Sumida Hokusai Museum

Le Sumida Hokusai Museum est comme son nom l’indique dédié à l’artiste peintre, dessinateur, spécialiste de l’Ukiyo-e, Katsushika Hokusai et se trouve dans un des quartiers de Sumida, à Kamezawa. Le musée est situé à une dizaine de minutes de la station JR de Ryōgoku, dans la même rue que le grand musée Edo-Tokyo. Il a été conçu par Kazuyo Sejima, la moitié du groupe d’architectes SANAA (primé Pritzker en 2010).

Katsushika Hokusai est né dans un des quartiers de Sumida en 1760 et a passé la majeure partie de sa longue vie de plus de 90 années dans différents quartiers de Sumida. On dit qu’il y a déménagé plus de 90 fois. Dans plusieurs de ses oeuvres, il dépeint d’ailleurs les quartiers de Sumida. Le musée est très loin de montrer l’exhaustivité des oeuvres de Hokusai, car elles sont éparpillées dans des collections privées, notamment à l’étranger. Le musée joue en quelque sorte un rôle d’introduction à l’art de Hokusai. Dans la grande salle de la collection permanente, on y montre un bon nombre de ses oeuvres, mais également et surtout une retrospective digitalisée de ses séries les plus connues, comme la série des 36 vue du Mont Fuji, dont l’immensément célèbre Grande Vague de Kanagawa (1831). Le contenu du musée est certes moins complet que ce que j’avais pu voir lors de la grande exposition au Tokyo National Museum de Ueno en 2005, mais ce qui est montré ici au musée de Sumida a certaines vertus éducatives. On y montre en effet les nombreux carnets créés par Hokusai comme des cours de dessin destinés à ses disciples. Plusieurs exemplaires sont digitalisés et on peut les parcourir page après page sur l’écran. C’est le cas aussi de quelques « manga » qu’il a dessiné. On nous montre également toute la magie de Hokusai dans le dessin de formes compliquées par un seul trait de pinceau: ici une tortue vue de dessus, là un personnage de moine de profil. Hokusai avait le trait juste, c’est certain.

Mais une des raisons qui m’amène ici, c’est en grande partie la découverte de ce bâtiment conçu par Kazuo Sejima. C’est un bloc monolithique avec d’immenses parois grises réfléchissantes, posé comme un objet extra-terrestre au milieu d’un jardin public avec des jeux pour enfants. Beaucoup de familles et d’enfants étaient d’ailleurs présents dans le jardin. Il semble ainsi faire pleinement partie et être intégré dans la communauté du quartier. Les cinq étages du bâtiment sont découpés à certains endroits par des biseaux destinés à faire passer la lumière. On retrouve ces ouvertures angulaires à l’intérieur du bâtiment jusqu’au rez de chaussée, de telle sorte que le bâtiment se trouve posé sur quatre pieds supportant l’ensemble. On traverse le rez de chaussée par deux couloirs biseautés se croisant au milieu et donnant accès à plusieurs salles comme celle de la boutique de souvenirs, une salle de lecture ou un petite bibliothèque.

Nous m’avons pu accéder qu’au 4ème étage où se trouve l’exposition permanente, car il n’y avait malheureusement pas d’exposition spéciale au 3ème étage au moment où nous avons visité le musée. C’était un peu dommage car on a assez vite fait le tour de l’exposition permanente. Je ne peux m’empêcher cependant de prendre le bloc monolithique en photo sous tous les angles. Le problème ensuite est de sélectionner les photographies à montrer ici. C’est pour sûr un bâtiment à voir et à explorer pour les amoureux d’architecture à Tokyo.

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De passage à Shibaura, je pense à aller voir ce petit immeuble de bureaux appelé Shibaura House, avec terrasses à l’air libre protégées d’un fin grillage et escalier extérieur arrondi. C’est l’oeuvre de Kazuyo Sejima du groupe d’architectes SANAA primé du Pritzker. Les étages de l’immeuble sont entièrement vitrés, comme on peut le voir sur une grande partie des oeuvres de Kazuyo Sejima. Il a une belle allure ce petit immeuble de verre. Je ne pouvais malheureusement pas entrer à l’intérieur, notamment au rez de chaussée rempli de tables arrondies et de petites chaises en bois (dont celles en oreilles de lapin de SANAA). Cette découverte me donne envie de revoir Small House du même architecte.

Olympe Twenty Twenty

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Katsuhiro Otomo l’avait prédit il y a 30 ans, les Jeux Olympiques de 2020 auront lieu à Tokyo. Espérons seulement que la ville de Tokyo sera en meilleur état que le Neo-Tokyo de Akira. Le stade olympique également aura une toute autre allure.

