oublier les cerisiers (3)

J’oublie toujours que le sanctuaire Yasukuni (靖国神社) se trouve juste à côté de Kudanshita. En cherchant dans les archives du blog, nous sommes venus ici la dernière fois pendant la période de Hanami en 2006. Le billet que j’avais écrit à l’époque me rappelle précisément la raison pour laquelle je n’aime pas beaucoup ce sanctuaire, bien qu’il s’agisse d’un des plus importants de Tokyo. Les cerisiers y sont cependant très beaux. Un compteur de rakugo (落語) est assis sur une scène et raconte ses histoires empreintes de comédie devant un public éparse. Un petit chapiteau a été posé devant la scène pour protéger les spectateurs de la pluie, mais la plupart des visiteurs du sanctuaire s’arrêtent quelques instants, debout sous le parapluie, avant de repartir l’air amusé. L’ambiance de cette journée pluvieuse est paisible et contraste avec mon souvenir précédent. Nous sommes déjà au moment de cette visite après le pic de floraison. Nous n’en avons pas profité autant que d’habitude car on s’est bizarrement laissé surprendre.

oublier les cerisiers (2)

Continuons encore un peu à oublier les cerisiers en fleurs. Ici, ce sont ceux de Kudanshita sous la pluie. Je n’y étais pas allé depuis très longtemps ayant peur de la foule. Mais un jour de pluie, il doit forcément y avoir beaucoup moins de monde à admirer les fleurs de cerisiers. En fait, non. Les trottoirs et l’approche du Nippon Budōkan (日本武道館) étaient malheureusement encombrés car il s’y déroulait une cérémonie universitaire. Je n’étais en fait pas venu seulement pour les cerisiers mais également pour revoir le Budōkan, qui se révèle sous un angle intéressant sur la première photographie. Ce bâtiment conçu par l’architecte Mamoru Yamada prend pour modèle les formes octogonales et traditionnelles du hall Yumedono du temple Hōryū-ji à Nara. Ce mélange de formes traditionelles avec son aspect général futuriste est intéressant (on ne dira pas entre tradition et modernité). Le Nippon Budōkan a été inauguré en 1964, utilisé pour les compétitions de judo des Jeux Olympiques de Tokyo. Il est régulièrement utilisé comme salle de concert mais je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller. Le concert Electric Mole de Sheena Ringo s’y déroulait le 27 Septembre 2003, ainsi que la tournée d’adieu de Tokyo Jihen, Domestique Bon Voyage, le 29 Février 2012 (année bissextile, rappelons le). Je voulais également prendre en photo les formes rondes et grises du National Shōwa Memorial Museum, également appelé Shōwakan (昭和館), accompagné des cerisiers. Ce bâtiment datant de 1999 a été conçu par l’architecte Kiyonori Kikutake, un des membres du mouvement Métaboliste dans les années 60. La pluie ne m’empêche pas de marcher le long des douves du Palais Impérial à Chidori-ga-fuchi, puis de continuer ensuite vers le sanctuaire Yasukuni pour une autre série de photos.

oublier les cerisiers (1)

Le titre de cette série consacrée aux cerisiers en fleurs vient signifier que la période du hanami semble déjà bien lointaine. Je les aurais presqu’oublié si je n’avais pas pris autant de photos qu’il faut bien que je montre maintenant sur ce blog. Comme pratiquement tous les ans, je ne peux pas m’empêcher de marcher le long de la rivière Meguro, malgré la foule qui semble de plus en plus importante d’années en années. Il me semble même qu’il y avait beaucoup plus de monde que l’année dernière en direction de Meguro où la rivière se fait plus large. Les trois dernières photographies sont prises près de la gare de Naka Meguro où la foule se fait plus dense. On oublierait presque qu’il y a des cerisiers a regarder.

