it’s cold out there

Les fleurs dans la nuit, elles sont belles et mystérieuses. Ce soir là , il fait froid près des fleurs. ここはとても寒いよ.

Comme je le disais dans un billet précédent, je me suis mis à la recherche de nouvelles musiques sur Bandcamp ou Youtube, et de fils en aiguille, je suis tombé sur le blog Make Believe Melodies de Patrick St.Michel, journaliste musical au Japan Times tenant un blog musical bien documenté couvrant la musique japonaise indépendante et underground. Je me suis empressé de le garder en marque page et de commencer à explorer ses pages en commençant par les articles sur les meilleurs albums de 2017 et des années précédentes.

Je découvre sur ces abondantes pages l’artiste appelée Fujimoto Chao 藤本ちゃお avec notamment cet album ようこそ僕らのホームページへ qu’on pourrait traduire par Bienvenue sur ma homepage. La musique est électronique, relativement simple mais terriblement efficace (parfois je reconnais une loop que j’utilisais sur un de mes morceaux fait maison, ou un son qui me rappelle un peu Crystal Castle sur leur premier album) mais c’est l’association de cette musique électronique, souvent très rythmée et même percutante, avec les textes de Fujimoto Chao qui rend l’ensemble fascinant. Elle ne chante pas vraiment, elle parle plutôt en chuchotant ses textes d’une voix assez basse comme si elle s’adressait directement à la personne qui l’écoute depuis la pénombre de sa chambre. Il faut d’ailleurs plutôt écouter ces morceaux avec des écouteurs ou au casque. Les textes en japonais nous parlent beaucoup de douleurs, celles de la jeunesse (elle a apparemment tout juste 20 ans), parfois à la limite des pleurs sur certains morceaux de sa discographie assez étoffée déjà, mais parfois laissant échapper un sourire. Lorsque l’on écoute bien ce qu’elle nous dit, ces paroles sont même parfois inquiétantes. C’est un univers unique qui interpelle. L’album n’est pas très long avec 8 morceaux pour environ une trentaine de minutes, certains sont instrumentaux avec des loops vraiment accrocheuses et lourdes comme sur le deuxième morceau. L’atmosphère se construit petit à petit au fur et à mesure des morceaux jusqu’au meilleur morceau de l’album 天使現象 (phénomène d’ange), morceau de 9 minutes sombre et anxiogène, mais qui trouve une sorte d’éclaircie soudaine et salvatrice au milieu du morceau en finissant sur une boucle électronique lumineuse. Cet objet musical s’écoute d’une traite dans son ensemble, et devient excellent avec l’enchaînement des trois morceaux ㅇㅅㅇ, tokyo night et 天使現象. Je ne sais pas si c’est à mettre entre toutes les oreilles et il faut être réceptif à ce style de musique. Mais en ce qui me concerne, j’aime beaucoup découvrir ce genre de météorite musicale. En plus, à l’arrière de mon cerveau, cette musique fait écho à l’ambiance que j’imagine quand j’écris l’histoire de Kei.

Les albums de Fujimoto Chao sont seulement disponible sur Bandcamp et non sur iTunes. On peut écouter tous les morceaux en ligne sur la page Bandcamp de l’artiste et si l’on veut télécharger, on définit d’ailleurs soit même le prix que l’on souhaite. On donne donc ce que l’on veut sans qu’il y ait toujours un prix minimum. Un prix de 100 yens par morceau semble être le standard cependant. En général, les acheteurs donnent un petit peu plus, ce qui était d’ailleurs mon cas pour cet album. Du coup, j’ai également réouvert ma page Bandcamp en y rendant disponible quelques morceaux créés dans le passé. J’ai envie de me remettre à créer des morceaux électroniques. Un jour peut-être, bientôt peut-être.

