ou moins impliqués d’ailleurs dans cet univers. Certains sont en contrat avec Lucasfilm, d’autres ont seulement eu l’occasion de créer quelques oeuvres dans le cadres d’événements Star Wars spécifiques. Pour beaucoup d’entre eux, le créateur original, Ralph McQuarrie, qui a conçu avec Georges Lucas tous les éléments majeurs de la première trilogie, est un modèle et une inspiration. Les styles et approches des artistes sont bien entendus très différents et ont parfois pour objet l’univers étendu de Star Wars (non directement inspiré des lieux et personnages des films), comme la peinture ci-dessus d’une apprentie au sabre laser rouge par le français Simon Goinard.

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En continuant sur ma lancée Star Wars, j’en viens à vouloir redécouvrir la première trilogie. J’étais trop jeune à l’époque pour voir les trois épisodes au cinéma. Je les ai découvert à la télévision et revus de nombreuses fois sur cassette VHS. Je me suis procuré récemment trois gros livres par JW Rinzler sur le making of des épisodes 4, 5 et 6 qui annoncent raconter l’histoire définitive de la création de chaque épisode avec de nombreuses photos et textes. J’en ai bien pour un an pour tout lire, mais ça s’avère passionnant. J’étais passionné de cinéma il y a 20 ans et cet intérêt renait dernièrement.

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Pour conclure ce long article, je reviens vers une autre forme de futur, celle des courses anti-gravité. J’étais grand amateur du jeu Wipeout 2097, de Psygnosis, lorsqu’il était sorti en 1996 sur la première Playstation. Je le garde en tête comme une référence que j’ai toujours cherché à retrouver. C’est un peu le cas avec Fast Racing Neo de Shin’en. Les graphismes y sont superbes mais c’est surtout la vitesse des vaisseaux anti-gravité qui impressionne. On a peu de temps pour admirer les décors, ce qui est un peu dommage vu la qualité des lieux, que ça soit les jungles luxuriantes ou les villes futuristes. On slalome entre les immeubles à Chuoku City, on survole de très haut Sendai Outpost sur des voies étroites, on parcourt ce qui ressemble à une ville en ruine à Kamagori City. Chaque course demande une concentration de tous les instants et le moindre faux pas ne pardonne pas. Le jeu est beaucoup plus difficile que Wipeout (dans mes souvenirs), mais il y a un plaisir certain dans l’utilisation excessif des turbos. Cette vitesse est grisante et nous fait revenir dans la course malgré le sentiment de frustration dès qu’on loupe un virage pour atterrir dans le vide. Ce jeu de course futuriste tourne sur Wii U, c’est la seule console « nouvelle génération » que l’on a à la maison. Je ne parle pas souvent de jeu video sur Made in Tokyo, mais j’ai pourtant cette passion depuis de nombreuses années. Bizarrement, j’avais pratiquement arrêté le jeu video à mon arrivée au Japon, ce qui peut paraître assez contradictoire. Je m’y suis remis tranquillement depuis environ un an avec la Wii U et les émulations de jeux plus anciens sur OpenEmu sur iMac.

Formes futuristes organiques

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Avec un total de 25 dessins en format A3, il était temps de regrouper l’ensemble dans un portfolio web ci-dessous. Cette série vient s’ajouter à la première collection (en format A4) intitulée Organicus Futurum.


Formes futuristes organiques : Portfolio


Je n’ai pas scanné mes dessins vu que je n’ai pas d’imprimantes A3. Je me suis contenté de les photographier avec mon iPhone, d’où quelques ombres non voulus sur certains des dessins. J’ai tout de même l’intention de les scanner proprement un jour ou l’autre dans un endroit spécialisé. Le premier dessin sur cet article est le plus récent. Je me suis essayé à une nouvelle technique pour le fond du dessin en applicant des Screen Tones, généralement et traditionnellement utilisés pour les manga. Le processus d’application du screen tone est assez laborieux car il faut découper avec un cutter précis les formes et les appliquer ensuite. Les Screen tones sont adhésifs.