glass walls and mirror effect

Je me suis rendu jusqu’au quartier de Kioichō (紀尾井町) à vélo pour aller voir le bâtiment des trois premières photographies. Ce élégant bloc de béton entouré de murs de verre, conçu par l’architecte Hiroshi Naito, se nomme Kioiseido (紀尾井清堂). Je l’ai tellement vu en photo dans mon fil de suivi Instagram, principalement orienté architecture japonaise, il faut bien dire, que je n’ai pas résisté à l’envie d’aller le voir de mes propres yeux. On peut apparemment visiter l’intérieur qui est superbe selon les photos que j’ai pu en voir, mais il faut certainement réserver. Le building était de toute façon fermé au moment de mon passage. La fonction du bâtiment est très mystérieuse, tout comme cette partie d’escalier se dégageant soudainement du bloc de béton pour se montrer à l’extérieur. Le béton laissé d’apparence brute se mélange avec des surfaces de bois très élégantes et le verre qui se place comme une surface protectrice. Pendant que je fais le tour du bâtiment à pieds en prenant des photos, la roue avant de mon vélo a la bonne idée de crever. Je ferais donc le chemin du retour à pieds en le poussant d’une main et en prenant des photos de l’autre, en passant devant la grande tour Tokyo Garden Terrace Kioichō (東京ガーデンテラス紀尾井町) et ses fleurs immortelles par l’artiste Shinji Ohmaki (大巻伸嗣), puis en traversant le pont Benkeibashi (弁慶橋) qui surplombe un petit plan d’eau où se sont regroupés quelques pêcheurs. En remontant ensuite la grande avenue d’Aoyama, je vois un des premiers cerisier en fleur devant le sanctuaire Toyokawa Inari.

Précisons que ces photographies ont été prises bien avant le pic de floraison des cerisiers à Tokyo. J’ai également une série de photos de cerisiers en fleurs à montrer sur ce blog, mais j’ai pris un peu de retard dans le rythme de publication de mes billets et la floraison semble déjà être un lointain souvenir que j’oublierais presque. Quelques soucis sur WordPress ne m’ont pas non plus aidé à avancer plus vite et m’ont même contraint à faire une mise à jour de la template du blog. Je ne loupe bien sûr aucune mise à jour de WordPress, mais je suis beaucoup plus hésitant quand aux mises à jour des templates, car cela signifie qu’il faut que je réajuste toutes mes configurations CSS (autres autres). Ceci explique quelques changements comme le lien commentaire près du titre. Je pense que vais le laisser finalement, bien que je pense pas que ça attire plus de commentaires qu’actuellement.

Voir récemment le film Mellow de Rikiya Imaizumi (今泉力哉) dans lequel l’actrice et chanteuse Rie Tomosaka (ともさかりえ) jouait un second rôle m’a rappelé que je n’avais jamais vraiment écouté les morceaux que sa copine Sheena Ringo avait écrit et composé pour elle. Sheena Ringo a écrit plusieurs morceaux pour Rie Tomosaka, dont les plus connus sont Cappuccino (カプチーノ) et Shōjo Robot (少女ロボット). Sheena les a d’ailleurs repris en versions retravaillées plusieurs années plus tard dans les compilations de reprises de ses propres morceaux de la série Reimport (Cappuccino sur Reimport vol.1 逆輸入 〜港湾局〜 en 2014 et Shōjo Robot sur Reimport vol.2 逆輸入 〜航空局〜 en 2017). Rie Tomosaka démarra sa carrière d’actrice en 1992 puis de chanteuse en 1996, deux années avant les débuts de Sheena Ringo. J’imagine que le rapprochement s’est fait car elles sont toutes les deux chez Toshiba Emi et ont à peu près le même âge (Tomosaka a un an de moins). Cappuccino, sorti en single le 27 Janvier 1999, n’est pas le premier morceau que Sheena Ringo a écrit pour une autre chanteuse. Le premier est le morceau Private (プライベイト) qu’elle a écrit pour l’actrice et chanteuse Ryōko Hirosue. Ce morceau est sorti le 7 Octobre 1998 en B-side de son cinquième single intitulé Jeans (ジーンズ), puis sur son album intitulé Private sorti en 1999. Ryōko Hirosue n’est pas à mon avis une grande chanteuse et les arrangements musicaux du morceau sont maintenant un peu datés. J’écoute le morceau comme une curiosité mais je préfère quand même grandement la version que Sheena ré-enregistrera sur Reimport vol.1, qui conserve le pétillant du morceau original mais avec bien entendu la voix de Sheena. Chronologiquement parlant, Private est sorti après les deux premiers singles de Sheena Ringo, Kōfukuron (幸福論) sorti le 27 Mai 1998 et Kabukichō no Jōo (歌舞伎町の女王) sorti le 9 Septembre 1998, mais avant son premier album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム) sorti le 24 Février 1999.