l’architecture de Sou Fujimoto: Tokyo Apartment

Je continue tranquillement mes recherches de l’architecture de Sou Fujimoto dans Tokyo avec l’ensemble très particulier Tokyo Apartment. Il s’agit d’une petite résidence de quatre appartements composés de 2 ou 3 pièces sur plusieurs étages. On accède d’une pièce à l’autre par des escaliers internes qui traversent le sol des appartements ou par des escaliers externes posés sur la surface des façades. La forme de l’ensemble est très particulière, faite de petites maisons posées les unes aux dessus des autres, dans ce qui semble être un équilibre précaire. On nous dit que cette résidence ressemble à une petite montagne où l’on grimpe les escaliers extérieurs pour arriver au sommet. C’est vrai que la forme des escaliers nous fait un peu penser à un chemin de montagne contournant des rochers, les rochers étant les blocs blancs des maisons dans le cas ici. Mais, je retrouve plutôt dans Tokyo Apartment l’image de l’arbre que j’avais pu voir dans House H et surtout House NA du même architecte. On retrouve une sorte de ramification et on pense même à des cabanes construites dans un arbre. Tokyo Apartment a été construit en 2009 et tient relativement bien le coup, même si je ne retrouve pas devant moi le blanc immaculé que j’avais pu voir dans les magazines d’architecture à l’époque. L’adresse de Tokyo Apartment n’est pas très difficile à trouver en cherchant un peu sur internet, mais pas très évidente d’accès. Elle se trouve à quelques stations au delà de Ikebukuro et il faut marcher un peu dans les quartiers résidentiels pour la trouver finalement près d’un jardin public. Comme à chaque fois que je pars à la recherche d’architecture remarquable, j’aime ces quelques minutes avant d’atteindre son but. Je sors l’appareil photo discrètement en espérant que les conditions seront suffisamment bonnes pour prendre quelques photographies. Le positionnement du soleil en fin de journée peut jouer des tours parfois. C’est aussi délicat de prendre des photographies si le propriétaire ou les locataires sont présents aux fenêtres ou à l’extérieur. Au moment de la prise de photos, j’ai été un peu gêné par le linge posé sur l’escalier. Pas tant pour l’esthétique de la représentation de l’immeuble, mais pour le côté intime. Mais comme il s’agissait de grandes couvertures et de serviettes, je me suis permis. Pour continuer la visite, le photographe Edmund Sumner nous montre quelques photographies de l’intérieur sur un article de Dezeen.

一五 quinze

Made in Tokyo a 15 ans aujourd’hui. Il est désormais bien ancré dans son adolescence et ça me donne la nostalgie de la mienne. Voir passer les années défiler n’est pas forcément pour moi le moment de faire le bilan de l’année, car j’ai l’impression de faire ce type de bilan beaucoup plus régulièrement et de manière imprévisible. Ce genre de bilans réguliers sont souvent l’occasion de ne rien changer sur la ligne directrice de Made in Tokyo, car au final, je continue sur ma lancée à mélanger des sujets différents, souvent dans un même billet mais aussi très souvent avec un lien très étroit avec le Japon. Sauf pour les découvertes musicales qui m’amènent souvent vers d’autres contrées, plutôt anglophones. Ceci étant dit, ce n’est pas très souvent malheureusement, mais je suis toujours particulièrement enthousiasmé quand je découvre de la bonne musique japonaise, électronique, alternative ou même autre. Je me dis qu’il faudrait que je cherche un peu plus sur les petits labels publiant sur Bandcamp ou même sur Youtube. Par exemple, Zombie-chang, dont je connaissais déjà un morceau addictif appelé I can’t get to sleep, que j’avais découvert sur YouTube et acheté sur iTunes il y a environ 1 an, mais que je redécouvre par hasard hier soir sur un morceau plus ancien intitulé Summer Time. La musique électronique est assez simple, mais cette voix forcée volontairement grave de Zombie-chang rend le morceau intéressant. Mais en fait, c’est vraiment cette vidéo qui est plaisante, non seulement car elle a l’air de s’y amuser follement et c’est communicatif, mais aussi pour son côté complètement fait maison où elle est obligée par moment d’aller recoller elle-même la toile de projection.

Photographies extraites des videos des morceaux « Summer Time » et « I can’t get to sleep » de Zombie-Chang disponible sur Youtube.

