Made in Tokyo Series vol.9

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Après une petite pause estivale de quelques semaines, revenons sur les séries Made in Tokyo avec l’épisode numéro 9. Comme d’habitude, la plupart des photos sont prises à Tokyo, à part deux photos dans cette série prises à Atami, sur la péninsule d’Izu. Nous y avons passé quelques jours de vacances fin août. La grande partie des photos sont prises à Shibuya, il n’y a aucune composition graphique (à part le titrage de la couverture) dans cet épisode 9. On y verra de l’architecture, des textures murales et d’étranges pandas hantant les rues de Harajuku…

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Depuis l’écoute des morceaux de Phoenix sur leur dernier album Wolfgang Amadeus Phoenix, l’envie m’a repris de partir à la découverte de nouvelles musiques. Je me contentais jusqu’à présent des découvertes faites en écoutant le podcast des inrocks, mais en période estivale, les podcasts se taisent et prennent 2 mois de congés. Je trouve finalement mon inspiration en découvrant toute une série de blogs musicaux français très pointus. On y parle musique avec beaucoup de sérieux et d’érudition. Playlist Society est mon point de départ. J’y découvre un groupe que je connaissais seulement de nom depuis longtemps: Animal Collective. Deux morceaux ouvrent une grande porte vers une musique différente et originale, que je n’avais jamais entendu auparavant: My Girls et Summertime Clothes. J’adore ces deux morceaux de l’album Merriweather Post Pavillon, qu’on nous promet être le tout meilleur de cette année en musique. Je crois facilement cette affirmation. C’est bon de découvrir de nouvelles choses. Ces morceaux m’accompagnent en grande partie pendant la promenade photographique de l’épisode 9 ci-dessus. En écoutant ces morceaux, j’ai eu envie de photographier la faune urbaine et j’ai trouvé ces pandas sur les murs (un des membres de Animal Collective est Panda Bear d’ailleurs). Dans un autre genre, plus rock indé, j’écoute aussi Arctic Monkeys dont le nouvel album Humbug vient de sortir, quelques morceaux comme Crying lightning, Potion Approaching ou le plus ancien Brianstorm. Ils sont jeunes et doués ces Arctic Monkeys. Bien que de style différent, Animal Collective me prépare les oreilles pour un voyage musical avec un autre animal de compagnie: Grizzly Bear. Annoncé également comme un des grands albums de cette année, je découvre sur Veckatim quelques morceaux superbes: Two Weeks, Ready, Able et While you wait for the others. Je découvre également DeerHunter avec le morceau Never Stops étrange et entêtant par la voix du chanteur. J’étais prêt à découvrir d’autres morceaux de DeerHunter, mais le disque a mystérieusement disparu de iTunes Japon (et en fait vient juste de réapparaître).

Les découvertes en amènent d’autres et les webzines musicaux Pitchfork et Mowno sont de vrais mines d’or: Moth’s Wings de Passion Pit, Island IS de Volcano Choir, Deadbeet Summer de Neon Indian, et l’estival et espagnol Seasun de Delorean. Je découvre également un nouveau morceau de HEALTH que j’avais découvert il y a quelques mois avec Die Slow. We are Water est tout aussi décalé et j’attends leur album Get Colors. A vrai dire, je trouve plus de plaisir ces derniers temps dans les découvertes musicales que dans la photographie…

Sur le miroir sous le casque

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Ca faisait très longtemps que je n’avais pas mentionné sur ce blog quelques liens musicaux, ceux qui inspirent, ceux qu’on écoute en boucle, ceux dont on ne se lasse pas. En ce moment, c’est Phoenix, j’avais démmarré avec le titre 1901 qui était en libre écoute/téléchargement sur leur site il y a de cela quelques mois. Ce titre est épatant mais la version remixée par The Teenagers l’est encore plus à mon avis (j’aime beaucoup les parisiens Teenagers également). J’avais un peu loupé la sortie de l’album Wolfgang Amadeus Phoenix au mois de mai. Je le découvre donc maintenant avec le premier titre Lisztomania. Le morceau est vraiment bien foutu, notamment la voix de Thomas Mars qui fait des méandres. Je suis assez impressioné, ils sont forts les francais. Je vais continuer tranquillement avec les autres morceaux de l’album.

Peut être que le morceau de Health Die Slow m’a inspiré pour la série précédente tellement les bruits métalliques sont présents. Des bruits métalliques comme ceux du rail, d’un train poussé à toute allure. C’est un morceau assez envoûtant et noir, comme peut l’être aussi Warrior, la version par The XX du morceau de Magic Wands. J’avais d’ailleurs découvert et beaucoup apprécié le morceau Crystalised de The XX, beaucoup plus calme et reposé.

Sous le miroir sous le casque tracé d’un trait blanc, je prends la photo. Et pendant ce temps, on a typhons et tremblements de terre sur Tokyo, c’est pas drôle.