Le morceau Cappuccino écrit pour Rie Tomosaka est sorti environ un mois avant Muzai Moratorium, le 27 Janvier 1999. La voix de Tomosaka n’a pas la singularité et la force de celle de Sheena Ringo, mais est tout à fait appréciable. Sheena a en fait écrit au moins 8 morceaux pour Rie Tomosaka. Le single Cappuccino est accompagné d’un autre morceau en B-side, intitulé Mokuren no Cream (木蓮のクリーム) également écrit et composé par Sheena. Ces deux morceaux seront présents avec un autre intitulé Shampoo (シャンプー) sur le deuxième album Murasaki. (むらさき。) sorti le 24 Février 1999, le même jour que Muzai Moratorium. Cette simultanéité, comme un effet miroir, est très intéressante, et ne m’étonne pas beaucoup connaissant Sheena Ringo. Je n’ai pas encore écouté l’album Murasaki. mais j’aimerais bien le trouver (il ne se vend plus au Tower Records et je ne l’ai pas trouvé au Disk Union de Shibuya). Je ne connais que les trois morceaux écris et composés par Sheena, que j’écoute beaucoup ces derniers temps. Le morceau Shampoo est plus léger et je le trouve un peu moins intéressant. Sheena l’a écrit alors qu’elle avait 17 ans et qu’elle était au lycée. On trouve d’ailleurs déjà une version de Shampoo sur ses cassettes démo datant de ses années lycées (ces cassettes démo est un autre sujet sur lequel je reviendrais certainement dans un prochain billet). Les deux autres morceaux Cappuccino et Mokuren no Cream sont par contre très bons. Il faut d’ailleurs noter que ces trois morceaux sont arrangés par un certain Seiji Kameda, qui arrange d’ailleurs la moitié de l’album Murasaki.