Au final, ce blog divague et vient souvent digresser sur des sujets musicaux qui s’entremêlent avec des photographies d’architecture, des morceaux de musiques faits maison ou des enregistrements de bruits de rue, des dessins de formes abstraites mais pourtant futuristes, des morceaux de textes de fiction, des comptes rendus de visites de galeries d’art, des compositions photographiques faites de découpages de buildings et de verdure, des photographies de petits moments de beauté et de poésie dans les dédales incessants des quartiers de Tokyo… Bref, Made in Tokyo est et restera un ensemble hétéroclite de choses bien différentes, mais animé d’une même envie inarrêtable de créer quelque chose, peut être cette idée de forme d’art mutante, dont on m’avait parlé en commentaire et qui me trotte toujours en tête depuis. Du coup, je peux comprendre qu’il n’est pas facile pour le visiteur-butineur en recherche de Japon, d’y trouver son bonheur, car je ne me concentre pas sur un centre d’interêt précis. Je ne suis pas convaincu non plus que ce blog dans son entier est une quelconque utilité, mais ça me va très bien. Beaucoup de blogs francophones au Japon remplissent déjà ce rôle utilitaire pour nous expliquer ce que l’on doit visiter en dehors des sentiers battus forcément avec plans en incrustation Google Maps, listes de bonnes adresses et parfois quelques liens sponsorisés au passage. Le mot d’ordre étant toujours de montrer le même pays mais différemment. Made in Tokyo ne doit en fait être utile que pour moi-même, ce qui est déjà bien comme dirait l’autre. En fait, il ne doit pas exister une personne, à part moi, qui soit intéressé par tous les sujets que j’y aborde, de manière fort incomplète, j’en conviens. Mais cette longévité sans un seul mois d’interruption m’impressionne moi-même, en fait. Il y a eu des périodes de doutes très nombreuses, des mois avec peu de billets et peu de photos, mais pas un seul trou dans la raquette des archives mensuelles pendant 15 ans. Avant Made in Tokyo, il y avait un autre site web démarré en 1998 et appelé Okaeri à mon arrivée au Japon. En comptant cette période web pre-Made in Tokyo, ce site web a donc maintenant 20 ans.

Photographies extraites de la video du morceau « Selfish » de Nariaki Obukuro 小袋成彬 disponible sur Youtube.

Mais revenons à un peu de musique, dans un style très diffèrent des morceaux plus haut. Je découvre récemment l’album Bunriha no Natsu de Nariaki Obukuro, et je le trouve fabuleux. Je n’exagère pas en fait tant je trouve belle cette voix et passionnant à l’écoute cette façon si particulière de chanter. Les phrases chantées font des boucles et changent sans cesse de ton, en suivant le principe que le chemin le plus évident entre deux points n’est pas une droite. Pratiquement chaque morceau de l’album a une structure qui ne tient pas de l’évidence, avec des changements de rythmes, mais tout en gardant une unité tout le long de l’album. Cet album n’est pas de la J-Pop malgré l’étiquette qu’on essaiera de lui coller dans un article du Japan Times, très intéressant cependant. Ça doit être un mélange Soul, R&B et autre chose dans l’intervention de musique classique ou même électronique. En fait, l’article du Japan Times parle de certaines similitudes avec Frank Ocean, mais en version japonaise. Il y a en effet quelques ressemblances dans la complexité du chant, la plage vocale dont ils sont tous les deux capables, des incursions de monologues comme sur l’album Blonde. Bien que ça ne soit pas mon style privilégié de musique, je considère Blonde de Frank Ocean comme un chef d’oeuvre, comme un album tout simplement passionnant à écouter et à réécouter. J’y reviens souvent et dernièrement même, après avoir écouté cet album de Nariaki Obukuro. J’avais d’abord découvert la musique de Nariaki Obukuro avec le morceau Lonely one, sorti en avance de l’album, avec l’intervention brillante de Utada Hikaru sur 30 secondes. Utada Hikaru produit cet album de Nariaki Obukuro. Depuis son album Fantôme, je suis d’ailleurs également passionné par l’oeuvre musicale de Utada Hikaru. Les nouveaux morceaux qu’elle sort au compte goûte avant son prochain album Hatsukoi au mois de Juin, gagnent en densité et en complexité du chant. En fait, j’écoute Utada Hikaru depuis mon arrivée au Japon. Comme pour Sheena Ringo, Utada Hikaru a commencé sa carrière en 1998/1999, au moment même où je mettais les pieds au Japon. Je garde donc un lien invisible avec ces deux artistes. Bien que je l’ai dans ma discothèque, j’aurais un peu de mal à apprécier maintenant le premier album de pur J-Pop de Utada Hikaru. Par contre, j’aime beaucoup les albums qui précédaient Fantôme comme Ultra Blue. J’y reviens assez régulièrement. J’écoute également très souvent cet album Bunriha no Natsu. Tous les soirs en fait, dans le bus qui me ramène à la maison. En écoutant cette musique, je regarde défiler la ville à travers la vitre du bus et j’en oublierais presque mon arrêt.