Sarugaku

Sarugaku est une série de six petits immeubles commerciaux à Daikanyama. A mi-chemin entre le quartier et l’immeuble, Sarugaku reprend le modèle de l’îlot ouvert de Portzamparc. La parcelle de terrain desservie par un petite rue et entourée d’immeubles ou de maisons individuelles, se compose de blocs blancs de toute forme. Chaque bloc contient des magasins sur 3 niveaux (sous-sol, rez-de-chaussée et étage) desservis par des escaliers extérieurs de métal. Les blocs sont organisés le long d’une allée principale et l’image que l’architecte, Akihisa HIRATA, souhaitait véhiculer est celle d’un paysage de petites montagnes plantées aux bords d’une vallée. J’avoue qu’il faut pousser l’imagination assez loin pour arriver à cette image et côté « petite montagne », celle de Starck à Shirogane me convient mieux.

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Le point le plus intéressant de ce complexe est la disposition des ouvertures. Comme le montre le schéma de droite, l’emplacement des ouvertures sur un bloc et sur les blocs alentours est habilement pensé pour laisser la lumière pénétrer. Cela explique les nombreuses baies vitrées de taille apparemment aléatoires. Ce n’était malheureusement pas une journée ensoleillée et je serais curieux de voir l’effet avec une belle lumière. Sarugaku apparaît dans le numéro 72 de The Japan Architect dans la sélection des architectures remarquables de l’année 2008. Dans ce numéro et du même architecte, on peut également découvrir la maison biscornue IENOIE.

Ces quelques photos sont prises avec un Canon 50D qui vient remplacer mon Canon 10D vieux de 6 ans. J’avais envie de le remplacer depuis quelques temps, pour mes dix ans de Japon. Il était grandement amorti et sa lenteur commençait à me frustrer un peu. La décision s’est précipitée quand j’ai eu le geste malheureux de le faire tomber alors que d’une main je retenais Zoa qui voulait courir dans les prés de Tokyo Mid-Town et de l’autre j’essayais de mettre ma veste. Ca sentait un peu l’acte prémédité mais il n’en était rien. J’ai eu quand même peur pour mon objectif 20mm, qui est sorti sauf de cette histoire (j’ai quand même recollé un pas de vis). J’ai maintenant hâte de pouvoir profiter d’une belle lumière. Avec 15Megapixels, mon Mac commence par contre à ramer un peu. Ca sent l’autre renouvellement à planifier. Mon Ipod Mini acheté à Chicago (c’est pratiquement un modèle vintage maintenant) commence aussi à battre de l’aile. Mais cela ne m’empêche pas pour le moment de découvrir, un peu sur le tard, l’instrumental Fields Storelines and Hunters de M83 sur Before the Dawn Heals Us, un objet musical non identifié comme une plaque de métal fondant dans l’atmosphère. Remarquez que comme Hirata, j’ai l’imagination bien aiguisée.

The sky is reaching us

The sky is reaching us, c’est un titre à la Mogwai que j’utilise comme légende sur cette photo de nuage proéminent couvrant la ville. Dans un style très différent de celui de Mogwai d’ailleurs, en plus dynamique et spontané, je suis vraiment accroché au rock alternatif des américains The Von Bondies dont je viens juste de découvrir deux morceaux pressés. Trop jeune pour moi, pourrais-je dire, mais j’apprécie toujours autant, de temps en temps, des morceaux rock de moins de 3 minutes, pour alterner avec les 8-10mins des morceaux plus noirs de Mogwai. En écoute donc en ce moment, Pale Bride et le plus ancien C’mon C’mon.

Pour rester dans les airs, des liens aériens que l’on trouve plus particulièrement entre les department stores. Que ça soit au Seibu de Shibuya ou sur les deux exemples ci-dessus, ces liens relient le bâtiment principal d’un grand magasin aux dépendances. Pour des raisons pratiques, on peut trouver ces liens sur plusieurs étages comme sur la photo ci-dessus du Matsuzakaya Ueno Store. J’aime particlièrement cette passerelle du Odakyu Department Store à Nishi-Shinjuku, building par Junzo Sakakura. A vrai dire, je ne sais pas si on peut l’emprunter, mais elle me parait bien frêle par rapport à la taille des deux buildings qu’elle relie.

Rush (4)

A Shibuya, près de la gare en suite à la série Rush.

Et en écoute déjà depuis quelques temps, cette musique au titre énigmatique de Mogwai, I’m Jim Morrison, I’m Dead, sur leur nouvel album The Hawk Is Howling. C’est instrumental avec une atmosphère mystérieuse à base de piano, de guitares et de distortion, progressant doucement et continuellement en intensité comme une créature naissante (tirée d’un popcorn movie). C’est une musique très prenante.