J’écoute aussi beaucoup le EP de Shōjo Robot de Rie Tomosaka, sorti le 21 Juin 2000. Sheena Ringo écrit, compose et produit les trois morceaux de cet EP, à savoir le single Shōjo Robot (少女ロボット) et les deux B-side Ikenaiko (いけない子) et Nippon ni Umarete (日本に生まれて). Plutôt que d’utiliser son nom en kanji (椎名林檎), son nom est écrit en katakana dans les crédits (シーナ・リンゴ). C’était également le cas pour les morceaux précédents écrits pour Ryōko Hirosue et Rie Tomosaka, comme pour faire une différentiation avec les morceaux qu’elle interprète elle-même. Sheena avait une certaine habitude à cette époque d’écrire son nom de différentes façons, comme Shéna Ringo. Sheena est également créditée pour les photographies de la couverture du EP, qu’elle a peut-être prise avec son Canon F-1 qui l’accompagne souvent à cette époque. Les deux photos ci-dessus montrent d’ailleurs Sheena Ringo et Rie Tomosaka portant cet appareil à la main. Le EP de Shōjo Robot sort trois mois après le deuxième album de Sheena Ringo, shōso Strip (勝訴ストリップ), et on trouve une grande similarité de style. Je verrais même Shōjo Robot de Rie Tomosaka comme une extension de shōso Strip, tant on y retrouve les mêmes ambiances pleines de distorsion et le mélange hétéroclite de sons. Le style de cet EP contraste avec les morceaux à l’esprit beaucoup plus pop de l’album Murasaki. On sent que Sheena y a très fortement laissé son empreinte, jusqu’au roulement de « r » de Tomosaka à un moment particulier du troisième morceau Nippon ni Umarete. Ce morceau est certainement le plus poignant émotionnellement et c’est ce morceau qui m’a poussé à acheter le EP, trouvé d’occasion sur Mercari pour la modique somme de 350 Yens. En fait, je connaissais déjà ce morceau car Sheena Ringo l’avait interprété dans les rappels de son fabuleux concert Zazen Xstasy (座禅エクスタシー) le 30 Juillet 2000. En relisant le rapport que j’avais écrit sur ce live vu en DVD, je me souviens avoir été impressionné par ce morceau final. Elle a également repris le morceau Ikenaiko lors du concert Gekkō Kuon Taizu (激昂クヲンタイヅ) le 25 Novembre 2000, mais il n’existe pas de vidéo à ma connaissance (seulement une version audio bootleg trouvable sur Internet). Sur les morceaux de cet EP de Rie Tomosaka, Sheena joue du piano au sein d’une formation qu’elle a appelé Ikenai-kotachi (いけない子達 – bad kids), pour reprendre le titre du deuxième morceau. Je trouve d’ailleurs la manière dont elle joue du piano sur le morceau Ikenaiko très distinctive. On devine tout de suite qu’elle est au piano sur ce morceau, mais ça m’a d’abord paru moins évident sur le troisième Nippon ni Umarete, avec son final au piano et guitare plus expérimental. J’ai d’abord cru que Masayuki Hiizumi jouait (H Zett M) sur ce morceau. Outre Rie Tomosaka au chant et Sheena Ringo au piano, le groupe éphémère Ikenai-kotachi se compose également de Hisako Tabuchi (田渕ひさ子) à la guitare, Eikichi Iwai (岩井英吉) à la basse et Rino Tokitsu (時津梨乃) à la batterie. Hisako Tabuchi du groupe Number Girl a fait ensuite partie du groupe Hatsuiku Status (発育ステータス) pour la tournée Gokiritsu Japon (御起立ジャポン) de Sheena Ringo qui a démarré juste après la sortie du EP Shōjo Robot (du 27 Juin au 8 Juillet 2000). Le bassiste Eikichi Iwai avait déjà joué sur la tournée des Universités, appelée Manabiya Ecstasy (学舎エクスタシー) en 1999. Il n’y a pas de vidéos officielles mais une version bootleg de ce concert est visible sur Internet. Rino Tokitsu semble aussi être proche de Sheena à ses débuts après être montée à Tokyo (vers l’âge de 18 ans). Le morceau Shōjo Robot a également été repris par Tokyo Jihen plusieurs années plus tard lors de la tournée Domestic! Just Can’t Help It du 7 Avril au 30 Mai 2005. Bref, on a l’impression que Sheena Ringo a donné à Rie Tomosaka des morceaux qui lui sont chers.

Une vidéo est également sortie pour le single Shōjo Robot, réalisée par Shūichi Banba (番場秀一). Il a réalisé plusieurs autres vidéos pour Sheena Ringo, celles de Gips (ギブス), Mayonaka ha Junketsu (真夜中は純潔), Ringo no Uta (りんごのうた), STEM, Shuraba (修羅場) pour Tokyo Jihen, entre autres. Shūichi Banba est également le réalisateur du film Hyakuiro Megane (百色眼鏡) qui précédait d’un mois la sortie de l’album KSK (加爾基 精液 栗ノ花). La vidéo n’est jamais sortie en DVD et on ne l’a trouve même pas sur YouTube, ce qui est plutôt étonnant. On peut par contre la voir sur le site de vidéos Nico Nico Dōga (ニコニコ動画), mais la qualité de l’image est très moyenne. Sheena Ringo est présente sur cette vidéo. Autour de Rie Tomosaka qui chante, elle joue de tous les instruments. Sur la vidéo comme sur la pochette du EP, conçue par le designer graphique Yutaka Kimura (木村豊) de Central67 (fidèle designer de Sheena Ringo et Tokyo Jihen), on constate la notation des initiales TR/SR qui doit faire référence au nom de Tomosaka Rie (TR) et au titre du EP Shōjo Robot (SR). Mais dans le SR, je ne peux m’empêcher de voir les initiales de Sheena Ringo. L’intérieur du boîtier cartonné du CD contient une photo qui couvre les deux surfaces internes. On peut à peine voir cette photo à moins de découper au ciseau une des arêtes, mais on devine les visages de Rie Tomosaka et de Sheena Ringo. Enfin, je ne suis pas sûr qu’il s’agisse vraiment du visage de Sheena Ringo car j’ai un peu de mal à la reconnaître sauf qu’elle a bien un point de beauté au bon endroit sur le visage. Ces deux photos se faisant face à l’intérieur du boîtier me refont penser à cette image du miroir que je mentionnais auparavant. Cette duplicité est particulièrement intéressante.