l’architecture de Sou Fujimoto: House H

Dans la foulée de la découverte de House NA, je pars ensuite à la recherche d’une autre maison individuelle particulière de Sou Fujimoto, House H. Elle se trouve quelque part dans les zones résidentielles de l’immense arrondissement de Setagaya. Comme je le mentionnais précédemment dans mon billet sur House NA, j’avais déduit le lieu où se trouve cette maison à partir d’un article du blog Tokyo Files et de quelques recherches sur Google Maps. Le dimanche matin de la deuxième partie de la Golden Week, après avoir déposé Zoa à une de ses activités du week-end, je pars en vélo dans les rues de Meguro puis de Setagaya pour partir à la recherche de cet autre petit trésor architectural. Il faudra un peu de courage car la route, même à vélo, est un peu longue, mais j’ai un courage à toute épreuve. C’est également très agréable de faire du vélo le dimanche matin dans les rues de Tokyo. Vers 9h, la ville dort encore et les rues sont beaucoup plus calmes qu’à l’accoutumé. En fait, les quartiers résidentiels de Tokyo ne sont pas tranquilles que le matin. L’absence de population visible lorsque l’on se promène dans ces quartiers est particulièrement notable. On se demande parfois où se cachent tous les habitants de ces maisons pendant la journée.

Dans l’arrondissement de Meguro, j’avais repéré une longue coulée verte qui m’amènera assez vite vers Setagaya. J’ai trouvé quelques allés vertes semblables dans Setagaya. Ce sont des chemins pavées pour piétons et vélos coincés entre des rangées de maisons individuelles de hauteur basse. Elles sont en général très calmes et entourées de verdure. Ces couloirs verts me rappellent le concept de partitions vertes du projet pour Tokyo Fibercity 2050 de Hidetoshi Ohno. Je me rends compte que certains concepts de cette étude pour un futur Tokyo sont en fait déjà mis en pratique à certains endroits, et ne demanderaient qu’à être étendus dans la ville.

Après quelques kilomètres à vélo au delà de Sangenjaya, je finis par approcher le quartier où se trouve House H. Je ne la trouverais pas tout de suite. Un peu comme pour Garden and House de Ryue Nishizawa, je passerais même devant sans m’en rendre compte. Mais, elle apparaît tout d’un coup derrière quelques arbres. Elle date de 2009 et après presque dix années, les surfaces de béton restent superbes, à peine affectées par le temps. J’aime beaucoup la conjugaison de la couleur légèrement verte des vitrages avec la couleur claire du béton, donnant un ensemble très lumineux. Il s’agit d’une structure en béton renforcé de trois étages avec quatre pièces par étage. Les rideaux de la maison étant fermés, on ne devine malheureusement pas la structure interne. Quelques photographies sur le site de Iwan Baan (encore lui) nous permettent de comprendre que c’est une maison pleine de trous. En plus des très grandes ouvertures sur les murs extérieurs, des immenses ouvertures sont également présentes sur le sol, les murs et les plafonds de chacune des pièces. On devine ces ouvertures sur les photographies ci-dessus, au dernier étage. Certaines des ouvertures au sol sont évidemment couvertes de plaques de verre, mais d’autres laissent passer plusieurs escaliers en bois à l’oblique reliant les pièces aux étages. Du fait de la transparence, on a l’impression d’un grand espace ouvert communiquant. Comme sur House NA, Sou Fujimoto nous dit qu’il reprend le principe de l’arbre et c’est vrai qu’on a cette impression, même en regardant la maison de l’extérieur, car cette maison apparaît avant tout comme une structure avec des ramifications. Les plaques de verre formant le sol des pièces sont posées comme des feuilles sur les branches en béton renforcé de l’arbre.