I PLAY IT OVER IN MY HEAD

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Je finis par apprécier mélanger les méthodes de captures d’images, entre mon Reflex, l’appareil analogique et l’iPhone sur Instagram. Les photos de ce billet sont pour la plupart déjà montrées sur Instagram. Parmi le flot de photographies, on remarque l’immeuble blanc en cube Omotesando Branches par l’architecte Sou Fujimoto. Beaucoup des autres photos se déroulent autour de ce bâtiment, dans les petites rues de Jingumae. Sur les autres photos, on passe vers la tour de Tokyo, Toyosu en couché de soleil et une ville imaginaire faite de magazines pour une affiche publicitaire. L’immeuble imaginaire de la dernière photo provient de Osaka.

Surrounded by cold seasonal rain

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J’aime beaucoup et j’ai été surpris de découvrir ce panneau publicitaire revisité sur la première photographie. En pleine urbanité à Shimo Kitazawa, retrouver un petit moment de paysage dégagé et tranquille fait un peu de bien. On retrouve cette tranquillité contenue chez les deux personnages aux poissons sur la deuxième photo, dessinés sur une devanture. Cet air serein et détaché, ainsi que les deux poissons rouges sont intriguant. Peut être profitent ils du calme du matin avant le brouhaha de la journée et du soir dans les petits rues animées par la jeunesse de Shimo Kitazawa. On retrouve une ambiance marine sur la troisième photographie. L’ambiance y est aussi assez étrange. Je ne me souviens plus s’il s’agit d’un bar ou d’un restaurant, mais il est situé à quelques pas des personnages aux poissons. Si on continue un petit peu sur la même rue, le regard est attiré par une autre devanture fermée aux couleurs vives. On y devine une autre forme de poisson, mais cette fois-ci accompagnée de visages d’autres animaux comme ce singe sur la quatrième photographie. Les dessins s’improvisent ensuite en graffiti sur la cinquième photo et se transpose en formes viscérales sur le papier pour ma nouvelle forme organico-futuriste. Cette forme ressemble un peu plus à une forme vivante, une sorte de coeur avec toute sorte de tubes se mélangeant.

Je suis pris de passion soudainement pour quelques morceaux de rock par le groupe japonais 凛として時雨 (Ling Toshite Sigure), en découvrant un premier morceau intitulé SOSOS. je suis saisi par le rythme complexe des guitares, l’urgence que se dégage des morceaux de ce groupe indie. J’apprécie assez peu de rock japonais mais j’aime beaucoup celui-ci, notamment pour ce mélange des voix, masculine et féminine, frêles ou fortes comme des cris et même légèrement dissonantes.

in a series of small squares

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Lors d’une courte promenade à Ginza, je découvre un nouveau building de verre en construction (3ème photo) tout près d’un autre bâtiment de verre, la Maison Hermès par Renzo Piano (1ère et 2ème photos), tout en petits carrés de verre comme des pixels. L’immeuble en construction sera un grand espace commercial et ouvrira en Automne cette année. Le design des vitres est intéressant, il prend apparemment pour influence le style Edo kiriko, une technique traditionelle japonaise de sculpture du verre. L’architecture est de Nikken Sekkei pour Tokyu. Au 6ème étage (sur 11 étages), il y aura une grande terrasse couverte qui semble assez agréable. Ce projet s’appelle Ginza 5 Chome Project.

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Je continue mes formes organico-futuristes, ou futuro-organiques (au choix) avec un troisième dessin en format A3 « véritable ». La vingtaine de dessins précédents était sur un format A3 légèrement sur-dimensioné, ce que j’ai découvert un peu tard. Ce format ne permet pas de le scanner facilement car trop grand pour les scanners standards. J’aime beaucoup le papier A3 que j’utilise actuellement, il est assez épais (1mm) et lisse. C’est le modèle S KMK Kent Board de Muse Paper. on peut le trouver au magasin Sekaido à Shinjuku. Pour le dessin à l’encre noire, j’ai maintenant pris mes marques avec le modèle 4600 For Drawing Technical Pen de Marvy Uchida, dont la pointe 0.1 est très fiable. Je complémente aussi avec des tailles plus petites comme le pigment liner 0.05 de Staedtler. J’avais un Rotring Isograph quand j’étais plus jeune en France, mais je ne le retrouve pas malheureusement. Pour la mise en couleur, je fais d’abord une première passe au Copic Marker Sketch. Les markers sont de bonne qualité avec une énorme palette, mais assez chers (environ 380 yens le marker…). Je construis donc ma collection de markers Copic petit à petit, en piochant dans la palette de couleur. J’utilise ensuite les crayons de couleur pour la dernière passe pour créer les reliefs, principalement des Faber Castell Polychromos et des crayons Karisma Color, plus tendres. Comme j’achète également les crayons à l’unité, j’ai un bon mélange de marque et de catégories. Le dessin ci-dessous s’inscrit dans la continuité de mes dessins précédents. Je ne me lasse pas de suivre cette piste depuis maintenant un an. Le style évolue petit à petit, mais je me laisse le temps de le construire. On verra où ça m’amènera.