Magritte’s & UFO building

J’avais vu plusieurs fois sur Instagram la maison étrange de béton des deux premières photos, sans savoir où elle se trouvait. Je découvre récemment qu’elle se situe au coin d’une petite rue du quartier de Yotsuya Sakamachi. Le quartier est, comme son nom le laisse penser, plein de rues en pente. Il se trouve à proximité du quartier d’Arakichō dont j’avais déjà parlé il y a tout juste un an. Cette maison de béton ressemble à un champignon ou à un objet volant non-identifié. Je ne connais malheureusement pas l’architecte. Je me demande bien à quoi peut ressembler l’intérieur vu le peu d’ouvertures apparentes. Avant de partir à sa recherche à vélo, une petite recherche sur GoogleMap me fait la surprise de me dévoiler une autre maison intéressante que je connaissais pour l’avoir déjà vu dans des magazines d’architecture. Je la montre sur les photographies qui suivent celles de la maison champignon / UFO. Il s’agit de la maison individuelle nommée Magritte’s par Yasuhiro Yamashita de l’Atelier Tekuto. Ce n’est pas la première fois que je découvre par hasard une maison de l’Atelier Tekuto alors je recherchais autre chose (l’autre était Penguin House). En fait, j’ai découvert par hasard la plupart des maisons à l’architecture remarquable de l’Atelier Tekuto. Ce genre de signes m’intriguent forcément vraiment beaucoup. La maison Magritte’s se trouve à quelques mètres dans la même rue que la maison champignon de béton des deux premières photographies, mais on pourrait très facilement passer à côté si on ne fait pas attention.

D’apparence extérieure, la maison Magritte’s se compose de deux blocs de béton brut superposés l’un au dessus de l’autre et séparés par une étroite surface oblique de vitrage. Ces surfaces vitrées, faisant le tour du bâtiment, semblent être les seules ouvertures de la maison, si on exclut bien entendu la porte d’entrée. On a en fait l’impression que le bloc de béton supérieur est détaché du reste, comme s’il flottait légèrement. La rue étant étroite, il était malheureusement très difficile de montrer une vue d’ensemble du bâtiment. D’après le site de l’architecte, cette maison s’inspire d’une peinture du peintre surréaliste belge René Magritte. Cette peinture appelée Le château des Pyrénées (1959) montre un château posé sur un immense rocher s’envolant dans le ciel au dessus de l’océan. On retrouve cette impression de légèreté improbable dans la maison conçue par l’Atelier Tekuto à la demande du jeune couple, futur propriétaire de la maison. Les quelques photos ci-dessus sont empruntées au site web de l’architecte et donnent une bonne idée de l’agencement intérieur fait de béton brut. Magritte’s a été construite en Juin 2005 sur un tout petit espace de 26.15㎡, dans une zone résidentielle dense et une petite rue très étroite, comme je le mentionnais ci-dessus. Les photographies montrent un espace intérieur relativement bien éclairé par la ligne latérale de fenêtres obliques, mais je pense qu’en réalité il doit quand même rester assez sombre, même en pleine journée.

En regardant la peinture du château volant de Magritte qui a inspiré le concept visuel de cette maison, je pense au château dans le ciel de Laputa. Sur un billet de son blog, mahl me rappelle l’excellente série d’émissions radio de la série « Les chemins de la philosophie » sur France Culture, consacrée pour quelques épisodes aux films d’animation d’Hayao Miyazaki. Quelques épisodes avaient été diffusés en 2019 et m’avaient à l’époque donné envie de revoir Nausicaä. Cette série intitulée « Philosopher avec Miyazaki » a repris cette année en Février avec quelques épisodes dont un évoquant justement Laputa. On m’a souvent demandé si je m’étais inspiré de Laputa à l’époque où je montrais mes premières compositions urbano-végétales représentant des maisons ou immeubles avec des bases végétales prenant leur envol au dessus de la ville. Je ne m’étais pourtant pas consciemment inspiré des films de Miyazaki.