Une fois encore, c’est un vrai plaisir de faire ce type de découvertes architecturales. Il faut maintenant que je trouve d’autres maisons à découvrir, ou peut être retournerais-je voir Moriyama House de Ryue Nishizawa, histoire de voir comment elle a évolué avec le temps.

dans les rues de Koenji

Ces quelques heures dans les rues de Koenji ont été fructueuses en découvertes et en photographies d’architecture. Avant de reprendre le chemin du retour, j’emprunte quelques rues au Nord de la station de Koenji. Après quelques dizaines de mètres de marche dans ces rues, Mari par l’intermédiaire d’un message sur LINE me donne une dernière mission: aller acheter quelques gâteaux dans une pâtisserie qu’elle a repéré sur Internet. J’accepte cette mission volontiers. Elle me fera marcher et découvrir un peu plus les petites rues de Koenji. Ils y a beaucoup de petites rues dans ce quartier, un peu dans le style de Shimo Kitazawa, que je connais assez bien pour y avoir beaucoup marché de long en large. Il n’y a pas de grands immeubles et tous les bâtiments font 2 ou 3 étages de haut. Les rues commerçantes sont pleines d’affichages publicitaires, remplies à raz bord d’une pollution visuelle dont il faudra essayer de faire abstraction pour pouvoir s’enfoncer un peu plus dans ces rues.

En marchant un peu plus, me revient en tête un billet de Cedric Riveau sur son blog Color-lounge à propos d’une galerie du collectif d’artistes Chim↑Pom à Koenji. Alors que je cherche l’adresse sur Google Map sur mon iPhone, je me rends compte que je suis passé devant il y a quelques minutes et que j’ai même pris en photo le bâtiment de la galerie appelé Kitakore. Cette galerie du collectif est une vieille bâtisse qui pourrait être démolie à tout moment. J’avais été amusé par cette devanture avec de gros yeux dessinées sur fond rouge et des dents acérées sur le volet roulant en métal, mais j’étais loin de penser qu’il s’agissait là de la galerie du collectif. Je pensais plutôt à un vieux bâtiment abandonné pris d’assault par des tagueurs. Ceci étant dit, Chim↑Pom sont des provocateurs et ils ont déjà investi d’autres immeubles voués à la destruction. Cet espace me parait quand même assez anecdotique. Je cherche l’entrée, qui semble être près d’un bar attaché à la galerie. Les rideaux métalliques noirs sont dessinés de figures élégantes bien qu’aux couleurs délavées. L’espace semble fermé comme le montre l’écriteau. J’ai même pensé à ce moment là que cette galerie ouverte en 2015 était désormais fermée définitivement, mais apparemment les expositions y sont irrégulières, la dernière datant de Juillet-Août 2017. En regardant un peu le site web de la galerie, je vois qu’une des premières expositions, en 2015, était celle de l’artiste Sono Sion, connu pour son collectif Tokyo Gagaga qui parcourait les rues de Tokyo au début des années 90 dans un format de guérilla urbaine avec danses, banderoles et poèmes criés sur haut parleur portatif. On voyait quelques scènes de ces performances de rues au début du documentaire « Otaku, Fils de l’empire du virtuel » de Jean-Jacques Beinex. Je me souviens que ces scènes, qui ressemblaient à une révolte bruyante peu courante au Japon, m’avait impressionné et intrigué quand j’avais vu le documentaire de Beinex pour la première fois à la télévision en 1994.

Je continue ma route en m’enfonçant un peu plus dans les rues du Nord de Koenji. La pâtisserie n’est plus très loin. La difficulté sera ensuite de ramener les gâteaux dans leur boîte sans les bousculer dans les rues étroites, et tout en prenant des photos quand je ne peux pas m’en empêcher. Je prends d’ailleurs souvent en photo les autocollants de rues qui attirent mon regard, comme celui d’inspiration manga par Jose Aurelio Baez sur la dernière photographie du billet. Ce billet est encadré par une autre forme d’art de rue, sur la première photographie du billet, il s’agit d’un mur peint aux faux airs de Roy Lichtenstein.