Le nouveau stade olympique pour les jeux de 2020 à Tokyo sera signé Zaha Hadid. Je n’ai pas connaissance d’autres oeuvres architecturales de Hadid à Tokyo (à part le Chanel Mobile Art, il y a de cela quelques années). Ce nouveau stade remplace l’existant National Olympic Stadium, construit à Kasumigaoka pour les Jeux Olympiques d’été de Tokyo en 1964. L’ancien stadium sera détruit en 2015 et le nouveau complexe de Zaha Hadid est prévu de voir le jour en mars 2019, pour la coupe de monde de Rugby la même année. Les cérémonies d’ouverture et de fermeture des jeux de 2020 se dérouleront dans ce nouveau stade ainsi que les épreuves d’athlétisme, et certains matchs de football, rugby.

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Les formes de cette nouvelle oeuvre de Zaha Hadid sont assez typiques de l’architecte. On aurait l’impression que l’immeuble n’est pas construit mais posé sur le sol, comme une forme extraterrestre venue pendant la nuit. C’est un ensemble élégant, spectaculaire et symbolique. Ce projet de Zaha Hadid fut sélectionné à l’issue d’un concours international (New National Stadium International Design Competition) organisé en octobre 2012 par le Japan Sport Council et dont le jury était présidé par Tadao Ando. Les membres du jury étaient en grande partie japonais, mais on pouvait compter également deux illustres architectes étrangers: Norman Foster et Richard Rogers.

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Ce stade devra contenir environ 80,000 spectateurs, dans un espace assez réduit entre le Meiji Jingu Stadium et le Tokyo Metropolitan Gymnasium de Fumihiko Maki. Ce dernier a également des formes très futuristes, mais paraît démesurément petit par rapport au futur nouveau complexe de Hadid (le stade de Maki est en bas à gauche sur l’image ci-dessous). Une des contraintes de ce stade est d’avoir un toit rétractable pour permettre d’abriter différents types d’événements tels que des concerts, spectacles ou autres événements culturels. Selon le jury, la proposition de Zaha Hadid présentait tous ces pré-requis dans un ensemble d’une fluidité et dynamisme adaptés aux compétitions sportives. La quasi-totalité des compétitions sportives des Jeux Olympiques se dérouleront dans Tokyo et seront réparties en deux zones: la zone héritage qui comprendra ce nouveau stade olympique ainsi que le stade de Yoyogi de Kenzo Tange, symbole des Jeux Olympiques de 1964 qui a récemment été en rénovation. Une grande partie des évènements se dérouleront dans la zone de la baie de Tokyo autour de Odaiba, Ariake et Shinkiba. Le village olympique sera apparemment vers Kachidoki et Harumi. Toute cette partie se situe sur des zones gagnées sur la baie de Tokyo et n’est pas encore pleinement développée. Certains promoteurs immobiliers se sont déjà lancés dans des projets de constructions de résidences. Pour exemple, Mitsubishi Jisho construira deux grandes tours de résidence à Harumi, pas très loin de l’action des Jeux. On peut imaginer que les Jeux Olympiques vont redonner un coup de boost à cette zone qui avait perdu un peu d’engouement niveau immobilier suite aux événements de mars 2011.

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Tadao Ando était également membre du comité olympique pour la candidature de Tokyo en 2016 et ses réflexions sur le design du Tokyo Olympique de 2020 restent très similaires à celles de 2016, à part l’emplacement du grand stade olympique qui était prévu d’être construit à Harumi dans le cas des Jeux à Tokyo de 2016. La politique d’utiliser au maximum les installations existantes reste similaire mais on constate qu’un certain nombre de constructions supplémentaires seront nécessaires sur la zone de la baie de Tokyo. Comme je le notais dans mon billet d’avril 2008, un point intéressant du plan olympique est l’utilisation d’une forêt sur la mer (umi no mori) pour les épreuves équestres et de mountain bike. Depuis mon billet de 2008, je n’avais pas trop suivi la concrétisation et l’avancement de ce projet lancé par Tadao Ando, mais cette forêt sur la mer (enfin plutôt une forêt sur des terres gagnées sur la mer) de 88 hectares est en cours de développement depuis 2007 et sera pleinement terminée en 2016. L’idée de Tadao Ando derrière la mise en place de cette espace vert est de créer une grande « allée verte » qui sera un passage pour les vents depuis la baie de Tokyo vers l’intérieur de la ville, et pour ainsi éviter les phénomènes de heat island en été dans certaines zones très urbaines où les tours cassent le passage du vent et où la chaleur a du mal à s’évacuer.