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Lorsque l’on passe au Department Store Seibu de Shibuya, je m’arrête souvent voir la petite galerie au dernier étage d’un des deux bâtiments, au 8ème étage de l’Annexe B pour être précis. J’avais découvert les dessins tout en détails de l’artiste Yasuo Sasada l’année dernière, ce qui m’avait beaucoup plu pour le travail du détail et l’ambiance qui se dégage de ses dessins. La galerie montre actuellement des oeuvres digitales ainsi que d’étranges QR codes (qui fonctionnent vraiment) par l’artiste graphique japonais Houxo Que Seibu. Ces representations pixelisées me rappellent l’époque des jeux video 8 bits.

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En parlant de jeux video 8bits, j’ai depuis quelques temps une certaine nostalgie des jeux video de mon enfance et adolescence, les jeux de la Nintendo NES et un peu après de la Super Nintendo. Nous avons à la maison une Nintendo Wii U depuis plusieurs mois maintenant. Achetée principalement pour jouer à deux avec Zoa, il préfère finalement sa Nintendo 3DS et les jeux que les petits garçons de son âge adorent ici en ce moment, les Youkai Watch (je finis moi-même par bien connaitre les petits monstres de cette série car Zoa m’en parle très régulièrement). Je suis donc devenu par la force des choses, mais sans trop me forcer, le principal utilisateur de cette Wii U. Je choisis assez naturellement les jeux parmi les séries que j’ai vu naitre sur la NES. J’admire chez les jeux phares de Nintendo l’inventivité sans cesse renouvelée et apprécie le confort de retrouver des ambiances familières par la présence de nombreux éléments des premiers épisodes sur les consoles d’antan. Jouer à Super Mario 3D World ou New Super Mario Wii U mélange nostalgie et nouveauté. Cette sensation va d’ailleurs être exacerbée par la sortie prochaine de Super Mario Maker, que j’attends impatiemment, où l’on pourra créer soi-même des niveaux de jeux sur différentes versions du jeu Super Mario.

Sur la Wii U, la nostalgie ne s’arrange pas vraiment avec la Virtual Console qui permet d’acheter des anciens jeux pour y jouer sur écran de télévision ou directement sur le pad, ce qui est très pratique car je peux rarement monopoliser l’écran de télévision. J’y redécouvre certains de mes classiques sur Super Nintendo comme le shoot’em Up Axelay, le jeu d’action Contra III: The Alien Wars ou Super Mario World évidemment. Le manque de temps ne me permettra pas de redécouvrir les RPG comme Zelda 3 ou Secret of Mana, mais de toute façon le Nintendo e-Shop ne propose bien évidemment que les versions japonaises, et je ne pense pas que l’on puisse changer de pays sur le Nintendo e-Shop (comme pourrait le proposer Apple sur iTunes). J’utile également sur mon iMac l’émulateur multi-platforme Open Emu, qui fonctionne vraiment très bien à condition de télécharger les bons modules pour chaque console et les roms. On peut configurer très facilement un pad USB (J’ai une version USB de celui de la Super Nintendo / Super Famicom), ce qui rend l’expérience de jeu très similaire à ce que j’avais connu il y a des dizaines d’années. Je préfère quand même l’expérience sur la Wii U à l’émulateur, et j’essaie en ce moment quelques jeux que je ne connaissais pas comme Metroid Zero sur GBA. L’ambiance sonore y est superbe, et me rappelle les heures passées sur Super Metroid à l’époque.

