urbano-végétal (22) et le vert envahissant

Le rythme de publication est plus qu’irrégulier ces derniers temps, ces derniers mois on pourrait dire. Je me bats contre le temps, pas tellement pour prendre les photos et les travailler, mais plutôt pour écrire les textes qui accompagneront les photos. Comme ça faisait longtemps, ci-dessus une composition urbano-végétale, numéro 22. Je n’ai pas encore décidé jusqu’où j’irais dans cette série, c’est mon fil rouge que j’essaie de maintenir en fur et à mesure des mois.

Le week end dernier, nous avons passé quelques jours au vert à Kamakura pour s’échapper un peu des villes. Le mauvais temps nous a quand même épargné une très belle journée sur les collines de Kamakura, dans la verdure de Kamakurayama au restaurant japonais Raitei. Plus que le restaurant, c’est le jardin autour qui vaut le détour. Assis sur le tatami de Raitei, on y mange des soba en regardant à l’extérieur. Les fenêtres de l’ancien bâtiment envahi de nature sont ouvertes et laissent entrer une brise rafraîchissante. Au loin, on voit presque l’océan. On resterait bien là des heures à rêver, mais le petit veut déjà courir dans toutes les directions …

En bordure des villes

Une mini-série de 5 photos prises en bordure des villes, dans la banlieue de Yokohama où l’on hésite entre la végétation des campagnes et les suites denses d’habitation. En bordure des villes, on trouve des jardins potagers accolés aux maisons sur les collines, des arbres et haies envahissant les jardins, un cimetière familial au bout d’un terrain vague attaqué par un bras mécanique, une maison au toit en forme de coque de bateau renversée par une mer agitée, une unité de vie naturelle indépendante accrochée au milieu d’une petite pièce à tatamis.

Déesse jaune et sakura

Nous profitons des cerisiers une dernière fois ce week end à Kamakurayama, la pluie et le vent emporteront tout dès lundi. Avec Zoa dans les bras, c’est vraiment pas facile de prendre des photos, ceci explique aussi ma faible activité sur Made in Tokyo ces derniers temps.

Parmi les curiosités sur les collines de Kamakurayama bordées de cerisiers, cette déesse aux distributeurs, de couleur jaune voyante. On la trouve à côté d’un ancien dojo abandonné. Je n’ai pas goûté aux boissons divines, ou à l’eau miu.

dúalite

Descente vers un temple à Kamakura et un ciel se dégageant des nuages.

Alex me conseillait depuis quelques temps de me pencher sur la musique islandaise de Sigur Rós. Ma découverte commence par deux morceaux Glósóli et Sæglópur (video) chantés en islandais bien entendu. Je ne peux plus m’en séparer. Sur ces deux morceaux, j’aime cette musique douce et floue à tonalité mélancolique, à base de piano ou d’instruments à cordes, frappée soudainement par la brutalité des guitares. J’aime cette dualité, que je trouvais d’une manière différente et dans un style très différent chez Sonic Youth, où des fins filets de musique s’échappaient d’une texture complexe de guitares enmêlées.

En fait, c’est toujours cette dualité que j’essaie de représenter dans mes compositions urbano-végétales, où le brut, l’urbain, vient casser soudainement une harmonie naturelle.

Et pour revenir sur Sigur Rós, je vous conseille également Hijómalind et Hoppípolla.