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Pour revenir au nouveau stade olympique, j’essaie de montrer sur la carte google ci-dessus l’emplacement du nouveau stade de Zaha Hadid à Kasumigaoka. Le concours de sélection du design de ce stade comprenait également d’autres projets d’architectes tout aussi renommés que Zaha Hadid, listés parmi les finalistes, comme Toyo Ito ou SANAA. J’aime beaucoup la proposition de Zaha Hadid, mais également quelques interprétations très différentes basées sur le végétal comme celles de Dorell.Ghotmeh.Tane et de GMP International Gmbh. Je trouve ces deux projets bien ancrés dans l’esprit du passage vert proposé par Tadao Ando. J’aime tout spécialement le stade des français de Dorell.Ghotmeh.Tane, comme une montagne en pleine ville couverte d’arbres. On devinerait à peine qu’un stade ce cache sous cette montagne. On perd par contre l’effet spectaculaire si on le compare au stade de Zaha Hadid ou à celui de Tange en 1964. Ces deux stades « végétaux » agissent certainement moins comme un symbole que la mémoire collective retiendra. Pour le spectaculaire, le stade de Hadid viendra « concurrencer » un autre grand stade olympique en Asie, le Nid d’oiseau de Herzog et de Meuron pour les Jeux Olympiques de Pékin.

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Ci-desssus les propositions de Dorell.Ghotmeh.Tane / Architects & A+Architecture (Tsuyoshi Tane, France) et de GMP International Gmbh (Hubert Nienhoff, Allemagne).

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Parmi les trois finalistes, on compte en troisième position SANAA et Nikken Sekkei pour un ensemble d’une grande délicatesse (comme toujours avec SANAA d’ailleurs), comme une forme de fleur blanche. Il semble que le jury fut sceptique sur la mise en place de certains des pré-requis comme le toit rétractable, ce qui fait que la proposition de SANAA n’a pas été retenue. On a du mal à bien entrevoir les structures ondulées sur la seule image ci-dessus, mais le dernier numéro de JA (JA 91 – Models are real) nous donne quelques autres vues du modèle présenté. On y devine un peu mieux la beauté de l’ensemble.

Hayama + Some Architecture very close to the sea before rain

Sur les trois premières photos près de l’océan pacifique à Hayama, on retrouve l’architecture du Museum of Modern Art Hayama par AXS Satow Inc. Juste à côté, une résidence (secondaire je pense) encore en construction, immense et très belle. Sur les 2 dernières photos, une plus petite résidence sur 3 étages. On la voit dans les magazine d’architecture, il s’agit de la Villa in Hayama par Kazuyo Sejima (du groupe SANAA, Pritzker Prize 2010).

Made in Tokyo Series Vol.14

En publiant régulièrement de nouvelles photos, j’avais fini par oublier d’annoncer un nouvel épisode de la série Made in Tokyo. J’en suis maintenant à l’épisode 14 avec toujours 16 photos dont la majorité a déjà été montrée ici. Retour à l’architecture sur de nombreuses photos notamment celle, agressive de la photo ci-dessus. Moins impressionnant, le bâtiment ci-dessous est de l’architecte Kazuyo Sejima, pour la boutique Carina Shop à Aoyama.

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J’ai pris l’habitude de mettre quelques liens musicaux donc je continue encore un peu avec la musique qui m’accompagne beaucoup dernièrement et que je recommande chaudement. Enfin, je commence un peu froidement avec l’electro sombre de Moderat (combinaison de Modeselektor et de Apparat) sur quelques morceaux comme Seamonkey, A new Error ou Les grandes Marches. Ces morceaux m’amènent vers ceux de l’album Orchestra of Bubbles de Apparat et Ellen Allien: Leave Me Alone et Jet. Du label BPitch Control, passons ensuite écouter du côté de Kitsune, les morceaux High Together et Nights Off de Siriusmo. Sans changer de label, je voyage du côté du pop rock formidable de Two Door Cinema Club (ils vont faire beaucoup parler d’eux, si c’est pas déjà le cas) avec quelques morceaux impeccables: Undercover Martyr, Cigarettes in the Theatre. On trouve beaucoup de bonnes choses sur Kitsune et notamment le rock post new wave de The Drums sur I feel stupid (photographié par Hedi Slimane d’ailleurs) et l’electro pop de Delphic sur Doubt. En passant sur Warp, je découvre les musiques « orientisantes » de l’américain Gonja Sufi sur Ancestors. Et en vrac, pour compléter le voyage musical, Complexity Reducer des espagnols de Delorean, Tornado de l’islandais Jonsi de Sigur Ros, le nouveau morceau assez bizarre Flash delirium de MGMT, les contre-pieds de Bet des toulousains The Dodoz, le morceau à deux voix The Blues de Primary feat. Nina Persson, la jolie Song X de Kyrie Kristmanson et des morceaux de Shearwater à donner des frissons: The snow leopard, Landscape at speed