En fait, je me rends compte maintenant que mon goût se porte principalement pour la 2D. D’ailleurs, pour faire un parallèle avec le dessin, je pense plutôt en 2D lorsque je dessine mes formes futuro-organiques. Je possédais les 8 bits NES et Gameboy et ensuite la 16 bits Super Nintendo, mais je ne suis pas passer par Sega (sauf à jouer chez des amis). J’ai toujours rêvé de NEC PC Engine / Turbographx ou de SNK Neo Geo. A cette période, je me nourrissais de magazines video ludiques que je lisais de la première à la dernière page. L’époque 16 bits était mon apogée. J’ai suivi l’évolution 32 bits avec la Playstation, mais le coeur y était déjà moins (malgré quelques classiques comme Wipeout 2097), ayant un peu de mal avec cette 3D balbutiante et de qualité moyenne. Ensuite, à mon arrivée au japon, assez contradictoirement, mon intérêt pour les jeux video s’est un peu tassé. Je suis passé à côté de la N64, pour me rattraper quand même sur la GameCube. Je suis tout de même passé par la PS2 et l’excellente Sega Dreamcast, qui a fait renaitre en moi une certaine flamme (genre aller acheter la console à la sortie en magasins). A vrai dire, les productions de cette époque n’avaient pas ce supplément d’âme qui nous fait y revenir avec nostalgie. Après la mort de la Dreamcast, j’ai complètement arrêté les jeux video et je suis resté complètement indifférent aux PS3, PS4, Xbox, Call of Duty, GTA. Jusqu’à la Wii U.

Au hazard d’Instagram et de ses liens, je découvre le podcast de The North American Rétro Collective, que je suis avec beaucoup d’intérêt, de nostalgie et amusement. Ce podcast me fait découvrir une communauté de collectionneurs (principalement de jeux NES) et me fait réaliser toute la valeur de cette culture populaire. C’est ce que je réalise également en me rendant au National Art Center Tokyo (superbe musée dessiné par Kisho Kurokawa). On y montrait jusqu’au 31 août une exposition sur la culture Manga, Anime et Jeux Video de 1989 à nos jours. J’étais loin d’imaginer qu’on puisse exposer un jour dans un musée des anciennes consoles de jeux video.

En dernière note pour terminer ce long billet, j’ai créé récemment une page sur la communauté créative Behance. Je sentais le besoin de regrouper mes principales compositions graphiques sur un site externe pour tenter d’accroitre un petit peu la visibilité de mon travail. J’y regroupe pour l’instant mes compositions Urbano-végétales et les Megastruktur. J’aimerais y publier plus tard mes dessins futur-organiques. En fait, c’est un essai et tout dépendra de l’activité que j’en retire. Comme pour Flickr, il est fort possible que je me retire si je n’y trouve une motivation suffisante.

An ocean growing inside

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Sorti du train train ordinaire, j’aime à me dire que je vais prendre un peu de temps pour réfléchir un peu plus à ce site et aux directions que je devrais prendre, entre celles de la photographie, de la composition photographique et du dessin. Le dessin prend une plus grande place dans mon esprit depuis quelques mois, mais je réfléchis au meilleur moyen d’intégrer dessins et photographies dans des billets de ce blog. A vrai dire, j’aimerais transformer les pages de ce blog dans un format de carnet, comme un moleskine virtuel sur les pages duquel viendraient se coller dessins, photographies, écritures et compositions. Avec le dessin, j’ai repris le goût à la création « analogique », à la création sur papier plutôt que sur les pages virtuelles du blog. Je commence à réfléchir au concept de mon prochain « Book », et ce sera peut être sous le format d’un patchwork cette fois-ci.

Sorti du train train ordinaire, car nous sommes actuellement en vacances. Les photos du billet sont prises avant les vacances, dans Tokyo sous la chaleur et la pluie, avec un arc en ciel pointant son nez.

Le titre du billet est extrait de paroles de chanson, comme sur la plupart des derniers billets. Je suis fasciné par l’inventivité du dernier morceau de Tame Impala « Let it happen » dont est extrait ce quelques mots du titre.